Art Celtique Ancien

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Caroline Martin
publié le 03 mars 2021
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Texte original en Anglais : Ancient Celtic Art

Stanwick Horse Mask (by The British Museum, CC BY-NC-SA)
Masque de cheval de Stanwick
The British Museum (CC BY-NC-SA)

L'art, parallèlement au langage, est peut-être le meilleur moyen de voir les connexions entre les anciens peuples que nous appelons les Celtes qui vivaient en Europe durant l'âge du fer. Il y a eu de grandes variations à travers le temps et l'espace, mais les caractéristiques communes de l'art celtique ancien comprennent des sculptures de dieux énigmatiques et de guerriers nus, un amour de la représentation des animaux de la forêt, l'utilisation de motifs végétaux complexes et tourbillonnants, et un désir de mettre en valeur la beauté des objets quotidiens, même les plus petits et les plus ordinaires. L'art celtique a été aussi bien influencé par les cultures voisines, des Thraces aux Romains, qu’il s'en est désengagé. En vogue depuis que des pièces antiques et médiévales ont été redécouvertes au 19e siècle EC, l'art celtique continue de fasciner et d'inspirer les artistes et les artisans d'aujourd'hui.

Thèmes de l'art celtique

Bien que les spécialistes s'interrogent sur l'utilité du terme "Celtes" pour désigner les différents peuples de l'Europe durant l'âge du fer, c'est dans l'art produit par ces peuples que l'on trouve la preuve la plus convaincante qu’il existait des liens de similitude culturelle sur le continent. De la péninsule Ibérique à la Bohême, on retrouve des thèmes récurrents dans l'art, qui apparaissent sur différents supports entre 700 AEC et 400 EC. Bien entendu, il existe de nombreuses variations régionales, mais certaines des idées qui reviennent sans cesse dans l'art celtique sont les suivantes :

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  • L’amour des formes fluides, tant dans les contours des œuvres d'art que dans leur décoration.
  • Les représentations des dieux et des guerriers, en particulier leurs têtes.
  • Les représentations d'animaux (réels ou imaginaires), en particulier ceux de la forêt comme les cerfs, les sangliers, les chevaux et les chiens de chasse.
  • L'utilisation de dessins végétaux complexes, de motifs abstraits et de lignes tourbillonnantes et imbriquées, qui peuvent remplir tous les espaces décoratifs disponibles sur un objet.
  • L'apparition de l'art dans tous les types d'objets, y compris les articles fonctionnels de tous les jours pour la cuisine et sous forme miniature comme les minuscules épingles à cheveux.
  • Le désir de transmettre des messages de pouvoir et des idées religieuses concernant cette vie et la suivante.

Une autre source de variation, outre l'espace et le temps, est constituée par les cultures extérieures avec lesquelles des groupes particuliers de Celtes sont entrés en contact en termes de voisinage, de commerce et de guerre. La poterie grecque et étrusque, par exemple, était très appréciée et on en a retrouvé dans de nombreux sites funéraires celtes. Des éléments de l'art des Thraces et de celui des Scythes sont également visibles dans l'art celtique, comme des têtes de taureaux et des cornes à boire ornées. Lorsque les Romains ont conquis la Gaule dans la seconde moitié du 1er siècle AEC, ils ont apporté avec eux des idées en matière d'art, notamment un amour des créatures fantastiques et de nouveaux matériaux comme le laiton et l'émail. Grâce au commerce et aux cadeaux diplomatiques, même les idées artistiques de pays aussi éloignés que la Perse ont fait leur chemin vers l'Europe celtique. Les Celtes ont également appris les uns des autres, certaines régions se spécialisant dans certaines formes d'art, comme l’orfèvrerie des régions autour du Rhin et de la Moselle. Enfin, avec la christianisation de l'Europe, l'art celtique a adopté de nouvelles formes et de nouveaux supports, comme en témoignent les manuscrits enluminés, les broches et les croix de pierre qui caractérisent l'art celtique médiéval.

Celtic Horse Brooch
Broche de cheval celtique
Metropolitan Museum of Art (Copyright)

Pour ajouter à la difficulté d'apprécier un art qui a été produit pendant de nombreux siècles dans différentes régions, les Celtes ont laissé très peu de traces écrites et nous n'avons donc aucun commentaire de la part des créateurs eux-mêmes sur ce qui les a inspiré, ce que leur art était censé représenter ou comment il devait être utilisé. Par conséquent, l'art celtique doit être jugé en grande partie en examinant uniquement les objets d'art eux-mêmes et les contextes dans lesquels ils ont été redécouverts. Il convient également de rappeler que dans les cultures anciennes, il n'y avait pas de catégorisation entre le « grand art » et l'artisanat. Pour les Celtes, l'art pouvait être appliqué à n'importe quoi et il était toujours fonctionnel, même si seuls les riches pouvaient s'offrir des objets très décorés comme des récipients ornés pour festoyer, des armures et des armes. C'est pour toutes ces raisons que les historiens J. Farley et F. Hunter déclarent : « L'art celtique est une dénomination difficile et complexe » et « il est plus correct de le comprendre comme une série « d'arts celtiques » plutôt que comme une tradition unique et homogène » (205 & 51).

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Sculpture celtique

Les sculptures étaient faites en bois, en pierre et en métal, comme le bronze, le fer et l'or, coulés ou martelés. Les formes et les décorations supplémentaires étaient obtenues par la gravure, le poinçonnage, le traçage et le repoussé (rainurage du matériau par l'arrière pour créer un relief sur l'autre face). Des détails étaient ajoutés aux sculptures de toutes sortes à l'aide de matériaux colorés tels que le verre (surtout rouge), le corail, les coquillages, l'ambre, les pierres semi-précieuses et l'émail.

Prince of Glauberg
Prince de Glauberg
Heinrich Stürzl (CC BY)

Les toutes premières sculptures celtiques se concentrent sur la forme humaine, en particulier sur la tête, qui était considérée comme la demeure de l'âme. Ces pièces représentent généralement des dieux et des guerriers héroïques, mais elles sont souvent abstraites, les traits typiques du visage étant des yeux lenticulaires, un nez bulbeux et des cheveux balayés en arrière. Les sculptures sont rarement de taille réelle, mais des exemples ont survécu. Le dieu cornu Cernunnos, qui représentait la nature et la fertilité, a été représenté dans diverses sculptures en pierre. Les personnages debout en bois, notamment en chêne, sont représentés vêtus d'un manteau à capuchon et ils portaient parfois un torque en métal autour du cou. Ces figures se trouvaient probablement sur des sites religieux celtiques.

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UNE TECHNIQUE POUR CRÉER DES OMBRES CONSISTAIT À CONCEVOIR UNE PIÈCE DE MANIÈRE À CE QU'ELLE CHANGE LORSQU'ON LA REGARDE SOUS DES ANGLES DIFFÉRENTS.

Une autre forme qui avait des connotations religieuses est celle des pierres sculptées qui subsistent en France et en Irlande, notamment. Ces pierres typiques sont en forme de dômes ou de pyramides à quatre côtés et sont recouvertes de dessins abstraits, des lignes, des torsades et des motifs végétaux. Elles peuvent avoir représenté une vision celtique de l'univers et avoir été placées sur des sites sacrés. Le pilier en pierre de Pfalzfeld à St. Goar, en Allemagne, datant du 5e-4e siècle AEC, en est un bel exemple. Ce pilier mesure 1,48 m. de haut et il était autrefois surmonté d'une tête. Divisé en quatre côtés par des reliefs verticaux en forme de cordes, chaque face présente une tête humaine portant une barbe et une coiffe appelée "couronne de feuilles", un motif qui apparaît à plusieurs reprises dans l'art celtique.

Cependant ce sont les guerriers qui semblent avoir le plus marqué l'imagination des Celtes. Souvent représentés nus et ne portant qu'un torque autour du cou, une ceinture d'épée et parfois une cape, les sculptures de guerriers étaient fabriquées dans toutes les tailles et étaient peut-être destinées à être placées dans des sites funéraires. Le "Prince de Glauberg", datant du 5e siècle AEC et provenant des fouilles de Glauberg, en Allemagne, en est un exemple grandeur nature. Le guerrier, qui porte un bouclier, est vêtu d'une tunique en cotte de mailles et d'un collier torque avec trois pendentifs. Il porte également une coiffe élaborée du type "couronne de feuilles". Il existe aussi des sculptures que nous ne pouvons pas identifier avec certitude comme étant un dieu ou un guerrier. L'exemple le plus célèbre est la tête en grès de Mšecké Žehrovice, provenant d'un sanctuaire en République tchèque, qui date du 2e siècle AEC environ.

Mšecké Žehrovice Hero
Héros de Mšecké Žehrovice
Miroslav Zachoval (CC BY)

Les animaux, réels ou imaginaires, étaient un autre sujet de prédilection, surtout de forme miniature en métal pour orner toutes sortes d'objets tels que des chaudrons, des charrettes et des cruches. Les Celtes croyaient que les totems d’animaux, notamment sur les armes, les armures, les cimiers de casque, les cornes de guerre et les boucliers, protégeaient le porteur et lui conféraient les propriétés et les caractéristiques de certains animaux. Parmi les animaux fréquemment représentés - soit entiers, soit sous forme de tête ou de masque - figurent le taureau, le cheval, le cerf et le sanglier. Une belle pièce de sculpture celtique abstraite, destinée à orner un seau ou un récipient similaire, est le masque de tête de cheval en bronze datant de la période comprise entre 50 AEC et 100 EC, qui a été découvert parmi le trésor de Stanwick, dans le Yorkshire du Nord, en Angleterre. Ce masque, fabriqué à partir d'une seule feuille de métal, a des yeux, des narines et une arête nasale très stylisés, tous rendus en faible relief. Une autre technique pour créer des ombres consistait à concevoir une pièce de manière à ce qu'elle change lorsqu'elle est vue sous des angles différents. De côté, un visage peut apparaître comme un simple groupe de lignes et de formes interconnectées, et ce n'est que de face que le visage abstrait d'un humain ou d'un animal est révélé.

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Boucliers celtiques

Les sculptures de guerriers celtes les montrent souvent portant leur bouclier de forme oblongue familière, et ces objets, en particulier leurs umbos, étaient souvent eux-mêmes des œuvres d'art. Les boucliers celtiques étaient faits de bois et de cuir avec des boucles en métal et avec un umbo central pour plus de solidité. Ces umbos et les boucliers cérémonials en bronze ou les revêtements en bronze destinés aux vrais boucliers étaient une autre occasion pour l'artiste celte de montrer son savoir-faire. Le bouclier de Battersea, aujourd'hui conservé au British Museum, en est un exemple remarquable. Ce bouclier a été retrouvé dans la Tamise et il a probablement été jeté dans ses eaux en guise d'offrande votive. Datant de la période comprise entre 350 et 50 AEC, le bouclier est fait d'une feuille de bronze décorée de reliefs, de gravures et de repoussés. Il y a trois grandes rondelles avec un umbo central prononcé au milieu de la plus grande rondelle, des volutes et 27 clous encerclés, autrefois remplis de pâte de verre rouge. Des palmettes et des motifs en forme de S en repoussé relient les clous à l'intérieur de chaque rondelle.

Witham Shield Detail
Détail sur le bouclier de Witham
The British Museum (CC BY-NC-SA)

Le bouclier de Witham et l’umbo du bouclier de Wandsworth sont deux exemples qui démontrent l’art celtique abstrait, ils ont également été retrouvés dans des rivières anglaises. L’umbo central du bouclier de Witham, qui date de 400-300 AEC, présente un décor abstrait en repoussé auquel ont été ajoutés des morceaux de corail rouge. Le bouclier présente un léger dessin de sanglier mâle aux pattes allongées, visible aujourd'hui uniquement comme une différence de teinte de la patine. La monture circulaire du bouclier de Wandsworth date de la période comprise entre 350 et 150 AEC. Le décor de cette monture prend la forme de têtes d'oiseaux stylisées avec des becs crochus et des corps allongés en repoussé. Les extrémités des oiseaux se transforment en volutes ou en spirales alors que les deux créatures semblent voler autour de la circonférence du bouclier. Ce type de décoration se retrouve dans d'autres œuvres celtiques comme les miroirs en bronze et les casques rituels.

Torques celtiques

Le torque est l'un des éléments essentiels de la bijouterie celtique et il a été noté par les auteurs classiques comme une caractéristique culturelle distinctive (même s'il en existait aussi dans d'autres cultures). Les exemples de guerriers et de dieux portant des torques de cou abondent dans l'art celtique, mais de nombreux exemples de torques réels ont également survécu. Cela peut s'expliquer par le fait que le torque était offert lors de rituels ou qu'il était enterré comme une réserve pratique de richesse. Les torques ont pu avoir une signification spirituelle, Ils ont pu protéger le porteur et indiquer son statut ; les torques en or étaient certainement un symbole de richesse. Fabriqués en fer, en bronze, en cuivre, en argent et en or, les modèles varient en fonction des terminaisons, qui peuvent être des anneaux, des têtes d'animaux ou des formes telles que des sabliers, des sphères et des disques. Le tour du cou peut être uni, torsadé, plein, creux ou enroulé autour d'un noyau organique.

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Snettisham Great Torc
Grand Torque de Snettisham
The British Museum (CC BY-NC-SA)

Le plus bel exemple de torque celtique est sans doute le grand torque de Snettisham, qui fait partie du trésor funéraire de Snettisham, découvert près du village du même nom dans le Norfolk, en Angleterre. Fabriqué à partir d'un alliage d'or (les autres métaux sont de l'argent et du cuivre), il pèse un peu plus d'un kilo et date de 150-50 AEC. Le câble de ce torque de cou est composé de 64 brins qui sont tordus en huit cordons, chacun comprenant huit brins. Les terminaisons sont creuses et ont été coulées à l'aide de moules et soudées aux cordons. Elles sont décorées d’un mélange de zones en relief avec des ciselures en forme de « tressage de panier », l'artisan utilisant des outils très fins pour obtenir ce résultat et pour accentuer le travail de moulage et éliminer toutes les imperfections.

DES SCULPTURES MINIATURES ORNAIENT SOUVENT LES REBORDS, LES POIGNÉES ET LES POINTS DE SUSPENSION DES CHAUDRONS CELTIQUES.

Un autre très bel exemple est le torque argenté de Trichtingen, découvert près de la ville de ce nom en Allemagne et datant probablement du 2e siècle AEC. Mesurant 29,5 cm de diamètre et pesant 6,7 kilos, il est trop lourd pour être porté et il a donc été fabriqué soit comme une offrande votive ou soit comme un ornement pour une statue. Les terminaisons en forme de tête de taureau imitent l'art de la Thrace ou de la Perse.

Broches celtiques

Les anciens Celtes étaient particulièrement friands de broches et d'épingles ornées. Nécessaires pour maintenir les vêtements ensemble, les broches, qui étaient à l'origine de simples fibules de bronze et de fer, sont rapidement devenues des symboles de statut social et des amulettes hautement ornées portées par les hommes, les femmes et les enfants. Les toutes premières broches pouvaient prendre la forme d'animaux, notamment de chevaux et de serpents, mais aussi de têtes humaines, de cloches et de tambours. Elles pouvaient être en forme de S avec une tête à chaque extrémité ou être plus abstraites avec des spirales et des nœuds complexes. Une forme courante était la broche pénannulaire, composée d'un anneau presque complet et d'une épingle qui pouvait tourner et passer dans l’intervalle de l’anneau pour s'ouvrir et se fermer. La broche pénannulaire est devenue très décorative et elle était populaire dans toute l'Europe à travers le Moyen Âge.

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Braganza Brooch
Broche de Braganza
British Museum (Copyright)

Les plus beaux exemples de broches celtiques étaient fabriqués en or et ils pouvaient être incrustés de matériaux précieux colorés. Le métal était coulé, gravé et poinçonné. L'un des exemples les plus grandioses de ces chefs-d'œuvre miniatures est la broche de Braganza, découverte en Espagne et datant de 250-200 AEC. Cette broche en or représente un guerrier celte muni d'un bouclier faisant face à un chien de chasse. La garde de l'épingle, très décorative, possède des boucles et des courbes complexes.

Chaudrons celtiques

Les chaudrons occupaient une place particulière dans la culture celte ; ils représentaient l'abondance et la régénération, conjointement dans la mythologie, ils avaient des propriétés magiques comme la création de nourriture à l’infini. Les chaudrons utilisés pour des occasions spéciales comme les festins celtiques étaient particulièrement ornés. Fabriqués à partir de feuilles de bronze, ils étaient suspendus au-dessus du feu par des chaînes et servaient à cuire des ragoûts de viande. Des sculptures miniatures ornaient souvent les rebords, les poignées et les points de suspension.

The Gundestrup Cauldron
Le chaudron de Gundestrup
Nationalmuseet, Lennart Larsen (CC BY-SA)

Le plus bel exemple de chaudron décoratif, peut-être trop bien fait pour avoir jamais été utilisé pour cuisiner, est le chaudron de Gundestrup du Danemark. Ce bol en argent partiellement doré date peut-être du 1er siècle AEC ou plus tôt et il a probablement été importé de la région du bas Danube. Les splendides panneaux en relief présentent des scènes de dieux d'inspiration celtique, mais on y trouve aussi des motifs et des animaux vus dans l'art du Proche-Orient. Comme le notent les historiens J. Farley et F. Hunter, le chaudron « n'est pas celtique, ou, du moins, pas seulement celtique » (262). En tant que tel, c'est un objet qui continue d'intriguer et qui incarne les difficultés à examiner ce qui est et ce qui n'est pas de l'art celtique ancien. Cinq panneaux intérieurs et huit panneaux extérieurs montrent des dieux identifiés comme Cernunnos et Medb, entre autres, la plupart d’entre eux portent un torque. Il y a des scènes qui représentent un sacrifice de taureau, une troupe de guerriers celtiques, des griffons ailés, des léopards et des éléphants.

Poterie celtique

Les récipients en poterie celtique sont très souvent de forme élégamment incurvée et peuvent être de couleur sombre ou rouge avec une décoration noire. Les premiers récipients copiaient les objets fabriqués en bronze. Malgré leur simplicité, ils étaient bien faits et magnifiquement polis. Un type de récipient typique du 6e siècle AEC est la poterie carénée tripartite composée de trois pièces séparées et anguleuses. Avec l'introduction du tour de potier plus rapide en provenance de la Méditerranée, des récipients de meilleure qualité sont devenus possibles. Les Celtes étaient particulièrement friands de vin, et un type de bouteille à long col, connu sous le nom de Linsenflasche, était courant en Europe centrale aux 5e et 4e siècles AEC. Les récipients bulbeux avec un petit piédestal et sans anses sont abondants à partir du milieu du 4e siècle AEC.

Celtic Pottery Vessel
Vase en poterie celtique
The British Museum (CC BY-NC-SA)

Les motifs géométriques simples étaient populaires sur les premières poteries. Lorsque cette forme d'art est devenue plus sophistiquée, les animaux sont devenu un motif de décoration favori et ils pouvaient être incisés, peints ou estampés sur toutes sortes de poteries. La décoration curviligne était une autre caractéristique commune, ainsi les artistes celtes remplissaient tous les espaces disponibles, une tendance qui soulignait davantage les courbes du récipient. Parfois, une grande partie d'un récipient est peinte de manière unie pour mettre en valeur une zone de décoration voisine. La combinaison de silhouettes d'animaux et de lignes géométriques fluides est particulièrement visible dans la poterie du sud de la France au 2e siècle AEC, où les animaux deviennent presque méconnaissables avec des corps et des membres allongés.

Déclin et héritage

L'expansion de l'Empire romain à partir du 1er siècle AEC a vu la culture et l'art celtique absorber des idées plus méditerranéennes, non seulement dans les modes de représentation mais aussi dans le sujet même de l'art. Un bas-relief de Reims montre que la figure de Cernunnos occupe la place centrale, mais que les dieux gréco-romains Apollon et Mercure se trouvent à ses côtés. En outre, l'art romain produit en masse et l'érosion du système celtique de mécénat de l'art autochtone provoquée par le nouvel ordre politique et social, ont entraîné le déclin de l'art celtique, qui a pratiquement disparu en Europe continentale. Puis, lorsque le christianisme s'est emparé de l'Europe à la fin de l'Antiquité, les artistes européens ont modifié leurs œuvres pour refléter les nouvelles croyances de la population. Les artistes celtiques, désormais confinés à la Grande-Bretagne et à l'Irlande, ont trouvé une expression pour leurs idées dans des broches, en particulier dans le type penannulaire, dont la décoration comportait des symboles liés à la religion chrétienne. Parallèlement, l'amour des motifs curvilignes complexes a trouvé un nouveau foyer dans les manuscrits enluminés, tandis que les sculpteurs créaient des croix de pierre ornées pour les cimetières.

En fait, l'art celtique a fusionné avec l'art anglo-saxon et viking dans la Grande-Bretagne médiévale, mais il est resté plus pur en Irlande et en Écosse, toutes deux plus isolées. Avec la conquête de l'Angleterre par les Normands en 1066 EC, de nouvelles influences sont arrivées et l'art a de nouveau évolué avec de nouvelles idées et de nouveaux matériaux. Par conséquent, l'art produit par les anciens Celtes est devenu un élément obscur du passé non écrit. Puis, après des siècles, le retour se produisit. L'art celtique a connu un grand renouveau au 19e siècle EC après la découverte miraculeuse de plusieurs pièces importantes comme les broches penannulaires de Hunterston et de Tara et l'intérêt plus général pour l'histoire pré-romaine. Inspirant les artistes par ses formes abstraites et curvilignes, l'art des anciens Celtes, très souvent encouragé par des idées de nationalisme et de régénération du patrimoine culturel, est revenu au premier plan et il a trouvé un écho dans des mouvements comme l'Art nouveau.

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Traducteur

Caroline Martin
Française, ayant vécu au Royaume Uni pendant 20 ans, Caroline Martin est totalement bilingue. Lectrice passionnée depuis son plus jeune âge, elle a développé un amour de l'histoire qui remonte a ses années sur les bancs de l’école. Elle s'intéresse maintenant beaucoup à l'histoire en général et à la géopolitique.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2021, mars 03). Art Celtique Ancien [Ancient Celtic Art]. (C. Martin, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-17794/art-celtique-ancien/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Art Celtique Ancien." Traduit par Caroline Martin. World History Encyclopedia. modifié le mars 03, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-17794/art-celtique-ancien/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Art Celtique Ancien." Traduit par Caroline Martin. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 03 mars 2021. Web. 08 déc. 2021.

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