Claude Monet

Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 04 avril 2022
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
Self-portrait in his Atelier by Monet (by Musée Marmottan, Public Domain)
Autoportrait de l'artiste dans son atelier, Monet
Musée Marmottan (Public Domain)

Claude Monet (1840-1926) était un peintre impressionniste français qui transforma l'art moderne en mettant l'accent sur les coups de pinceau légers, les couleurs vives et la nature épurée. Célèbre pour ses paysages et ses séries de tableaux qui capturent la même vue dans différentes conditions atmosphériques momentanées, Monet est considéré comme l'un des artistes les plus grands et les plus influents de tous les temps.

Enfance

Oscar-Claude Monet vit le jour à Paris le 14 novembre 1840. On ne connaît pas le métier du père de Monet, Claude-Adolphe, si ce n'est qu'il était humble et que la famille avait souvent des difficultés financières. En 1845, les Monet s'installèrent au Havre, sur la côte nord de la France, où Claude-Adolphe travailla dans l'entreprise florissante d'épicerie en gros de son beau-frère. À l'école, la matière préférée d'Oscar-Claude était l'art et, fasciné par les bateaux dans le port animé, il les dessina souvent. Dès l'âge de 15 ans, il gagna de l'argent en vendant des caricatures, dont certaines étaient exposées chaque dimanche dans la vitrine d'un magasin local qui devint une petite attraction locale. La tante de Monet, Marie-Jeanne Lecadre, peintre amateur, encouragea Oscar-Claude et lui présenta l'artiste Amand Gautier (1825-1894).

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Une autre influence artistique fut le peintre paysagiste Eugène Boudin (1824-1898) et les deux hommes partaient ensemble peindre en plein air, par opposition à la méthode traditionnelle de la peinture en atelier. Alors qu'il n'avait que 17 ans, Monet réalisa sa première toile en plein air, Vue prise à Rouelles, en 1858. Monet décrira plus tard cette expérience :

Boudin a posé son chevalet et s'est mis au travail... pour moi, ce fut comme le déchirement d'un voile ; j'ai compris, j'ai saisi ce que pouvait être la peinture... mon destin de peintre s'est ouvert devant moi. Si je suis vraiment devenu peintre, je le dois à Eugène Boudin... Peu à peu, mes yeux se sont ouverts et j'ai compris la nature.

(Hodge, 15)

Spring Flowers by Monet
Fleurs de printemps, Monet
Cleveland Museum of Art (Public Domain)

En avril 1859, Monet rassembla ses économies provenant de la vente de ses caricatures et partit étudier l'art à Paris. Il s'inscrit à l'Académie suisse, un établissement peu conventionnel, et commença à se lier d'amitié avec des artistes comme Camille Pissarro (1830-1903) et Paul Cézanne (1839-1906). La multiplication des caricatures lui permit d'arrondir ses fins de mois.

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Avec ses chemises à volants de dentelle, Monet était surnommé "le dandy" par ses pairs.

En juin 1861, les études de Monet furent brutalement interrompues par la conscription dans l'armée française. Ayant rejoint la Cavalerie légère africaine, il fut envoyé en Algérie. Les couleurs vives de l'Afrique du Nord laissèrent une impression durable sur le jeune artiste qui continuait à dessiner quand il le pouvait. Puis, après avoir contracté la typhoïde en 1862, Monet fut renvoyé chez lui en invalidité. Six mois plus tard, sa tante Marie-Jeanne lui paya sa sortie de l'armée. À 22 ans, il abandonna l'Oscar de son nom et se remit à peindre. C'est au Havre que Monet rencontra l'artiste hollandais Johan Barthold Jongkind (1819-1891) dont il admirait déjà les larges coups de pinceau audacieux et les effets du temps sur les paysages marins. Comme l'a noté Monet, Jongkind "est devenu à partir de ce moment mon véritable maître ; et c'est à lui que je dois le développement final de mon œil de peintre" (Hodge, 19).

Les impressionnistes

À la fin de l'année 1862, Monet retourna à Paris - l'une des conditions du sauvetage de l'armée par sa tante était qu'il étudie dans la capitale sous la direction d'un artiste connu. Le choix se porta sur le cousin de Jeanne par alliance : Auguste Toulmouche (1829-1890). Toulmouche encouragea Monet à étudier à l'académie de Charles Gleyre (1806-1874) pendant les deux années suivantes. Monet élargit encore ses connaissances artistiques en rencontrant Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Frédéric Bazille (1841-1870) et Alfred Sisley (1839-1899). Le groupe d'artistes qui sera connu sous le nom d'impressionnistes se rassemblait peu à peu. Monet, peut-être en compensation de ses origines modestes, portait un soin particulier à son apparence. Avec ses chemises à volants de dentelle, il était surnommé "le dandy" par ses pairs.

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Garden at Sainte-Adresse by Monet
Jardin de Sainte-Adresse, Monet
wikiart.org (Public Domain)

Monet apprenait maintenant son métier fait d'interminables exercices de dessin et il produisit des natures mortes qui montrent qu'il maîtrisait la peinture aussi bien que quiconque. Il y avait là des indices de ce qui allait suivre. Les scènes de forêt, peintes dans la forêt de Fontainebleau, au sud de Paris, montrent que Monet observait attentivement la nature, capturant le changement des saisons et expérimentant la lumière et la couleur. En 1864, il partagea un atelier à Paris avec Bazille, mais continua également à peindre sur la côte normande. Un autre domaine que l'artiste souhaitait développer était le portrait, et Monet engagea un modèle à cette fin, Camille-Léonie Doncieux (1847-1879). Ils s'éprirent l'un de l'autre. Edouard Manet (1832-1883), qui faisait sensation avec ses peintures de la vie parisienne contemporaine, constituait une autre voie d'exploration possible.

Renoir et Monet commencèrent à développer leur nouveau style de peinture, qui mettait l'accent sur les effets fugaces de la lumière.

En 1866, la reconnaissance prit de l'ampleur lorsque deux des œuvres de Monet furent présentées au prestigieux Salon de Paris. L'une d'entre elles, Femme à la robe verte, dont le modèle n'était autre que Camille, fut bien accueillie par les critiques car elle mélangeait les tons sombres traditionnels du portrait avec la modernité des vêtements de la femme. Cette attention se traduisit par quelques ventes. En août 1867, Monet et Camille eurent un fils, Jean. Ne souhaitant pas révéler sa relation avec Camille à son père, la famille avait du mal à joindre les deux bouts.

En 1868, une autre œuvre fut exposée au Salon, et Monet participa à l'Exposition maritime internationale du Havre, où il remporta une médaille d'argent. Après un bref séjour à Étretat, au bord de la mer, Monet était de retour à Paris en 1869, mais les choses n'allaient pas si bien que cela, ni sur le plan artistique ni sur le plan familial. Comme son père, la tante de Monet, Marie-Jeanne, lui retira son soutien financier parce qu'il n'avait toujours pas épousé Camille. En 1869, le Salon rejeta ses soumissions. Heureusement, Renoir intervint et sauva Monet en l'invitant à La Grenouillère, une station balnéaire à la mode sur la Seine. Travaillant ensemble, Renoir et Monet commencèrent à développer leur nouveau style de peinture, qui mettait l'accent sur les effets fugaces de la lumière.

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The Magpie by Monet
La pie, Monet
Musée d'Orsay (Public Domain)

Exil

Le 28 juin 1870, Monet et Camille se marièrent. Ils s'installèrent à Trouville, sur la côte normande, où Monet peignit 12 œuvres et affina son style. Puis le désastre survint avec le déclenchement de la guerre franco-prussienne. Monet et sa famille cherchèrent la sécurité des rivages étrangers ; en septembre 1870, ils s'installèrent à Londres.

Les choses commencèrent à s'améliorer lorsque Monet entra en contact avec Paul Durand-Ruel (1831-1922), un marchand d'art parisien qui était sur le point d'ouvrir une nouvelle galerie à Londres. Il sélectionna l'une des peintures de Monet pour son exposition inaugurale. Monet visita des galeries et fut impressionné par les œuvres de Constable et de Turner. Ce dernier était un visionnaire qui peignait en plein air et capturait les effets de la lumière sur la nature bien avant l'arrivée des impressionnistes.

Monet était impatient de retourner à Paris, mais une guerre civile avait éclaté et il se rendit donc à Zaandam, près d'Amsterdam, en mai. Il peignit 24 toiles, capturant les effets de la lumière sur les eaux ondulantes du canal. À cette époque, Monet et Camille, qui avaient tous deux perdu un parent, héritèrent d'une petite allocation. Camille enseigna le français, et les premières ventes de la galerie Durand-Ruel arrivèrent. Il semblait enfin que Monet pourrait vivre de son art, même s'il avait déjà abandonné l'espoir d'atteindre la gloire.

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Claude Monet: A Gallery of 30 Paintings

In this gallery, we showcase 30 paintings by Claude Monet (1840-1926), the French painter who is regarded by many as the master of impressionism. The...

Monet retourna à Paris à l'automne 1871 et trouva une ville bien changée. Il installa son atelier et travailla à la finition de ses peintures hollandaises, parvenant à intéresser un autre marchand, Latouche, avec un bon nombre d'entre elles. Grâce à ses expériences, Monet était prêt, avec ses longs pinceaux et ses petits traits caractéristiques, à créer certaines de ses œuvres les plus emblématiques.

Convaincre les critiques

Monet travailla à Argenteuil, au nord-ouest de Paris, où industrie et plaisanciers sur la Seine se mélangeaient. L'artiste était fasciné par la rencontre de la nature et de l'architecture de l'industrie lourde, un tout nouveau genre de peinture de paysage semblait possible. Pour mieux saisir de telles scènes, il transforma un petit bateau à rames en studio flottant, ce qui amena Edouard Manet (1832-1883) à décrire Monet comme "le Raphaël de l'eau" (Hodge, 43). Il revisita également la Normandie, à la recherche de la même curieuse juxtaposition d'humanité et de nature. C'est là qu'il produisit son premier chef-d'œuvre, à couper le souffle.

Impression, Sunrise by Monet
Impression, soleil levant, Monet
Musée Marmottan (Public Domain)

Pour briser le monopole du Salon sur la présentation de l'art, les peintres impressionnistes se réunirent et organisèrent leur propre exposition en avril 1874, la Première exposition impressionniste. Elle comprenait cinq peintures et sept pastels de Monet. Si l'exposition n'a pas eu le succès escompté en termes de ventes ou d'adhésion de nombreux critiques, elle permit au moins de faire parler d'elle. Une œuvre, en particulier fit sensation. L'impression, soleil levant de 1872 , une vue du port industriel du Havre avec un soleil orange vif se reflétant dans des eaux pourpres, provoqua une réaction tout aussi féroce de la part des critiques d'art conservateurs, qui protestèrent contre les formes vagues, les coups de pinceau hésitants et le manque apparent d'exécution et de finition. Un critique nota : "Le papier peint à ses débuts est beaucoup plus fini que cela" (Roe, 129). Un autre critique utilisa le titre de la peinture pour inventer le terme "impressionnisme", qui était alors une étiquette péjorative pour ce nouveau type d'art qui laissait perplexe.

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Les revenus de Monet furent renforcés grâce à une rencontre avec Victor Chocquet (1821-1896), un douanier qui s'intéressait de près aux impressionnistes. Chocquet acheta plusieurs tableaux de Monet pour enrichir sa collection. La deuxième exposition impressionniste de février 1876 fut à nouveau mal accueillie, mais il se murmurait au moins parmi les critiques que ces artistes d'avant-garde ont peut-être quelque chose à dire. Monet fit à nouveau sensation, cette fois avec La Japonaise - Camille portant un kimono rouge. Tentative évidente de créer une œuvre commerciale, certains collègues artistes de Monet pensèrent qu'il s'agissait là d'une concession aux critiques tout à fait inutile. Monet lui-même critiqua plus tard le tableau, mais il se vendit pour les 2 000 francs dont il avait tant besoin.

Gare Saint-Lazare by Monet
La Gare Saint-Lazare par Monet
Musée d'Orsay (Public Domain)

En 1877, Monet peignit une nouvelle série de tableaux sur les trains et les gares, notamment la gare Saint-Lazare à Paris. L'élément eau était un peu différent, cette fois sous la forme de la vapeur des moteurs, mais l'attrait du mélange des effets de lumière sur l'architecture industrielle continuait de le fasciner. Nombre de ces œuvres furent incluses dans les 30 offres de Monet à la troisième exposition impressionniste d'avril 1877. Cette exposition recueillit un peu plus de critiques positives que précédemment : l'establishment artistique commençait à réaliser qu'il ne pouvait pas continuer à ignorer les impressionnistes indéfiniment. L'un de leurs partisans était le romancier Émile Zola (1840-1902), qui qualifia de "superbes" les travaux ferroviaires de Monet et, reconnaissant l'abandon des sujets traditionnels dans les beaux-arts, il nota : "C'est la peinture d'aujourd'hui, dans ces cadres modernes et magnifiquement larges. Nos artistes doivent trouver la poésie dans les gares, tout comme leurs pères l'ont trouvée dans les forêts et les rivières" (Hodge, 47).

De retour à Paris en 1878, Camille donna naissance à leur deuxième fils, Michel, mais elle souffrait de maladie chronique. Monet s'installa dans l'air pur de Vétheuil, au nord de Paris. L'hiver rigoureux n'empêcha pas l'artiste de peindre en plein air et de saisir les effets de la lumière sur la neige et le givre. Ses finances étaient au plus bas et, contraint d'écrire des lettres de supplication, il subit le coup le plus cruel lorsque Camille mourut le 5 septembre 1879 ; elle n'avait que 32 ans.

Monet fut accablé de chagrin et était complètement ruiné, mais il se plongea dans le travail. Refusant de participer à la cinquième exposition impressionniste, Monet décida d'essayer des peintures plus rentables qui lui permettraient de se nourrir lui et ses fils. Il soumit son Coucher de soleil sur la Seine à Lavacourt au Salon de 1880 qui l'accepta. En 1881, les revenus de Monet étaient plus sûrs et il commença à se constituer une clientèle pour ses œuvres. Monet partageait sa résidence avec Alice Hoschedé et ses enfants. Ernest Hoschedé avait été le mécène de l'artiste avant la faillite. Ernest vivait désormais à Paris, et les arrangements domestiques étranges de Monet, Alice et leurs enfants étaient la cible des rumeurs locales. Sans se décourager, le groupe s'installa à Poissy en décembre 1881.

Haystacks in the Sun by Monet
Meules de foin au soleil par Monet
Claude Monet (Public Domain)

Les impressionnistes continuèrent leurs expositions indépendantes, et la septième, qui se tint en 1882, présenta 35 peintures de Monet. L'exposition fut la mieux accueillie jusque-là, en particulier les marines de Poissy de Monet, qui sont des vues simplifiées où la couleur et la lumière priment sur les détails. En mars 1883, Durand-Rule organisa une exposition personnelle pour Monet. Si le succès ne fut pas au rendez-vous, l'exposition marqua une nouvelle étape dans la notoriété de Monet. Cette année-là, l'artiste s'installa à Giverny, sur la Seine, mais avant de s'y installer définitivement, il visita le sud de la France et l'Italie à la recherche de lumière et d'une nouvelle inspiration.

Dans des endroits comme Bordighera, en Ligurie, Monet fut fasciné par la lumière méditerranéenne, les couleurs pastel, le feuillage et les fleurs luxuriantes. Rien qu'à Bordighera, il réalisa 50 tableaux. L'artiste y associa son style impressionniste à une nouvelle palette plus lumineuse. En août 1884, il était de retour à Giverny et ne le quitta pratiquement plus, peignant des paysages et des scènes de jardin.

L'année 1886 marqua une nouvelle avancée grâce à une exposition à New York organisée par Durand-Ruel. Les Américains étaient beaucoup plus positifs à l'égard des impressionnistes, et Monet réalisa plusieurs ventes. Jamais complètement libéré de ses doutes, Monet eut cependant la confiance nécessaire pour se lancer, en 1889, dans une série de tableaux qui capturent les mêmes scènes dans différentes conditions de lumière et de temps au fil des saisons. Le fruit de ce projet est une série sur la vallée de la Creuse ainsi que des vues d'Antibes et de Juan-les-Pins au sud et de la Normandie et de la Bretagne au nord. Certains collègues artistes trouvent cette approche trop répétitive, mais Monet persista et partagea une exposition avec le sculpteur Auguste Rodin (1840-1917) à Paris. En 1890-91, Monet peignit sa série de meules de foin dans un champ près de Giverny, réduisant ses paysages à leurs éléments essentiels, ne laissant que l'ambiance, les couleurs et les formes d'une vue particulière à un moment particulier dans des conditions atmosphériques particulières, ce qu'il appelait collectivement l'enveloppe. L'artiste travaillait sur plusieurs toiles à la fois pour essayer de suivre le rythme des changements de soleil et de lumière. Une exposition de 15 meules de foin, à nouveau organisée par Durand-Ruel fut un réel succès, et presque toutes les peintures trouvèrent un acheteur.

San Giorgio Maggiore at Dusk by Monet
Saint-George-Majeur au crépuscule, Monet
National Museum Cardiff (Public Domain)

Ensuite, Monet adopta les peupliers comme nouveau sujet, puis une série de 30 peintures de la cathédrale de Rouen de 1892 à 1894. Là encore, ces tableaux se vendirent bien. Entre-temps, après le décès d'Ernest Hoschedé en 1891, Monet épousa enfin Alice en juillet 1892. Installé à Giverny et disposant d'un revenu aussi sûr qu'un artiste pouvait l'espérer, Monet put acheter sa maison et commencer à transformer son jardin en un jardin japonais, avec un pont ornemental, un bassin et une flore orientale, comme il l'avait vu dans les estampes japonaises. Monet trouva encore le temps de faire un voyage en Norvège en 1895 pour peindre des scènes de neige. L'année suivante, il retourna en Normandie pour réaliser d'autres paysages marins, puis en 1897, il était de retour sur son bateau-atelier pour achever une série de tableaux sur la Seine, la plupart pris dans les conditions brumeuses du petit matin. Pendant ce temps, de nouvelles expositions en Europe et aux États-Unis consolidèrent la réputation de Monet comme l'un des principaux peintres modernes.

En 1899, Monet retourna à Londres et peignit la Tamise depuis son balcon du tout nouvel hôtel Savoy. D'autres séries se développèrent, mettant en scène le pont de Waterloo, le pont de Charing Cross et les Chambres du Parlement, vus dans la brume du fameux brouillard de la ville. Il retourna à Londres pour poursuivre ce travail pendant deux autres périodes jusqu'en 1901. Bien que les tableaux semblent avoir été achevés très rapidement, Monet les retravailla sans cesse, en plein air ou dans son atelier, pendant les trois années suivantes. Lorsque près de la moitié des 85 toiles de Londres furent mises en vente, elles atteignirent les prix les plus élevés jamais atteints par Monet.

À Giverny, le jardin japonais de Monet était enfin prêt à être peint, comme il l'avait prévu depuis longtemps. Une nouvelle série fut produite, centrée sur le pont paisible et l'étang de nénuphars apaisant qui se trouvait en dessous. À partir de 1903, Monet créa 150 tableaux de son jardin, mais, toujours à la recherche de la perfection, beaucoup ne furent jamais terminés; ceux qui furent achevés furent exposés à Paris, un autre triomphe en 1909. L'artiste continua à rechercher de nouveaux défis jusqu'à la fin de sa soixantaine. En octobre 1908, il se rendit à Venise et captura une fois de plus la rencontre de la lumière, de l'eau et de l'architecture. Ce sera le dernier de ses voyages de peinture.

Water Lily Pond by Monet
Le bassin aux nymphéas, Monet
National Gallery, London (Public Domain)

Mort et héritage

Au cours de ses dernières années, Monet mena une vie tranquille, profitant de son jardin à Giverny. Alice mourut en mai 1911 d'une leucémie, et son fils Jean de la syphilis en 1914. Monet était lui-même de plus en plus fragile et avait pratiquement perdu la vue d'un œil. La Première Guerre mondiale éclata, mais Monet resta à l'écart de ses horreurs. Il continua à peindre, se concentrant sur les saules pleureurs et les nénuphars sur des toiles massives de plus de quatre mètres de long, si grandes qu'il dut faire construire un nouvel atelier pour les accueillir. Il fit don de ces œuvres à l'État français et elles sont aujourd'hui exposées dans l'Orangerie, construite à cet effet à Paris, dans une galerie incurvée conçue par Monet.

Claude Monet mourut d'une sclérose pulmonaire le 5 décembre 1926. L'œuvre de Monet influença ses contemporains et les post-impressionnistes comme Vincent van Gogh (1853-1890). Sa vision d'une toile sans frontières et d'une exécution rapide inspirera des artistes ultérieurs comme Jackson Pollock (1912-1956) et Roy Lichtenstein (1923-1997). L'art s'était peut-être éloigné de l'impressionnisme pur alors même que Monet peignait encore, mais au milieu du 20e siècle, sa place parmi les fondateurs d'un mouvement qui changea l'art à jamais était assurée. Comme l'a noté l'artiste André Masson (1896-1987), "l'Orangerie est la chapelle Sixtine de l'impressionnisme" (Bouruet Aubertot, 257).

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Questions et réponses

Pour quoi Claude Monet est-il connu?

Claude Monet est connu pour être l'un des plus importants artistes impressionnistes du XIXe siècle. Ses peintures, qui capturent les effets de la lumière sur la nature et l'architecture, ont eu une influence considérable sur l'art moderne.

Quel est le style artistique de Claude Monet ?

Le style artistique de Claude Monet était l'impressionnisme, c'est-à-dire qu'il s'intéressait aux effets temporaires de la lumière sur un sujet donné. Il utilisait souvent des couleurs vives et des coups de pinceau rapides et libres pour peindre ses tableaux.

Quels sont les chefs-d'œuvre de Claude Monet ?

Les chefs-d'œuvre de Claude Monet comprennent plusieurs vues de Londres dans le brouillard, des vues de meules de foin, de peupliers et de la cathédrale de Rouen, toutes peintes pour capturer les effets de la lumière dans différentes conditions météorologiques. Ses plus grandes œuvres sont ses nénuphars, peints dans son jardin de Giverny.

Claude Monet a-t-il eu du succès de son vivant ?

Claude Monet a eu du mal à gagner de l'argent pendant au moins la première moitié de sa carrière, mais dans les années 1870, il s'est progressivement constitué une clientèle de galeristes et d'acheteurs fidèles. À la fin de sa vie, il était mondialement connu et considéré par beaucoup comme le plus grand peintre de sa génération.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un master en philosophie politique et est le directeur d'édition de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2022, avril 04). Claude Monet [Claude Monet]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20644/claude-monet/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Claude Monet." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le avril 04, 2022. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20644/claude-monet/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Claude Monet." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 04 avril 2022. Web. 03 oct. 2022.

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