Étienne de Blois, roi d'Angleterre

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 06 décembre 2019
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Disponible dans ces autres langues: anglais, polonais, espagnol, ukrainien
King Stephen of England, York Minster (by Allan Harris, CC BY-SA)
Étienne d'Angleterre, York Minster
Allan Harris (CC BY-SA)

Le roi Étienne d'Angleterre, souvent appelé Étienne de Blois, régna de 1135 à 1154. Son prédécesseur Henri Ier d'Angleterre (r. de 1100 à 1135) n'avait pas laissé d'héritier mâle et le successeur qu'il avait désigné, sa fille l'impératrice Mathilde, n'était pas du goût de nombreux barons puissants qui préféraient Étienne, l'homme le plus riche d'Angleterre et neveu d'Henri Ier. Une guerre civile intermittente s'ensuivit au cours des quinze années suivantes entre les deux camps, tandis que la couronne anglaise perdait le contrôle de son territoire en Normandie ainsi que des terres au profit de l'Écosse et des princes gallois. Étienne était le dernier des rois normands, une lignée commencée par son grand-père Guillaume le Conquérant en 1066. Henri II d'Angleterre (r. de 1154 à 1189) lui succéda, ce qui est ironique, compte tenu de la guerre civile précédente, car il était le fils de Mathilde et du comte Geoffroy V d'Anjou.

Origines

Étienne vit le jour vers 1097 à Blois, en France. Ses parents étaient Étienne Henri, comte de Blois, et Adèle de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant et sœur d'Henri Ier. Étienne fut envoyé à la cour de son oncle Henri dès l'âge de dix ans et, s'imposant comme l'un des favoris du roi, il reçut des richesses et des terres. Il eut également la chance de réchapper à un naufrage en 1120 lorsque le navire blanc transportant l'héritier d'Henri, Guillaume (né vers 1103), coula dans la Manche, noyant tous les passagers à l'exception d'un boucher de Rouen. Si Étienne n'avait pas eu de diarrhée, il aurait été lui-aussi sur le bateau. Si Guillaume n'était pas mort, il est presque certain qu'Étienne n'aurait jamais été roi.

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Étienne avait un très bon pedigree en tant que petit-fils de Guillaume le Conquérant et neveu d'Henri Ier.

Étienne épousa Mathilde de Boulogne (c. 1103-1152) avant ou pendant l'année 1125. Mathilde était la fille d'Eustache III, Comte de Boulogne et de Marie d'Écosse, fille de Malcolm III d'Écosse (r. de 1058 à 1093) et sœur de la femme d'Henri Ier. Elle serait une alliée redoutable dans la lutte de son mari pour conserver sa couronne, tant sur le plan financier que sur celui de l'aptitude à gouverner. On disait d'Étienne qu'il était beau, pieux, chevaleresque et charmant avec tout le monde, même les pauvres. Il aurait besoin de toutes ces qualités pour rallier suffisamment de soutien autour de lui dans les décennies à venir.

Painting of King Stephen of England
Peinture du roi Étienne d'Angleterre
British Library (Public Domain)

Succession

Malgré deux mariages, le roi Henri Ier d'Angleterre n'avait laissé aucun héritier mâle légitime et son successeur désigné était donc sa fille Mathilde (née en 1102) à laquelle, à la requête d'Henri, les barons (y compris Étienne) avaient juré fidélité. Mathilde est souvent appelée l'impératrice Mathilde après son mariage en 1114 avec l'empereur des Romains Henri V (r. de 1111 à 1125). Après la mort de l'empereur, Mathilde épousa le comte Geoffroy d'Anjou (1113-1151) en 1128. Le comte était également connu sous le surnom de "Plantagenêt" car les armoiries de sa famille comprenaient le genêt (planta genista).

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Malgré les souhaits d'Henri, de nombreux barons n'appréciaient pas l'idée d'une femme au pouvoir ou d'un membre de la maison d'Anjou comme souverain et ils choisirent donc de soutenir leur propre homme, Étienne, comte de Blois, alors le baron le plus riche d'Angleterre. Étienne avait également un pedigree très convenable en tant que petit-fils de Guillaume le Conquérant et neveu d'Henri Ier. Il est important de noter qu'au moment de la mort du roi en décembre 1135, Étienne fut le premier à arriver en Angleterre tandis que Mathilde était en France. Étienne avait également l'avantage d'être un bon chef militaire (à défaut d'être particulièrement doué pour autre chose) et de contrôler le trésor royal à Winchester grâce à son frère Henri qui y était évêque depuis 1129. Par conséquent, Étienne ne perdit pas de temps et rassembla suffisamment de soutien baronnial pour être élu roi le 22 décembre 1135. Il fut couronné quatre jours plus tard dans l'abbaye de Westminster. Cependant, tout n'était pas rose dans son royaume. La prétention au trône de Mathilde était soutenue par un autre groupe de barons et une guerre civile discontinue éclata.

Des barons peu scrupuleux profitèrent de ce chaos, parfois appelé "l'anarchie", pour s'emparer de nouvelles terres, construire des châteaux et même frapper leur propre monnaie.

L'impératrice Mathilde et la guerre civile

Le mari de l'impératrice Mathilde, le comte Geoffroy, avait la même ambition que sa femme de contrôler l'Angleterre, et un autre allié encore plus important pour la cause de Mathilde était Robert Fitzroy, comte de Gloucester, un fils illégitime d'Henri Ier. Initialement, Robert Fitzroy avait soutenu Étienne, mais il passa ensuite du côté de Mathilde dans la guerre civile, bien qu'un soulèvement prématuré de ses partisans ait été impitoyablement écrasé par Étienne en avril 1138. En fait, les adversaires du roi se multiplièrent, puisque même son propre frère, Henri de Blois, se brouilla avec lui sur la question de savoir qui devait contrôler le siège de Canterbury. Un autre ennemi était Ranulph de Gernon, le comte de Chester, mécontent à juste titre que le roi ait cédé son château de Carlisle au roi d'Écosse (voir ci-dessous les problèmes frontaliers d'Étienne). Malheureusement, le roi ne pouvait pas toujours acheter la loyauté en donnant des terres royales, car son prédécesseur Henri Ier avait déjà abusé de cette stratégie et laissé la Couronne quelque peu appauvrie. En outre, les barons avaient désormais la possibilité de promouvoir leur propre situation, certains profitant pleinement de la faiblesse de la monarchie pour changer de camp - Geoffrey de Mandeville est tristement célèbre pour avoir changer de camp à trois reprises.

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Il est donc compréhensible, avec tous ces transfuges et partisans à la loyauté douteuse autour de lui, qu'Étienne soit devenu un peu paranoïaque à ce moment-là, ce qui explique peut-être son arrestation en 1139 de Roger, évêque de Salisbury, et de deux autres évêques, qu'il croyait coupables d'un complot de trahison.

Empress Matilda of England
Impératrice Mathilde d'Angleterre
PurpleHz (Public Domain)

Heureusement pour le roi, sa situation s'améliora quelque peu lorsque Mathilde arriva de France en Angleterre et fut capturée en 1139. La future reine fut emprisonnée au château d'Arundel, dans le West Sussex. Cependant, elle fut libérée par la suite et eut l'audace d'établir une cour rivale dans le sud-ouest de l'Angleterre. La cause de Mathilde était soutenue par une rébellion à l'autre bout de l'Angleterre, en East Anglia, contre l'emprisonnement de l'évêque d'Ely. Le comte de Chester choisit alors son moment pour prendre Lincoln. Le roi réagit en envoyant une armée mais perdit la bataille de Lincoln le 2 février 1141. Pire encore, le roi fut arrêté par Robert Fitzroy en avril 1141 et emprisonné d'abord à Gloucester puis à Bristol pendant neuf mois. Ce fut le point le plus bas du règne d'Étienne et, à l'époque, il semblait bien que la fin était proche.

L'impératrice Mathilde se fit élire reine à Winchester le 8 avril 1141. Elle se rendit ensuite à Londres en juin 1141 pour préparer son couronnement, mais les habitants de la ville trouvèrent son règne trop intéressé et, ses impôts constituant un autre point négatif, un soulèvement populaire chassa Mathilde de la ville. Les rebelles reçurent un autre coup dur lorsque les royalistes - sous la forme d'une armée de mercenaires venus des Flandres et dirigés par la reine Mathilde, épouse d'Étienne - capturèrent Robert Fitzroy. L'impératrice Mathilde fut obligée de libérer Étienne en échange de la liberté de Robert Fitzroy le 1er novembre 1141. Étienne fut alors rétabli dans ses fonctions de roi plus tard en novembre, lors d'un revirement spectaculaire de la situation; il reçut même un second couronnement le 25 décembre 1141, cette fois dans la cathédrale de Canterbury. La guerre civile était cependant loin d'être terminée, et elle ferait rage pendant plusieurs années encore.

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Des barons sans scrupules profitèrent du chaos, parfois appelé "anarchie", pour s'emparer de nouvelles terres, construire des châteaux - qui restaient le symbole médiéval par excellence de l'autorité - sans le consentement royal, et même frapper leur propre monnaie, ce qui porta un nouveau coup à la monarchie. Dans certaines parties du pays (mais certainement pas dans tout le pays), la vie des paysans fut rendue vraiment difficile par les batailles (bien que peu fréquentes), les nombreux sièges, les incendies occasionnels de villages entiers et les barons sans foi ni loi qui les emprisonnaient et les torturaient sans tenir compte de la loi. Même le clergé s'y mit, fortifiant de nombreuses églises et abbayes alors que le niveau de sécurité dans certaines parties du royaume tomba au plus bas de tout le Moyen Âge.

Le vent finit par tourner grâce à deux événements importants. Le premier se produisit en décembre 1142 lorsque Mathilde fut assiégée à Oxford et qu'elle ne réussit à s'échapper du château qu'en bravant une tempête de neige, enveloppée dans un manteau blanc. L'impératrice s'enfuit vers une nouvelle base au château de Devizes dans le Wiltshire. Le deuxième événement fut la mort de Robert Fitzroy à Bristol en 1147, lui qui avait été une source de motivation cruciale pour de nombreux barons rebelles.

Après six ans d'enfermement dans son château presque imprenable de Devizes, Mathilde retourna en Normandie, son objectif étant désormais la promotion de son fils Henri d'Anjou plutôt que la sienne. Henri hérita des terres de son père en Normandie en 1151, mais il avait l'ambition de faire beaucoup plus. Après des victoires militaires en Bretagne et, en mai 1152, son mariage avec Aliénor d'Aquitaine (c. 1122-1204), Henri contrôlait la majeure partie de la France. Il en voulait encore plus et s'intéressait à l'Angleterre, affaiblie par des années de guerre civile. Henri tenta une invasion en 1147, mais sa campagne s'arrêtA lorsqu'il manqua de fonds, ce qui l'obligea à retourner en Normandie. Il attaqua à nouveau en 1149, cette fois dans le nord de l'Angleterre et avec l'aide de David Ier d'Écosse (r. de 1124 à 1153), mais fut défait par une armée d'Étienne. Henri, cependant, pouvait attendre son heure et, une fois qu'il eut des ressources beaucoup plus importantes, il tenta une autre invasion en 1153 qui, la troisième fois, mit finalement fin à la guerre civile.

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La défense du royaume

Alors que le pays était déchiré par les barons divisés, le roi fut également menacé par les actions de ses voisins. Le premier à grignoter le territoire d'Étienne fut le comte d'Anjou, époux de l'impératrice Mathilde. Il envahit la Normandie en 1137 et, malgré l'expédition d'Étienne dans cette région, les barons locaux se montrèrent peu enclins à mener une nouvelle guerre pour ce territoire très disputé. Étienne fut obligé de se retirer et de laisser la Normandie se débrouiller seule.

Stephen of England & Henry II of England
Étienne d'Angleterre et Henri II d'Angleterre
British Library (Public Domain)

Pendant ce temps, David Ier d'Écosse, l'oncle de l'impératrice Mathilde, fit jouer ses muscles et attaqua la Northumbrie, le Lancashire et le Yorkshire dans le nord de l'Angleterre en 1138. Le roi écossais finit par prendre le contrôle du Cumberland, du Northumberland, du Durham, du Westmorland et Lancaster, mais il fut au moins repoussé par la victoire d'Étienne près de Northallerton, dans le Yorkshire, à la bataille de l'Étendard, en août 1138. Dans l'est du royaume d'Étienne, en 1146, les frères gallois Cadell ap Gruffydd (mort en 1175) et Maredudd remportèrent des victoires contre les armées anglaises et étendirent ainsi de manière significative leurs territoires dans l'ouest du Pays de Galles. L'absence d'un monarque fort, capable de se concentrer sur les affaires étrangères, coûtait cher au royaume anglais.

Mort et successeur

En 1153, le roi Étienne était un homme brisé par la mort de sa femme et de son fils Eustache (né en 1127). Il devait maintenant faire face à la troisième invasion d'Henri et espérait une bataille décisive, mais les soldats et les chefs des deux camps n'étaient pas très enthousiastes. Par conséquent, le 6 novembre, Étienne signa avec Henri le traité de Wallingford, qui le reconnaîssait comme l'héritier officiel d'Étienne. En contrepartie, Étienne fut autorisé à conserver sa couronne jusqu'à la fin de sa vie. Les barons n'avaient pas de meilleur candidat à soutenir qu'Henri, et il était clair pour tous que la guerre civile n'avait fait de bien à personne (même si son chaos a peut-être été exagéré par les historiens ultérieurs) et que la dernière chose dont l'Angleterre avait besoin était une autre lutte pour le trône. Comme l'a dit un chroniqueur médiéval anonyme, "Pendant dix-neuf longs hivers, Dieu et ses anges ont dormi" (cité dans McDowall, 26). L'heure était à l'unité et à la paix. Par conséquent, lorsqu'Étienne mourut le 25 octobre 1154 à Douvres dans le Kent, Henri fut couronné le 19 décembre 1154 et devint le premier roi incontesté d'Angleterre depuis plus d'un siècle. Le roi Étienne fut enterré à l'abbaye de Faversham, dans le Kent, aux côtés de sa femme et de son fils, et les principaux épisodes de son règne tumultueux furent consignés pour les générations futures dans la chronique Gesta Stephani, publiée au milieu du XIIe siècle.

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C'est donc sous le règne d'Étienne que les terres de Normandie furent perdues et que la lignée des rois normands prit fin. Ce fut un tournant dans l'histoire de l'Angleterre. Henri allait fonder une nouvelle dynastie, les Angevins-Plantagenêts, et il régnerait jusqu'en 1189, formant le plus grand empire d'Europe occidentale et s'imposant comme l'un des plus grands rois d'Angleterre.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2019, décembre 06). Étienne de Blois, roi d'Angleterre [King Stephen of England]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18639/etienne-de-blois-roi-dangleterre/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Étienne de Blois, roi d'Angleterre." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le décembre 06, 2019. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18639/etienne-de-blois-roi-dangleterre/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Étienne de Blois, roi d'Angleterre." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 06 déc. 2019. Web. 08 févr. 2023.

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