Dix Grands Sites de Tumulus Amérindiens

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Article

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 04 mai 2021
Disponible dans ces autres langues: anglais, chinois, espagnol
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Les Autochtones de l'Amérique du Nord précoloniale construisirent des milliers de tumulus à travers le continent, qui avaient des fonctions diverses et atteignaient parfois une hauteur de plus de 100 pieds (30 m). De nombreux sites de tumulus étaient des centres urbains prospères - comme Cahokia dans l'Illinois - tandis que d'autres semblent avoir servi à des fins strictement religieuses/ritualistes, comme dans le cas des monticules de Pinson dans le Tennessee.

Les colons européens, ne sachant pas ce qu'étaient les tumulus et les prenant périodiquement pour des collines naturelles, en détruisirent beaucoup par ignorance, tandis que d'autres furent délibérément éliminés pour faire de la place à l'expansion des villes et d'autres encore furent pillés pour y trouver des trésors destinés à être vendus sur le marché des antiquités et furent gravement endommagés ou démolis de cette manière. Même lorsque l'on comprit que ces monticules étaient d'importants trésors de l'architecture autochtone ancienne, les propriétaires fonciers les détruisirent pour empêcher l'État ou d'autres agences de tenter de s'emparer de leurs terres dans l'intérêt de la préservation.

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Mound B, Etowah
Monticule B, Etowah
Kåre Thor Olsen (CC BY-SA)

Aujourd'hui, il existe encore de nombreux sites de tumulus à travers les États-Unis, certains protégés en tant que parcs archéologiques, d'autres sur des terres privées, et chacun d'entre eux offre un aperçu différent des cultures des différentes nations amérindiennes qui les construisirent. Un site peu connu comme Man Mound dans le Wisconsin est tout aussi important qu'un site plus connu comme Serpent Mound dans l'Ohio. La liste suivante omet nécessairement de nombreux sites importants, mais ceux qui ont été sélectionnés l'ont été pour le type qu'ils représentent et pour leur contribution à une meilleure compréhension des cultures amérindiennes.

On sait aujourd'hui que différentes cultures amérindiennes créèrent les tumulus à des époques différentes, en utilisant des méthodes similaires.

Périodes et lieux

Les monticules furent construits à partir de 5000 ans avant notre ère et jusqu'à la période de colonisation européenne, que l'on situe généralement, dans ce cas, vers 1540, lorsque le conquistador espagnol Hernando de Soto (c. 1500-1542) voyagea avec son armée à travers les régions de l'actuelle Floride, de la Géorgie et du Mississippi - toutes dotées de sites de monticules - à la recherche d'or, et l'expédition de De Soto rapporta que des autochtones vivaient sur ou près de ces grands monticules. De Soto tua un certain nombre d'autochtones qui refusaient de lui remettre l'or qu'il les accusait de cacher, mais il fit encore plus de dégâts en propageant des maladies européennes contre lesquelles les amérindiens n'étaient pas immunisés. Lorsque les explorateurs européens atteignirent la région, les autochtones n'avaient aucune idée de qui avait construit les monticules, car leurs aînés, qui perpétuaient l'histoire de la nation par la tradition orale, étaient morts depuis longtemps. Les dix sites présentés ci-dessous, qui illustrent cette tradition, sont les suivants :

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  • Watson Brake (Louisiane, c. 3500 av. J.-C.)
  • Poverty Point (Louisiane, c. 1700-1100 av. J.-C.)
  • Great Serpent Mound (Ohio, soit c. 320 av. J.-C. soit c. 1000-1750)
  • Effigy Mounds (Iowa, c. 500 av. J.-C.-1000 de notre ère)
  • Pinson Mounds (Tennessee, c. 1200 de notre ère)
  • Observatory Hill (Wisconsin, vers 500-1200 de notre ère)
  • Cahokia (Illinois, c. 600-1350 de notre ère)
  • Etowah (Géorgie, c. 1000-1550 de notre ère)
  • Moundville (Alabama, c. 1100 - c. 1450 de notre ère)
  • Spiro Mounds (Oklahoma, c. 900-1450 de notre ère)

Ce n'est qu'au XIXe siècle que les descendants des premiers immigrants européens s'intéressèrent aux tumulus et, à l'époque, ils refusaient de croire qu'ils avaient été construits par des Amérindiens, jugés "trop simples" pour avoir mené à bien une entreprise aussi gigantesque. Même si les érudits et les intellectuels des XVIIIe et XIXe siècles comprirent que les monticules étaient "d'origine autochtone", cette affirmation ne fur largement acceptée qu'au milieu du XXe siècle.

Artist's Conception of Watson Brake Mounds, Louisiana
Représentation artistique de Watson Brake Mound, Louisiane
Herb Roe (CC BY-SA)

On sait aujourd'hui que différentes cultures amérindiennes créèrent les monticules à différents moments, en utilisant des méthodes similaires, à partir de la période archaïque (c. 8000-7900 av. J.-C.), en passant par la période sylvicole (c. 500 av. J.-C.-1100 ap. J.-C.) et jusqu'à la période de la civilisation du Mississippi (c. 1100-1540 ap. J.-C.). Les monticules se caractérisent tous, quelle que soit leur fonction d'origine, par un haut degré de compétence technique en matière d'ingénierie, par la présence d'une importante main-d'œuvre et par une sorte d'autorité centrale chargée de la logistique, de l'approvisionnement et de la construction.

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Ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'on a commencé à reconnaître l'importance des monticules.

Watson Brake

Le plus ancien site de tumulus encore existant en Amérique du Nord est celui de Watson Brake, dans le nord-est de la Louisiane. Le site comprend onze monticules reliés par des crêtes et fut construit pendant la période archaïque vers 3500 avant notre ère (ce qui le rend plus ancien que la Grande Pyramide de Gizeh, datée du règne du roi Khéops, 2589-2566 av. J.-C.). Le site fut construit et occupé par une culture de chasseurs-cueilleurs qui fabriquaient également des outils et des céramiques et vivaient de la pêche dans la rivière Ouachita et ses affluents. L'objectif des monticules n'est pas clair car ils ne furent pas utilisés pour l'enterrement, les résidences ou les cérémonies rituelles. Le site n'a été découvert que dans les années 1980 par un habitant local, Reca Bamburg Jones, après que le bois eut été déboisé et que les monticules furent devenus visibles. Une partie du site n'a été achetée qu'en 1996 par l'Archaeological Conservancy, mais une autre partie est toujours la propriété de la famille qui la détient depuis les années 1950 et qui refuse de la vendre ou d'en autoriser l'accès au public, mais qui a autorisé des fouilles professionnelles.

Poverty Point

Poverty Point tire son nom de la plantation, au XIXe siècle, d'un certain Phillip Guier, qui cultivait les terres sur lesquelles se trouvent les monticules sans se rendre compte que les "collines" étaient des constructions artificielles. En fait, personne ne l'a compris jusqu'en 1953, lorsqu'une photographie aérienne a montré que les petites "collines" étaient six crêtes en forme de C construites face à une place centrale, avec six monticules plus grands placés autour des crêtes. Le site avait été reconnu en tant que "village" amérindien dès les années 1830 grâce aux objets trouvés sur place, mais les crêtes et les monticules furent considérés comme des formations naturelles. Les crêtes furent créées par étapes sur plusieurs générations et furent utilisées à des fins résidentielles (maisons construites au sommet), tandis que les monticules furent construits rapidement (le monticule A en moins de trois mois) et servaient à d'autres fins, notamment à des rituels religieux. Le point central du site est la place où se trouvait un calendrier solaire composé de poteaux en bois et où des rituels étaient probablement observés. La culture dite de Poverty Point, qui construisit le site, était également composée de chasseurs-cueilleurs et, comme celle de Watson Brake, elle créa des outils et des artefacts, mais les preuves d'échanges commerciaux sur de longues distances sont plus nombreuses sur ce site que sur le précédent.

Artist's Conception of Poverty Point, Louisiana
Représentation artistique de Poverty Point, Louisiane
Herb Roe (CC BY-SA)

Great Serpent Mound

Le Great Serpent Mound est une représentation en terre d'un serpent de 411 mètres de long, construite sur un plateau nivelé. Les archéologues ne sont toujours pas sûrs de sa date, car on pensait à l'origine qu'il s'agissait d'un produit de la civilisation Adena (c. 800 av. J.-C.-1 de notre ère), mais plus tard, on a affirmé qu'il avait été construit par la culture dite de Fort Ancient (c. 1000-1750). Le site ne contient aucun artefact permettant de le relier de manière concluante à l'une ou l'autre de ces cultures, et il est possible qu'il ait été commencé par la première et terminé par la seconde, toutes deux ayant vécu dans la région et créé d'autres structures de monticules. La datation au carbone du charbon de bois trouvé dans le tumulus fait remonter au moins une section à 1070, ce qui, selon certains érudits, date définitivement l'ensemble de cette période, car ils pensent qu'il fut créé pour refléter la comète de Halley qui apparut en 1066 et qui aurait pu être observée depuis ce point pendant suffisamment longtemps pour faire une impression. La tête du "serpent" est alignée sur le solstice d'été, tandis que les spires sont alignées sur le lever du soleil et les équinoxes du solstice d'hiver. Il ne fait aucun doute qu'il fut construit à des fins astronomiques, mais la question de savoir qui l'a construit continue d'être débattue.

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Great Serpent Mound, Ohio
Grand tertre aux serpents, Ohio
Eric Ewing (CC BY-SA)

Effigy Mounds

Les Effigy Mounds tirent leur nom de la forme des monticules, qui représentent entièrement ou comportent des effigies en terre d'ours, d'oiseaux et d'autres animaux. Les monticules sont attribués à un certain nombre de nations amérindiennes qui travaillèrent sur plusieurs générations, bien que certains des plus de 200 monticules montrent des signes d'une construction assez rapide. Le site est l'un des plus grands d'Amérique du Nord et présente les types de monticules les plus variés. Le plus connu, le monticule du Grand Ours, est long de 137 pieds (41 m) et large de 70 pieds (21 m), et représente une série d'ours alignés. On pense que les tumulus étaient essentiellement cérémoniels (bien que certains aient été utilisés pour l'enterrement) et que les symboles animaux représentaient les forces totémiques associées aux nations données qui travaillaient sur le site.

Pinson Mounds

On pense que les monticules de Pinson furent construits et utilisés à des fins religieuses et cérémonielles, car il n'y a aucune preuve d'habitation permanente, seulement une zone adjacente aux buttes pour une résidence temporaire, comme celle que l'on s'attendrait à trouver sur un site de pèlerinage. Bien que 30 monticules aient été recensés au début du 20e siècle, un certain nombre d'entre eux se sont révélés être des formations naturelles et le site compte aujourd'hui 15 monticules. Le plus grand est le Sauls Mound (nommé d'après le propriétaire John Sauls), qui mesure 22 mètres de haut. Certains monticules présentent des traces de sépultures mais, dans l'ensemble, ils semblent avoir été utilisés à des fins religieuses par les habitants de la période sylvicole, peut-être les ancêtres de la nation Chickasaw qui possédait les terres au 19e siècle. Le tumulus d'Ozier, le deuxième plus grand du site, a été identifié avec certitude comme ayant été utilisé pour des rituels, tandis que d'autres tumulus ont été utilisés pour des enterrements et que l'objectif d'autres encore est inconnu.

Sauls Mound
Saul's Mound
Wayne Hsieh (CC BY-NC-SA)

Observatory Hill Mounds

Il y avait autrefois au moins cinq monticules sur l'actuel Observatory Hill (sur le campus de l'université du Wisconsin-Madison), dont deux subsistent aujourd'hui - l'un en forme de grand oiseau et l'autre connu sous le nom d'esprit de l'eau à deux queues. Les autres monticules furent détruits entre 1900 et 1922 lors de l'agrandissement du campus de l'université. Il est certain qu'un village ou une ville amérindienne se trouvait autrefois sur le site, d'après les artefacts qui y ont été découverts et les rapports antérieurs. Les monticules existants, comme ceux d'Effigy, représenteraient les énergies totémiques associées aux bâtisseurs; l'effigie de l'oiseau canalisant l'air et le vent et l'esprit à deux queues, le don de l'eau. Cependant, sans le contexte des autres tumulus, ces derniers sont difficiles à interpréter.

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Cahokia

Cahokia Mounds est le site de tumulus le plus connu des États-Unis et l'un des plus impressionnants. Cahokia doit son nom à la tribu qui vivait à proximité du site au XIXe siècle. Le nom d'origine est inconnu, mais entre 600 et 1350, la ville était le plus grand centre urbain du continent nord-américain et pratiquait le commerce à longue distance dans toutes les directions. On pense que la ville s'était développée en réponse à un appel lancé par la classe sacerdotale pour que les gens participent à la construction du Monks Mound, le plus haut du site, qui nécessita 814 000 mètres cubes de terre et qui s'élève à une hauteur de 100 pieds (30 m). Sur les 120 monticules construits, 80 subsistent aujourd'hui et faisaient autrefois partie d'un complexe qui comprenait également des terrains de jeu de balle, une grande place, un calendrier solaire (connu aujourd'hui sous le nom de Woodhenge, 48 poteaux en bois entourant un poteau central), des quartiers résidentiels et commerciaux, ainsi que des champs de cultures diverses. La culture du maïs favorisa la croissance de la ville qui utilisait les surplus pour le commerce. Les artefacts et les outils mis au jour jusqu'à présent sur le site témoignent d'un haut niveau de sophistication qui se reflète dans les compétences techniques mises en évidence par la construction des monticules.

Cahokia Mounds
Monticules de Cahokia
The Chickasaw Nation, USA (Copyright)

Etowah Mounds

Les Etowah Mounds furent construits en trois étapes au cours de la période de la civilisation du Mississippi et, actuellement, six d'entre eux existent encore. Trois monticules à plate-forme semblent avoir été utilisés à des fins rituelles et les monticules plus petits à des fins résidentielles. Le tumulus A mesure 19 m de haut et sa base s'étend sur trois acres. Des temples avec des cours intérieures surmontaient les monticules qui entouraient une place centrale utilisée à des fins commerciales et un terrain de jeu pour le jeu connu sous le nom de Chunkey. Toute la ville était entourée d'une palissade en bois avec des tours de guet espacées de 2 mètres, ce qui suggère que les habitants vivaient dans la crainte d'une invasion ou d'une conquête par d'autres nations autochtones. Cette observation est corroborée par les objets funéraires, qui comprennent à la fois des armes cérémonielles et des armes de tous les jours. Le site est surtout connu pour la découverte de statues masculines et féminines représentant un homme assis les jambes croisées et une femme agenouillée, censées représenter les esprits des ancêtres des peuples et très probablement utilisées dans des rituels religieux.

Etowah Statues
Statues d'Etowah
Heironymous Rowe (CC BY-NC-SA)

Moundville

Moundville est le deuxième plus grand site de ce type aux États-Unis après Cahokia. Il comprend 28 monticules à plate-forme, autrefois surmontés de résidences, faisant face à une place avec un monticule central (Mound A) s'élevant à 18 mètres de haut et deux rampes sur les deux côtés. L'élite et la noblesse vivaient dans des maisons situées sur les monticules, tandis que les classes inférieures vivaient de l'autre côté de la place dans des huttes à toit de chaume. On pense que l'architecture du site reflète la stratification sociale en élevant littéralement la classe supérieure sur des montagnes artificielles au-dessus des autres. Le tumulus A offre une vue directe sur la rivière Black Warrior toute proche, ce qui suggère que les cérémonies qui s'y déroulaient honoraient les quatre éléments que sont l'eau, l'air, le feu (le soleil) et la terre. Comme beaucoup de ces sites de tumulus, le nom original de Moundville est perdu et, comme les autres, il fut abandonné avant l'époque de la colonisation européenne, probablement en raison de la surpopulation et de l'épuisement des ressources.

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Moundville Archaeological Site Looking Toward Mound A
Site archéologique de Moundville en direction du monticule A
Wikipedia (CC BY-NC-SA)

Spiro Mounds

Les monticules de Spiro, dont 12 subsistent aujourd'hui, furent construits en quatre phases et achevés avant environ 1250. Neuf des monticules entourent une place centrale avec un monticule plus grand (Brown Mound) au centre qui servait à des fins religieuses/cérémonielles. Ces cérémonies semblent avoir été centrées sur les rituels funéraires des chefs de la communauté et des membres du clergé (qui étaient souvent, mais pas toujours, les mêmes personnes). Les deux autres tumulus existants (Craig Mound et The Great Mortuary) étaient utilisés pour l'enterrement et possédaient des cavités internes construites à dessein pour la préservation de divers objets tels que des bonnets et des coiffes en plumes, des manteaux de fourrure et de plumes, des statues en bois ou en cuivre, ainsi que d'autres pièces. Craig Mound fut pillé et partiellement détruit entre 1933 et 1935 par un groupe qui acheta des droits temporaires au propriétaire du terrain pour effectuer des fouilles et qui, une fois celles-ci terminées, fit exploser la salle centrale du monticule pour des raisons inconnues. Les objets pillés à cette époque ont été en grande partie perdus sur le marché des antiquités. La population du site déclina entre 1250 et 1450 lorsqu'il fut abandonné.

Conclusion

Comme nous l'avons vu, les érudits européens et américains des XVIIIe et XIXe siècles refusaient de croire que les Amérindiens avaient construit les milliers de monticules qui parsèment le paysage nord-américain parce qu'ils considéraient les autochtones comme des "sauvages primitifs" dépourvus de l'habileté et de la vision requises pour un travail aussi monumental. Le spécialiste Charles C. Mann commente:

Les auteurs du XIXe siècle attribuèrent les complexes de monticules, entre autres, aux Chinois, aux Gallois, aux Phéniciens, à la nation perdue de l'Atlantide et à divers personnages bibliques. Une théorie largement répandue attribue la paternité de l'œuvre à des émigrés scandinaves qui, plus tard, s'installèrent au Mexique et devinrent les Toltèques. (289-290)

Rejetant peu à peu ces possibilités, les chercheurs ont alors inventé les termes "constructeur de tumulus", "peuple des tumulus" et "culture des tumulus" pour désigner une race inconnue qui aurait un jour habité la terre, construit les complexes et serait partie - pour ne plus jamais donner signe de vie. Les Amérindiens, disait-on, seraient alors arrivés et auraient pris la terre - ou peut-être même auraient-ils conquis le "peuple des tumulus" et pris leur terre - ce qui permit de justifier le vol de terres des Amérindiens par les colons européens, vu qu'ils étaient censés avoir fait la même chose à ces autres peuples mystérieux plus tôt.

Cette absurdité ne fut réfutée qu'en 1894, lorsque Cyrus Thomas, du Bureau of American Ethnology, un fonctionnaire nommé par le gouvernement des États-Unis pour régler la question, déclara avec autorité que les monticules étaient la création des peuples amérindiens. Comme Thomas représentait le point de vue du gouvernement, la question fut officiellement tranchée, mais peu d'efforts furent faits à cette époque pour préserver les sites ou les rendre aux descendants des nations autochtones qui les avaient construits, dont beaucoup continuent à considérer ces sites comme des lieux sacrés.

Ce n'est qu'au début du XXe siècle que l'importance des monticules a commencé à être reconnue, après que des archéologues amateurs, comme C.B. Moore (1852-1936), eurent commencé à fouiller les sites, à en retirer des objets et à publier leurs découvertes. Des lois ont alors été instituées pour protéger les monticules contre le pillage, mais comme beaucoup se trouvaient sur des terrains privés, les autorités ne pouvaient rien faire. Les citoyens ont alors parfois acheté les sites de tumulus pour les préserver, puis les ont cédés au gouvernement de leur État respectif. Ces sites sont devenus des parcs archéologiques dédiés à la préservation et à une meilleure compréhension des villes de tumulus et des centres cérémoniels des Premières nations d'Amérique du Nord.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2021, mai 04). Dix Grands Sites de Tumulus Amérindiens [Ten Great Native American Mound Sites]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1746/dix-grands-sites-de-tumulus-amerindiens/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Dix Grands Sites de Tumulus Amérindiens." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mai 04, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1746/dix-grands-sites-de-tumulus-amerindiens/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Dix Grands Sites de Tumulus Amérindiens." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 04 mai 2021. Web. 12 juil. 2024.

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