Clotaire II

Définition

Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 03 mars 2023
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Disponible dans ces autres langues: anglais
Chlothar II, King of the Franks (by Raymond Monvoisin, Public Domain)
Clotaire II, roi des Francs
Raymond Monvoisin (Public Domain)

Clotaire II fut un roi mérovingien des Francs, qui régna de 584 à 629. Il hérita du trône de Neustrie alors qu'il était encore enfant, après l'assassinat de son père, Chilpéric Ier (r. de 561 à 584). Après une longue et âpre lutte pour le pouvoir contre Brunehaut d'Austrasie (alias Brunehilde) et ses descendants, Clotaire réunit toute la Francie sous son règne en 613.

Les règnes de Clotaire II et de son fils Dagobert Ier (r. de 623 à 639) sont souvent considérés comme l'apogée du pouvoir mérovingien et constituent une période de paix et de prospérité pour les royaumes francs. Cependant, Clotaire paya un prix élevé pour ce succès, car il fut contraint de concéder plus de pouvoir à l'aristocratie et aux maires du palais, une fonction qui était essentiellement le bras droit du roi. En conséquence, Clotaire II et Dagobert Ier seraient les derniers souverains mérovingiens à jouir d'une réelle autorité avant que les maires du palais ne deviennent les véritables détenteurs du trône.

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Querelles familiales

Une grande partie du règne de Clotaire II fut dominée par une querelle qui avait commencé une décennie et demie avant sa naissance. En 567, il y avait trois royaumes mérovingiens en Gaule, chacun dirigé par un fils du puissant roi Clotaire Ier (r. de 511 à 561):

  • Gontran d'Orléans (r. de 561 à 592) régna sur le territoire de la Bourgogne.
  • Sigebert Ier (r. de 561 à 575) régna sur le royaume oriental d'Austrasie.
  • Chilpéric Ier (r. de 561 à 584) régna à Soissons sur le territoire qui serait bientôt connu sous le nom de Neustrie.

Chaque frère était insatiablement ambitieux et rêvait de régner sur un royaume franc uni, à l'instar de leur père, Clotaire Ier, et de leur grand-père, Clovis Ier (r. de 481 à 511).

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L'implication de Frédégonde dans les meurtres de la sœur et du mari de Brunehaut déclenchèrent une rivalité acharnée entre les deux reines.

Pour se surpasser, Sigebert et Chilpéric épousèrent chacun une fille du roi wisigoth Athanagild; Sigebert épousa Brunehaut et Chilpéric prit Galswinthe comme épouse. Mais Chilpéric n'était pas satisfait de sa nouvelle épouse et la fit étrangler dans son sommeil avant d'épouser sa maîtresse, une femme de basse extraction nommée Frédégonde. Le meurtre de Galswinthe créa des frictions entre les frères, entraînant une guerre civile dévastatrice de 572 à 575. À la fin de la guerre, le roi Sigebert, sur le point de remporter la victoire, fut assassiné par des serviteurs engagés par la reine Frédégonde. Le royaume d'Austrasie passa au fils de Sigebert, Childebert II (r. de 575 à 596), âgé de 5 ans, qui régnait désormais sous la protection de son oncle Gontran et de sa mère Brunehaut. L'implication de Frédégonde dans les meurtres de la sœur et du mari de Brunehaut déclencha une âpre rivalité entre les deux reines qui allait dominer les règnes de leurs fils.

Avant 584, Chilpéric avait eu sept fils, qui étaient tous morts, soit par maladie, soit par bataille, soit par meurtre. Son huitième fils, le futur Clotaire II, vit le jour en mai ou juin 584. La tendance de leurs garçons à mourir prématurément poussa Chilpéric et Frédégonde à envoyer leur fils nouveau-né au domaine royal de Vitry-en-Artois, pour qu'il y soit élevé dans un relatif secret. Mais le prince n'était là que depuis quelques mois lorsque, en septembre ou octobre 584, le roi Chilpéric fut assassiné par un inconnu. Sa mort soudaine plongea toute la Francie dans une période de chaos; des soldats austrasiens attaquèrent les terres le long de la frontière neustrienne, un prétendant nommé Gondovald revendiqua la royauté d'Aquitaine, et certaines villes rivales commencèrent à se faire la guerre.

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Death of Chilperic
Mort de Chilpéric
Évariste Vital Luminais (Public Domain)

Pendant ce temps, la reine Frédégonde savait qu'elle devait agir rapidement si elle voulait assurer l'ascension de son fils sur le trône. Tout d'abord, elle s'assura la loyauté des principaux magnats neustriens, qui parcoururent le royaume pour obtenir des serments de loyauté des villes et des villages. Puis, en 585, elle écrivit au roi Gontran, l'oncle du garçon, et lui demanda d'offrir à Clotaire II la même protection que celle qu'il avait accordée à Childebert II. Gontran, qui venait tout juste de réprimer la révolte de Gondovald, hésita au départ; il se méfiait de la sournoise Frédégonde avide de pouvoir et remit ouvertement en question le fait que Clotaire ait été son neveu.

Pour rassurer Gontran, la reine Frédégonde, trois évêques et 300 nobles neustriens prêtèrent tous un serment solennel affirmant que Clotaire II était bien le fils naturel du défunt roi Chilpéric. Cela sembla satisfaire les inquiétudes de Gontran, qui adopta le garçon et organisa son baptême à Paris. Gontran devint ainsi l'homme le plus puissant de Francie, détenant les trois royaumes en fiducie pour ses jeunes neveux. Pour Frédégonde, il s'agissait d'un compromis désagréable mais nécessaire: en se soumettant à Gontran, elle se protégeait, elle et Clotaire, des griffes de Brunehaut.

Lutte pour la survie

Le roi Gontran était âgé, et sa protection ne pouvait durer longtemps. Il mourut en 592, et tout son royaume passa à Childebert II qui avait été désigné héritier de Gontran lors du récent traité d'Andelot. Contrairement à son oncle, Childebert n'avait aucun intérêt à préserver l'indépendance de son jeune cousin; en effet, il n'avait pas oublié le meurtre de son père aux mains de la reine Frédégonde. Encouragé par sa mère Brunehaut, Childebert rassembla une armée à travers son double royaume d'Austrasie-Bourgogne et l'envoya marcher sur Soissons.

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Comme Clotaire II n'avait encore que huit ans, la défense de la Neustrie revint à la reine Frédégonde et à Landri, le maire du palais de Neustrie. En 593, les forces neustriennes, moins nombreuses, attaquèrent les envahisseurs austrasiens à la bataille de Droizy, utilisant l'élément de surprise pour compenser leur désavantage numérique. Aux premières heures du matin, les Neustriens se faufilèrent à distance de marche du camp austrasien, puis se mirent en formation pour la bataille; les cavaliers étaient positionnés derrière l'infanterie qui portait de grandes branches d'arbre pour dissimuler l'armée.

Alors que les Neustriens camouflés avançaient, ils furent repérés par une sentinelle austrasienne qui rapporta à ses supérieurs qu'elle avait vu une forêt en marche vers le camp. L'homme fut traité d'ivrogne, ce qui permit aux Neustriens de prendre les Austrasiens par surprise, d'en massacrer beaucoup et de disperser les autres. Frédégonde serait même montée à cheval, son fils sur ses genoux, pour motiver les troupes. La bataille de Droizy fut le premier exemple d'arbres en mouvement marchant au combat et fut peut-être la source d'inspiration d'un point crucial de l'intrigue de Macbeth de William Shakespeare.

Queen Fredegund and a Young Chlothar II at the Head of an Army
Reine Frédégonde et le jeune Clotaire II à la tête d'une armée
Unknown Artist (Public Domain)

Après leur victoire à Droizy, les Neustriens poursuivirent les Austrasiens jusqu'à Reims, pillant et brûlant le territoire environnant avant de se retirer à Soissons. Avant que Childebert II ne puisse organiser une campagne de représailles, il mourut en 596; comme il n'avait qu'une vingtaine d'années, il fut probablement empoisonné. Clotaire et Frédégonde profitèrent de sa mort pour envoyer une armée occuper Paris et d'autres terres le long de la Seine. Lorsque les deux fils de Childebert, Théodoric II et Theodebert II, (alias Thibert) envoyèrent une armée contre les Neustriens, ils furent vaincus à Laffaux. Pendant un temps, il dut sembler que Clotaire et sa mère étaient invincibles.

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Le 8 décembre 597, la reine Frédégonde mourut de causes naturelles. Clotaire II, qui devait désormais gouverner seul la Neustrie, reprit la cause de sa mère et poursuivit la rivalité avec la reine Brunehaut et ses petits-fils. En 599, Théodoric II de Bourgogne s'allia à son frère Theodebert II d'Austrasie, et tous deux se préparèrent à lancer une nouvelle attaque contre leur cousin Clotaire. Clotaire II était manifestement désavantagé: à eux deux, Théodoric et Theodebert contrôlaient trois fois plus de territoires que Clotaire et disposaient d'un réservoir d'hommes et de ressources bien plus important. Lorsque les frères envahirent enfin la Neustrie en 600, ils battirent Clotaire à la bataille de Dormelles, massacrant les soldats neustriens.

Ils poursuivirent leur victoire en attaquant les villes situées le long de la Seine que Clotaire avait récemment capturées, dévastant les champs et emportant les habitants et le butin. Réalisant qu'il avait été vaincu, Clotaire fait la paix avec ses cousins, leur cédant d'énormes quantités de territoires ce qui ne lui laissa que 12 pagi, ou comtés, entre la Seine, l'Oise et la mer. Le vent avait tourné, et Clotaire était désormais à la merci de Brunehaut et de ses petits-fils.

La guerre civile continue

Clotaire passa quatre ans à attendre son heure, avant de frapper à nouveau en 604. Théodoric II avait envoyé une petite force sous les ordres de son maire du palais, Bertoald, pour inspecter ses nouveaux territoires le long de la Seine. Lorsque Clotaire découvrit l'emplacement de Bertoald, il envoya une armée sous les ordres de son propre maire, Landri, pour s'occuper de lui. Les Neustriens prirent les Bourguignons par surprise et les poursuivirent jusqu'à Orléans, qu'ils assiégèrent en novembre.

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Théodoric rassembla rapidement une autre armée et marcha contre les Neustriens, et les deux camps se firent face à la bataille d'Étampes en décembre 604. Bertoald fut tué alors qu'il était à la tête de l'avant-garde bourguignonne; certains chroniqueurs suggèrent plus tard que sa mort avait été manigancée par Brunehaut en personne, afin d'améliorer sa propre position à la cour de son petit-fils. Mais malgré la perte de Bertoald, les Bourguignons finirent par remporter la bataille et mirent en déroute les Neustriens. Le fils en bas âge de Clotaire, Mérovée, qui accompagnait l'armée, fut capturé puis mis à mort par Brunehaut. Clotaire n'eut d'autre choix que d'accepter une paix avec Théodoric en 605.

King Chlothar II Kills Duke Bertoald in Battle
Le roi Clotaire II tue le duc Bertoald dans la bataille
Bibliothèque nationale de France (Public Domain)

À noter que Théodoric II n'avait pas été aidé par son frère dans cette seconde guerre contre Clotaire. Cela reflétait la profonde hostilité qui couvait entre les deux frères et leurs cours, une dispute centrée sur l'influence dominatrice de la reine Brunehaut. À la cour de Bourgogne, où régnait Théodoric, Brunehaut bénéficiait encore d'un grand soutien de la part des nobles burgondes romanisés. Mais en Austrasie, où la noblesse était principalement de culture franque, elle était confrontée à une beaucoup plus d'hostilité. Theodebert II lui-même détestait devoir se soumettre aux caprices de sa grand-mère et l'évinça de sa cour. Méprisée, Brunehaut se rendit à Orléans, où elle convainquit Théodoric de faire la guerre à Theodebert, allant jusqu'à le persuader que Theodebert n'était pas vraiment son frère mais le fils bâtard d'un jardinier.

En 610, la guerre éclata entre la Bourgogne et l'Austrasie et elle atteignit son apogée en 612 avec les deux grandes batailles de Toul et de Zülpich. Selon la Chronique de Frédégaire, ces batailles furent si destructrices que les hommes mouraient debout car il n'y avait pas de place pour que leurs corps tombent au milieu du carnage. Théodoric, qui remporta les deux batailles, captura son frère et le fit exécuter, avant de consolider sa victoire en brisant la cervelle du fils en bas âge de Theodebert. Théodoric ne vivrait pas assez longtemps pour savourer la gloire de sa victoire, puisqu'en 613, il mourut de dysenterie. Le trône du royaume combiné d'Austrasie-Bourgogne passa donc au fils en bas âge de Théodoric, Sigebert II. Brunehaut devint à nouveau régente et gouverna le royaume au nom de son arrière-petit-fils.

Une vengeance longtemps attendue

À la mort de Brunehaut en 613, Clotaire II devint le souverain d'un royaume franc réunifié.

Le véritable vainqueur de la guerre civile fut Clotaire II. Théodoric lui avait donné une bonne partie de ses terres pour assurer la neutralité de la Neustrie pendant la guerre. Maintenant qu'elle était terminée, Clotaire en ressortit d'autant plus puissant, les seules menaces restantes à son encontre étant un enfant en bas âge et une vieille femme méprisée. À présent, de nombreux nobles austrasiens et bourguignons en avaient assez de Brunehaut. La goutte d'eau qui fit déborder le vase arriva lorsque la reine tenta de consolider son pouvoir en assassinant Warnachaire (ou Garnier), le maire du palais d'Austrasie. Warnachaire survécut et s'associa à d'autres nobles puissants, comme Radon (Rado), maire du palais de Bourgogne, Arnoul de Metz et Pépin de Landen, pour inviter Clotaire à prendre les trônes d'Austrasie et de Bourgogne.

Clotaire accepta et lança une invasion. Brunehaut rassembla une armée pour lui résister, mais ses soldats désertèrent en masse, et Brunehaut fut capturée par ses nobles perfides et livrée enchaînée à Clotaire. Désormais victorieux, Clotaire fit mettre à mort Sigebert II et les autres arrière-petits-enfants de Brunehaut. Clotaire réserva à Brunehaut, ennemie jurée de sa mère, un sort bien plus affreux. Accusée de la mort de non moins de dix princes mérovingiens (la plupart de ces accusations étaient au mieux douteuses), Brunehaut fut torturée pendant trois jours avant d'être attachée aux pattes de chevaux et écartelée. Avec sa mort en 613, le conflit qui avait animé la politique mérovingienne pendant près d'un demi-siècle prit fin, et Clotaire II devint le souverain d'un royaume franc réunifié.

Execution of Brunhilda of Austrasia
Exécution de Brunehaut d'Austrasie
National Library of France (Public Domain)

Conseil de Paris

Après sa victoire en 613, Clotaire II revendiqua le titre convoité de "roi de tous les Francs", titre qui avait été utilisé pour la première fois par Clovis Ier. Pour donner le coup d'envoi de son nouveau règne, il convoqua le concile de Paris en 614, auquel assistèrent un grand nombre de nobles et d'ecclésiastiques de ses trois royaumes; 76 évêques métropolitains et suffragants y participèrent, dont au moins deux évêques venus d'aussi loin que l'Angleterre. L'affluence au concile prouve que, un an à peine après son accession au trône des Francs, Clotaire jouissait d'une autorité et d'une influence considérables.

Clotaire utilisa le conseil pour renforcer sa position. Il rejeta la responsabilité des quatre dernières décennies de conflit entièrement sur Brunehaut et sa progéniture. S'il maintint les édits de son père Chilpéric et de son oncle Gontran, Clotaire annula tous les péages ou politiques adoptés par les fils ou petits-fils de Brunehaut. Clotaire souleva ensuite plusieurs questions pour que les participants en discutent, ce qui aboutit à l'édit de Paris d'octobre 614. Cet édit, considéré par certains historiens comme une Magna Carta mérovingienne, renforçait essentiellement le pouvoir de l'aristocratie dans les trois royaumes francs de Neustrie, d'Austrasie et de Bourgogne. Il affirmait les droits traditionnels de la noblesse et du clergé et encourageait un système de décentralisation dans lequel les autorités locales étaient largement responsables du maintien de la loi et de l'ordre sur leurs propres terres; l'édit stipulait qu'aucun juge ou fonctionnaire local ne pouvait poursuivre un homme d'une autre province.

Chlothar II
Clotaire II
Jean Dassier (Public Domain)

Le pouvoir de l'aristocratie fut encore renforcé en 617 lorsque Clotaire nomma Warnachaire maire à vie du palais de Bourgogne. Même si cette nomination ne devait s'appliquer qu'à Warnachaire en personne, peut-être en guise de récompense pour s'être retourné contre Brunehaut, cette action accrut considérablement le pouvoir et le prestige de la fonction. Un poste qui n'avait été rien de plus que le chef de la maison du roi était maintenant le deuxième poste le plus puissant du royaume franc; quelques années plus tard seulement, il serait le plus puissant. Clotaire maintint en place un maire du palais dans chacun de ses trois royaumes, créant ainsi trois bases de pouvoir distinctes au sein de son royaume. Grâce à l'Édit de Paris et à l'élévation des maires des palais, Clotaire assura sa propre position, mais au détriment de l'autorité de la couronne.

Fin de règne

Clotaire passa une grande partie de son règne à travailler pour lier les différents groupes de nobles de son royaume. Il établit une cour royale permanente à Paris, ce qui le distingue des précédents souverains mérovingiens, dont les cours se déplaçaient généralement avec eux. La cour devint un centre populaire pour les nobles des trois royaumes. Les enfants nobles y étaient envoyés pour être éduqués, et les aristocrates s'y rendaient pour arranger des mariages ou établir des alliances.

Si cela contribua à créer un sentiment de cohésion en familiarisant les aristocrates de chaque royaume les uns avec les autres, le fait d'avoir une cour centrale permit également de renforcer le pouvoir de Clotaire. Il prenait note des élites régionales arrivant à Paris et en choisissait plusieurs pour les rééduquer et les former afin qu'elles soutiennent les politiques souhaitées. Une fois qu'il était certain de leur loyauté, il les renvoyait dans leurs provinces d'origine pour régner en son nom. Clotaire gardait également à la cour un homme dont le rôle était de déceler les conspirations et d'assassiner les menaces potentielles. Grâce à ces méthodes, Clotaire utilisa sa cour pour tenir l'aristocratie en laisse autant qu'il le pouvait en ce qui concernait l'Édit de Paris.

Néanmoins, le nouveau pouvoir de l'aristocratie obligea Clotaire à continuer à lui faire des concessions. En 623, l'aristocratie austrasienne exprima son mécontentement à l'égard de la tenue de la cour de Clotaire en Neustrie; elle estimait que les Neustriens bénéficiaient injustement de leur accès facile à l'oreille du roi et exigea que Clotaire déménage en Austrasie. Bien que Clotaire n'ait aucunement eu l'intention de le faire, il ne pouvait pas risquer de mécontenter les barons austrasiens en ignorant leurs préoccupations. Au lieu de cela, il décida de séparer l'Austrasie du reste de son royaume et d'en faire un sous-domaine semi-autonome dirigé par son fils aîné, Dagobert Ier. Alors que les royaumes mérovingiens étaient généralement divisés lors de la succession, cette partition particulière était nouvelle car elle établit les frontières qui définiraient les royaumes de Neustrie et d'Austrasie.

Battle between King Chlothar II and the Saxons, 623 CE
Bataille entre le roi Clotaire II et les Saxons en 623
Bibliothèque nationale de France (Public Domain)

Clotaire II était connu comme un roi pieux; il tint de nombreux synodes au cours desquels il accorda une autorité accrue à l'église, et il s'occupa du monastère de Luxeuil, qui avait été fondé par Saint Colomban. En 629, Clotaire avait été marié à trois femmes, avec lesquelles il avait engendré deux héritiers: Dagobert I et Charibert II. Si Dagobert était considéré comme un héritier compétent pour poursuivre l'héritage mérovingien, on avait moins confiance dans les capacités de Charibert, qui est décrit dans la Chronique de Frédégaire comme "simple d'esprit".

Clotaire II mourut en octobre 629 à l'âge de 45 ans. Son règne fut l'un des plus longs de tous les rois mérovingiens, juste après celui de son grand-père Clotaire Ier. Son royaume fut divisé entre ses fils, Charibert II obtenant l'Aquitaine et Dagobert le reste. Lorsque Charibert II mourut prématurément en 632, Dagobert régna seul en tant que roi de tous les Francs, devenant ainsi le dernier roi mérovingien à exercer un pouvoir royal substantiel avant que les maires du palais ne commencent à diriger les affaires.

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Questions & Réponses

Qui était Clotaire II ?

Clotaire II est un roi mérovingien des Francs, qui régna de 584 à 629. Après avoir hérité du trône de Neustrie alors qu'il était encore enfant, suite à l'assassinat de son père, Clotaire II s'engagea dans une âpre lutte pour le pouvoir qui le conduisit à devenir le roi de tous les Francs en 613.

Qu'a fait Clotaire II ?

Clotaire II est connu pour avoir vaincu et exécuté la puissante reine Brunehaut d'Austrasie et avoir réunifié les royaumes francs en 613. Il fit passer l'Édit de Paris en 614, donnant ainsi plus de pouvoir à l'aristocratie et aux maires du palais.

Qu'est-ce qui était important dans le règne de Clotaire II ?

Le règne de Clotaire II marqua une période de paix et de prospérité pour les royaumes francs. Il connut également une augmentation du pouvoir de la fonction de maire du palais, une fonction qui allait bientôt éclipser les Mérovingiens en tant que véritable pouvoir derrière le trône.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2023, mars 03). Clotaire II [Chlothar II]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21626/clotaire-ii/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Clotaire II." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mars 03, 2023. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21626/clotaire-ii/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Clotaire II." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 03 mars 2023. Web. 19 avril 2024.

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