Fondation de la Royal Society

Article

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 25 septembre 2023
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Disponible dans ces autres langues: anglais

La Royal Society fut fondée en 1662 pour promouvoir la recherche scientifique et accroître nos connaissances du monde naturel. Bénéficiant du patronage royal et de la présence de grands esprits parmi ses membres, la société acquit très vite une reconnaissance internationale pour son travail. Sir Isaac Newton (1642-1727) fut l'un des présidents les plus célèbres de la société au cours de ses premières années et il occupa ce poste pendant 27 ans.

Newton fut également à l'origine de l'une des grandes querelles qui secouèrent la société, qui ne furent malheureusement pas rare, les grands hommes se disputant le mérite d'avoir été les premiers à faire certaines découvertes scientifiques. Plus positivement, à bien des égards, la Royal Society fut responsable de la définition de ce que nous considérons vraiment être la science aujourd'hui, en mettant l'accent sur l'expérimentation, le partage des données et des connaissances, et l'évaluation critique par les pairs de tous les nouveaux résultats et théories.

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Royal Society Copley Medal
Médaille Copley de la Royal Society
Teresa Stokes (CC BY-SA)

Origines de la Royal Society

L'idée de la Royal Society est souvent attribuée à l'homme d'État et philosophe anglais Francis Bacon (1561-1626). Dans son ouvrage New Atlantis (publié de manière incomplète en 1727), Bacon présente l'idée d'une institution scientifique utopique qui encourage la recherche; il l'appelle Salomon's House en hommage à la sagesse du roi Salomon dans la Bible. Trois décennies plus tard, en 1660, plusieurs philosophes naturalistes, c'est-à-dire des penseurs et des hommes de science qui cherchent à expliquer le monde physique qui nous entoure, des hommes qui s'étaient déjà rencontrés de temps à autre dans des cadres informels, se réunirent pour concrétiser l'idée de Bacon. D'autres groupes informels de ce type existaient dans d'autres domaines d'études, d'autant plus qu'à l'époque, les universités se concentraient essentiellement sur l'enseignement et ne menaient pas de recherches comme aujourd'hui. Afin de découvrir et de promouvoir plus efficacement de nouvelles idées, les avantages d'une institution formelle étaient nécessaires. En outre, une telle institution autofinancée permettrait aux scientifiques (peut-être plus justement décrits à l'époque comme des spécialistes des sciences naturelles) de ne pas avoir à quémander un soutien financier auprès de riches mécènes enclins à poursuivre leurs propres intérêts plutôt que ceux de la science dans son ensemble.

Les réunions de la société donnaient lieu à des discussions entre les fellows, mais aussi à des démonstrations pratiques de nouvelles idées.

Objectif de la Royal Society

Notre groupe de penseurs forma un groupe permanent et officiel qui pouvait partager et faire progresser les connaissances, en particulier dans les domaines des mathématiques, de la physique et de ce que l'on appelait alors la "philosophie expérimentale", par opposition à la philosophie naturaliste plus traditionnelle et théorique qui avait auparavant dominé les grands esprits en Europe. Le partage des connaissances était un élément clé de la philosophie de Bacon. Le premier rassemblement eut lieu en 1660, l'année de la Restauration, qui vit le retour de l'institution monarchique avec Charles II d'Angleterre (r. de 1660 à 1685) comme roi. Charles s'intéressait de près à la science et aux gadgets; il possédait même son propre laboratoire au palais de Whitehall. Le 15 juillet 1662, Charles délivra une charte royale à ce groupe de penseurs, qui est devint la Royal Society of London for Improving Natural Knowledge (Société royale de Londres pour l'amélioration des connaissances naturelles), plus communément appelée la Royal Society. Elle fut créée en tant qu'organisme public dans le but officiel de promouvoir la recherche dans le domaine des sciences. Bien qu'elle ait reçu le sceau de l'approbation royale, la société ne recevait aucun financement de l'État et pouvait donc mener ses activités en toute indépendance. La charte royale fit plus que conférer un certain prestige à la société puisqu'elle lui permit, sous la protection de la loi anglaise, de publier ses propres livres et d'autoriser d'autres à le faire, de correspondre avec des étrangers et de posséder ses propres biens, en termes de bâtiments ou d'objets. La Société investit également dans des actions de diverses sociétés anonymes, notamment la Royal African Company, spécialisée dans la traite des esclaves, en 1682. Grâce à tous ces moyens, ainsi qu'à une petite cotisation versée par les membres, la société générait de l'argent qu'elle investissait dans ses recherches.

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Les membres et les Fellows de la société étaient dirigés par un président élu, choisi pour un an, mais sans restriction quant au renouvellement de son mandat. La qualification pour devenir président, du moins dans les premières années, n'était pas basée sur les travaux scientifiques de l'individu, mais plutôt sur ses indispensables relations personnelles. En général, avoir des amis puissants dans le domaine de la politique et de la haute société étaient considérés comme bien plus utiles que des connaissances scientifiques afin d'assurer une plus grande renommée et des finances plus importantes à la société. Pour ne citer qu'un exemple, le président de 1686 à 1689 était John Lord Carberry qui avait été gouverneur de la Jamaïque. Pour contrôler le pouvoir du président et assurer la gestion quotidienne, un conseil d'administration composé de 21 membres seniors se réunissait pour examiner les orientations générales de la société. Obligés de toujours se considérer comme des égaux, ils n'avaient pas de hiérarchie formelle, pas plus que les autres Fellows. À l'exception d'une poignée de postes rémunérés - des fonctions banales comme celle de secrétaire - les associés ne recevaient aucun revenu régulier de leur activité au sein de la société, bien que les coûts de certaines démonstrations scientifiques plus onéreuses fussent remboursés. Les longues réunions de la société se tenaient tous les mercredis après-midi au Gresham College à Londres.

Charles II of England
Charles II d'Angleterre
John Riley (Public Domain)

Réunions et rôle du public

Lors des réunions de la société, il y avait des discussions entre les membres, mais aussi des démonstrations pratiques de nouvelles idées, comme la dissection ou l'essai d'une nouvelle pièce d'appareillage complexe. Les membres se tenaient également au courant des travaux des scientifiques extérieurs à la société, car on y présentait et l'on discutait d'ouvrages traduits provenants de toute l'Europe. Le latin était la langue de traduction préférée, mais la langue universelle des mathématiques était encore plus efficace aux yeux de nombreux Fellows. Contrairement à l'idéal fondateur de la société, à savoir le libre partage de l'information, celui-ci concernait rarement tout le monde dans la pratique, et un nombre étonnamment élevé de penseurs communiquaient leurs recherches à d'autres associés triés sur le volet en utilisant des codes, des procédés de cryptage, et même l'encre invisible. Cette opacité s'explique par le fait que de nombreux inventeurs craignaient qu'un rival ne prenne une longueur d'avance sur eux dans le jeu pour être le premier à faire une découverte. D'autres, comme Hooke par exemple, écrivaient souvent en code sans nulle autre raison que de séparer les lecteurs les plus intelligents de ceux qu'il considérait comme n'ayant pas le droit d'être informés de ses découvertes. Les nouvelles et les développements scientifiques arrivaient également par le biais d'une correspondance régulière des membres les plus intrépides de la société qui parcouraient littéralement le monde, menant des expériences dans des lieux aussi exotiques que la Virginie, les Bermudes, Sainte-Hélène et Java.

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La société créa son propre musée ouvert au public à Londres. Le musée devint très populaire, présentant des objets étranges et merveilleux tels que des fossiles, des spécimens d'anatomie injectés de cire, des exemples d'instruments scientifiques d'avant-garde, des spécimens exotiques de minéraux, de plantes et d'animaux, ainsi que toutes les cartes et les tableaux astronomiques les plus récents. Il y avait parfois des démonstrations publiques, mais elles ne se déroulaient pas toujours comme prévu, car ces remarquables hommes et leurs machines scientifiques n'avaient pas peur de prendre des risques. Même lorsque tout allait bien, les invités d'honneur restaient parfois perplexes, comme Margaret Cavendish, duchesse de Newcastle, qui, en 1667, dut faire face à "des couleurs, des aimants, des microscopes, du mouton rôti et du sang" (Gleick, 65) lors de sa visite. Contrairement aux sensibilités d'aujourd'hui, le public du XVIIe siècle était surtout intrigué par les fréquentes vivisections de la société, l'épuisement d'innombrables animaux dans des bocaux sous vide, et même les transfusions de sang de mouton à l'homme.

La Royal Society possédait sa propre bibliothèque et ses archives impressionnantes de livres et de manuscrits. Malheureusement, de nombreux membres abusaient de leur accès privilégié et le vol de livres était un véritable problème. Malgré l'échec d'une première tentative visant à créer des comités spécialisés dans des domaines de connaissance spécifiques, de nombreuses découvertes nouvelles et importantes furent faites. Les membres de la Royal Society découvrirent de nouvelles comètes et étoiles, de nouvelles améliorations furent apportées à des instruments aussi essentiels que le télescope, le microscope et la pompe à air, la circulation sanguine finit par être comprise ainsi que des phénomènes omniprésents tels que la gravitation, l'inertie et les couleurs du spectre. En bref, à la fin du XVIIe siècle, la Royal Society dans son ensemble était déjà reconnue internationalement en tant qu'organisme capable de grandes réalisations scientifiques. Les premières découvertes de la société furent consignées dans son premier livre d'histoire, History of the Royal Society (Histoire de la Société royale) de Thomas Spratt.

Culpeper Microscope
Microscope de type Culpeper
Science Museum, London (CC BY-SA)

Membres de la Royal Society

Parmi les membres de la Royal Society figuraient des personnalités telles que l'anatomiste Robert Boyle (1627-1691), l'astrologue, philosophe naturaliste et diplomate Kenelm Digby (1603-1665) et Henry Oldenburg (mort en 1677), rédacteur en chef de l'influent magazine Philosophical Transactions (publié pour la première fois en mars 1665), qui entretenait des liens étroits avec la société mais n'en était pas la publication officielle. Samuel Pepys (1633-1703), le grand diariste et commentateur de la vie anglaise, fut président de 1684 à 1686. Il y avait même des personnages, du moins au début, que nous n'associerions pas du tout à la science, comme le magicien Elias Ashmole (1617-1692). Il est intéressant de noter que le tout premier président, le vicomte Brouncker (1620-1684), s'intéressait aux horoscopes lorsqu'il faisait une pause dans ses recherches mathématiques. Même Isaac Newton (et d'autres) expérimentèrent la douteuse protoscience qu'ùétait l'alchimie, car ces hommes cherchaient par tous les moyens à approfondir leurs connaissances. Il y avait aussi des membres royaux, notamment le roi et son frère le duc d'York (futur Jacques II d'Angleterre, r. de 1685 à 1688). Parmi les Fellows étrangers - au nombre de 72 parmi les 550 premiers - figuraient deux Hollandais de renom, le mathématicien, astronome et inventeur Christiaan Huygens (1629-1695) et le microscopiste Antonie van Leeuwenhoek (1632-1723). Au XVIIIe siècle, un tiers des associés étaient des étrangers.

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En théorie, tout homme adulte pouvait adhérer à la société et l'adhésion n'est pas limitée à la nationalité ni à l'appartenance à une confession religieuse particulière. En réalité, la plupart des Fellows étaient également membres de l'Église d'Angleterre, en particulier des puritains, car ces hommes avaient constitué la majorité des groupes de discussion informels pendant les années du Commonwealth d'Oliver Cromwell, avant la restauration de la monarchie. Il y eut aussi quelques exclusions. Lorsque le professeur William Whiston (1667-1752) fut reconnu coupable d'hérésie, il se vit refuser l'adhésion à la société. Il y avait aussi des athées, déclarés ou non, comme l'astronome Edmond Halley (1656-1742).

On devenait membre de la Royal Society sur approbation des membres existants. Devenir membre était certainement un atout prestigieux, car tout le monde n'entrait pas dans le club. L'un des absents les plus notables fut l'architecte, géomètre et scientifique universel Robert Hooke (1635-1703), probablement exclu en raison de l'humilité de son milieu familial. Toutefois, Hooke était un tel génie inventif qu'il entra dans la société par une porte latérale lorsqu'il fut nommé conservateur des expériences. L'indomptable Hooke devint membre à part entière en 1663 et fut secrétaire de la société de 1677 à 1682, mais son cas met en évidence le snobisme fréquent parmi ces individus supposés éclairés.

Portrait of Robert Hooke
Portrait de Robert Hooke
Rita Greer (Public Domain)

Les membres adhérents payaient un shilling par trimestre pour le rester. Ceux qui ne s'acquittaient pas de leur cotisation pouvaient facilement être expulsés. Ce dernier recours embarrassant arriva à l'astronome royal John Flamsteed en 1709. Les femmes n'étaient pas autorisées à adhérer à la société ou à assister à ses réunions (la seule femme à l'avoir fait avant le XXe siècle fut Margaret Cavendish, qui, comme nous l'avons vu, aurait probablement souhaité ne pas en avoir pris la peine). La majorité des membres appartenait au moins à la classe moyenne supérieure, mais le plus souvent, les membres et les Fellows étaient des gentilshommes plutôt fortunés. Quelques tentatives furent faites pour attirer des marchands et des commerçants, car l'un des objectifs de la société (malheureusement rarement atteint) était de faire en sorte que ses recherches aient une valeur économique dans le monde réel.

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Premiers problèmes: La rivalité Newton-Hooke

En tant que conservateur des expériences (poste qu'il occupa jusqu'en 1677), Robert Hooke joua un rôle déterminant en défendant la nécessité de l'expérimentation pratique et il fut un véritable pionnier dans l'amélioration de toutes sortes d'équipements et d'instruments tels que les baromètres, les horloges, les pompes, les engrenages, les télescopes, les microscopes et divers outils d'aide à la navigation. Comme le note l'historien L. Jardine : "Homme résolument pratique, sa réponse à tout problème scientifique était d'inventer une pièce d'équipement pour le résoudre" (44). Malgré les efforts de Hooke, les mathématiques et les connaissances théoriques continuaient à dominer l'expérimentation et étaient beaucoup plus respectées par la plupart des intellectuels. Ce fossé entre les deux approches donna lieu à des rivalités, la plus tristement célèbre étant celle qui opposa Hooke à Isaac Newton.

Newton finirait par être reconnu internationalement comme l'un, voire le grand scientifique de la révolution scientifique, mais même lui eut des difficultés à s'attirer les faveurs de la Royal Society. Newton découvrit plusieurs nouveaux aspects de la lumière et de l'optique, mais la société ignora poliment ses recherches. Pour attirer l'attention de la société, Newton inventa et fabriqua un nouveau type de télescope qui utilisait un miroir réfracteur. Ce télescope était plus puissant et beaucoup plus petit que les autres modèles contemporains, et Newton l'envoya à la société en 1668, et il reçut un très bon accueil. Désormais connu et reconnu, Newton fit parvenir à la Société son manuscrit sur l'optique afin qu'elle l'étudie. Malencontreusement, puisque le télescope inventé par Newton le plaçait dans la catégorie des inventeurs pratiques, son travail théorique fut confié non pas à un expert en la matière, mais à ce maître des inventions qu'était Hooke. Ce dernier, incapable de comprendre tout ce qui se passait dans le livre de Newton, en particulier les mathématiques, le rejeta estimant qu'il nécessitait davantage de travail. En conséquence, le domaine de l'optique ne progressa guère et Newton ne fut nommé Fellow de la Royal Society qu'en 1672, un épisode qui illustre la lenteur des rouages de cette auguste mais souvent laborieuse organisation.

Isaac Newton by Kneller
Isaac Newton par Kneller
Godfrey Kneller (Public Domain)

La relation Hooke-Newton démarra sur de mauvaises bases et ne s'améliora jamais., de sorte que ces deux grands scientifiques restèrent à jamais en décalage. Cette relation se détériora davantage lorsque Hooke accusa Newton, notoirement hypersensible, d'avoir plagié ses travaux sur l'optique et sur la loi de la gravitation (ces deux accusations n'étaient pas vraiment fondées). Les deux hommes s'opposèrent également sur la définition de la lumière blanche. Newton se retira de la société à la suite des accusations de Hooke, ce qui marqua le début d'une longue et amère querelle. Pendant des années, la science et les mathématiques britanniques furent divisées en deux groupes: les newtoniens et les hookeistes, une ligne de fracture qui draina beaucoup d'énergie et retarda de nouvelles découvertes. Les deux hommes s'étaient autrefois aidés mutuellement dans leur travail en lançant des idées et des spéculations. Hooke avait donné à Newton le germe d'une idée en notant que la découverte de Johannes Kepler (1571-1630), selon laquelle les planètes se déplaçaient sur des orbites elliptiques, pouvait être due à une force que nous appelons aujourd'hui la gravitation, mais Newton refusa de reconnaître l'aide de qui que ce soit, pas même dans une préface à ses travaux. On pourrait imaginer que ces échanges d'idées étaient l'un des principaux avantages des réunions régulières des membres de la société à Gresham, mais malheureusement, les grands esprits de la société n'étaient souvent que trop humains dans leurs relations..

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Présidence de Newton

Newton prit la présidence de la Royal Society en 1703 (l'année de la mort de Hooke) et procéda ensuite à la suppression systématique du plus grand nombre possible de références à son rival au cours des 24 années suivantes. La présidence de Newton permit de relancer la société, qui battait de l'aile, tant sur le plan spirituel que financier, même si la haute opinion qu'il avait de lui-même était évidente lorsqu'il insistait pour que la masse d'apparat royale soit présente dans la salle chaque fois qu'il présidait une réunion et qu'elle soit enlevée en cas d'absence. L'un des principaux avantages de la présidence de Newton est qu'il encouragea l'expérimentation - ironiquement l'approche préconisée par Hooke - parmi les membres de la société, les incitant à abandonner l'habitude de tout bonnement lire les manuscrits des autres et ceux des penseurs d'autres pays et de l'étranger. En tout cas, la Royal Society devint une institution caractérisée par la collaboration - malgré les conflits de personnalité - où les scientifiques rassemblaient les données recueillies par eux-mêmes et par d'autres afin de rendre leurs conclusions plus convaincantes.

Vers l'avenir

Les travaux de la Royal Society franchirent les frontières. L'Académie royale des sciences de France fut fondée en 1666, et certains scientifiques appartenaient aux deux organisations (Newton devint le premier membre étranger de l'Académie des sciences de France en 1699). Cette appartenance croisée accrut davantage encore les possibilités de coopération internationale. Parmi les autres organismes augustes ayant des contacts avec la Royal Society, citons l'Academia del Cimento de Florence (f. 1657), l'Académie de Berlin (f. 1700) et l'Académie de Saint-Pétersbourg (f. 1724). Aucune de ces sociétés n'était cependant financièrement indépendante, contrairement la Royal Society, puisqu'elles dépendaient du financement de l'État, et la plupart d'entre elles étaient beaucoup plus élitistes dans leur composition.

La Royal Society poursuit son travail aujourd'hui, en promouvant l'éducation et la recherche scientifiques et en respectant ainsi la devise adoptée par ses fondateurs: Nullius in verba ou Ne croyez personne sur parole. Cette approche de ce que nous appellerions aujourd'hui la science moderne, qui consiste à tester sans cesse et de manière indépendante les idées par le biais d'expériences pratiques, à mettre l'accent sur la communication, à promouvoir un examen critique indépendant et à éviter tout secret, est peut-être l'héritage le plus durable de ceux qui fondèrent la Royal Society il y a plus de 350 ans.

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Questions & Réponses

Où la Royal Society a-t-elle vu le jour ?

La Royal Society vit le jour à Londres, en Angleterre, en 1662, lorsqu'un groupe de penseurs partageant les mêmes idées se réunit pour approfondir leurs connaissances du monde naturel.

Qui finançait la Royal Society ?

La Royal Society reçut une charte royale en 1662, mais aucun financement de l'État. Les revenus de la société provenaient principalement des cotisations des membres et de la vente de livres.

Quel était l'objectif de la Royal Society ?

L'objectif des fondateurs de la Royal Society était de créer un organisme où les connaissances pourraient être partagées et développées afin de progresser dans notre compréhension du monde naturel, en particulier en utilisant les disciplines des mathématiques et de la physique.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2023, septembre 25). Fondation de la Royal Society [The Foundation of the Royal Society]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2285/fondation-de-la-royal-society/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Fondation de la Royal Society." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le septembre 25, 2023. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2285/fondation-de-la-royal-society/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Fondation de la Royal Society." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 25 sept. 2023. Web. 24 avril 2024.

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