Edward Gibbon

Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 18 décembre 2023
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Disponible dans ces autres langues: anglais, chinois
Edward Gibbon by Reynolds (by Joshua Reynolds, Public Domain)
Edward Gibbon par Reynolds
Joshua Reynolds (Public Domain)

Edward Gibbon (1737-1794) était un historien anglais surtout connu pour son ouvrage influent, l'Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, dont le premier volume fut publié en 1776 et le sixième en 1788. L'histoire de Gibbon fut un best-seller, dans ce livre il attribue le déclin de Rome à sa christianisation croissante et à son abandon des valeurs civiques traditionnelles. Aujourd'hui, la plupart des historiens remettent en question les omissions, les inexactitudes et les préjugés de Gibbon, mais l'ouvrage reste important pour les études romaines. En outre, Gibbon créa une tendance durable à considérer l'histoire à la lumière de son impact sur le présent.

Jeunesse

Edward Gibbon vit le jour le 27 avril 1737 à Putney, dans le comté anglais du Surrey. Son père appartenait à la noblesse terrienne, mais ses relations avec son fils, seul survivant de ses sept enfants, étaient difficiles. La mère d'Edward mourut alors qu'il n'avait que neuf ans. Enfant chétif, Edward était souvent trop malade pour aller à l'école, mais il devint un lecteur passionné, s'instruisant lui-même et acquérant une indépendance érudite qui le suivrait tout au long de sa vie. Élevé dans le protestantisme, Edward se convertit au catholicisme alors qu'il étudiait au Magdalen College d'Oxford. Son père, consterné par la tournure des événements, envoya son fils en Suisse pour y être éduqué à Lausanne, où il résida avec le révérend calviniste Daniel Pavillard. La stratégie fonctionna puisqu'Édouard se reconvertit au protestantisme et apprit beaucoup sur la littérature française.

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C'est en Suisse qu'il rencontra la fille d'un pasteur, Suzanne Curchod (1739-1794), dont il tomba amoureux. Le père d'Édouard n'approuvant pas cette union, il n'en résulta que des regrets. Curchod épousa ensuite Jacques Necker (1732-1804), le célèbre banquier suisse et ministre des finances de Louis XVI de France (r. de 1774 à 1792).

Gibbon se rendit à Rome en 1764 dans le cadre de son Grand Tour de trois ans.

En 1758, Gibbon était de retour en Angleterre, où il travailla à son premier ouvrage publié, Essai sur l'étude de la littérature. Cet essai, qui ne fut publié qu'en 1761, fait valoir la grande utilité de l'étude de l'antiquité et des auteurs classiques. L'ouvrage montre le style d'écriture que Gibbon avait acquis lors de son séjour sur le continent. Il expliqua un jour pourquoi il écrivait en français: "parce que je pense en français et, aussi étrange que cela puisse paraître, je peux dire, avec une certaine honte mais sans affectation, qu'il me serait difficile de composer dans ma langue maternelle" (Hampson, 56).

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Edward Gibbon
Edward Gibbon
Henry Walton (Public Domain)

En 1759, il se retrouva capitaine dans la milice du Hampshire pour défendre l'Angleterre pendant la guerre de Sept Ans, poste qu'il occupa jusqu'à la fin de ce conflit européen en 1763. Il visite alors la France et rencontre des philosophes de renom tels que Denis Diderot (1713-1784).

Histoire romaine

Gibbon se rendit à Rome en 1764 dans le cadre d'un grand voyage de trois ans qui l'amena à visiter l'Italie, la France et la Suisse. Selon ses propres dires, il aurait été inspiré pour écrire une histoire de Rome après avoir vu un groupe de frères faire leurs prières du soir à l'intérieur des ruines du temple de Jupiter. En fait, Gibbon s'était d'abord attaqué à une histoire de la Suisse, plus facile à réaliser, mais il avait abandonné ce projet avant de l'achever. Il fit alors le chemin inverse et se lança dans un travail beaucoup plus spécifique, ses Observations critiques sur le sixième livre de l'Énéide, publiées en 1770. Mais c'est l'Empire romain qui continuait de marquer son imagination d'historien, et c'est ainsi qu'il commença son opus magnum.

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Dans son Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain, Gibbon entreprit d'examiner l'histoire de l'Empire romain, en commençant par le début du IIe siècle de notre ère et, malgré son titre, en allant bien au-delà de la chute de l'Empire romain d'Occident à la fin du Ve siècle. Gibbon offre au lecteur un vaste panorama du monde romain, y compris ce que l'on a appelé l'Empire byzantin (alias l'Empire romain d'Orient) et de grandes parties de l'Asie d'ailleurs. L'ouvrage de Gibbon s'achève sur l'année cataclysmique de 1453: la chute de Constantinople. Gibbon écrit avec beaucoup de style, balayant l'ancien monde méditerranéen, la période médiévale et s'étendant à travers les empires, les continents et les religions, tout en recherchant l'interdépendance des événements qui ont façonné l'histoire de l'Europe.

The Fall of the Western Roman Empire, c. 480 CE
La chute de l'Empire romain d'Occident, vers 480 de notre ère
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

L'un des thèmes récurrents de l'ouvrage est le choc entre l'ancienne religion païenne des Romains et le défi que représente pour elle la montée du christianisme. C'est ici que Le déclin et la chute trouve sa place en tant que texte important du siècle des Lumières. Les penseurs des Lumières cherchèrent à remettre en question la domination du christianisme sur des modes de pensée plus anciens. L'historien H. Chisick résume ce point comme suit:

Dans un sens, le Déclin et la Chute était une complainte sur la perte du monde ordonné, rationnel, tolérant et humaniste de la responsabilité civique et du républicanisme classique, et son remplacement par la culture mystique, extérieure et impénétrable du christianisme... Et comme beaucoup d'œuvres d'érudition historique, le Déclin et la Chute a autant à nous dire sur la période dans laquelle il a été écrit que sur l'époque qu'il traite". (136).

Gibbon fut grandement aidé dans son travail par l'héritage de fonds suffisants provenant de la succession de son défunt père en 1772, ce qui lui permit de travailler à plein temps sur sa grande aventure littéraire. Gibbon s'était fixé une tâche herculéenne, comme en témoigne le choix de cette citation de l'auteur romain Tite-Live (59 av. J.-C. à 17 ap. J.-C.) - qui écrivit lui-aussi une histoire de Rome - que Gibbon imprima sur la page de titre de son livre achevé:

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Je vois que je suis comme les gens qui sont tentés par l'eau peu profonde le long de la plage de s'avancer vers la mer; plus j'avance, plus la profondeur augmente, comme s'il s'agissait d'une mer sans fond, dans laquelle je suis emporté. J'imaginais qu'à mesure que j'accomplissais une partie après l'autre, la tâche qui m'attendait diminuerait; or, elle devient presque plus grande.

(Robertson, 583)

Decline & Fall of the Roman Empire Title Page
Page de titre du déclin et de la chute de l'Empire romain
Unknown Photographer (Public Domain)

Il est certain qu'il accumula un nombre impressionnant de sources; Gibbon possédait plus de 6 000 livres dans sa bibliothèque de recherche. Le style divertissant de Gibbon est très attrayant, même si l'exactitude historique est parfois compromise. Dans ce passage, par exemple, il fustige l'empereur Gallien (r. de 253 à 268):

Dans tous les arts qu'il a tentés, son génie vif était dépourvu de jugement, il a tenté tous les arts, sauf ceux, importants, de la guerre et du gouvernement. Il maîtrisait plusieurs sciences curieuses mais inutiles, était un orateur habile, un poète élégant, un jardinier habile, un excellent cuisinier et un prince des plus méprisables.

(Bagnall, 2833)

L'ouvrage Le déclin et la chute de l'empire romain, une fois achevé, se composait de six volumes. Gibbon avait accumulé quelque 1,5 million de mots sur son sujet. Le premier volume fut publié en février 1776 et couvre Rome d'Antonin le Pieux (r. de 138 à 161 de notre ère) à Constantin Ier (r. de 306 à 337 de notre ère). Les deux volumes suivants parurent en 1781 et poursuivirent l'histoire jusqu'au règne de Romulus Augustulus, qui s'acheva en 476, date traditionnelle de la fin de l'Empire romain d'Occident. Les trois derniers volumes parurent en 1788 et racontent l'histoire de l'Empire romain d'Orient, qui se termine par la prise de Constantinople par l'Empire ottoman. Malgré la place nécessaire sur des étagères, l'histoire devint rapidement un best-seller et fut traduite dans de nombreuses langues. L'historien R. Robertson la décrit comme "la plus grande œuvre historique des Lumières" (xx), tandis que H. Chisick décrit le livre de Gibbon comme "probablement la plus grande histoire en anglais" (135).

Réactions et critiques

À l'époque de la publication de l'ouvrage, de nombreux théologiens s'opposèrent vivement à la couverture irrévérencieuse du christianisme primitif par Gibbon, qui est souvent émaillée de commentaires lapidaires et ironiques dans les abondantes notes de bas de page. Gibbon avait cependant ses partisans, notamment le philosophe et historien écossais David Hume (1711-1776), qui avait également écrit un best-seller, son Histoire de l'Angleterre, publiée entre 1754 et 1762. Gibbon défendit son travail dans Vindication, publié en 1779.

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The Byzantine Empire, c.520 - 1204
L'Empire byzantin, vers 520 - 1204
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

Des critiques plus modernes soulignent que l'ouvrage a mal vieilli par endroits, ce qui n'est pas surprenant compte tenu de l'évolution de l'étude de l'histoire depuis le XVIIIe siècle et de l'élargissement constant de nos connaissances grâce à des domaines spécialisés tels que l'archéologie, la philologie et la numismatique, ainsi qu'aux études byzantines et islamiques florissantes, pour n'en citer que quelques-uns. Certains ne sont pas d'accord avec le fait que Gibbon considère l'Empire romain comme un empire unique et cohérent. Il est critiqué pour sa vision optimiste de la Rome du IIe siècle, considérée comme un "âge d'or", et pour sa vision trop négative du Moyen Âge où, selon Gibbon, "la voix tranquille de la loi et de la raison était rarement entendue ou respectée" (Robertson, 587).

L'idée même d'une "chute" a été contestée, notamment parce que la moitié orientale de l'Empire romain se maintint pendant un autre millénaire.

D'autres critiques encore soulignent la dépendance de l'auteur à l'égard des sources latines et sa négligence à l'égard des sources byzantines et arabes. La conclusion de Gibbon selon laquelle "le déclin de Rome était l'effet naturel et inévitable d'une grandeur démesurée... L'histoire de sa ruine est simple et évidente" (Bagnall, 2914) a été critiquée comme étant une vision trop simpliste. La montée du christianisme, le déclin des valeurs civiques romaines, l'augmentation du luxe, la dépendance excessive à l'égard des armées de mercenaires et les restrictions de la liberté intellectuelle constituent une concoction assez impressionnante, mais ne couvrent encore que certaines parties d'un cycle complexe et graduel d'événements interdépendants qui aboutirent à la "chute" de Rome. Les historiens ultérieurs ont cherché des causes externes, telles que les invasions des peuples germaniques, en plus des faiblesses de Rome elle-même.

L'idée même d'une "chute" a été contestée, notamment parce que la moitié orientale de l'Empire romain survécut à la moitié occidentale pendant un millénaire. Certains ont également affirmé que, loin d'être en déclin, l'Empire romain "s'est transformé en une époque dynamique de nouvelles idées stimulantes et de nouvelles structures sociales, religieuses et politiques" (Bagnall, 1951).

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Il est également reproché à Gibbon de juger l'histoire plutôt que de simplement la rapporter, ce qui entraînerait une partialité dans la rédaction. Gibbon suggère que le remplacement du monde romain par un monde chrétien était un pas en arrière pour l'humanité, une régression qui ne fut corrigée qu'avec le mouvement des Lumières qui soulignait que la société humaine devait aspirer au progrès et à un monde plus juste basé sur de nouveaux principes établis par la science et la philosophie, et non par la religion.

The Emperors of Rome, 27 BCE - 285 CE
Les empereurs de Rome, 27 avant notre ère - 285 CE
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

En résumé, le Déclin et la Chute, en raison de ses parti pris, de ses omissions et de ses inexactitudes, est aujourd'hui considéré comme un morceau d'histoire plutôt pittoresque. Néanmoins, l'intention initiale de Gibbon pour son œuvre reste admirable, à savoir examiner comment et pourquoi un empire aussi important dans l'histoire du monde a existé pendant si longtemps. Ce type d'analyse de l'histoire était très différent des livres d'histoire habituels, qui n'étaient souvent qu'une collection d'histoires amusantes et très douteuses sur les dirigeants (bien que Gibbon soit parfois coupable de cela lui-même lorsqu'il traite des empereurs byzantins) ou qui se concentraient trop sur les affaires militaires à l'exclusion de tout le reste. Un autre aspect de l'œuvre de Gibbon, qui inspira de nombreux historiens par la suite, est l'examen de l'histoire avec l'intention délibérée d'évaluer la manière dont cette histoire affecte notre monde actuel.

Mort et héritage

Gibbon vécut à Londres à partir du début des années 1770. En 1778, il s'installa chez le comte de Sheffield. Gibbon fut député de Liskeard en Cornouailles (bien qu'il semble n'avoir jamais visité l'endroit) et occupa des fonctions mineures dans le gouvernement de Lord North (Premier ministre de 1770 à 1782). Croyant en "l'égalité naturelle de l'homme" (Hampson, 153), il était favorable à l'abolition de la traite des esclaves. Gibbon retourna à Lausanne en 1783.

Gibbon souffrit de problèmes de santé et d'obésité dans ses dernières années; il mourut à Londres le 16 janvier 1794 après un voyage difficile depuis la France. Sa dépouille fut inhumée dans le mausolée familial du comte de Sheffield, rattaché à la petite église du village de Fletching, dans le Sussex. Les autobiographies de Gibbon, qui couvrent plusieurs volumes, furent publiées à titre posthume en un seul volume, Memoirs of My Life (Mémoires de ma vie).

L'ouvrage de Gibbon, Le déclin et la chute de l'empire romain, a continué d'exercer une grande influence longtemps après sa mort. La présentation par Gibbon d'une grande civilisation qui avait décliné et s'était effondrée rappela aux penseurs des Lumières que leur propre société était tout aussi vulnérable à une telle catastrophe, ce qui les incita à continuer à débattre et à trouver de nouvelles approches de la politique, de la citoyenneté et de la moralité afin de s'assurer que la société ne dégénère pas, mais s'améliore avec chaque génération.

À plus long terme, l'idée de considérer la fin de l'Antiquité sous l'angle plutôt négatif du "déclin" fut reprise par de nombreux historiens jusque dans la seconde moitié du XXe siècle. Gibbon exerça également une influence (certains diraient qu'il en était responsable) sur l'importance accordée par les historiens à l'Empire romain d'Occident et sur la négligence relative de l'Empire byzantin. Même la présentation négative que Gibbon fit de certains empereurs comme Gallien laissa une image durable et souvent incorrecte, qui a persisté jusqu'à une époque relativement récente. D'un autre côté, l'histoire de Gibbon fut une telle source d'inspiration pour les historiens et les lecteurs que l'on pourrait dire que c'est uniquement grâce à son travail que de telles révisions et améliorations de notre connaissance de la Rome antique sont devenues possibles. Il convient également de noter qu'au XXIe siècle, plusieurs historiens ont, à leur tour, commencé à remettre en question la vision plus positive des dernières années de Rome et sont revenus à l'approche négative, bien que désormais beaucoup plus nuancée, que Gibbon avait proposée en premier lieu.

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Questions & Réponses

Pour quoi Edward Gibbon est-il célèbre ?

Edward Gibbon était un historien anglais célèbre pour son Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain. Il présente cette chute comme étant due à la montée du christianisme et à l'abandon des valeurs civiques et des libertés romaines traditionnelles.

Quelle est la théorie de Gibbon concernant la chute de l'Empire romain ?

La théorie d'Edward Gibbon qui explique la chute de l'Empire romain est la montée du christianisme et le déclin correspondant des valeurs et des libertés romaines traditionnelles. Il pensait également que les Romains étaient devenus trop souples sur le plan militaire et trop dépendants des armées de mercenaires. Selon les historiens modernes, il ne s'agit là que d'une partie de l'ensemble des raisons qui expliquent la fin de l'Empire romain d'Occident au Ve siècle.

Pourquoi l'ouvrage de Gibbon intitulé Le déclin et la chute de l'Empire romain était-il important ?

Le Déclin et la chute de l'Empire romain de Gibbon fut important parce qu'il suscita l'intérêt pour l'histoire ancienne et était considéré par les penseurs éclairés comme un exemple de la manière dont la religion institutionnalisée pouvait étouffer une société, un sujet qui les préoccupait au cours de leur propre vie.

Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2023, décembre 18). Edward Gibbon [Edward Gibbon]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21522/edward-gibbon/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Edward Gibbon." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le décembre 18, 2023. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21522/edward-gibbon/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Edward Gibbon." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 18 déc. 2023. Web. 12 avril 2024.

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