Ogham

Définition

Jenni Irving
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 11 mai 2012
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Disponible dans ces autres langues: anglais, ukrainien, Turc
The Book of Ballymote (by Dbachmann, CC BY-SA)
Book of Ballymote
Dbachmann (CC BY-SA)

L'une des écritures anciennes les plus étranges que l'on puisse rencontrer, l'Ogham est également connu sous le nom d'"Alphabet de l'arbre celtique". Utilisé entre le quatrième et le dixième siècle, il aurait été nommé d'après le dieu irlandais Ogme, mais cette hypothèse est largement débattue. Ogham fait en fait référence aux caractères eux-mêmes, l'écriture dans son ensemble est plus justement nommée Beith-luis-nion d'après l'ordre des lettres de l'alphabet qu'on lui a attribué.

Description

Le système d'écriture contenait à l'origine 20 lettres regroupées en quatre groupes de cinq. Cinq lettres supplémentaires furent ensuite ajoutées, créant ainsi un cinquième groupe. Chacun de ces groupes était nommé d'après sa première lettre. Il existe encore environ quatre à cinq cents inscriptions ogham à travers la Grande-Bretagne et l'Irlande, le plus grand nombre se trouvant dans le Pembrokeshire. Le reste des inscriptions se trouve dans le sud-est de l'Irlande, en Écosse, aux Orcades, sur l'île de Man et à la frontière du Devon et des Cornouailles. L'Ogham était utilisé pour écrire en irlandais archaïque, en vieux gallois et en latin, principalement sur du bois et de la pierre, et est basé sur la tradition de Briatharogam du haut Moyen Âge consistant à attribuer le nom des arbres à des caractères individuels. Les inscriptions contenant de l'Ogham sont presque exclusivement constituées de noms de personnes et de marques de propriété foncière.

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Théories sur l'origine

Il existe quatre théories populaires sur l'origine de l'Ogham. Les différentes théories sont peu surprenantes étant donné que l'écriture présente des similitudes avec les chiffres des runes germaniques, du latin, du vieux Futhark et de l'alphabet grec.

La première théorie se fonde sur les travaux d'experts tels que Carney et MacNeill qui suggèrent que l'Ogham avait été créé par les Irlandais en tant qu'alphabet cryptique. Ils affirment que les Irlandais l'ont conçu pour des raisons politiques, militaires et/ou religieuses afin que les personnes connaissant uniquement le latin ne puissent pas le lire.

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L'écriture présente des similitudes avec les cryptogrammes des runes germaniques, du latin, du vieux futhark et de l'alphabet grec.

La deuxième théorie est soutenue par McManus qui affirme que l'Ogham a été inventé par les tout premiers chrétiens de l'Irlande dans une quête d'unicité. Cet argument soutient que les sons de la langue irlandaise primitive étaient trop difficiles à transcrire en latin.

La troisième théorie affirme que l'écriture Ogham a été inventée dans l'ouest du Pays de Galles au quatrième siècle avant notre ère afin de conjuguer l'alphabet latin avec la langue irlandaise en réponse aux mariages mixtes entre les Romains et les Bretons romanisés. Cela expliquerait le fait que certaines inscriptions Ogham soient bilingues: irlandais et brittonique-latin.

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La quatrième théorie est soutenue par MacAlister et était populaire avant que d'autres théories ne commencent à la supplanter. Elle affirme que l'Ogham a été inventé en Gaule cisalpine vers 600 avant J.-C. par des druides gaulois qui l'ont créé en tant que langue des signes et langage oral. MacAlister suggère qu'il a été transmis oralement jusqu'à ce qu'il ne soit finalement mis par écrit au début de l'Irlande chrétienne. Il affirme que les lignes incorporées dans l'Ogham représentent la main car basées sur quatre groupes de cinq lettres avec une séquence de traits de un à cinq. Cependant, il n'existe aucune preuve de la théorie de MacAlister selon laquelle la langue et le système de l'Ogham sont originaires de la Gaule.

Des théories mythiques sur l'origine de l'Ogham apparaissent également dans des textes du XIe au XVe siècle. Le Lebor Gabála Érenn du XIe siècle raconte que l'Ogham a été inventé peu après la chute de la tour de Babel, tout comme le texte Auraicept na n-Éces du XVe siècle. Le Book of Ballymote, écrit en 1390-91, évoque également quatre-vingt-douze modes secrets d'écriture de l'Ogham.

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Bibliographie

  • Carney, J. "The Invention of the Ogam Cipher." Ériu, 22/1975, pp. 62-63.
  • Macalister, R. A.S. Corpus inscriptionum insularum celticarum. First edition. Dublin, 1945
  • Macalister, R. A.S. The Secret Languages of Ireland. Cambridge University Press, 1937, 27-36.
  • MacNeill, E. "Archaisms in the Ogham Inscriptions." Proceedings of the Royal Irish Academy, 39, pp. 33-53.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Citer cette ressource

Style APA

Irving, J. (2012, mai 11). Ogham [Ogham]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10742/ogham/

Style Chicago

Irving, Jenni. "Ogham." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mai 11, 2012. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10742/ogham/.

Style MLA

Irving, Jenni. "Ogham." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 11 mai 2012. Web. 11 août 2022.

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