Roger Mortimer

Le traître le plus notoire de la cour d'Édouard II
Harrison W. Mark
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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Edward II Forced to Abdicate (by Henry Delahoy Symonds, CC BY-NC-SA)
Édouard II est contraint d'abdiquer Henry Delahoy Symonds (CC BY-NC-SA)

Roger Mortimer, 1er comte de March (1287-1330), était un noble anglais qui destitua le roi Édouard II d'Angleterre (r. de 1307 à 1327) avant de s'imposer en tant que dirigeant de facto du royaume. Bien qu'il eût d'abord été fidèle au roi, Mortimer finit par se désillusionner face au règne d'Édouard et se rebella. Il fut capturé et emprisonné à la Tour de Londres, mais il réussit une évasion audacieuse et s'enfuit à Paris. Là, il conspira avec la reine Isabelle de France – épouse d'Édouard II et maîtresse de Mortimer – pour envahir l'Angleterre, ce qu'ils réussirent à faire à la fin de l'année 1326. Après avoir contraint Édouard II à abdiquer, Mortimer et Isabelle régnèrent brièvement en tant que régents conjoints. Cependant, la corruption et l'impopularité de Mortimer entraînèrent rapidement sa chute. Le nouveau roi, Édouard III d'Angleterre, organisa un coup d'État, et Mortimer fut arrêté et exécuté en 1330.

Jeunesse

Roger Mortimer vit le jour le 25 avril 1287 au château de Wigmore, dans le Herefordshire, en Angleterre. La famille Mortimer était établie à Wigmore depuis 1074, date à laquelle le premier Roger Mortimer s’était vu octroyer ces terres en récompense de ses services rendus au roi Guillaume le Conquérant lors de la conquête normande de l’Angleterre. Pendant des siècles, les Mortimer avaient consolidé leur pouvoir en tant que "seigneurs des Marches" – ainsi nommés en référence aux Marches galloises, les zones frontalières entre le Pays de Galles et l'Angleterre – et étaient chargés de maintenir la paix dans cette région instable. En grandissant, le jeune Mortimer fut élevé dans la maison de son oncle, Roger Mortimer de Chirk, un homme connu loin à la ronde pour sa cruauté envers les Gallois. Pendant un certain temps, il fut également sous la tutelle de Pierre Gaveston, ce chevalier gascon turbulent et prétentieux, favori d’Édouard II, dont l’amitié avec le roi allait semer la discorde et le trouble dans le royaume. Mortimer ne resta pas longtemps sous la tutelle de Gaveston car il réunit rapidement les fonds nécessaires pour racheter son indépendance.

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Édouard II admirait Mortimer pour sa bravoure, son charme et ses talents martiaux.

En 1301, il épousa Jeanne de Geneville, une riche héritière qui lui apporta le château de Ludlow dans le Shropshire ainsi que des terres en Irlande et en Gascogne. Le couple eut finalement douze enfants et, selon l’historienne Alison Weir, s’aimait probablement beaucoup, comme en témoigne le fait que Jeanne accompagnait régulièrement Mortimer dans ses voyages. Après la mort de son père en 1304, Mortimer devint le 8e baron de Wigmore, héritant non seulement du château de Wigmore, mais aussi des autres domaines familiaux dans les Marches galloises. À cette époque, Mortimer attira l'attention du prince Édouard de Caernarfon, futur roi Édouard II, qui l'admirait pour sa bravoure, son charme et ses talents martiaux. À l'automne 1308, un an après son accession au trône, Édouard II envoya Mortimer en Irlande pour y faire respecter son autorité royale. À seulement 21 ans, il semblait que l'étoile de Mortimer était déjà en pleine ascension et qu'il était destiné à la grandeur. Weir le décrit comme:

Grand, au teint mat et à la carrure robuste. C'était l'un des chefs militaires les plus remarquables de l'époque, un homme dur, énergique, décisif et aux talents multiples. Comme la plupart des barons, il était arrogant, cupide et ambitieux, mais c'était aussi un excellent stratège politique et un fidèle serviteur de la Couronne, très respecté par ses pairs. Intelligent, cultivé et lettré… il avait des goûts raffinés, aimait les beaux vêtements, menait une vie quelque peu luxueuse et entreprit d’importants travaux architecturaux pour transformer ses châteaux de Wigmore et de Ludlow en véritables palais. Comme il était d’usage dans sa caste, il aimait également les tournois, prônait du bout des lèvres le code chevaleresque et amassa une collection considérable d’armes.
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La guerre des Despenser

Mortimer resta en Irlande pendant les années qui suivirent, combattant les rebelles et les insurgés, allant jusqu’à repousser une armée écossaise envahissante menée par Édouard Bruce, le frère cadet de Robert Bruce. Mortimer fut nommé lord-lieutenant d’Irlande en 1316, mais revint dans les Marches deux ans plus tard pour aider son oncle Chirk à régler une série de conflits territoriaux sanglants. Avant son retour d’Irlande, Mortimer avait toujours été farouchement loyal envers Édouard II, même si nombre de ses pairs barons s’étaient retournés contre le roi. Au cours des cinq premières années de son règne, Édouard II avait comblé de titres et de faveurs son favori, Pierre Gaveston, au point que les barons en vinrent à croire que Gaveston manipulait le roi et menait l’Angleterre à sa perte. En 1312, les barons, menés par Thomas, comte de Lancastre, se révoltèrent, capturèrent Gaveston et l'exécutèrent. Bien que Mortimer n'ait joué aucun rôle dans la révolte, il allait bientôt avoir des raisons de comprendre la colère des barons lorsqu'un autre favori d'Édouard II commença à empiéter sur ses propres terres.

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Edward II and Gaveston
Édouard II et Gaveston Marcus Stone (Public Domain)

Hugues le Despenser "le Jeune" occupait le poste de chambellan royal depuis 1318 et était le nouveau favori d’Édouard II, comblant le vide laissé dans l’affection du roi par le meurtre de Gaveston. Le roi combla Despenser et son père, Hugues le Despenser "l’Ancien", de récompenses, leur accordant de nouvelles terres et de nouveaux titres, dont la plupart se trouvaient dans les Marches galloises. Ce favoritisme flagrant dérangeait les seigneurs rebelles comme Lancastre, qui craignaient l'émergence d'un second Gaveston, mais il offensa également les seigneurs des Marches, jusque-là loyaux; le roi avait confisqué certaines de leurs terres pour faire place aux Despenser, qui commencèrent alors à faire valoir leur poids politique dans les Marches. Mortimer était particulièrement exaspéré par ces nouveaux venus indésirables et avait plus de raisons que quiconque de les craindre. Plusieurs décennies auparavant, son grand-père avait tué le grand-père des Despenser au combat, et une vendetta existait entre les deux familles depuis lors. En février 1321, les seigneurs des Marches en avaient assez. Ils rencontrèrent Lancastre pour trouver un moyen d’expulser les Despenser des Marches et, de fait, de la faveur du roi.

La méthode qu’ils avaient choisie impliquait le feu et le sang. En mai suivant, Mortimer, Chirk et les autres seigneurs des Marches envahirent les terres des Despenser avec un important contingent d’hommes d’armes, incendiant et pillant tout sur leur passage. Les villes furent incendiées, le bétail massacré, et tout homme qui tentait de leur résister était tué. Mortimer fit porter à ses hommes les armoiries royales sur leurs bannières, signalant ainsi que leur querelle concernait les Despensers, et non la Couronne. Mais pour Édouard II, il n’y avait plus grande différence. Le 29 juillet 1321, Mortimer conduisit ses troupes à Londres, bien décidé à entrer dans la ville et à forcer l'expulsion des Despenser. Mais à son arrivée, il trouva les portes de la ville fermées devant lui: les citoyens, craignant ses intentions, n'étaient pas prêts à le laisser entrer. Sans se décourager, Mortimer ordonna à ses hommes d'encercler la ville, la plaçant de fait en état de siège, jusqu'à ce que Lancastre n'arrive avec sa propre armée le 1er août. Mortimer, Lancastre et les autres barons rebelles – connus sous le nom de Contrariants – exigèrent que le roi exile les Despensers, les accusant notamment d'inciter à la guerre civile et d'usurper l'autorité royale. Ne voyant pas d'autre choix, Édouard II céda et bannit ses favoris. Satisfaits d'avoir atteint leur but, les Contrariants se dispersèrent.

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Emprisonnement et évasion

Édouard II, cependant, n’admettait pas sa défaite mais attendait simplement son heure. Une fois que les rebelles cessèrent d’être une menace immédiate, il passa à l’action. En octobre 1321, il invita les Despensers à revenir d’exil et, à la tête d’une armée royale, assiégea le château de Leeds. Cela alarma de nombreux Contrariants, qui changèrent de camp. Mortimer et son oncle Chirk étaient occupés à réprimer une révolte paysanne dans les Marches lorsqu’ils apprirent la nouvelle; nombre de leurs soldats, épuisés après près d’un an de marche et de combats, désertèrent, les laissant sans défense face à la fureur du roi. Plutôt que de livrer un dernier combat, ils décidèrent de demander grâce et se rendirent à Édouard II à Shrewsbury en janvier 1322, après quoi ils furent tous deux emprisonnés à la Tour de Londres. Lancastre n'allait pas s'en tirer aussi facilement. Deux mois plus tard, il fut vaincu par les forces royalistes lors de la bataille de Boroughbridge. Après la bataille, il fut capturé et exécuté. Des dizaines d'autres Contrariants furent arrêtés et exécutés au cours des mois suivants, leurs corps gonflés se balançant aux potences à travers toute l'Angleterre. Édouard II semblait avoir rapidement écrasé toute résistance baronniale à son règne. Il avait gagné.

Tower of London Medieval Illustration
Illustration médiévale de la Tour de Londres Unknown Artist (Public Domain)

Pendant un an et demi, Mortimer croupit à la Tour de Londres. Il avait initialement été condamné à mort, mais, peut-être en raison de ses services antérieurs à la Couronne, sa peine fut commuée en prison à vie. La Tour regorgeait de prisonniers politiques d’Édouard II, qui étaient impatients d’aider l’un des leurs à s’échapper, afin de reprendre le flambeau de la cause des Contrariants. Ils décidèrent que leur champion serait Mortimer. Dans la nuit du 1er août 1323, le vice-gardien de la Tour, Gérard d’Alspaye, endormit les gardes à l’aide d’un somnifère lors d’un festin. Une fois ceux-ci profondément endormis, il déverrouilla la cellule de Mortimer et le conduisit à travers les cuisines du château jusqu'au mur sud de la Tour. Là, les deux hommes déployèrent une échelle et descendirent prudemment sur un bateau qui les attendait sur la Tamise. Ils ramèrent jusqu'à la rive sud et, de là, se rendirent à cheval jusqu'à la côte. Finalement, Mortimer embarqua sur un navire à destination de la France et parvint à rejoindre Paris.

L'évasion audacieuse de Mortimer de la Tour de Londres provoqua une onde de choc dans toute l'Angleterre et paralysa la cour d'Édouard II. Le roi vivait dans la crainte que Mortimer ne revienne pour se venger, qu'il n'envoie des assassins ou ne rassemble une armée. Si Édouard II avait raison de craindre Mortimer, il n'avait aucune idée que la future complice du traître n'était autre que la femme qui partageait son lit: son épouse, la reine Isabelle de France.

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Invasion et victoire

En mars 1325, la reine Isabelle se rendit à Paris sous prétexte de régler un différend entre son mari et son frère, le roi Charles IV de France. Elle était accompagnée de son fils aîné, le prince Édouard, âgé de 13 ans, qui allait profiter de ce voyage pour rendre hommage au roi de France au nom du duché d'Aquitaine anglais. Mais Isabelle avait une autre idée en tête: elle estimait que le jeune Hugues le Despenser l'avait éclipsée en termes d'influence à la cour d'Angleterre et dans les faveurs de son mari. Elle décida de ne pas retourner en Angleterre tant que "cet intrus ne serait pas écarté" et resta à Paris sous la protection de son frère, ignorant les demandes furieuses d'Édouard II qui exigeait son retour (cité dans Jones, 411).

Isabella of France Arrives in Paris
Isabelle de France arrive à Paris Jean Froissart (Public Domain)

Pendant son séjour à Paris, Isabelle rencontra Mortimer, alors en fuite. Certains historiens pensent qu’ils avaient déjà eu une relation par le passé, qu’ils avaient été amants avant même l’emprisonnement de Mortimer à la Tour. Que ce fût le cas ou non, ils entretenaient assurément une relation amoureuse à Paris. Mais au lieu de se murmurer des mots doux, leurs confidences sur l’oreiller consistaient en des plans et des stratagèmes pour retourner en Angleterre et mettre les Despenser au pas.

En mai 1326, Mortimer et Isabelle vivaient ensemble et apparaissaient en public en tant que couple.

En mai 1326, Mortimer et Isabelle vivaient ensemble et apparaissaient en public en tant que couple. Tout en affichant sa liaison aux yeux du monde, Mortimer s’employait également à se faire des alliés; lui et Isabelle s’assurèrent par exemple le soutien du comte de Hainaut en fiançant le prince Édouard à sa fille Philippa. Avec le soutien du comte de Hainaut, Mortimer et Isabelle rassemblèrent une force d'invasion composée d'exilés anglais ainsi que de mercenaires allemands et néerlandais, soit environ 1 500 hommes au total. Une fois tout prêt, l'armée traversa la Manche à bord de 95 navires et débarqua dans le Suffolk le 24 septembre 1326. Édouard II dînait à la Tour de Londres avec le jeune Despenser lorsqu'il apprit l'invasion. "Hélas, hélas!" s'écria le roi, désespéré. "Nous sommes tous trahis" (cité dans Jones, 413).

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Le fait qu’Isabelle fût parmi les envahisseurs leur conférait une certaine légitimité, et la reine parvint à rallier des soutiens en annonçant que son intention était de "défendre et préserver le royaume" en détruisant "Hugues Despenser, notre ennemi et celui de tout le royaume" (ibid.). Les Londoniens répondirent à son appel. En octobre, ils s’emparèrent de John Marshal, un allié clé des Despenser, et le décapitèrent. L’évêque d’Exeter, ancien trésorier royal, fut également capturé par la foule et décapité à l’aide d’un couteau à pain.

Isabella of France and Her Army
Isabelle de France et son armée British Library (CC BY-NC-SA)

Édouard II et le jeune Despenser s'enfuirent de Londres à la suite des émeutes, suivis de près par Mortimer et Isabelle. Alors qu'ils traversaient l'Angleterre, les rebelles continuèrent à gagner du soutien, de puissants seigneurs se ralliant à leur cause. Le 26 octobre, les rebelles s'emparèrent du château de Bristol, où le vieux Despenser s'était réfugié. Il fut fait prisonnier et exécuté le lendemain: il fut pendu dans son armure avant que son corps sans vie ne soit décroché, décapité, puis découpé en petits morceaux pour nourrir les chiens.

Après avoir pris Bristol, les rebelles se dirigèrent vers Hereford, où ils établirent leur quartier général. Isabelle chargea l’un de ses nouveaux alliés, le nouveau comte de Lancastre, de retrouver et d’arrêter son mari. Le 16 novembre, Lancastre trouva le roi et le jeune Despenser cachés dans les bois près du château gallois de Llantrisant. Édouard II fut ramené à la Tour de Londres, où il fut emprisonné et contraint d'abdiquer en faveur du prince, qui fut couronné roi Édouard III d'Angleterre. Despenser connut un sort bien plus sinistre: il fut pendu, écartelé et démembré devant une foule en liesse. Mortimer et Isabelle avaient pris un risque, qui s'était avéré payant. Trois mois plus tôt, ils étaient des fugitifs cachés sur le continent. À présent, toute l'Angleterre était entre leurs mains.

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Règne et chute

En contrôlant l’accès au jeune roi Édouard III, Mortimer et Isabelle s’étaient imposés comme les véritables pouvoirs derrière le trône. Mortimer passa les premiers mois de son règne à récompenser ses amis et ses partisans, en particulier les seigneurs des Marches, auxquels il rendit leurs terres et leurs privilèges. Pourtant, les amants savaient que leur emprise sur l’Angleterre ne serait jamais assurée tant que l’ancien roi serait en vie. Heureusement pour eux, Édouard II mourut en captivité le 21 septembre 1327, moins d’un an après son abdication. Au début, peu de gens s’en souciaient, croyant à la version officielle selon laquelle il était mort de causes naturelles. Mais au fil du temps, certains commencèrent à attribuer sa mort suspecte à Mortimer. Des rumeurs folles, reprises par le chroniqueur Geoffrey le Baker (alias Walter de Swinbroke) circulaient selon lesquelles les hommes de Mortimer auraient assassiné l’ancien roi en lui enfonçant un tisonnier chauffé au rouge dans l’anus (une histoire qui est presque certainement fausse). Aussi farfelu que puisse paraître le récit de Geoffrey, il ne fallut pas longtemps pour que beaucoup voient la main de Mortimer derrière le meurtre d’Édouard. Ces soupçons s’intensifièrent après que Mortimer se fut autoproclamé comte de March en 1328, un acte qui le fit passer pour cupide et ambitieux.

En effet, aux yeux des comtes et des barons d'Angleterre, la proximité de Mortimer avec le roi le rendait tout aussi dangereux que l'avaient été Gaveston et Despenser. Ce point était mis en évidence lors des tournois, lorsque Mortimer trônait au-dessus du roi et apparaissait au bras de la reine mère. Pire encore, le nouveau comte de March continuait à s'enrichir, lui et ses amis, à un moment où le trésor royal était au bord de la faillite. Bon nombre des comtes qui avaient combattu aux côtés de Mortimer contre les Despenser comprenaient désormais qu'il fallait agir pour l'arrêter. En janvier 1329, Henri, comte de Lancastre, proclama que, sous l'influence des mauvais conseils de Mortimer, le roi avait violé la Magna Carta (Grande Charte) et son serment de couronnement. Pendant un temps, une nouvelle guerre civile sembla se profiler, mais aucun des deux camps n’agit et les tensions s’apaisèrent. Cependant, la menace d’une guerre civile avait rendu Mortimer paranoïaque, et il se mit à voir des ennemis se cacher dans chaque ombre. En mars 1330, après une session du Parlement, Mortimer ordonna soudainement l’arrestation d’Edmond de Kent, le demi-frère d’Édouard II. Kent fut accusé de trahison et exécuté, sa femme et ses enfants emprisonnés.

Edward III Seizing Roger Mortimer
Édouard III capture Roger Mortimer Unknown Artist (CC BY-NC-SA)

L'exécution de Kent, apparemment arbitraire et tyrannique, détruisit le peu de côte d'estime qui restait à Mortimer. Une conspiration prit bientôt racine contre lui, menée par nul autre qu'Édouard III; désormais âgé de 17 ans, le roi était prêt à se débarrasser de l'influence envahissante de Mortimer et à régner de son propre chef. Dans la nuit du 16 octobre 1330, les conspirateurs se rendirent au château de Nottingham, où Mortimer séjournait avec Isabelle. Ils s’y introduisirent par un tunnel souterrain et surprirent Mortimer dans ses appartements. Le comte de March fut fait prisonnier sous le regard horrifié de la reine Isabelle, qui supplia son fils: "Aie pitié du bon Mortimer!" (cité dans Weir, 353). Mais Édouard III n’était pas d’humeur miséricordieuse. Mortimer fut conduit à la Tour de Londres, où il languit pendant plus d’un mois. Accusé de plusieurs crimes, dont celui d’avoir usurpé le pouvoir royal, il fut condamné à mort sans procès et pendu à Tyburn le 29 novembre 1330. Son corps resta suspendu à la potence pendant deux jours entiers avant d’être décroché. Une nouvelle ère s’ouvrait alors que le roi Édouard III prenait les rênes de son royaume.

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Questions & Réponses

Qui était Roger Mortimer?

Roger Mortimer, 1er comte de March, était un noble anglais qui renversa le roi Édouard II avec l'aide de sa maîtresse, la reine Isabelle. Lui et Isabelle régnèrent sur l'Angleterre en tant que régents pendant les trois années qui suivirent.

Pourquoi Roger Mortimer s'est-il retourné contre Édouard II?

Roger Mortimer s'est retourné contre Édouard II en raison de la faveur que le roi accordait à son rival, Hugues le Despenser; lorsque le roi a octroyé à Despenser des terres situées à proximité du domaine de Mortimer, ce dernier et les autres seigneurs des Marches se sont soulevés.

Comment Roger Mortimer est-il mort?

Roger Mortimer fut renversé lors d'un coup d'État mené par le jeune roi Édouard III. Accusé de corruption, il fut exécuté en 1330.

Bibliographie

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Mark, H. W. (2026, mai 04). Roger Mortimer: Le traître le plus notoire de la cour d'Édouard II. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26165/roger-mortimer/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Roger Mortimer: Le traître le plus notoire de la cour d'Édouard II." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, mai 04, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26165/roger-mortimer/.

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Mark, Harrison W.. "Roger Mortimer: Le traître le plus notoire de la cour d'Édouard II." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 04 mai 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26165/roger-mortimer/.

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