Clotaire Ier

Définition

Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 20 février 2023
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Disponible dans ces autres langues: anglais
Chlothar I, King of the Franks (by Jean Louis Bezard, Public Domain)
Clotaire Ier, roi des Francs
Jean Louis Bezard (Public Domain)

Clotaire Ier (dit le Vieux, c. 498-561) était un roi mérovingien des Francs, le deuxième à régner sur un royaume franc unifié après son père, Clovis Ier (c. 466-511). Lorsque Clovis mourut en 511, son royaume fut divisé entre ses quatre fils, mais Clotaire le réunifia en survivant à ses frères et en s'emparant de leurs terres à leur mort.

Clotaire (également connu sous les noms de Chlotochar, Hlothar ou Clothar) incarna l'impitoyable ambition qui caractériserait la dynastie mérovingienne. Il complota contre ses propres frères, assassina deux de ses neveux et exécuta son fils qui s'était rebellé contre lui. Il se lança dans plusieurs campagnes militaires, tantôt aux côtés de ses frères, tantôt contre eux, et contribua à étendre le contrôle franc à l'ensemble de la Gaule.

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Il eut cinq épouses simultanées, dont beaucoup par opportunisme politique, et il engendra sept fils. Clotaire réussit à réunir toutes les terres franques sous sa seule autorité en 558. Cependant, le royaume ne resta unifié que pendant trois ans. À la mort de Clotaire, fin 561, le royaume fut à nouveau divisé entre ses quatre fils survivants. Ainsi, le cycle de violence et de guerre civile dans la France mérovingienne recommença.

Les fils de Clovis

Le 27 novembre 511, le roi Clovis Ier mourut après un règne mouvementé de 30 ans. Grâce à une combinaison de conquêtes, de ruses et d'impitoyables assassinats, il avait uni les tribus franques et étendu son royaume à la majeure partie de la Gaule et à une grande partie du nord de l'Allemagne. À sa mort, son royaume fut partagé entre ses quatre fils: Théodoric, Clodomir, Childebert et Clotaire. Théodoric était le fils aîné de Clovis, né d'une concubine inconnue, tandis que les trois fils cadets, tous mineurs à la mort de leur père, étaient les enfants de l'épouse de Clovis, la reine Clotilde.

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le partage du royaume franc créa un dangereux précédent pour les successions futures.

Historiquement, les historiens ont considéré le partage du royaume de Clovis comme une simple adhésion aux coutumes successorales germaniques. Par opposition à la succession par primogéniture, où le fils aîné hérite de la totalité du patrimoine, cette coutume germanique garantissait que chaque fils recevait une partie de l'héritage. Les sujets francs attendaient donc de Clovis qu'il divise sa propre succession de cette manière. Comme l'explique Susan Wise Bauer, les Francs n'auraient pas apprécié toute autre méthode d'héritage et auraient été outrés de se voir imposer un successeur unique et désigné, surtout si cet héritier devait encore faire ses preuves au combat. Le titre de "roi de tous les Francs" devait se mériter et non pas s'hériter.

Une autre explication de la partition est suggérée par le spécialiste Ian Wood, qui affirme que l'idée avait été mise en œuvre par la reine Clotilde en personne. Dans le cadre d'une succession par primogéniture, Théodoric aurait hérité de tout le royaume de Clovis, laissant ainsi les enfants de Clotilde sur le carreau. En persuadant Clovis d'adhérer à la coutume traditionnelle, Clotilde garantit que chacun de ses fils recevrait une part du gâteau. Dans un cas comme dans l'autre, ce partage du royaume franc créa un dangereux précédent pour les successions futures, partage qui allait assurer la désunion, la fragmentation et la guerre dans les royaumes mérovingiens et conduire à la désintégration de toute la dynastie.

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Sons of Clovis
Fils de Clovis
Unknown Artist (Public Domain)

Pour l'instant, cependant, la division créa quatre bases de pouvoir distinctes en Gaule: Théodoric Ier (r. de 511 à 534) régnait depuis Reims, Clodomir (r. de 511 à 524) hérita d'Orléans, Childebert Ier (r. de 511 à 558) régna depuis Paris, et Clothaire Ier (r. de 511 à 561), le plus jeune, reçut Soissons. La part du territoire revenant à Clotaire comprenait des parties de l'Aquitaine et une grande partie de la Belgique, le cœur des Francs saliens, la tribu dont étaient issus les Mérovingiens. Pendant la décennie qui suivit la mort de Clovis, on ne sait pas grand-chose de ses quatre fils qui étaient probablement occupés à se faire un nom dans leurs nouveaux royaumes respectifs.

La vengeance d'une mère: Les campagnes de Bourgogne

En 523, la reine Clotilde convoqua une réunion de ses fils. "Mes chers enfants", dit-elle, selon Grégoire de Tours, "vous devez certainement ressentir le mal qui m'a été fait. Vous devez faire tout ce qui est en votre pouvoir pour venger la mort de mon père et de ma mère" (166). Clotilde parle du meurtre de Chilpéric II de Bourgogne, son père, qui fut assassiné en 493 avec sa femme. Leurs corps furent jetés dans un puits et leur assassin présumé, Gondebaud, frère de Chilpéric, s'empara de leurs terres et poussa Clotilde et sa sœur à l'exil. Maintenant que ses fils avaient grandi et possédaient des armées, Clotilde les chargea d'envahir la Bourgogne et de se venger. Ses fils acceptèRent et rassemblèrent leurs forces.

Gondebaud était mort en 516, et le pouvoir en Bourgogne était désormais partagé entre ses fils, Sigismond et Godomar. Les fils de Clotilde profitèrent de cette discorde pour lancer leur invasion et battirent une armée bourguignonne commandée par Sigismond en 523. Après la bataille, Sigismond fut capturé avec sa femme et ses enfants. Ils furent amenés devant le roi Clodomir qui les fit tous exécuter, leurs corps jetés sans cérémonie dans un puits dans une tentative macabre de vengeance poétique. Les Francs victorieux mirent alors fin à cette campagne pour la saison.

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The Merovingian Dynasty,  c. 639
Dynastie mérovingienne, c. 639
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

Mais bien que Sigismond ait été éliminé, la Bourgogne restait invaincue, et en 524, les fils de Clotilde revinrent. Cette fois-ci, ils étaient accompagnés de leur demi-frère Théodoric, qui avait probablement été persuadé de les rejoindre par la perspective d'un butin. Les Bourguignons les attendaient et avaient rassemblé une autre armée sous le commandement de Godomar. Le 25 juin 524, les Francs et les Burgondes s'affrontèrent à la bataille de Vézeronce, qui s'avéra une défaite dévastatrice pour les Francs trop confiants. Clodomir lui-même fut tué, la tête coupée et plantée sur une pique. Bien que la défaite ait forcé les Francs à se retirer de la Bourgogne, il ne s'agissait que d'un revers temporaire.

En 532, Clotaire et Childebert unirent leurs forces pour une troisième campagne bourguignonne, jurant de venger la mort de Clodomir en traquant et en tuant Godomar. Les frères assiégèrent Autun et tuèrent Godomar, mais à ce stade, leur guerre de vengeance était devenue une guerre de conquête. En 534, la Bourgogne était entièrement occupée par les Francs. Avec sa capture, la conquête franque de la Gaule était complète. Le territoire fut partagé entre Clotaire et Childebert, Clotaire recevant Grenoble, Die et les terres environnantes.

Meurtre des fils de Clodomir

Immédiatement après la mort de Clodomir en 524, les trois frères survivants se précipitèrent pour se partager ses terres. Clotaire s'empara de Tours et de Poitiers et alla plus loin en épousant Gondioque, la veuve de Clodomir; grâce à ce mariage, Clotaire eut accès au trésor de Clodomir. Mais il y avait un petit problème : Clodomir n'était pas mort sans enfant. Il avait laissé derrière lui trois jeunes fils, Theodebald, Gonthier et Clodoald, qui avaient encore droit aux terres de leur père. Les garçons furent envoyés à Paris pour être élevés par leur grand-mère, la reine Clotilde, qui les adorait.

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Clotaire et Childebert, sentant que leurs positions étaient menacées par les enfants de Clodomir, complotèrent pour s'en débarrasser. En 532, peu avant la campagne finale des Burgondes, les deux frères arrivèrent à Paris, sous prétexte de planifier les couronnements de leurs neveux. Clotilde en fut ravie car elle pensait que le couronnement de ses petits-fils lui permettrait de faire le deuil de Clodomir. Lorsque Clotaire et Childebert firent venir les enfants, Clotilde s'exécuta avec joie. Mais dès que les princes quittèrent la protection de Clotilde, ils furent pris à partie par les hommes de Clotaire ; Theodebald et Gonthier furent capturés, mais Clodoald parvint à s'échapper.

Ensuite, Clotaire et Childebert envoyèrent un homme à la résidence de Clotilde, une paire de ciseaux dans une main et une épée dans l'autre. Selon Grégoire de Tours, il adressa un ultimatum à la reine :

Vos deux fils, qui sont nos maîtres, demandent votre décision, gracieuse reine, sur ce qu'il faut faire des princes. Voulez-vous les voir vivre avec les cheveux coupés court ? Ou préférez-vous qu'ils soient tués ? (181)

Couper les longs cheveux d'un prince mérovingien signifiait nier toutes ses prétentions à la royauté et le priver de son héritage (d'où le surnom de "Rois chevelus" donné aux Mérovingiens). Dans le feu de l'action, Clotilde répondit qu'elle préférait voir ses petits-fils morts plutôt que de les voir privés de leurs droits de naissance. L'homme rapporta sa réponse à Clotaire qui s'empressa de poignarder Theodebald, âgé de dix ans, à travers l'aisselle, le tuant sur le coup.

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Murder of the Sons of Chlodomer
Meurtre des fils de Clodomir
Unknown Artist (Public Domain)

Témoin du meurtre de son frère, Gonthier, 7 ans, s'accrocha aux pieds de Childebert, sanglotant et demandant grâce. Childebert eut pitié de son neveu et demanda à Clotaire s'ils pouvaient épargner sa vie. Clotaire se mit en colère et cria : "Fais-lui lâcher [tes pieds], ou je te tuerai à sa place !". (Gregory, 181). Clotaire arracha le garçon à Childebert et le tua d'un coup dans les côtes. Une fois les princes morts, Clotaire et Childebert firent massacrer leurs tuteurs et leurs assistants avant de quitter Paris à cheval. Clodoald, le troisième fils, réussit à éviter le sort de ses frères. Lorsqu'il apprit leurs meurtres, il se coupa les cheveux, renonça à toutes ses prétentions et mena une vie monastique.

Conquêtes et guerres civiles

Vers 531, le demi-frère de Clotaire, Théodoric, envahit la Thuringe pour se venger d'une insulte que lui avait faite le roi de Thuringe, Hermanfred. Théodoric demanda à Clotaire de l'accompagner dans cette campagne, proposition que Clotaire accepta avec joie. Les frères défirent l'armée d'Hermanfred lors d'une bataille le long de la rivière Unstrut ; là, écrit Grégoire de Tours, les Francs tuèrent tant de Thuringiens que " le lit de la rivière était jonché de leurs cadavres et les Francs les traversaient comme s'ils marchaient sur un pont " (168). Hermanfred parvint à s'échapper, mais les Francs conquirent rapidement son royaume et firent prisonniers plusieurs de ses proches, dont sa nièce, Radegonde.

Théodoric demanda à Hermanfred de le rejoindre à Zülpich pour discuter des conditions et lui offrit un sauf-conduit, mais lorsque le roi de Thuringe arriva, il fut tué "accidentellement" en tombant d'un mur ; Grégoire de Tours fait la remarque sarcastique suivante: "certaines personnes... suggèrent que Théodoric pourrait avoir quelque chose à voir avec cela" (169). Théodoric et Clotaire se disputèrent âprement pour savoir qui aurait droit à Radegonde. Clotaire l'emporta et ramena Radegonde à Soissons, où il l'épousa en secondes noces.

Radegund Is Presented to King Chlothar
Radegonde est présentée au roi Clotaire
Unknown (Public Domain)

Peu de temps après, soit en 533 ou 534, Théodoric mourut et son royaume passa à son fils, Théodebert I. Toujours aussi opportuniste, Clotaire tenta immédiatement d'annexer des parties du royaume de Théoderic, espérant ainsi mettre Théodebert sur la touche. Mais contrairement aux fils de Clodomir, Théodebert était un homme adulte qui avait déjà été mis à l'épreuve au combat et qui avait gagné le soutien des vassaux de son père. Théodebert conclut une alliance avec son oncle Childebert, et tous deux marchèrent contre Clotaire qu'ils vainquirent au combat. Clotaire fut contraint de se retrancher ce qui amena Théodebert et Childebert à tenter de l'assiéger pour le soumettre, mais une violente tempête détruisit leur matériel de siège, les obligeant à rompre le siège et à faire la paix avec Clotaire.

En 555, les quatre royaumes des fils de Clovis étaient devenus deux.

En 537, les Ostrogoths cédèrent le territoire de la Provence aux Francs pour assurer leur neutralité dans une guerre en cours entre les Ostrogoths et l'Empire byzantin. Les trois rois francs se partagèrent le pouvoir en Provence. En 542, Clotaire se joignit à Childebert pour faire campagne contre les Wisigoths en Espagne, prenant Pampelune et Saragosse avant que les Francs ne soient vaincus et contraints d'abandonner leurs conquêtes.

En 548, le roi Théodebert mourut, laissant le royaume de Reims à son fils et héritier, Théobald Ier (alias Thibaut Ier). Théobald régna pendant sept ans avant de mourir en 555 sans enfant. Clotaire saisit l'occasion, marcha sur Metz et épousa la veuve de Théobald, Vuldetrade, afin de légitimer ses prétentions. Ce mariage fut contesté par les évêques de Clotaire, qui le condamnèrent comme impie et incestueux, et Clotaire fut contraint de divorcer de Vuldetrade. Il partagea le royaume de Théobald avec Childebert ; les quatre royaumes des fils de Clovis étaient devenus deux.

Épouses et enfants

Tout comme ses frères, Clotaire était un chrétien nicéen (catholique) en raison de la conversion de leur père Clovis, mais selon la loi salique, les nobles francs étaient autorisés à prendre plusieurs épouses à la fois pour des alliances politiques et pour assurer un nombre suffisant de fils pour la succession. Les épouses de Clotaire, et les fils qu'elles mirent au monde, sont les suivants :

  • Gondioque : mariée en 524, veuve de Clodomir, le frère de Clotaire. Elle n'eut pas d'enfant avec Clotaire.
  • Radegonde : mariée en 532, prise comme butin après la conquête de la Thuringe. Radeguonde était connue pour sa piété et fut plus tard canonisée. Elle n'eut aucun enfant.
  • Ingonde : Troisième épouse de Clotaire, elle eut cinq fils et deux filles, dont Gondovald et Childéric (qui décédèrent avant Clotaire), Caribert Ier de Paris (d. 567), Gontran d'Orléans (c. 532-592), Sigebert Ier d'Austrasie (c. 535-575) et Clothoswinde, reine consort des Lombards (m. c. 568).
  • Arégonde : La quatrième épouse de Clotaire, et la sœur de sa troisième épouse Ingonde. Arégonde donna naissance à un fils, Chilpéric Ier de Neustrie (c. 539-584).
  • Chunsine : Cinquième épouse de Clotaire qui donna naissance à Chramn (m. 560), le fils le plus fastidieux de Clotaire.
  • Vuldetrade : veuve du petit-neveu de Clotaire. Clotaire fut contraint de divorcer d'avec elle par ses évêques.

Clotaire était également connu pour avoir de multiples maîtresses et pour avoir engendré plusieurs enfants illégitimes dans toute la Gaule.

La rébellion de Chramne

La reine Clotilde mourut en 544. Clotaire et Childebert la firent enterrer aux côtés de Clovis dans l'église des Saints-Apôtres à Paris. Sa mort raviva l'étincelle de la rivalité entre les frères, qui continuèrent à chercher des moyens de se nuire mutuellement. En 555, alors que Clotaire était en campagne contre les Saxons le long de la Weser et de l'Elbe, Childebert vit sa chance de frapper. Il s'allia avec le fils ambitieux de Clotaire, Chramne (également appelé Chramn), et ensemble, ils complotèrent la chute de Clotaire.

Grégoire de Tours décrit Chramne comme un homme cruel et dissolu, qui était "extrêmement malavisé dans presque tout ce qu'il faisait" (207). Chramne avait été envoyé par son père pour superviser l'administration des terres qui avaient précédemment appartenu à Théobald. Prenant place à Clermont-Ferrand, Chramne s'était attiré la haine des habitants de la ville en faisant tout ce qui lui plaisait, en enfreignant constamment la loi et en insultant le comte local. Sous l'impulsion de son oncle Childebert, Chramne étendit son influence sur les territoires voisins et commença à agir comme un souverain autonome, indépendant de son père.

Toujours occupé par sa guerre contre les Saxons, Clotaire envoya ses fils Caribert et Gontran pour mettre fin à l'insolente rébellion de Chramne. Les frères marchèrent jusqu'à Limoges, où ils trouvèrent Chramne qui les attendait avec sa propre armée. Alors que les deux camps se préparaient au combat, Chramne envoya un messager à ses frères pour les informer que Clotaire avait été tué dans la bataille contre les Saxons. C'était un mensonge, mais cela suffit pour que Caribert et Gontran fassent demi-tour et fassent marcher leur armée vers la Bourgogne, afin de ne pas être exclus des plans de succession. Le temps qu'ils comprennent qu'ils avaient été trompés, Chramne avait capturé Chalon-sur-Saône par un siège et avait solidifié son pouvoir en épousant la fille du comte d'Orléans. Pendant ce temps, Childebert utilisa la rumeur de la mort de Clotaire comme prétexte pour envahir son royaume, poussant jusqu'à Reims et pillant les terres autour de la ville.

Head of Chlothar I
Buste de Clotaire Ier
René Hourdry (CC BY-SA)

Pendant un certain temps, la double menace de l'invasion de Childebert et de la rébellion de Chramne menaça de détruire tout ce que Clotaire avait mis toute sa vie à construire. Mais ensuite, le 23 décembre 558, Childebert mourut après une longue et violente maladie. Childebert n'avait pas d'enfant, ce qui permit à Clotaire de revendiquer ses terres. Clotaire fit marcher son armée sur Paris, qui se soumit à son autorité, et il s'empara du trésor et des terres de Childebert. Quarante-sept ans après la mort de Clovis Ier, le royaume franc était à nouveau uni, cette fois sous la bannière de Clotaire.

Après avoir absorbé le royaume de Childebert, Clotaire rencontra Chramne dans le cadre d'une trêve, mais les deux hommes ne parvinrent pas à se mettre d'accord. Comprenant qu'il ne pourrait pas vaincre son père au combat, Chramne prit sa femme et ses filles et s'enfuit en Bretagne, où il fut accueilli à la cour de Canao, comte des Bretons. En 559, Chramne mena les Bretons dans des raids sur les territoires de son père, dévastant de nombreux villages. Clotaire n'eut d'autre choix que de riposter. En novembre 560, Clotaire et son fils Chilpéric dirigèrent une force franque contre une armée bretonne dirigée par Chramne et le comte Canao. Après une grande et sanglante bataille, les Bretons furent vaincus, Canao fut tué et Chramne s'enfuit.

Chramne se dirigea vers la côte où des navires l'attendaient pour l'emmener. Grégoire de Tours note qu'il perdit du temps à rassembler sa femme et ses filles, laissant aux hommes de Clotaire le temps de le rattraper et de le capturer, vers décembre 560. Chramne fut immédiatement condamné à mort; il fut ligoté et placé dans une cabane, avec sa femme et ses enfants. Chramne fut étranglé avant que la hutte ne soit incendiée, et sa femme et ses filles furent brûlées vives.

The Death of Chramm
Mort de Chramne
Évariste Vital Luminais (Public Domain)

Mort et succession

Gregory suggère que Clotaire fut rongé par la culpabilité à cause de la méthode avec laquelle il avait tué Chramne. Il se serait apparemment rendu à l'église Saint-Martin de Tours, apportant avec lui de nombreux cadeaux dans l'espoir de se repentir des nombreuses mauvaises actions qu'il avait commises au cours de ses 50 ans de règne. En 561, alors qu'il chassait dans la forêt de Cuise, le roi Clotaire Ier fut pris de fièvre et mourut ; Grégoire affirme qu'il mourut le jour du premier anniversaire de l'exécution de Chramne. Ses fils survivants firent ramener son corps à Soissons où il fut enterré en grande pompe.

Avec la mort de Clotaire, le royaume franc fut à nouveau divisé en quatre, après une réunification de moins de trois ans. Caribert Ier hérita de Paris, Gontran pritOrléans, Chilpéric hérita de Soissons, et Sigibert reçut Reims. Cette nouvelle génération de rois mérovingiens s'accompagna d'une nouvelle série de guerres civiles, d'assassinats et de souffrances pour le peuple de la Gaule franque. Ces luttes intestines constantes et acharnées, illustrées par le règne de Clotaire et celui de ses fils, finiraient par conduire à la fin de la dynastie mérovingienne.

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Questions & Réponses

Qui était le roi Clotaire Ier ?

Clotaire Ier (dit le Vieux) fut un roi mérovingien qui régna de 511 à 561. Fils cadet du roi Clovis Ier, Clotaire régna d'abord depuis Soissons, mais construisit peu à peu son territoire par des conquêtes militaires et par la mort de ses frères. En 558, Clotaire régnait sur un royaume franc unifié.

Qu'a fait Clotaire Ier ?

Le roi Clotaire Ier fut le deuxième roi mérovingien à unifier les Francs après son père, Clovis Ier. Clotaire fut impitoyable dans la consolidation de son règne, assassinant deux de ses neveux et exécutant son fils Chramne.

Qui étaient les fils de Clotaire Ier ?

Les fils de Clotaire Ier étaient Caribert Ier, Gontran d'Orléans, Chilpéric Ier de Neustrie, Sigebert d'Austrasie et Chramne.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2023, février 20). Clotaire Ier [Chlothar I]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21585/clotaire-ier/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Clotaire Ier." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le février 20, 2023. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21585/clotaire-ier/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Clotaire Ier." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 20 févr. 2023. Web. 19 avril 2024.

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