À la suite de la Révolution française (1789-1799), le Premier Empire sous Napoléon Bonaparte (r. de 1804 à 1814; 1815) marqua le point culminant de la politique française et de sa domination en Europe. Au cours des guerres napoléoniennes, Napoléon réorganisa une bonne partie de l’Europe continentale en territoires annexés, royaumes clients, républiques dépendantes, et imposa des alliances qui s’étendaient de la péninsule Ibérique à la Pologne et de la mer du Nord à l’Italie méridionale. L’expansion française reposait sur la conscription de masse, la centralisation administrative, des manœuvres militaires rapides et la restructuration politique des régions conquises, ce qui altéra de manière fondamentale la balance du pouvoir européen mise en place pendant l’ancien régime.
La domination napoléonienne diffusa et limita à la fois l’héritage révolutionnaire de la France. Les réformes associées au Code Napoléon favorisèrent l’égalité devant la loi, une administration laïque et une gouvernance centralisée dans une grande partie de l’Europe, tandis que la dissolution ou l’affaiblissement des structures dynastiques plus anciennes accéléraient les transformations politiques dans des États tels que la Prusse, les royaumes italiens et certaines régions de l’ouest de l’Allemagne. Pourtant la guerre prolongée, les perturbations économiques, les mouvements de résistance et l’émergence du nationalisme sapèrent de plus en plus l’hégémonie française après 1808, en particulier pendant la guerre d’indépendance espagnole et la désastreuse invasion de la Russie en 1812. La défaite finale de Napoléon à la bataille de Waterloo (1815) conduisit à la Restauration (1814-1830), mais les conséquences idéologiques et politiques de la période napoléonienne continuèrent de façonner l’Europe au cours du XIXe siècle.

