Trière

Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 31 mai 2012
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Disponible dans ces autres langues: anglais, persan
Greek Trireme Model (by Mark Cartwright, CC BY-NC-SA)
Maquette de trière grecque
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

La trière (alias trirème, grec : triērēs) était le terrible navire de guerre de la Méditerranée antique, doté de trois bancs de rames. Rapide, maniable et dotée d'un bélier gainé de bronze sur la proue pour couler un navire ennemi, la trière permit à Athènes de construire son empire maritime et de dominer la mer Égée au Ve siècle avant notre ère.

La plupart des spécialistes attribuent aux Phéniciens l'invention de la trière qui était elle-même une adaptation de la birème antérieure. Selon Thucydide, ce sont les Corinthiens qui furent les premiers à adopter les trières sur le continent grec vers 700 avant J.-C.. Cependant, ce sont les Athéniens, grâce à leur nouvelle richesse provenant des mines d'argent locales qui construisirent une flotte de trières suffisamment importante pour dominer la mer Égée.

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Disposition des rames

La trière était appelée ainsi en raison de la disposition des rameurs en trois lignes sur la longueur de chaque côté du navire. Il n'existe pas de preuves archéologiques concrètes et les spécialistes débattent de la disposition exacte des rameurs. Cependant, un large consensus s'est dégagé des représentations sur les sculptures et les poteries anciennes et des références d'auteurs classiques tels qu'Homère, Thucydide et Apollonios de Rhodes. Jusqu'à 30 rames, chacune avec un seul rameur, parcouraient la longueur du navire sur trois niveaux. Par conséquent, le nombre total de rameurs pouvait se situer entre 170 et 180, ce qui permettait d'atteindre une vitesse de neuf ou dix nœuds par à-coups. Chaque rameur disposait d'un siège fixe (et d'un coussin en cuir ou en laine) et les rameurs étaient disposés de la manière suivante : 31 sur la rangée supérieure (thranoi), 27 au milieu (zygoi) et 27 au niveau le plus bas (thalamoi). Leurs avirons de 4 m de long étaient attachés à un tolet (cheville verticale fixe) à l'aide d'une boucle d'aviron en cuir.

Le nombre total de rameurs pouvait se situer entre 170 et 180, ce qui permettait d'atteindre une vitesse de 9 à 10 nœuds.

Les vestiges archéologiques de hangars à bateaux, notamment au Pirée, indiquent que la longueur maximale du navire devait être d'environ 37 m pour une largeur de 6 m. Ils mesuraient environ 4 m du pont à la quille et pouvaient peser jusqu'à 50 tonnes. Toutefois, ce poids était suffisamment léger pour que les équipages puissent transporter le navire si nécessaire et le mettre facilement à l'eau pendant la nuit.

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Matériaux

Les navires grecs étaient construits en utilisant des bois tendres comme le pin, le sapin et le cyprès pour l'intérieur, et du chêne uniquement pour les coques extérieures. Les rames étaient fabriquées à partir d'un seul jeune sapin et mesuraient environ 4,5 mètres de long. Grâce à l'utilisation de bois plus légers, le navire était très maniable. La reconstruction grandeur nature de l'Olympias, construite dans les années 1980, a démontré qu'une trière pouvait effectuer un virage de 360 degrés en moins de deux longueurs de navire et un virage de 90 degrés en quelques secondes en seulement une longueur de navire. Le navire affichait également des taux d'accélération et de décélération impressionnants.

Lenormant Relief
Relief Lenormant
wikipedia user: Marsyas (CC BY-SA)

L'inconvénient des bois tendres est leur forte absorption d'eau, c'est pourquoi les navires étaient généralement sortis de l'eau la nuit à l'aide de cales, puis logés dans des cabanes de protection. La technique utilisée pour la construction consistait à poser des poutres longitudinales reliées par des goujons le long d'une quille en chêne. Ces poutres étaient ensuite recouvertes de la coque extérieure, une gaine de planches étroitement ajustées (mais ne se chevauchant pas) scellées avec de la poix et de la résine. La coque était rendue plus lisse en ajoutant de la cire à la poix, ce qui augmentait le potentiel de vitesse du navire. Des nervures (zyga) et des arrangements de cordes tendues (hypozomata) étaient ensuite fixés à l'intérieur pour renforcer la structure globale. Enfin, un simple pont plat (sans rails) a été ajouté, avec un espace central courant sur toute la longueur du navire, donnant accès à l'intérieur.

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En plus des rameurs de trières, le navire était équipé d'une voile carrée en papyrus ou en lin (ou parfois deux), utilisée en croisière et démontée et stockée à terre en cas de combat. La direction était assurée par deux avirons de chaque côté de la poupe et contrôlée par un seul timonier (kybernetes). À côté du timonier se tenait le commandant du navire (trierarchos), et tous deux étaient protégés par la structure courbée vers le haut à l'arrière, appelée aphlaston. Les autres membres de l'équipage étaient le maître rameur (keleustes) qui criait les instructions, l'officier de proue (prorates) qui relayait ces instructions plus loin dans le navire, un joueur de flûte (auletes) qui gardait le rythme pour les rameurs jouant de l'aulos, un charpentier (naupegos) et des équipes de pont pour manœuvrer les voiles.

Trireme Cross Section
Coupe transversale de trière
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Les proues étaient souvent décorées pour ressembler à des têtes d'animaux, et une caractéristique commune était la fixation de grands yeux en marbre peints. La coque, elle, était peinte avec de la poix imperméabilisante, donnant l'aspect noir distinctif si souvent mentionné par Homère. Les navires étaient considérés féminins et on leur donnait des noms, par exemple Artémis, Égalité, Cheval de mer et Bonne réputation.

Utilisation militaire

L'arme principale de la trière était le bélier gainé de bronze fixé à la proue, qui était utilisé pour couler les navires ennemis. Ceux-ci prenaient souvent la forme d'animaux, par exemple la tête d'une chèvre. Cependant, le bélier n'aurait que rarement coulé un navire ennemi et une stratégie secondaire importante était l'abordage du navire ennemi. Pour cette raison, l'équipage athénien typique comprenait un complément de dix hoplites et quatre archers.

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Greek Trireme [Artist's Impression]
Trière grecque (impression d'artiste)
The Creative Assembly (Copyright)

En termes d'opérations, le manque d'espace de stockage à bord de ces navires antiques - pour l'eau et la nourriture - et la nécessité d'une mer relativement calme signifiaient que les batailles se déroulaient le plus souvent près de la terre. En outre, les équipages naufragés pouvaient alors être plus facilement secourus.

La plus célèbre utilisation de trières dans la guerre navale, et peut-être la plus grande bataille navale de l'histoire antique, se déroula en 480 avant J.-C. lors de la bataille de Salamine entre la marine grecque de la Ligue hellénique (principalement représentée par Athènes et Corinthe) et la flotte du roi perse Xerxès I. La victoire de la marine grecque non seulement assura l'autonomie de la Grèce, mais permit également à Athènes d'occuper le devant de la scène et de faire de la trière athénienne un spectacle omniprésent dans la mer Égée.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2012, mai 31). Trière [Trireme]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-569/triere/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Trière." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mai 31, 2012. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-569/triere/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Trière." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 31 mai 2012. Web. 29 janv. 2023.

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