Extraits du livre de William Bradford Of Plymouth Plantation

Joshua J. Mark
de , traduit par Sophie Narayan
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Dans son livre Of Plymouth Plantation William Bradford nous offre son témoignage personnel de l’épopée du Mayflower, puis de la fondation de la colonie de Plymouth dans l'actuel état du Massachusetts et de la colonisation ultérieure de la région des États-Unis aujourd'hui connue sous le nom de Nouvelle-Angleterre. Rédigé entre 1630 et 1651, cet ouvrage couvre une période s'étendant approximativement de 1607 à 1650. William Bradford (1590-1657) fut le deuxième gouverneur de la colonie de Plymouth de 1620 à 1691. Il arriva en Amérique à bord du Mayflower et joua un rôle central dans la fondation et le développement de la colonie dès ses débuts. Of Plymouth Plantation est donc considéré comme l'un des ouvrages les plus importants des débuts de l'Amérique coloniale.

Cover of Bradford's 'Of Plymouth Plantation
Couverture du livre de William Bradford Of Plymouth Plantation William Bradford (Public Domain)

Bradford écrit dans un style sobre et élégant, optant pour l'usage de la troisième personne du singulier afin de conférer plus d’objectivité à son témoignage. Il évoque tout d'abord l'intolérance religieuse de l'Église anglicane sous le règne du roi Jacques Ier d'Angleterre (r. de 1603 à 1625), intolérance qui devait contraindre sa congrégation de séparatistes religieux à quitter le village de Scrooby en Angleterre pour se réfugier à Leyde aux Pays-Bas, puis à traverser l'Atlantique pour se rendre en Amérique du Nord à bord du Mayflower. La Réforme protestante, qui avait donné naissance à l'Église anglicane sous le règne du roi Henri VIII d'Angleterre (r. de 1509 à 1547), s’était imposée en tant que réaction contre les dogmes et les pratiques de l'Église catholique. Les Églises protestantes rejetaient les rites catholiques lors du culte religieux, au sein de l'organisation ecclésiastique et jusque dans la pratique personnelle de la foi. L'Église anglicane avait toutefois conservé non seulement le faste du catholicisme, mais aussi de nombreux aspects de la tradition religieuse, ce à quoi s’opposèrent fermement les puritains qui voulaient "purifier" l'Église de tout ce qui ne reposait pas strictement sur les Écritures.

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Certains puritains finirent par entrer en dissidence et furent appelés "séparatistes" car ils estimaient que l'Église anglicane était trop corrompue pour être reformée. Ils décidèrent de s'organiser en congrégations indépendantes afin de vivre selon leur interprétation littérale de la Bible, qu’ils tenaient pour être la parole infaillible de Dieu. Selon eux, tout homme devait s'inspirer du modèle des premières communautés chrétiennes telles qu'elles sont décrites dans le Nouveau Testament. Cependant, le roi Jacques Ier était à la tête de l’Église anglicane, et toute critique envers celle-ci était perçue comme une trahison. Aucune forme de contestation religieuse n’était tolérée. Les dissidents étaient condamnés à des amendes, arrêtés, emprisonnés, voire exécutés. C’est dans ce contexte historique que Bradford fait débuter son récit, récit qui culmine avec l’établissement de la colonie de Plymouth au cœur des contrées sauvages de la Nouvelle-Angleterre.

Dissidence et exil volontaire

Estimant que l'Eglise anglicane ne reflétait plus le message originel du Christ, William Bradord trouva un refuge spirituel auprès de la congrégation des Séparatistes de Scrooby.

Baptisé selon le rite anglican, Bradford devint orphelin à l'âge de 12 ans. Il fut recueilli par un oncle qui l’embaucha à la ferme. Puis il tomba malade et dut rester alité. Désœuvré, il se mit à lire la Bible de Genève, tout imprégnée de la théologie fondamentaliste de Jean Calvin (1509-1564), fervent défenseur du caractère infaillible des Écritures. Bradford se plongea également dans les œuvres classiques et dans le Livre des Martyrs de James Foxe. Ces lectures le persuadèrent que l'Église anglicane s’était éloignée du message du Christ et des premiers Chrétiens. C’est donc auprès de la communauté des séparatistes de Scrooby, implantée non loin de sa ville natale d'Austerfield, qu'il trouva un nouveau refuge spirituel.

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En tant que dissidents religieux, les membres de la congrégation de Scrooby devaient se réunir en secret pour échapper aux persécutions. Ceci ne posa pas trop de problèmes jusqu’en 1607, date à laquelle ils furent découverts. Beaucoup furent arrêtés, d’autres condamnés à une amende. Ils comprirent alors qu’il leur faudrait s’exiler s’ils voulaient continuer à vivre leur foi librement. Ils décidèrent de tout quitter pour s’installer aux Pays-Bas, où régnait une politique de tolérance religieuse. Bradford relate les sentiments de la congrégation au chapitre 2 de son premier livre:

Pour ces réformateurs, être ainsi contraints de quitter leurs terres, leurs biens, leurs moyens de subsistance, laissant derrière eux parents et amis, constituait un immense sacrifice qui suscita l'étonnement de beaucoup. Partir pour un pays qui leur était inconnu, où il leur faudrait apprendre une langue étrangère et gagner leur vie sans trop savoir comment leur semblait une aventure presque désespérée, et une épreuve pire que la mort. Qui plus est, n’ayant été habitués qu’à une simple vie rurale et à la pratique paisible de l’agriculture, ils ne connaissaient rien au commerce qui était la principale activité de leur pays d’adoption. Toutefois, ils ne se laissèrent pas décourager par ces difficultés, bien qu’elles les troublassent parfois. Leurs désirs étaient tournés vers les voies de Dieu et Ses commandements ; ils s’en remettaient à Sa providence, sachant en Qui ils plaçaient leur confiance.

Les membres de la congrégation de Scrooby se rendirent vite compte qu’il était aussi difficile et dangereux de quitter l’Angleterre que d’y rester. Ils tentèrent tout d’abord de s’embarquer sur un navire commandé par un capitaine anglais, mais celui-ci s’avéra être un fervent anglican qui les dénonça aux autorités. Plusieurs d’entre eux furent ainsi arrêtés ou emprisonnés. Puis ils louèrent les services d'un capitaine hollandais qui n'avait embarqué que la moitié des passagers lorsqu'une milice anglicane arriva. Afin d’éviter d’être lui-même arrêté, il largua rapidement les amarres, laissant derrière lui les femmes et les enfants de la congrégation, qu'il fallut aller rechercher plus tard.

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Certains responsables de la congrégation, dont le pasteur John Robinson (1576-1625) et William Brewster (1568-1644) choisirent de rester sur place pour prêter main-forte aux femmes et aux enfants. À leur arrivée à Amsterdam, ils retrouvèrent d'autres congrégations séparatistes déjà établies sur place, mais celles-ci étaient en proie à diverses querelles doctrinales aussi bien entre elles qu'avec d'autres dénominations protestantes. Soucieux d'éviter le genre de problèmes qui les avaient poussés à fuir, ils décidèrent donc de quitter Amsterdam pour la ville de Leyde, où ils restèrent pendant douze ans.

Mayflower Plaque in Leiden
Plaque commémorative du Mayflower à Leyde grevillea. (CC BY-NC)

Exode vers le Nouveau Monde

Aux Pays-Bas, les emplois étaient contrôlés par le système des "guildes" auxquelles aucun étranger ne pouvait adhérer. En tant qu’Anglais les membres de la congrégation de Scrooby durent se contenter de tâches mal rémunérées. De plus, bien qu'ils aient toujours eu le droit de pratiquer leur culte librement, leurs enfants commencèrent au fil du temps à s'assimiler à la culture néerlandaise. Les Puritains se mirent à craindre de perdre leur héritage culturel. Or l'Angleterre avait fondé en Amérique du Nord la colonie de Jamestown en Virginie quelques années plus tôt en 1607. ⁠Après des débuts difficiles, celle-ci était devenue florissante dès 1617. Les séparatistes anglais, vivant déjà en exil, commencèrent à envisager de faire eux aussi la traversée de l’Atlantique pour rejoindre le Nouveau Monde, mais faute de fonds ils tardèrent à passer à l’action. Les choses changèrent en 1618 lorsque William Brewster publia un tract critiquant l’Église anglicane, tract qui suscita de nombreuses réactions et la lancée d’un mandat d’arrêt contre lui.

Brewster trouva refuge auprès de la congrégation de Scrooby, mais il était clair qu'il fallait agir rapidement avant que lui-même et d'autres fidèles ne soient arrêtés. Deux membres de la congrégation – John Carver (1584-1621) et Robert Cushman (1577-1625) – entamèrent des négociations avec un homme d’affaires nommé Thomas Weston (1584 – vers 1647), marchand aventurier qui mettait en relation des investisseurs et des colons potentiels vers le Nouveau Monde. Les négociations ne se déroulèrent pas sans heurts, comme en témoigne un échange de lettres entre Weston, Carver et Cushman rapporté par Bradford. Finalement, deux navires furent mis à leur disposition – le Speedwell dont la vocation était le transport de passagers et le Mayflower, un navire de transport de marchandises. Une autorisation d'établissement leur fut également accordée, leur permettant de s'installer légalement en Amérique du Nord, dans les limites du territoire de la Charte de Virginie. Bien qu’ils n’aient eu nul désir de côtoyer de trop près les Anglicans de Jamestown, les séparatistes de Scrooby étaient légalement liés par contrat à la zone située au nord de cette colonie. En outre ils étaient conscients que la présence d'autres colons à proximité pourrait s'avérer utile en cas de nécessité.

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List of Mayflower Passengers by William Bradford
Liste des passagers du Mayflower, établie par William Bradford William Bradford (Public Domain)

Weston, dont le principal souci était de tirer un bénéfice financier de l'établissement de la colonie et de s’assurer de la réussite de l’entreprise, recruta ou invita à se joindre à l'expédition des personnes qui n'étaient pas de la même obédience religieuse que les Puritains. Ces personnes furent surnommées les "Étrangers" par la congrégation de Scrooby, et leur présence ne fut pas sans causer quelques tensions entre Weston, Carver et Cushman, mais il fallut bien se plier à la situation. On s’aperçut aussi que le Speedwell prenait l’eau et il fut abandonné. C'est donc à bord du Mayflower que 102 passagers s’embarquèrent et firent la traversée de l’Atlantique entassés dans l'entrepont du navire, situé entre le pont principal et la cale. Les problèmes du Speedwell avait retardé le largage des amarres et celui-ci n’eut lieu qu’en septembre 1620. Vu la période de l’année à laquelle ils s’embarquèrent pour l’Amérique ils n’eurent que quelques jours de beau temps au début de leur voyage puis l’océan fut particulièrement agité. Bradford relate un épisode de la traversée au chapitre 9 de son premier livre:

Après avoir bénéficié pendant quelque temps de vents favorables et d'un temps plutôt clément, ils furent confrontés à des vents contraires et à de violentes tempêtes qui secouèrent considérablement le navire et provoquèrent de nombreuses infiltrations au niveau de sa structure supérieure. L'une des poutres principales à mi-navire se tordit et se fissura, faisant craindre qu'ils ne puissent achever le voyage. Ainsi, certains des chefs de l'expédition, voyant que les marins doutaient de l'efficacité du navire, entamèrent de sérieuses consultations avec le capitaine et les officiers, afin d'évaluer le danger à temps et décider s'il valait mieux faire demi-tour plutôt qu'affronter un trop grand péril… Finalement, de l'avis de tous, capitaine y compris, il fut conclu que le navire était solide sous la ligne de flottaison et que, quant à la déformation de la poutre principale, il y avait à bord une grande vis en fer que les passagers avaient rapportée de Hollande, vis qui permettrait de remettre la poutre en place. Le charpentier affirma qu'en plaçant un poteau sous celle-ci, solidement ancré dans le pont inférieur et bien fixé, il pourrait la maintenir en place… Ils s’en remirent donc à la volonté de Dieu et décidèrent de poursuivre leur route.

Arrivée en Amérique du Nord

Si deux personnes seulement périrent pendant la traversée (un membre de l'équipage et un domestique), presque tous les passagers souffrirent du mal de mer et tous furent contraints de vivre pendant un peu plus de deux mois dans la pénombre de l'entrepont, avec trop ou pas assez d'air frais, sans intimité ni latrines. Lorsqu'ils aperçurent enfin la terre le 9 novembre 1620, ils comprirent qu'ils avaient été déviés de leur itinéraire et qu'ils se trouvaient en fait dans une région cartographiée plusieurs années auparavant et connue sous le nom de Nouvelle-Angleterre, à quelque 800 km au nord de la destination initialement prévue. Christopher Jones, capitaine du Mayflower (vers 1570-1622), tenta de longer la côte en direction de la Charte de Virginie, mais le mauvais temps, les récifs et les maigres provisions l'obligèrent à faire demi-tour. Les passagers allaient devoir établir leur colonie sur les terres sauvages qui s’étendaient devant eux. Bradford décrit ainsi ce moment:

Je ne peux toutefois m'empêcher de marquer ici une pause, et de constater avec effroi la situation désastreuse dans laquelle se trouvaient ces pauvres gens; j'imagine que le lecteur en fera de même s'il y réfléchit bien. Après avoir traversé ce vaste océan et surmonté tant d'épreuves avant même leur départ, ils se retrouvaient désormais sans amis pour les accueillir, sans auberges pour les héberger et soulager leurs corps meurtris par les intempéries, et sans maisons ni bourgs où se réfugier. (Livre I, chap. 9)

Landing of the Pilgrims by Michele Felice Cornè
L'arrivée des Pèlerins en Amérique, peint par Michele Felice Cornè U.S. Department of State (Public Domain)

Leurs chances de réussite leur apparaissaient bien minces. Le capitaine Jones avait pour mission de les conduire jusqu’en Amérique, pas de les aider à fonder une colonie. Il avait reçu l’ordre de rester sur place uniquement jusqu’à ce qu’un lieu propice à l’installation de la colonie n'ait été choisi, après quoi il devait retourner en Angleterre, laissant les passagers livrés à eux-mêmes. Bradford écrit:

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Derrière eux s'étendait l'immensité de l'océan qu'ils venaient de traverser et qui formait désormais un gouffre les séparant de toute civilisation. On pourrait objecter qu’ils avaient toujours leur navire. Certes, mais que leur répétaient chaque jour le capitaine et l'équipage? Ils leur disaient qu’ils devaient explorer les environs afin de trouver un site où accoster, et cela le plus rapidement possible, car la météo était telle que le capitaine ne s’approcherait pas davantage de la côte tant qu’un port où il pourrait entrer en toute sécurité n’aurait été découvert. On leur disait également que les vivres viendraient vite à manquer, mais qu’il fallait en garder pour le voyage de retour. Certains membres de l’équipage allaient jusqu’à dire qu’ils abandonneraient les colons à leur sort, les débarquant eux et leurs biens, s’ils ne trouvaient pas rapidement un site où s'établir. (Livre I, ch. 9)

Des tensions apparurent lorsque certains des "Étrangers" firent remarquer que, puisqu’ils n’étaient pas sur le territoire concédé par la Charte de Virginie, ils n’étaient soumis à aucune contrainte en vertu de la loi anglaise et pourraient vivre comme bon leur semblait une fois débarqués. Bradford et d’autres séparatistes comprirent que cela signifiait la fin de la colonie avant même qu’elle n’ait vu le jour, car il était évident que tous devaient unir leurs efforts vers un objectif commun s’ils voulaient avoir une chance de survivre. Bradford décrit la rédaction et la signature du document connu sous le nom de Mayflower Compact, qui allait établir le mode de gouvernement et les lois de la nouvelle colonie:

[La signature du pacte] fut en partie motivée par les propos de mécontentement et de rébellion tenus par certains des Étrangers. Ces derniers avaient laissé entendre qu’une fois débarqués, ils exerceraient leur liberté, car nul n’avait le pouvoir de leur donner des ordres, la charte obtenue concernant la Virginie et non la Nouvelle-Angleterre, qui appartenait à une autre compagnie avec laquelle la Compagnie de Virginie n’avait aucun lien. De plus, les chefs de file parmi les colons estimaient qu’un tel acte, rédigé par eux-mêmes et prenant en compte leur situation actuelle, serait aussi efficace que n’importe quelle charte, voire plus à certains égards. (Livre II, chap. 1)

Quarante et un des hommes présents signèrent le pacte, s'engageant à le respecter; ceux qui ne signèrent pas étaient pour la plupart des domestiques qui n'avaient de toute façon pas d'autre choix que d'obéir à leurs maîtres. Une fois le pacte signé, John Carver fut élu premier gouverneur, et le Mayflower jeta l'ancre le 11 novembre 1620.

Premier hiver ou la survie avant tout

Entre le 11 novembre et le 21 décembre 1620, les passagers du Mayflower, souvent aidés par les membres de l'équipage, explorèrent la région à la recherche d'un site où établir leur colonie. L'épouse de Bradford, Dorothy, se noya après être tombée par-dessus bord alors que son mari était parti en mission d'exploration. Bien d'autres moururent après elle d'hypothermie, du scorbut, de malnutrition et d'autres maladies. En mars 1621, la moitié des passagers et de l'équipage étaient morts.

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Durant tout l’hiver, écrit Bradford, presque tout le monde tomba malade, y compris lui-même. Les malades étaient soignés sans relâche par ceux qui avait la chance d’être en bonne santé, pas plus de sept personnes en tout. Au début du printemps les travaux d'établissement de la colonie n'avaient guère avancé et, lorsque les survivants parmi les membres de l'équipage reprirent des forces, Jones s'apprêta à rentrer en Angleterre. Les colons n'avaient encore planté aucune culture, ils ne savaient pas comment pêcher, et l'on consommait la viande provenant d'expéditions de chasse menées par Jones ou les membres de son équipage. Les vivres à bord du Mayflower étaient déjà presque épuisées lorsque celui-ci avait accosté. Les colons risquaient à présent une mort quasi-certaine s'ils ne trouvaient pas le moyen de vivre de la terre.

William Bradford
William Bradford Amaury Laporte (CC BY-NC)

Le 8 décembre 1620, lors d’une expédition de reconnaissance, les colons avaient été attaqués par des Autochtones (on apprit plus tard qu’il s’agissait de membres de la tribu des Nauset). Bradford qualifie cet événement de "première rencontre". À la suite de celle-ci les colons abandonnèrent tout espoir de pouvoir compter sur l’aide des populations autochtones. C’est pourtant grâce au secours apporté par ces populations locales que la colonie survécut. En mars 1621, on vit apparaitre dans le village en construction un Amérindien nommé Samoset, également connu sous le nom de Somerset (vers 1590-1653) qui s'adressa aux colons dans un anglais approximatif. Il revint plus tard accompagné d'un autre Amérindien, Tisquantum, plus connu sous le nom de Squanto (vers 1585-1622). Squanto parlait couramment l’anglais car il avait été enlevé par les Anglais des années auparavant et revendu comme esclave. Il allait non seulement servir d’interprète entre les colons et Massasoit (vers 1581-1661), chef de la Confédération Wampanoag de la région, mais aussi leur apprendre à cultiver la terre et à survivre dans leur nouvel environnement.

Conclusion

Dans la suite de son récit Bradford décrit les relations d'entraide qui se nouèrent entre les colons de Plymouth et les Amérindiens, ainsi que le traité de paix conclu entre eux et les échanges commerciaux prospères qui en découlèrent. Jones repartit pour l'Angleterre à bord du Mayflower en avril 1621. Les colons se sentaient désormais davantage en sécurité dans leur nouvelle patrie, car ils pouvaient compter sur l'aide et la protection de leurs voisins amérindiens.

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Toutefois, le succès de la colonie devait entraîner l'arrivée de nouveaux navires et de nouveaux colons, qui, progressivement, allaient perdre le respect envers les Amérindiens dont avaient fait preuve les passagers du Mayflower. Le traité conclu entre John Carver et Massasoit continua d'être respecté par la colonie de Plymouth jusqu'à la mort du grand chef Wampanoag, mais ce ne fut pas le cas dans les autres colonies qui se multiplièrent par la suite et qui se mirent à exiger de plus en plus de terres aux dépens des autochtones.

Dans son livre, Bradford ne cache ni les moments de tensions entre les colons et les autochtones, ni les douloureux désaccords qui surgirent parmi les colons eux-mêmes. Il offre, comme il le dit lui-même, "un récit fidèle de notre entreprise […] du moins aussi fidèle que mon humble jugement me le permet" (Livre I, chapitre 1). Il ne cherche jamais à s’excuser, ni à excuser les autres, pour les erreurs de jugement, mais relate en toute honnêteté l’histoire des débuts de la colonie. Il dépeint une époque où colons et autochtones vécurent en paix, avant que le Nouveau Monde ne soit conquis et transformé pour ressembler en fin de compte au monde que les passagers du Mayflower avaient laissé derrière eux.

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Traducteur

Sophie Narayan
Sophie est diplômée de l'École de Traduction et d'Interprétation de Genève et de l'Université Columbia. Elle a travaillé comme traductrice et enseignante. Elle se passionne pour les langues, l'histoire, la psychologie et la spiritualité.

Auteur

Joshua J. Mark
Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l'histoire, la philosophie, la littérature et l'écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.

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Style APA

Mark, J. J. (2026, avril 20). Extraits du livre de William Bradford Of Plymouth Plantation. (S. Narayan, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1634/extraits-du-livre-de-william-bradford-of-plymouth/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Extraits du livre de William Bradford Of Plymouth Plantation." Traduit par Sophie Narayan. World History Encyclopedia, avril 20, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1634/extraits-du-livre-de-william-bradford-of-plymouth/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Extraits du livre de William Bradford Of Plymouth Plantation." Traduit par Sophie Narayan. World History Encyclopedia, 20 avril 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1634/extraits-du-livre-de-william-bradford-of-plymouth/.

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