Dans le cadre de cet entretien, World History Encyclopedia a donné rendez-vous à l'écrivain Richard Hingley pour discuter son nouvel ouvrage, Conquering the Ocean: The Roman Invasion of Britain [À la conquête de l'océan: l'invasion de l'île de Bretagne par les Romains] publié chez Oxford University Press.
Kelly: Voudriez vous nous expliquer quel est le thème de votre livre?
Richard : Avec plaisir, le sujet principal de l'ouvrage est bien entendu la conquête de la Bretagne par les Romains. Toutefois, cette notion de conquête nécessite quelques éclaircissements. En effet, dans l'esprit du public, la conquête romaine est souvent perçue comme un événement de courte durée, qui se serait déroulé en l'espace de quelques années seulement, alors qu'en réalité, elle est le fruit d'un processus de longue haleine. On considère généralement l'arrivée de Jules César en Bretagne comme l'évènement déclencheur de ce processus. En effet, c'est en 55 et 54 avant J.-C que Jules César, alors engagé dans une campagne militaire en Gaule, l'espace géographique qui correspond en grande partie à la France actuelle, décide de traverser la mer pour se rendre en Bretagne pour la première fois. Il y effectue en tout deux voyages à la tête de ses troupes, mais finit par repartir après avoir conclu des accords avec les principaux peuples de Bretagne, qui devront payer un tribut à Rome. Cependant, en réalité, au moment de son départ, il n'a rien conquis du tout.
Puis, environ cent ans plus tard, l'empereur Claude se trouvant dans une situation difficile à Rome, du fait que l'élite sénatoriale dirigeant Rome ne montrait guère de respect pour sa personne, il décida de se parer d'une victoire afin de réhausser son prestige. Pour ce faire, un seul endroit: la Bretagne insulaire. Il envoie donc un général et une imposante armée romaine outre-mer, cent ans après le passage éclair de César en Bretagne, et se lance dans la conquête de l'île. Cette période de conquête s'étend de 43 après J.-C. jusqu'à la fin du Ier siècle après J.-C. À ce moment là, les Romains avaient déjà conquis la majeure partie de la Bretagne, mais ils durent se retirer et d'autres campagnes militaires prirent place par la suite. Ainsi, mon livre couvre la période allant jusqu'à la construction du mur d'Hadrien, il y a environ 1900 ans, dans les années 120 après J.-C. Il couvre toute la période allant de Jules César à la construction du mur.
Kelly: Y a-t-il une raison particulière qui puisse faire croire que la conquête romaine de l'île de Bretagne ne se soit étendue que sur une période de faible durée?
Richard: Oui. Je crois qu'il faut un peu essayer de comprendre ce que les Romains essayaient d'accomplir. Au départ, Jules César se rend en Bretagne – et Claude fait preuve d'un intérêt similaire – parce que, du point de vue des Romains, la Bretagne est un endroit très lointain et quasi mythique. Jules César nous dit que les Romains ne savaient pratiquement rien de la Bretagne. Au moment où Claude envahit le pays, ils en savaient déjà beaucoup plus sur les peuples de Bretagne, car ils étaient en contact avec les habitants du sud-est de la Bretagne depuis César et Claude, cependant ils ne s'intéressaient pas vraiment à la Bretagne en elle-même et se sont contentés de manipuler les dirigeants du sud-est du pays pendant cent ans, entre les règnes de César et de Claude. Lorsque Claude arrive en Bretagne, il en conquiert très rapidement le sud-est. L'ensemble du sud-est de ce qui est l'actuelle Angleterre tombe donc aux mains des Romains en quelques années, mais lorsqu'ils poursuivent leur campagne vers l'ouest, au Pays de Galles et au centre de la Bretagne, la conquête s'avère très difficile. Elle ralentit considérablement et ils doivent alors déployer des efforts colossaux pour conquérir ces régions. Il leur faut attendre le début des années 80 après J.-C. pour atteindre le sud de l'Écosse.
Il faut cependant faire bien attention quant aux termes utilisés ici. En effet, quand je parle d'Écosse et de Pays de Galles, j'utilise des appellations modernes, mais en vérité, il conviendrait plutôt de parler de Bretagne du sud, de Bretagne occidentale, de Bretagne centrale et de Bretagne septentrionale. La raison pour laquelle les Romains ont été ralentis dans leur processus de conquête est étroitement liée au degré de complexité qu'exige la domination de tous ces peuples, mais aussi au fait qu'ils étaient de leur côté constamment engagés dans des campagnes militaires aux confins de l'Empire romain. Dès lors, ils ne pouvaient pas envoyer de troupes en nombre vraiment importants– ils ont en fait envoyé des dizaines de milliers de soldats en Bretagne, mais n'ont jamais été en mesure d'en envoyer des centaines de milliers – car ces soldats étaient indispensables ailleurs dans l'empire.
Kelly: Bien entendu. Ils devaient se battre sur plusieurs fronts. Mais cela s'est-il avéré plus difficile qu'ils ne l'avaient prévu?
Richard: Oui, je crois qu'il ne manque pas d'indices pour le prouver, car à certains moments de la conquête, d'aucuns ont déclaré qu'elle pourrait s'accomplir assez rapidement. Par exemple, l'un des gouverneurs provinciaux, un Romain de très haut rang, a déclaré à l'empereur romain qu'il pourrait, en quelque sorte, achever la conquête de la Bretagne en l'espace de trois ou quatre ans. Mais il faisait campagne au Pays de Galles et, à cette époque, dans les années 60 après J.-C., ils n'avaient encore conquis aucune des régions centrales de la Bretagne ni aucune de celles qui constituent aujourd'hui l'Écosse. C'est dire à quel point l'élite militaire romaine était arrogante. Nous ne savons pas vraiment s'ils pensaient pouvoir mener à bien des projets aussi irréalistes ou s'ils se vantaient tout simplement. En réalité, le gouverneur essayait d'obtenir le soutien de l'empereur en faisant des promesses qu'il ne pouvait pas tenir.
Ils disposaient aussi d'une importante marine qui patrouillait le long des côtes de Bretagne, et ils envoyaient également des émissaires à la rencontre de personnalités influentes dans les communautés situées au-delà des frontières. Cependant, ils n'avaient probablement qu'une notion très vague de la géographie de la Bretagne avant de se lancer dans de nouvelles campagnes. Peut-être ne réalisaient-ils pas la taille de l'île au moment de se lancer dans sa conquête.
Kelly: Ils ne savaient donc pas vraiment à quelle surface de territoire ni à combien d'autres groupements de population ils allaient être confrontés. Ils présumaient tout simplement pouvoir conquérir tout le territoire en l'espace de quelques années.
Richard: Les puissances impérialistes adoptent souvent ce type de raisonnement. Prenez par exemple l'histoire de l'Empire britannique: certains administrateurs et commandants britanniques pensaient réellement pouvoir accomplir des choses qui étaient en réalité complètement irréalisables. C'est ce que l'on pourrait appeler l'arrogance impérialiste. Si en tant que commandant militaire vous commencez à vous dire que vous êtes peut-être à même de réaliser des exploits qui seraient autrement inaccessibles au commun des mortels, vous risquez évidemment de vous exposer à de graves déconvenues. Un exemple tiré de mon livre illustre bien ce propos: en 60 après J.-C., les Romains sont en pleine campagne dans le nord-ouest du Pays de Galles, lorsque le gouverneur local fait probablement preuve d'un excès d'ambition. C'est alors que survient le célèbre épisode de la révolte de Boadicée dans l'est de l'Angleterre. L'une des raisons de cette révolte tient peut-être au fait que le gouverneur est allé trop loin et s'est montré trop ambitieux dans son entreprise de conquête. Il se trouve alors dans le nord-ouest du Pays de Galles, à Anglesey, où il semble avoir dépassé les bornes et perdu le contrôle de la situation.
Kelly: Pourquoi avoir choisi d'écrire un livre sur ce sujet? S'agit-il d'une suite à vos recherches précédentes ou simplement d'un thème qui vous fascine?
Richard: C'est une nouvelle expérience pour moi d'écrire ce genre de livre. J'en ai écrit huit au total, mais celui-ci est très différent de mes recherches précédentes. Une grande partie de mes recherches a porté sur l'histoire du développement des connaissances romaines, et j'en parle d'ailleurs dans le dernier chapitre de ce livre, mais ce n'est qu'un chapitre assez court. Celui-ci est une sorte de récit historique; j'essaie de raconter une histoire assez linéaire et simple sur la conquête que les lecteurs pourront suivre très facilement.
Je l'ai écrit parce que, quand j'étais jeune, ce genre de récits était très populaire dans les milieux universitaires. Quand j'étais étudiant, toute une série de livres ont été publiés qui racontaient l'histoire de la conquête de la Bretagne romaine, mais cette tradition en archéologie est aujourd'hui largement passée de mode. De nos jours, les archéologues, moi y compris, s'intéressent beaucoup plus à la vie quotidienne des populations étudiées. Nos recherches se concentrent généralement sur des études de cas assez détaillées, sur la vie des hommes qui ne font pas partie de l'élite impériale, des femmes et des enfants. Nous nous intéressons également aux esclaves et aux travailleurs agricoles. Nous n'éprouvons plus le même intérêt qu'avant pour les actions des empereurs et des hauts gradés de l'armée.
Les historiens de l'Antiquité, en revanche, continuent d'accorder beaucoup d'attention aux activités des empereurs. Les empereurs ont joué un rôle déterminant dans ce qui s'est passé en Bretagne, et en tant qu'archéologue, j'ai voulu réfléchir à la possibilité d'écrire une synthèse intégrant l'histoire ancienne et l'archéologie. J'ai essayé de mettre en avant un grand nombre d'histoires de personnes qui ne font pas partie de l'élite impériale. Il s'agit donc de femmes, d'enfants et de soldats auxiliaires dans mon récit. Je pense également que les croyances et les actions des empereurs sont fondamentales pour comprendre la conquête de la Bretagne romaine. Cela a donc été un défi majeur pour moi, et j'attends de voir comment mes collègues archéologues vont le recevoir et s'ils l'apprécieront. La conquête de l'île de Bretagne est plutôt une histoire de pouvoir masculine; nous ne pouvons pas vraiment l'écrire autrement, car ceux qui en sont les principaux artisans sont des hommes, et des hommes très haut placés dans la hiérarchie politique de leur temps. Je trouve cela très intéressant, et je pense également que les populations sont directement soumises aux actions des hommes puissants. Nous pouvons essayer de mener nos recherches en abordant d'autres thèmes, mais nous ne pouvons pas éviter celui-ci, que ce soit dans le passé des Romains ou dans le monde moderne.
Kelly: En ce qui me concerne, j'ai l'impression que la plupart de mes études portaient sur la vie quotidienne. Il y a clairement eu un changement de direction en la matière. Diriez-vous que cela s'explique par le fait que les hommes puissants dont vous parlez étaient ceux qui suscitaient le plus d'intérêt auprès des historiens et que par conséquent, il est naturel que ce soit sur eux que nous possédions le plus d'informations?
Richard: Tout à fait. Notre corpus de textes classiques est constitué d'ouvrages qui traitent généralement des faits et gestes des personnes parmi les plus riches et les plus puissantes de leur époque. Les textes classiques qui traitent de la conquête romaine de la Bretagne sont tous écrits par des membres masculins de l'aristocratie romaine, et ils ont tendance, dans l'ensemble, à commenter les actions de leurs pairs. Certains d'entre eux sont assez critiques, ils ne sont donc pas tous entièrement positifs. Ces auteurs évoquent également des personnages tels que Boadicée, qui fait figure d'exception car c'est une femme, et une femme qui s'est rebellée contre Rome, or les personnes qui parlent d'elle sont tous deux des hommes. Ils font également état d'une autre femme de pouvoir en Bretagne, Cartimandua, qu'ils décrivent de manière très négative. Boadicée est traitée de manière différente, en effet, dans l'un des récits de Tacite, elle apparaît comme un personnage plutôt positif. Elle se rebelle parce qu'elle est fortement opprimée par l'administration romaine, ce qui constitue une attaque contre Néron, alors considéré comme un très mauvais empereur.
Cela suscite beaucoup d'intérêt pour ce type de sujet, l'attitude de l'élite envers la Bretagne et les raisons pour lesquelles les Romains l'ont conquise. Les archéologues ont suivi cela de près, ainsi que la question du genre, jusqu'aux années 1970. Les archéologues sont parfois un peu plus critiques à l'égard du pouvoir. Les lettres classiques sont une matière très élitiste en Grande-Bretagne ou en Amérique, et l'archéologie était aussi pratiquée par l'élite dans le passé, mais aujourd'hui, c'est devenu une matière assez inclusive, et nous avons tendance à être un peu plus critiques. Plusieurs générations d'archéologues spécialisés dans la Bretagne romaine se sont davantage intéressées aux gens ordinaires. En fait, j'ai moi-même commencé mes recherches en étudiant les établissements ruraux romains.
J'ai écrit ce livre parce que je m'intéresse aussi beaucoup à la conquête de la Bretagne romaine. C'est une évidence, sans quoi je ne m'y serais pas attelé. Un certain nombre de romanciers ont abordé le thème de l'occupation militaire de la Bretagne par les Romains, et il existe une très bonne série de romans sur Boadicée. Le public s'intéresse beaucoup à ce sujet, mais en ce qui concerne l'étude archéologique de la conquête, le corpus d'ouvrages existant est relativement obsolète.
J'ai examiné les interprétations actuelles des motivations des empereurs et j'ai étudié les informations archéologiques concernant toutes sortes de personnes impliquées dans la conquête. Au cas où un romancier souhaiterait se lancer dans l'écriture d'un roman sur la conquête de la Bretagne par les Romains, j'ose espérer que mon ouvrage lui serait utile pour présenter un point de vue qui ne date pas de trente ou quarante ans.
Kelly: Vous avez dit que c'était un sujet assez nouveau pour vous. Qu'avez-vous trouvé de plus intéressant ou de plus fascinant dans vos recherches?
Richard: Je trouve extrêmement révélateur que nous sachions depuis longtemps le rôle très particulier de la Grande-Bretagne dans l'élite de la société romaine. Les empereurs voulaient conquérir la Bretagne parce que c'était une île, et les Romains avaient une attitude particulière envers la mer. Ils avaient hérité des croyances des Grecs, qui considéraient l'océan comme infini. Le monde était donc une grande île au milieu de l'océan, et ils avaient une certaine conscience de son étendue. Alexandre le Grand s'était rendu à l'extrémité orientale du monde connu des Grecs, et les Romains avaient hérité de cette attitude. Toutefois, Alexandre ne s'était pas beaucoup aventuré à l'ouest de la Méditerranée, et il n'était pas allé jusqu'en Espagne ou sur la côte ouest de l'Afrique du Nord.
Cependant, il existe un autre mythe, qui est celui d'Héraclès, dans la tradition grecque, ou Hercule comme le connaissaient les Romains. Hercule était réputé avoir navigué jusqu'à l'ouest de la Méditerranée et avoir franchi les colonnes d'Hercule, qui forment les deux côtés de ce canal qui relie la Méditerranée à l'Atlantique. On nous dit que les Romains connaissaient très peu l'Atlantique à partir du nord de l'Espagne. Ainsi, à l'époque de Jules César, ils avaient déjà conquis certaines parties de l'Espagne. Ils connaissent alors très peu la côte ouest de l'Atlantique qui remonte vers la Bretagne, et les histoires sur Océanos et l'océan infini sont attribuées à la Bretagne. Le rôle qui définit le plus particulièrement la Bretagne est qu'elle est une île perdue dans l'océan, dès lors, tenter de la conquérir et de la dominer revient en fait à soumettre l'antique dieu grec Océanos. Il était l'un des dieux grecs originels, c'était un titan, et dans la société romaine, il était très puissant et d'une importance significative.
À ce propos, j'ai trouvé très utile un ouvrage antérieur de David Braund qui traite ce sujet de manière assez détaillée. En retraçant pas à pas la conquête de la Bretagne romaine, de Jules César à Hadrien, j'ai pu trouver des éléments supplémentaires à ajouter et je pense avoir réussi à repenser de manière assez fondamentale cette notion d'océan. Je suis également convaincu que les agissements d'Hadrien en Bretagne (Hadrien est arrivé en Bretagne il y a mille neuf cents ans, en 122 après J.-C.) ont été profondément influencés par le rapport des Romains à l'océan. Hadrien s'inspire de cette mythique océanique et c'est peut-être la raison pour laquelle le mur d'Hadrien est si important et si substantiel: Hadrien et l'élite romaine ont cette vision particulière d'une Bretagne barbare et primitive, située par-delà les océans ou en son plein milieu. C'est une théorie que j'ai réussi à développer tout au long du livre.
Je trouve cela assez surprenant, car lorsque j'ai commencé mes recherches, ce qui n'était alors qu'un vague sujet d'intérêt, est devenu un élément absolument incontournable du livre. Toutes ces actions, les raisons pour lesquelles les Romains veulent s'emparer de la Bretagne, pour lesquelles ils mènent toutes ces campagnes pendant des décennies, pour lesquelles ils maintiennent autant de soldats en Bretagne, et pour lesquelles le mur d'Hadrien est si important, sont liées à leur attitude envers Oceanos.
Kelly: C'est fascinant. Cela a dû être passionnant à étudier. J'ai une dernière question. Selon vous, quelle serait l'information essentielle à retenir au sujet de la conquête de la Bretagne?
Richard: Je pense sincèrement, et c'est ce qui ressort probablement de tous mes commentaires, qu'il faut avoir un point de vue équilibré sur la chose. Je dis cela parce que d'après mon expérience, lorsque je discute avec des personnes, qu'il s'agisse de citoyens britanniques, d'étudiants ou de collègues universitaires aux États-Unis, en Europe ou au Royaume-Uni, je constate que les opinions sont généralement divisées en deux. Beaucoup de gens semblent en effet avoir une opinion plutôt favorable à l'égard de Rome. Or, je doute que quiconque connaissant bien Rome puisse la considérer comme entièrement bénéfique. On a généralement une vision très positive de ce que les Romains ont accompli pour nous, mais cette vision est souvent à nuancer. Nous aussi, nous portons un regard critique sur cette période. En effet, les empereurs romains étaient avant tout des dictateurs, certains d'entre eux se sont même montrés particulièrement cruels. Ils étaient impérialistes, ils ont asservi des peuples entiers, ils ont exterminé une quantité innombrable de personnes et ils pratiquaient l'esclavage à grande échelle.
À côté de cela, je pense qu'il faut nuancer ce jugement car les Romains ont tout de même fait régner l'ordre. Je veux dire par là qu'ils ont effectivement mis fin aux guerres entre les populations locales et nous sommes en mesure de prouver qu'ils ont amélioré la productivité économique du territoire. Certaines personnalités ont particulièrement prospéré pendant la conquête romaine, amassant de vastes fortunes et acquérant un statut social élevé. En revanche, d'autres ont été marginalisées, et les Romains ont tué et réduit en esclavage de nombreuses personnes à travers tout leur empire. En outre, toute leur économie reposait sur l'esclavage. Mon livre tente également d'aborder ces questions et de présenter une vision équilibrée des choses. Je pense qu'il est vraiment important que le public sache que Rome était une entité complexe.
Nous disposons d'éléments qui favorisent cette attitude positive envers Rome, et je voudrais simplement communiquer une vue d'ensemble plus équilibrée. Je pense que c'est important, car l'entité Rome est fondamentale et essentielle pour nos sociétés occidentales, mais elle bénéficie généralement d'une image plutôt positive. Il est donc essentiel de tempérer cette image, car si le monde est tout aussi complexe aujourd'hui qu'il l'était dans le passé. C'est à nous d'en tirer des enseignements positifs. C'est un objectif ambitieux pour un livre, mais c'est ce que j'essaie de communiquer à travers mes recherches.
Kelly: C'est un excellent point que toute personne souhaitant lire le livre devrait conserver à l'esprit. Je vous remercie sincèrement de m'avoir accordé cet entretien. Ce fut un réel plaisir de pouvoir discuter avec vous.
Richard: Un plaisir partagé. Merci infiniment.

