Causes de la Guerre des Boers

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Mark Cartwright
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
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Les causes de la Guerre des Boers (également connue sous les noms de Seconde Guerre des Boers, guerre d'Afrique du Sud et Seconde Guerre de la liberté, 1899-1902) remontent au début du XIXe siècle et à la rivalité entre colons britanniques et boers pour le contrôle des terres et des ressources. Cette rivalité se transforma en animosité au fil du siècle, exacerbée par la découverte de diamants et d'or, et alimentée par des soupçons réciproques d'impérialisme et de nationalisme débridés. Une brève guerre en 1880-1881 et un coup d'État manqué en 1895 creusèrent davantage encore le fossé entre les deux camps, jusqu'à ce qu'un deuxième conflit, bien plus vaste, ne s'avère inévitable.

Carte de la Seconde guerre des Boers, 1899-1902
Carte de la Seconde Guerre des Boers 1899-1902 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Les causes multiples du conflit, communément appelé à l'époque simplement "guerre d'Afrique du Sud" et opposant les républiques boers du Transvaal et de l'État libre d'Orange aux colonies britanniques de la Colonie du Cap et du Natal, comprenaient:

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  • La concurrence pour les terres agricoles.
  • La concurrence pour le contrôle de ressources naturelles précieuses telles que les diamants et l'or.
  • La revendication britannique d’une suzeraineté sur la politique étrangère des républiques boers.
  • Le mécontentement des Boers face à l'interdiction par la Grande-Bretagne de l'esclavage en Afrique australe.
  • Le mécontentement des Britanniques face au traitement discriminatoire des non-Boers dans les républiques boers.
  • Le ressentiment des Boers face à l'influence croissante de la culture anglo-saxonne dans les républiques.
  • Le ressentiment britannique face aux raids incessants des Boers contre les peuples africains voisins, qui provoquaient une instabilité régionale.
  • Les soupçons des Boers suscités par le raid Jameson, une tentative britannique non officielle de s'emparer du Transvaal.
  • La crainte des Britanniques que les Boers ne souhaitent conclure une alliance avec l'Allemagne, ce qui menacerait la domination britannique dans la région.
  • La Grande-Bretagne souhaitait créer une union unique des États d'Afrique australe.

La concurrence pour les terres

Les Boers étaient des colons d'Afrique australe d'origine néerlandaise (et de certains autres pays européens, notamment l'Allemagne et la France). Le nom "Boer" signifie "fermier". Ils étaient également connus sous le nom d’Afrikaners car ils parlaient l’afrikaans. Ces colons "étaient robustes, dotés d’un esprit indépendant et calvinistes, et développèrent par la suite un anti-britannisme virulent" (Reid, 71). Ils étaient arrivés pour la première fois au XVIIe siècle et finirent par créer deux républiques: le Transvaal (1852) et l’État libre d’Orange (1854). Ces républiques furent créées après le Grand Trek des années 1830, une migration des Boers visant à échapper au contrôle britannique dans le sud. Les Boers n’étaient pas d’accord avec la politique britannique d’abolition de l’esclavage et ressentaient de l’amertume face à l’influence croissante de la culture anglo-saxonne sur la leur.

Parallèlement, les colons britanniques, arrivés après les Boers, fondèrent les colonies de la Colonie du Cap (1806) et du Natal (1843), principalement pour protéger le cap de Bonne-Espérance, une escale importante sur les routes maritimes entre l’Europe et l’Asie.

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Diamond Miners, Kimberley, 1896
Mineurs de diamants, Kimberley, 1896 Wellcome Images (CC BY)

Les Britanniques comme les Boers avaient acquis leurs terres au détriment des États africains, étendant sans cesse leur territoire à la recherche de terres plus propices à l'agriculture et pour contrôler les routes commerciales. Les Britanniques firent du Griqualand une colonie de la Couronne en 1871 et le fusionnèrent avec la colonie du Cap en 1873. Les Britanniques vainquirent le royaume zoulou lors de la guerre anglo-zouloue de 1879. Le Zoulouland devint une colonie de la Couronne en 1887 et fut absorbé par le Natal en 1897. L'expansion britannique se poursuivit avec la création du protectorat du Basutoland (l'actuel Lesotho, 1884), du Bechuanaland britannique et du protectorat du Bechuanaland (l'actuel Botswana, 1885), ainsi que du Swaziland (1893). La conquête de ces territoires se retourna contre eux de manière spectaculaire, car les Boers, désormais libérés de la nécessité de combattre les Africains, purent désormais concentrer tous leurs efforts sur la lutte pour l'expansion territoriale contre les Britanniques.

Le gouvernement britannique avait été réticent à engager ses forces armées dans la région pendant la première guerre des Boers.

Diamants et or

L'Afrique australe ne disposait pas de ressources naturelles présentant un grand intérêt pour les colons blancs, mais tout cela changea lorsque des diamants furent découverts au Griqualand en 1867. "Dans les cinq ans qui suivirent la découverte au Griqualand, plus de 1,6 million de livres sterling (170 millions de livres sterling aujourd'hui) de diamants étaient exportés chaque année" (Boahen, 183). La mainmise flagrante des Britanniques sur les mines de diamants de Kimberley suscita un profond ressentiment chez les Boers. Les relations se détériorèrent davantage encore lorsqu’une défaite des Boers face à une attaque des Pedi donna aux Britanniques le prétexte d’annexer le Transvaal en janvier 1877, en affirmant que seule une présence militaire britannique garantirait la sécurité. Cela conduisit à la Première Guerre des Boers (1880-1881), qui fut en réalité une série d’escarmouches remportées par les Boers.

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Deux conventions furent signées entre les Britanniques et les républiques boers, l’une à Pretoria en août 1881 et la seconde à Londres en février 1884. Ces conventions rétablissaient l’indépendance des Boers, mais la situation restait ambiguë car le préambule de la Convention de 1881 faisait référence à la suzeraineté britannique, notamment en matière de politique étrangère. Il y avait également une clause qui empêchait le Transvaal de prendre toute mesure susceptible de nuire économiquement aux autres colonies d'Afrique australe. Les Boers pensaient avoir retrouvé leur indépendance. Les Britanniques estimaient n'avoir restitué qu'une indépendance limitée. Cette ambiguïté d'interprétation permit la paix, mais fut également la source d'un désastre futur.

Paul Kruger
Paul Kruger Elliott & Fry (Public Domain)

Le gouvernement britannique s'était montré réticent à engager ses forces armées dans la région pendant la Première Guerre des Boers, mais cette politique changea lorsque des richesses encore plus importantes furent découvertes en 1886. Cette fois-ci, cette nouvelle et immense richesse prenait la forme d'or, découvert à Witwatersrand, dans le Transvaal. Les mines d'or du Rand produiraient bientôt 40 % de l'or mondial. L'or et les diamants représenteraient ensemble 75 % des exportations de l'Afrique du Sud. Bien que le Transvaal ait conservé le contrôle des mines d’or, les investissements britanniques dans le Transvaal s’élevaient à plus de 350 millions de livres sterling en 1899, et les deux tiers des mines du Witwatersrand appartenaient à des actionnaires britanniques. Le fait que l’or se trouvait sur le territoire des Boers et que le Transvaal "s’était transformé en l’État indépendant le plus riche d’Afrique" (James, 101) était une source constante d’irritation pour les Britanniques.

Immigration de masse

Les magnats miniers britanniques n’appréciaient guère les restrictions imposées à la main-d’œuvre la plus qualifiée du Transvaal. Des Blancs venus du monde entier étaient attirés par le Witwatersrand; 44 000 d’entre eux étaient arrivés dans les mines en 1896. En 1870, l’Afrique australe comptait environ 250 000 colons blancs. En 1891, ils étaient 600 000. Les Boers, jaloux de leur position privilégiée, adoptèrent des lois pour s’assurer que ces nouveaux travailleurs blancs, appelés Uitlanders (étrangers), ne puissent pas voter et ne jouissent pas des mêmes droits de citoyenneté que les Boers du Transvaal. Le président du Transvaal, Paul Kruger (1825-1904), adopta une loi stipulant qu’un immigrant blanc ne pouvait voter aux élections politiques qu’après 14 ans de résidence. Les travailleurs blancs non boers n’apprécièrent guère de ne pas avoir le droit de vote tout en étant tenus de payer des impôts et d’effectuer leur service militaire pour le gouvernement du Transvaal.

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Le raid Jameson

La tentative britannique non officielle de coup d’État au Transvaal, avec l'échec du raid Jameson de décembre-janvier 1895, suscita des soupçons mutuels de part et d’autre. Le raid était financé par des magnats miniers britanniques, dont Cecil Rhodes (qui était également Premier ministre de la colonie du Cap), qui voulaient contrôler les gisements d’or pour leur propre compte. Le raid échoua lorsque les mineurs du Transvaal refusèrent de le soutenir. Un autre facteur de cet échec fut que les assaillants ne comptaient que 600 hommes. À la suite de ce raid raté, le gouvernement du Transvaal commença à acheter des armes à l'étranger et signa un traité avec l'Allemagne, au grand désarroi de la Grande-Bretagne, car une implication allemande en Afrique australe risquait de compromettre les intérêts et la domination britanniques dans toute la région.

Cecil Rhodes Colossus Cartoon
Caricature de Cecil Rhodes en colosse Edward Linley Sambourne (Public Domain)

Alfred Milner, haut-commissaire britannique en Afrique du Sud entre 1897 et 1905, fut une figure clé à l’origine de l’attitude hostile de la Grande-Bretagne envers les Boers. Comme le note l’historien S. C. Smith, en "manipulant la presse tant en Afrique du Sud qu’en Grande-Bretagne, Milner créa un climat d’opinion qui rendait tout compromis difficile" (90). La situation ne fut guère améliorée par l’envoi, par l’empereur Guillaume II d’Allemagne (r. de 1888 à 1918), d’un télégramme largement médiatisé à Kruger pour le féliciter d’avoir repoussé avec succès le raid Jameson. Il semblait que l’impérialisme britannique et le nationalisme boer ne pourraient coexister; l’un devait nécessairement céder le pas à l’autre.

Le Transvaal quadrupla son budget militaire et signa une alliance défensive avec l’État libre d’Orange.

Les autorités coloniales britanniques de la colonie du Cap et du Natal n’approuvaient certainement pas la discrimination exercée par Kruger à l’encontre des immigrants blancs, et une conférence fut organisée pour discuter de cette question: la Conférence de Bloemfontein de juin 1889. Lorsque les Britanniques – en particulier Milner – coupèrent court à cette conférence, les Boers eurent un motif de mécontentement supplémentaire à l’égard de leurs rivaux en Afrique australe. La méfiance du gouvernement du Transvaal à l’égard de l’impérialisme britannique se reflète dans le fait qu’il avait déjà quadruplé son budget militaire et signé une alliance défensive avec l’État libre d’Orange. Au cours des quatre années qui suivirent le raid Jameson, Kruger équipa ses Boers de 80 000 fusils Mauser allemands dernier cri et de 80 millions de cartouches.

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Le raid Jameson avait uni les deux républiques boers, mais les colons britanniques ne voulaient pas renoncer à leur rêve d’une fédération sud-africaine. Alors que les Britanniques mobilisaient leurs troupes de réserve, Kruger lança un ultimatum de 48 heures au gouvernement britannique le 9 octobre 1899, exigeant le retrait des troupes britanniques des frontières du Transvaal. Les Britanniques refusèrent d'obtempérer, et la guerre fut déclarée le 11 octobre. Cependant, comme l'affirma Jan Smuts, futur Premier ministre de l'Afrique du Sud: "Le raid Jameson fut la véritable déclaration de guerre dans le conflit anglo-boer" (Fremont-Barnes, 22).

Torched Boer Farm
Ferme boer en feu Unknown Photographer (Public Domain)

Victoire britannique

Les premiers succès des Boers dans la guerre furent finalement contrebalancés par l'envoi massif de troupes britanniques professionnelles par le gouvernement britannique pour renforcer celles déjà présentes dans les colonies. Ainsi, les forces britanniques, qui comprenaient 30 000 soldats coloniaux venus d'Australie, de Nouvelle-Zélande et du Canada, passèrent rapidement de 25 000 à 250 000 hommes. Cet avantage numérique aida les Britanniques à s’emparer des principales villes boers qu'étaient Pretoria, Bloemfontein et Johannesburg. Les Boers commirent également l’erreur d’immobiliser leurs propres troupes dans des sièges tels que ceux de Ladysmith, Kimberley et Mafeking.

Face à un nombre croissant de revers militaires, les Boers adoptèrent des tactiques de guérilla, auxquelles les Britanniques répondirent par une tactique de la terre brûlée, efficace mais controversée, consistant à détruire les récoltes et à confisquer le bétail. Des milliers de fermes et de maisons civiles furent réduites en cendres au cours de cette campagne. Le commandant en chef britannique, Herbert Kitchener, limita les mouvements des Boers en divisant "les deux anciennes républiques en un immense damier d’acier constitué de lignes de barbelés, gardé par des casemates en béton" (Pakenham, 577). Kitchener fit également interner des milliers de civils dans des camps de concentration afin de les empêcher d’approvisionner les combattants boers sur le terrain.

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La Seconde Guerre des Boers prit fin en mai 1902 avec la signature du traité de Vereeniging. La Grande-Bretagne s'empara du Transvaal et de l'État libre d'Orange, et en 1910, ces deux États, ainsi que la colonie du Cap et le Natal, mais aussi plusieurs anciens royaumes africains, furent réunis en une seule colonie: l'Union d'Afrique du Sud.

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Cartwright, M. (2026, juin 09). Causes de la Guerre des Boers. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2937/causes-de-la-guerre-des-boers/

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Cartwright, Mark. "Causes de la Guerre des Boers." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, juin 09, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2937/causes-de-la-guerre-des-boers/.

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Cartwright, Mark. "Causes de la Guerre des Boers." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 09 juin 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2937/causes-de-la-guerre-des-boers/.

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