Le Livre de la Vache céleste (ou livre de la vache du ciel) est un texte égyptien antique traitant de la rébellion de l'humanité contre le dieu solaire Rê (Râ), de la destruction des rebelles par l'intermédiaire de la déesse Hathor, de l'annulation de cette décision et de la clémence de Rê, ainsi que de son ascension vers les cieux supérieurs, laissant la terre dans un état déchu.
L'œuvre a été comparée à l'Atrahasis mésopotamien et au récit biblique de l'arche de Noé et du Déluge. On pense qu'elle était connue sous une certaine forme durant la Première Période intermédiaire (2181-2040 av. J.-C.) et rédigée pendant le Moyen Empire (2040-1782 av. J.-C.), mais tous les manuscrits conservés proviennent du Nouvel Empire (eC. 1570 - C. 1069 av. J.-C.).
Les textes ont été découverts dans les tombeaux des pharaons Toutânkhamon (r. d'environ 1336 à environ 1327 av. J.-C.), Séthi Ier (r. de 1290 à 1279 av. J.-C.), Ramsès II (r. de 1279 à 1213 av. J.-C.), Ramsès III (r. de 1186 à 1155 av. J.-C.) et Ramsès VI (règne : 1145-1137 av. J.-C.). La célèbre photographie de l'intérieur du tombeau de Toutânkhamon, prise après son ouverture en 1922, montre un cadre de lit en forme de vache céleste qui, entouré d'autres objets, passe souvent inaperçu plutôt que d'être apprécié à sa juste valeur.
À l'exception du tombeau de Ramsès VI, qui contenait le texte sur des feuilles de papyrus, le mythe a été retrouvé gravé sur les parois des tombeaux, et aucun d'entre eux, pris isolément, n'est complet. Ce n'est qu'en combinant les différentes découvertes que les spécialistes ont pu reconstituer l'œuvre et, même ainsi, la conclusion reste manquante. Le récit central de la rébellion de l'humanité et de la réaction des dieux est néanmoins complet.
Le titre de l'œuvre a été traduit comme le Livre de la Vache du ciel, le Livre de la Vache céleste, La Destruction de l'Humanité ou encore L'Anéantissement de l'Humanité. Puisqu'il fut composé avant l'Atrahasis (environ milieu du XVIIe siècle av. J.-C.) ou le récit du Déluge tiré du Livre de la Genèse (date de composition la plus ancienne : XVe siècle av. J.-C., la plus tardive: VIe siècle av. J.-C.), le Livre de la Vache céleste pourrait avoir inspiré ces œuvres ultérieures, car toutes abordent un thème remarquablement similaire.
Le récit
Le récit débute après que Rê eut créé le monde et régné en tant que roi des dieux et de l'humanité. Avant d'entamer ce récit, il convient de rappeler les fondements mythologiques qui en éclairent la compréhension. Selon la cosmogonie égyptienne, Rê, manifesté sous la forme d'Atoum, émergea sur la butte primordiale face au dieu Noun, personnification des eaux originelles. C'est là qu'il accomplit l'œuvre fondatrice: extraire l'ordre du chaos. Cette création s'opéra grâce au pouvoir d'Héka, divinité de la magie, et avec l'assistance précieuse de Thot, incarnation de la sagesse. Dans un second temps, Rê donna naissance à une génération divine comprenant Osiris, Isis, Seth, Nephtys et Horus l'Ancien. Ces divinités, bien que puissantes, sont traditionnellement considérées comme des dieux mineurs au regard des entités créatrices primordiales, telles que Rê et Noun.
L'histoire s'ouvre sur une ère où Rê, après d'innombrables années de règne, montre les signes du temps qui passe. Le grand dieu a vieilli, et cette faiblesse n'échappe pas aux humains. Jugeant que le créateur n'est plus en mesure de gouverner le monde avec la vigueur d'autrefois, ils ourdissent une conspiration contre lui. Rê apprend leur projet de le renverser et convoque les autres dieux en conseil pour leur demander leur avis sur la marche à suivre. Noun, la force primordiale d'où jaillit la création, conseille à Rê d'envoyer son Œil châtier les humains, et Rê accepte.
L'Œil de Rê est le plus souvent personnifié sous les traits d'une déesse qui exécute les ordres de Rê, ou s'échappe de son contrôle pour semer la dévastation dans une contrée lointaine avant de revenir ou d'être contrainte à rentrer. Ces épisodes sont caractérisés par les égyptologues comme un type de récit connu sous le nom de la Déesse lointaine et ils impliquent toujours une transformation quelconque. Le Livre de la Vache céleste est précisément ce type de récit puisque Rê choisit Hathor pour accomplir sa volonté et détruire l'humanité.
Rê déchaîne alors Hathor sur le monde des mortels. La déesse accomplit son œuvre vengeresse avec une efficacité terrifiante, fauchant des milliers de vies humaines. Mais devant l'ampleur du carnage, Rê est saisi de remords et lui ordonne de mettre fin au massacre. Cependant, Hathor s'est métamorphosée en Sekhmet, et la soif de sang a consumé sa raison. Ivre de fureur destructrice, elle refuse d'entendre l'appel du dieu créateur et poursuit sa frénésie meurtrière. Rê conçoit alors un stratagème ingénieux: il ordonne que sept mille jarres de bière soient teintées d'ocre rouge afin d'imiter l'apparence du sang. Cette mer écarlate est ensuite acheminée jusqu'à Dendérah, où elle se répand sur les plaines, transformant la terre en un vaste océan couleur de carnage. Lorsque Hathor-Sekhmet arrive dans les plaines de Dendérah pour poursuivre le massacre, elle aperçoit le champ de "sang" et le boit, s'évanouit, puis se réveille sous la forme de l'Hathor paisible, amie de l'humanité. Cela explique, selon le récit, pourquoi la bière est consommée lors de la fête d'Hathor et pourquoi cette dernière est parfois surnommée "la Dame de l'Ivresse". Il existe en réalité de nombreux éléments étiologiques dans le mythe qui expliquent un large éventail de traditions, depuis la raison pour laquelle les servantes brassent la bière jusqu'à la création de l'au-delà du Champ des Roseaux.
Une fois la rébellion réprimée, Rê est las de devoir régner sur une humanité ingrate et demande donc à la déesse Nout de l'emporter vers les cieux supérieurs. Celle-ci ne sait pas comment procéder, mais Noun la transforme alors en Vache céleste, et Rê s'éloigne sur son dos tandis que d'autres dieux l'aident à transporter Rê de plus en plus haut, loin de la terre et des affaires des êtres humains.
Durant son ascension, Rê crée le Champ des Roseaux pour l'humanité dans l'au-delà et établit Osiris et Isis pour régner à sa place, ainsi que Thot pour régner sur le ciel nocturne. Le monde passe désormais sous la gouvernance des divinités de la seconde génération. Depuis que Rê, le dieu créateur, s'est retiré du royaume des mortels, il incombe à l'humanité de préserver la maât – cet équilibre sacré qui maintient l'harmonie universelle. Les dieux mineurs lui prêtent leur assistance, mais la responsabilité première repose sur les épaules humaines, là où autrefois Rê veillait seul à l'ordre cosmique. Le texte suggère clairement que la mort entre dans le monde avec le départ de Rê et que les hommes mourront désormais et devront également lutter pour maintenir l'ordre.
Le texte
Le texte du Livre de la Vache céleste ne comporte aucune division dans sa forme originale. Des spécialistes ultérieurs l'ont divisé en cinq sections :
- La destruction de l'humanité
- Le retrait de Rê
- La Vache céleste
- Le nouvel ordre mondial
- La magie de Nout et de Rê
Les deux premières constituent le récit décrit ci-dessus, et le reste jusqu'à la conclusion concerne des formules à réciter pour diverses occasions et fournit des explications étiologiques aux phénomènes naturels, tels que les étoiles, le ciel et le mouvement du soleil à travers les cieux.
Le texte suivant provient de The Literature of Ancient Egypt édité par William Kelly Simpson, traduit par le chercheur Erik Hornung. Après le nom de Rê, on trouvera occasionnellement v.f.s., qui était la salutation standard adressée à un dieu ou à un roi signifiant « vie, force et santé ». Les dieux Heh mentionnés sont les dieux du crépuscule assimilés à l'infinité et souvent désignés comme les Heh de l'éternité. Ils symbolisaient le temps. Les passages entre crochets sont explicatifs ou fournis pour plus de clarté. Ce qui suit ne reproduit que les deux premières sections qui donnent le récit. Le texte intégral se trouve dans la bibliographie.
La Destruction de l'Humanité
Il advint, sous la Majesté de Rê, le dieu auto-engendré, alors qu'il avait exercé la royauté sur l'humanité et les dieux réunis, que l'humanité entreprit de fomenter un complot contre la personne de Rê, maintenant que Sa Majesté, v.f.s., avait vieilli, ses os étant d'argent, sa chair d'or et sa chevelure de lapis-lazuli véritable. Sa Majesté prit connaissance du complot tramé contre lui par l'humanité et ainsi Sa Majesté, v.f.s., dit à ceux qui formaient sa suite: "Veuillez convoquer au palais mon Œil, Shou, Tefnout, Geb, Nout, les pères et mères qui m'accompagnaient lorsque j'étais dans le Noun ainsi que le Noun lui-même, en amenant ses courtisans avec lui. Vous devez les conduire en toute discrétion, de crainte que l'humanité ne les aperçoive et ne se décourage en les voyant revenir au palais pour y prodiguer leurs sages conseils. C'est au sein de Noun, à l'endroit où je suis apparu, que je retournerai."
Ainsi, ces dieux furent amenés sur-le-champ. Ils se placèrent de part et d'autre de Sa Majesté, prosternés front contre terre atour de lui, afin qu'il puisse exposer son problème en présence du père des plus anciens [Noun], le créateur de l'humanité et le roi de l'humanité. Alors, ils dirent à Sa Majesté: "Parle-nous afin que nous prenions connaissance de la situation." Rê dit alors à Noun: "Ô dieu primordial dont je tire mon existence, et vous, divinités ancestrales, contemplez ce spectacle: l'humanité, née de mon propre Œil, ourdit une conspiration contre moi. Conseillez-moi sur la conduite à tenir, car je cherche une issue à cette trahison. Je ne saurais les anéantir sans avoir d'abord recueilli vos avis éclairés."
L'Océan primordial Noun répliqua: "Ô mon fils Rê, le dieu plus puissant que celui qui t'a engendré et plus grand que ceux qui t'ont créé, reste sur ton trône! La crainte que tu inspires est grande ; ton Œil doit se diriger contre ceux qui conspirent contre toi.2 Rê déclara alors: "Vois, ils se sont enfuis dans le désert [les terres du chaos sans ordre], leurs cœurs craintifs face à ce que je pourrais leur dire." Alors tous dirent à Sa Majesté: "Envoie ton Œil afin qu'il les frappe pour toi, ceux qui ont conspiré si méchamment. Nul Œil ne serait mieux placé pour les frapper en ton nom. Qu'il descende sous la forme d'Hathor."
Puis cette déesse revint après avoir massacré l'humanité dans le désert. Sa Majesté Rê dit: "Bienvenue, Hathor! As-tu accompli ce pour quoi tu t'es mise en route?2 La déesse répliqua: "Par ta vie pour moi, j'ai dominé l'humanité et cela fut agréable à mon cœur." Le dieu Rê proclama: "Je triompherai d'eux en tant que roi. Cesse de les décimer!" [à ce moment Sekhmet vint à l'existence, dont la soif de sang était inextinguible, et ainsi Rê dut concevoir un plan pour l'arrêter]
"Que l'on prépare cette nuit même, à Héracléopolis, la mixture de bière destinée à créer l'illusion d'un océan de sang." Puis Rê ordonna: "Faites venir des messagers dont la vitesse égale celle de l'ombre fuyante." Ainsi, ces émissaires furent amenés immédiatement. Sa Majesté décréta: "Courez jusqu'à Éléphantine et rapportez-moi de l'ocre rouge en quantité." L'ocre rouge lui fut apportée. Rê assigna la pulvérisation de l'ocre rouge au Grand des voyants d'Héliopolis [le grand prêtre de Rê, qui portait ses cheveux en une mèche latérale], tandis que des servantes étaient occupées à moudre de l'orge pour la bière. L'ocre rouge fut ensuite ajoutée à ce brassin de bière de sorte qu'elle ressemblait exactement à du sang humain. Sept mille jarres de bière furent ainsi produites.
Alors, la Majesté du Roi de Haute et Basse-Égypte, Rê, vint avec ces dieux pour inspecter cette bière – c'était la veille du jour où la déesse devait massacrer l'humanité durant ses jours de voyage vers le sud. En y goutant, il objectiva: "Comme c'est bon ! Je préserverai l'humanité d'elle." Rê enchaina alors: "Transportez-la s'il vous plaît à l'endroit où elle a dit qu'elle massacrerait l'humanité."
La Majesté du Roi de Haute et Basse-Égypte, Rê, se leva tôt dans le plus profond de la nuit afin de faire verser ce breuvage enivrant. Alors, les champs furent remplis jusqu'à une hauteur de trois palmes avec le liquide grâce au pouvoir de la Majesté de ce dieu. La déesse s'élança dès l'aube et découvrit les plaines noyées sous cette mer écarlate. Son visage s'illumina de satisfaction. Elle se mit à boire avec avidité, trouvant le breuvage délectable. L'ivresse la gagna si profondément qu'elle rentra incapable de distinguer les humains, oubliant jusqu'à l'objet de sa fureur.
Le Retrait de Rê
Rê salua alors la déesse: "Bon retour, ma chère!" [et ainsi, les belles femmes vinrent à exister à Imau, un centre de culte d'Hathor dans le delta occidental.] Sa Majesté Rê annonça alors à la déesse que des breuvages enivrants seront préparés en son honneur lors des fêtes saisonnières de l'année. Les servantes en furent tenues responsables [et ainsi, la préparation de breuvages enivrants devint l'attribution des servantes lors de la Fête d'Hathor]. Sa Majesté Rê la questionna: "La chaleur de la maladie est-elle devenue douloureuse?" [faisant référence à la fièvre causée par l'ivresse]. Puis, il proclama: "Je suis maître de ma propre existence: mon cœur ne supporte plus leur compagnie, imposant leur anéantissement total et entier. Mon emprise sur le monde n'en faiblira en rien."
Ce que dirent les dieux qui formaient sa suite: "Ne te retire pas dans ta lassitude, car tu as encore du pouvoir sur ce que tu désires." Rê fit alors appel à Noun: "Mon corps est faible pour la première fois. Je n'attendrai pas qu'un autre m'atteigne" [jusqu'à une autre rébellion de l'humanité]. Alors, Sa Majesté Noun le rassura: "L'œil de mon fils Shou, te servira et te protègera. Ma fille, Nout, tu placeras Rê sur ton dos." Nout répliqua: "Mais comment, mon père Noun? [...] Ne dites pas de sottises." [et ainsi Nout devint une vache grâce à la magie de Noun]. Alors, Sa Majesté Rê se plaça sur son dos.
Des hommes arrivèrent alors et ils le virent sur le dos de la vache. Ils lui dirent: " ...se sont soulevés contre vous. Nous voici venus pour châtier vos ennemis, eux qui ont ourdi un complot contre leurs propres créateurs." Sa Majesté Rê se rendit à son palais sur le dos de cette vache. Il ne partit pas avec eux. Ainsi, la terre demeura dans l'obscurité.
Lorsque l'aube se leva tôt le matin, ces hommes sortirent portant des arcs et des massues et ils trouvèrent s'en prirent aux ennemis de Rê. Sa Majesté intervint alors: "Que votre bassesse soit derrière vous, ô Massacreurs; que votre massacre soit éloigné de moi." [et ainsi, le goût du meurtre apparut parmi l'humanité]
Alors Rê dit à Nout: "C'est afin que je sois élevé que je me suis placé sur ton dos." "Qu'est-ce que cela?" demanda Nout [et ainsi, elle en vint à exister là dans les deux cieux]. Sa Majesté Rê dit: "Reste loin d'eux! [l'humanité] Élève-moi! Regarde-moi!" [et ainsi Nout devint le ciel]. Alors, Sa Majesté Rê fut visible en elle. Elle dit: "Si seulement tu pouvais me pourvoir d'une multitude [pour m'aider]!" [et ainsi la Voie lactée vint à l'existence]
Sa Majesté, v.f.s., dit: "Paisible est le champ ici" [et ainsi le Champ des Offrandes vint à l'existence] "Je ferai pousser la végétation en lui" [et ainsi, le Champ des Roseaux vint à l'existence] "Je leur fournirai tout." [et ainsi les planètes et les étoiles vinrent à l'existence]. Alors, Nout commença à trembler à cause de la hauteur. Ainsi, la Majesté de Rê dit: "Si seulement j'avais des millions pour la soutenir!" [et ainsi les Heh de l'éternité – les dieux Heh – vinrent à l'existence].
La Majesté de Rê dit: "Ô mon fils Shou, place-toi sous ma petite-fille Nout et veille pour moi sur les deux groupes d'Heh de l'éternité afin qu'ils puissent vivre dans le crépuscule. Place-la au-dessus de ta tête et nourris-la." (Simpson, et al. 290-293)
La dernière partie du texte des trois dernières sections implique les commandements de Rê concernant Thot et la lune ainsi que les formules que l'on doit réciter pour maintenir l'ordre et empêcher le chaos qui existait avant l'acte de création de Rê à l'aube des temps. Bien que chaque formule des paragraphes conclusifs traite d'un aspect différent de la vie, toutes sont unifiées dans le soutien de la maât et le maintien de l'ordre divin.
Conclusion
Le mythe plaçait l'entière responsabilité de la paix et de l'harmonie sur les épaules des êtres humains. Alors qu'auparavant, Rê avait pris soin de ses enfants, après leur rébellion, il leur incombait de gérer leurs propres affaires conformément à ce qu'ils connaissaient de la volonté des dieux mineurs qui présidaient sur la terre. Les humains n'étaient plus choyés par leur créateur; ils étaient contraints de grandir et d'assumer la responsabilité de leurs propres actes et de reconnaître la dette qu'ils devaient aux dieux qui leur avaient donné la vie. Selon le spécialiste Edward F. Wente, Jr.:
Outre le thème de la compassion ultime du dieu solaire envers une humanité rebelle, dont il avait initialement parrainé l'anéantissement, le récit explique comment, en raison de la nature déchue de l'humanité, l'univers tel que nous le connaissons vint à l'existence, avec le soleil, la lune et les étoiles se déplaçant à travers le ciel, que les Égyptiens représentaient dans une scène accompagnante sous la forme d'une vache soutenue par le dieu Shou et huit divinités assistantes. (Simpson, 289)
À l'instar de l'Atrahasis mésopotamien ou du récit du Déluge tiré de la Genèse, le Livre de la Vache céleste relate un récit de transformation et de maturation dans la relation entre l'humanité et le divin. Dans tous ces textes, une force surnaturelle crée l'humanité, vient à être mécontente des résultats et décide d'effacer son erreur. Ceux qui survivent sont alors responsables d'établir une relation nouvelle et plus mature avec leur créateur, ce qui exige croissance et responsabilité personnelle. En cela, le Livre de la Vache céleste est un texte de transformation rappelant que, même si les dieux peuvent toujours être présents, il incombe à chacun personnellement d'être digne de leurs dons.
