Koh-i-Noor

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 06 mai 2021
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Texte original en Anglais : Koh-i-Noor

Koh-i-Noor Diamond (Replica) (by aiva, CC BY)
Diamant Koh-i-Noor (Réplique)
aiva (CC BY)

Le diamant Koh-i-Noor (ou Koh-i-nor) est l'un des diamants taillés les plus grands et les plus célèbres au monde. Il a probablement été trouvé dans le sud de l'Inde entre 1100 et 1300. Le nom de la pierre est persan et signifie «Montagne de Lumière» en référence à sa taille étonnante - à l'origine 186 carats (aujourd'hui 105,6).

Dans sa longue histoire, la pierre changea de mains plusieurs fois, presque toujours entre les mains d'hommes de pouvoir. Comme beaucoup de grosses pierres précieuses, le Koh-i-Noor a acquis une réputation de mystère, de malédictions et de malchance, à tel point que l'on dit que seule une propriétaire femme évitera son aura de mauvais présages. La pierre est réclamée par l'Inde mais aussi par le Pakistan, entre autres, mais pour le moment, le Koh-i-Noor reste irrésistible pour ses propriétaires actuels, la famille royale britannique.

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Découverte et premiers propriétaires

L'histoire du Koh-i-Noor est loin d'être aussi claire que l'intérieur de la pierre elle-même. Le diamant pourrait même être référencé dans les textes sanskrits mésopotamiens de la fin du IVe millénaire avant notre ère, mais les experts ne sont pas d'accord à ce sujet. L'un des problèmes de l'histoire du Koh-i-Noor est la tentation de l'identifier à tout grand diamant mentionné dans des textes anciens liés aux événements du sous-continent indien. Le point de vue plus traditionnel est que la pierre a probablement été trouvée dans les mines Golconda du Deccan entre 1100 et 1300, bien que sa première apparition dans les documents écrits soit quand elle appartenait à Babur (1483-1530), fondateur de l'Empire Moghol et descendant de l'empereur mongol Gengis Khan (c. 1162/67-1227). Le diamant est mentionné dans les mémoires de l'empereur moghol qu'il écrivit en 1526 et fut probablement acquis comme butin de guerre, un destin qu'il subirait plusieurs fois au cours de sa longue histoire et de son association avec les plus hautes autorités. Babur décrit la pierre comme « valant la moitié des dépenses quotidiennes du monde entier » (Dixon-Smith, 49).

Nader ShaH décrivit le diamant comme un Koh-i-noor ou «montagne de lumière» et le nom est resté depuis.

Un autre point de vue est que Babur parlait d'une autre pierre et c'est en fait son fils et successeur qui reçut le Koh-i-Noor en cadeau de la part du Raja de Gwalior (un État du centre de l'Inde) après une victoire à la première bataille de Panipat en 1526. Quelle que soit la version correcte de ces événements, le résultat est le même, la famille royale moghole était maintenant en possession de la pierre, et ils émerveillèrent leurs visiteurs en la plaçant dans leur trône du paon. Une troisième vue, qui en revient au même, est que ce n'est qu'au milieu du XVIIe siècle que les empereurs moghols acquérirent la pierre après sa découverte dans les mines de Kollur de la rivière Krishna.

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Babur, Mughal Emperor
Babur, empereur moghol
Unknown Artist (Public Domain)

Nader Shah et la «Montagne de la Lumière»

Au XVIIIe siècle, nous sommes sur de meilleures bases pour retracer l'histoire de la pierre. Lorsque le chef persan Nader Shah (1698-1747) attaqua et captura Delhi en 1739, il acquit le diamant malgré l'empereur moghol qui tenta de le cacher dans son turban. Quand il vit la pierre pour la première fois, Nader Shah la décrivit comme un Koh-i-Noor ou «montagne de lumière», et le nom est resté depuis. Lorsque Nader Shah mourut en 1747, le diamant fut revendiqué par son plus grand général Ahmad Shah (l. vers 1722-1772) qui fonda la dynastie Durrani des souverains d'Afghanistan. Les DurRani perdirent finalement leur emprise sur le pouvoir, et Shah Shujah (1785-1842) fut obligé de fuir en Inde en 1813 lorsqu'il donna le diamant en cadeau au souverain du Pendjab, Maharaja Ranjit Singh (1780-1839). Le Maharajah Duleep Singh (1838-1893) en hérita à l'âge de cinq ans seulement, mais il devait être le dernier souverain du Pendjab et de l'Empire sikh puisque les tentacules de l'Empire britannique s'étendaient déjà dans le nord de l'Inde.

Le remaniement de 1852 donna à la pierre plus de facettes comme un brillant de taille ovale et réduisit considérablement le poids de 186 à 105,6 carats.

La Reine Victoria

La compagnie des Indes orientales, soutenue par les Britanniques, fut le propriétaire suivant du diamant lorsqu'elle prit possession de la région du Pendjab en 1849. Le traité de paix qui mit fin aux guerres anglo-sikhs (1845-1849) précisait que la pierre devait être donnée à la reine Victoria (r. 1837-1901). Le diamant fut ensuite envoyé de Mumbai (alors Bombay) à Portsmouth, en Angleterre, sur le HMS Medea. La pierre arriva en toute sécurité et fut présentée à la reine lors d'une cérémonie spéciale à Londres en juillet 1850. Le Koh-i-Noor était la pierre centrale d'un trio de diamants sertis dans un bracelet en or et en émail à porter sur la partie supérieure du bras. Selon la légende, la pierre était accompagnée d'une note rappelant sa malédiction:

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Celui qui possède ce diamant sera propriétaire du monde, mais connaîtra également tous ses malheurs. Seul Dieu ou Femme peut le porter en toute impunité.

( Wilkinson, 59)

L'histoire de la malédiction serait peut-être née d'un reportage sensationnaliste dans la Gazette de Delhi qui fut ensuite repris par l'Illustrated London News. En Angleterre, la presse était impatiente de faire tout un tapage médiatique pour l'Exposition Universelle qui ouvrirait bientôt ses portes et qui était déjà tant attendue à Londres en 1851, où on disait déjà que le diamant serait exposé au public.

Koh-i-Noor Armlet (Replica)
Bracelet du Koh-i-Noor (Réplique)
shankar s. (CC BY)

La reine aurait été impressionnée par la taille de la pierre, faisant remarquer qu'elle était «en effet un fier trophée» (Dixon-Smith, 50). Cependant, elle était un peu insatisfaite du manque d'éclat de sa taille en «rose» alors que la mode en Europe à l'époque était pour des pierres à multi-facettes et qu'il y avait une préférence nette pour l'éclat par rapport à la taille pure. Néanmoins, la pierre fut une attraction vedette à la Grande Exposition, même si le magazine satirique Punch décrivit la pierre aussi terne qu'une «montagne des ténèbres» (Tarshis, 142). La reine la porta également lors de la cérémonie d'ouverture de l'exposition. Puis, après consultation de la reine, de son mari le prince Albert (1819-1861) et de l'expert en optique, sir David Brewster, la pierre fut retravaillée en 1852 sous la direction des bijoutiers royaux Robert Garrard de Londres. Le duc de Wellington eut l'honneur de faire la première taille, puis il se mit de côté afin que deux experts diamantaires néerlandais puissent opérer leur magie: Voorsanger et Fedder.

Le retouche, qui prit environ 450 heures de travail, donna à la pierre plus de facettes tel un brillant ovale et réduisit considérablement son poids passant de 186 à 105,6 carats. La pierre mesure 3,6 x 3,2 x 1,3 centimètres. Bien que maintenant beaucoup plus petite, la retouche élimina plusieurs défauts et rendit la pierre beaucoup plus appropriée pour être portée en broche, ce que la reine préférait. Une célèbre peinture de Victoria de Franz Xaver Winterhalter fut commandée en 1856, et elle montre qu'elle portait une broche qui appartenait autrefois à la reine Adélaïde (l. 1792-1849) maintenant sertie du Koh-i-Noor. Cette nouvelle configuration fut une fois de plus réalisée par les bijoutiers de Garrard. À d'autres occasions, Victoria porta la pierre en tant que partie d'un bracelet ou d'un cercle pour la tête.

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Queen Victoria Wearing the Koh-i-Noor
La reine Victoria portant le Koh-i-Noor
Franz Xaver Winterhalter (Public Domain)

Les bijoux de la Couronne britannique

Faisant désormais partie des bijoux de la Couronne britannique, le diamant Koh-i-Noor est apparu dans plusieurs couronnes, mais en raison de sa réputation de porter la poisse aux homme qui le portent, il n'a jamais été placé que dans les couronnes des reines consorts. Il fut porté dans la couronne de la reine Alexandra (l. 1844-1925) pour son couronnement en 1902 et fut réajuster dans une nouvelle couronne pour le couronnement de la reine Marie (l. 1867-1953) en 1911. Aujourd'hui, le diamant scintille au centre de la bande de la couronne de la Reine Mère la Reine Elizabeth (l. 1900-2002), défunte mère de l'actuelle reine Elizabeth II (r. 1952-). La Reine Mère portait cette couronne lors de son couronnement en 1937. Le diamant est serti dans une monture amovible en platine, le même matériau dont le reste de la couronne est fabriqué. La couronne est sertie de 2 800 diamants supplémentaires, dont le diamant de 17 carats donné à la reine Victoria par le sultan de Turquie en reconnaissance de l'aide donnée pendant la guerre de Crimée (1853-1856). Bien que cette pierre de taille carrée soit impressionnante en tant que telle, elle est éclipsée par le superbe Koh-i-Noor placé directement au-dessus d'elle. La Reine Mère portait cette couronne lors de l'ouverture du Parlement chaque année et au couronnement de sa fille Elizabeth II en 1953. La couronne et le Koh-i-Noor peuvent être vus aujourd'hui en même temps que d'autres objets des joyaux de la Couronne dans la Maison des Joyaux à l'intérieur de la caserne Waterloo de la Tour de Londres.

Queen Mary's Crown with Koh-i-Noor Diamond
Couronne de la reine Marie avec le diamant Koh-i-Noor
Unknown Artist (Public Domain)

Appels internationaux pour une restitution

Le gouvernement indien a demandé à plusieurs reprises le retour du Koh-i-Noor dans sa patrie. La première demande de ce genre fut faite en 1947, car la pierre devint un symbole de l'indépendance du pays vis-à-vis de la domination britannique, indépendance acquise cette même année.

Un autre acteur est entré dans le débat en 1976 lorsque le Premier ministre pakistanais, Zulfikar Ali Bhutto, demanda le retour de la pierre dans son pays. L'Iran et l'Afghanistan ont également revendiqué la pierre précieuse. Les appels au retour du Koh-i-Noor dans le sous-continent n'ont nullement cessé, et en 2015, un groupe d'investisseurs indiens a même lancé une procédure judiciaire pour que le diamant soit restitué. À ce jour, cependant, la famille royale britannique reste réticente à se séparer du plus célèbre et désirable des diamants.

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Bibliographie

  • Danielle C. Kinsey. "Koh-i-Noor: Empire, Diamonds, and the Performance of British Material Culture." Journal of British Studies, Vol. 48, No. 2, April 2009, pp. 391-419.
  • Dena K. Tarshis. "The Koh-i-Noor Diamond and its Glass Replica at the Crystal Palace Exhibition." Journal of Glass Studies, Vol. 42, 2000, pp. 133-143.
  • Dixon-Smith, Sally et al. The Crown Jewels. Historic Royal Palaces,, 2010
  • Royal Collection: Queen Elizabeth The Queen Mothers CrownAccessed 5 May 2021.
  • Wilkinson, H. (ed). Jewel A Celebration of Earth’s Treasures. Penguin Random House, London, 2016
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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2021, mai 06). Koh-i-Noor [Koh-i-Noor]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19780/koh-i-noor/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Koh-i-Noor." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mai 06, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19780/koh-i-noor/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Koh-i-Noor." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 06 mai 2021. Web. 05 déc. 2021.

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