Gustave II Adolphe

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 10 août 2022
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Disponible dans ces autres langues: anglais
Gustavus Adolphus at Breitenfeld, 1631 (by Johann Jakob Walther, Public Domain)
Gustave Adolphe à Breitenfeld, 1631
Johann Jakob Walther (Public Domain)

Gustave Adolphe (1594-1632 ; r. de 1611 à 1632) fut le roi de Suède qui éleva son pays au rang de grande puissance au XVIIe siècle. Il est aussi traditionnellement reconnu comme le "père de la guerre moderne" pour ses innovations militaires et ses tactiques furent étudiées depuis par des généraux comme Napoléon Bonaparte et George S. Patton.

Lorsqu'il accéda au trône à l'âge de 16 ans, la Suède était un pays pauvre engagé dans trois guerres qu'il semblait incapable de gagner. Guidé par son conseiller et ami Axel Oxenstierna (1583-1654), Gustave Adolphe renversa la situation de la Suède en réformant le gouvernement et en révolutionnant l'armée, notamment par la création d'une armée professionnelle permanente et l'établissement d'une marine. Fervent protestant, il entra dans la guerre de Trente Ans (1618-1648) contre les forces impériales catholiques en 1630, menant ses armées à la victoire jusqu'à ce qu'il ne soit tué à la bataille de Lützen en 1632.

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De son vivant, il était connu sous son nom de naissance, Gustave II Adolphe, mais deux ans après sa mort, ce nom fut latinisé en Gustavus Adolphus Magnus - Gustave Adolphe le Grand - et c'est ainsi qu'il est connu depuis. Bien qu'issu de la noblesse et éduqué à la cour, il était célèbre pour sa capacité à communiquer cordialement avec les membres de toutes les classes sociales, une caractéristique qui influença sa création d'une armée à formation polyvalente dans laquelle chaque unité avait la même valeur et où chacune pouvait accomplir les tâches de n'importe quelle autre.

Ses tactiques furent étudiées et appliquées, parfois par ses adversaires, de son vivant et par d'autres grands généraux depuis sa mort jusqu'à nos jours. L'Académie militaire de West Point aux États-Unis inclut l'étude de ses tactiques dans ses programmes, et il apparaît également dans les cours sur la guerre dans d'autres pays du monde aujourd'hui.

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Enfance et royauté

Adolphe, né Gustave II Adolphe le 9 décembre 1594, était le fils du duc Charles de la Maison de Vasa (futur Charles IX de Suède, r. de 1604 à 1611) et de sa seconde épouse Christina de Holstein-Gottorp (1573-1625). Le couple s'était marié en 1592 et Adolphe était l'aîné de quatre enfants. Le premier mariage de Charles, avec la cousine germaine de Christina, Maria de Palatinat-Simmern, avait donné naissance à six enfants mais un seul (Katharina de Suède) survécut jusqu'à l'âge adulte. On dit de Charles qu'il avait mauvais caractère, mais ses deux épouses le contrôlaient, une caractéristique dont son fils aurait hérité.

Gustavus Adolphus, King of Sweden 1611-1632
Gustave Adolphe, roi de Suède, 1611-1632
Jacob Hoefnagel (Public Domain)

Charles était un fervent luthérien et, alors qu'il était encore duc, il fit adopter un programme visant à faire de la Suède un pays luthérien afin de préserver le trône de son neveu catholique Sigismond III Vasa (1566-1632) dont le père, Johan Vasa, était roi de Suède jusqu'à sa mort en 1592. Sigismond III était alors roi de Pologne (de 1587 à 1632) et lorsqu'il revint réclamer la couronne suédoise en 1598, Charles mobilisa les forces du pays dans une croisade religieuse contre ce qu'il qualifiait d'agression catholique et repoussa Sigismond en Pologne. Charles fut alors déclaré Charles IX, roi de Suède et, outre la guerre qu'il déclencha contre la Pologne, il parvint à en déclencher deux autres : l'une contre le Danemark et l'autre contre la Russie.

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L'innovation la plus célèbre d'Adolphe fut l'utilisation inédite de l'artillerie.

Charles IX fit instruire son fils aîné par les meilleurs esprits de la cour selon un programme humaniste-luthérien. Gustave Adolphe parlait couramment le latin et le grec, ainsi que le néerlandais et le français, tout en apprenant l'allemand de sa mère et, bien sûr, il parlait suédois. Il reçut également des cours sur les affaires d'État et les arts martiaux, devint un cavalier expert à un jeune âge et prononça son premier discours officiel à la cour à l'âge de 15 ans.

En octobre 1611, Charles IX mourut et Gustave Adolphe, à peine âgé de 17 ans, était trop jeune pour régner, l'âge de la maturité pour la royauté en Suède étant de 21 ans. Le noble Axel Oxenstierna, qui n'avait que 28 ans à l'époque mais était déjà une voix influente, rédigea la Charte d'adhésion qui permettrait à Adolphe de gouverner conjointement avec les représentants des quatre états du pays - nobles, clergé, bourgeois et propriétaires libres - et, cette charte étant approuvée, Adolphe devint roi, bien que son couronnement ait dû attendre son 21e anniversaire.

Oxenstierna et les réformes

Oxenstierna guida le jeune roi, ce qui, comme le note l'expert Peter H. Wilson, ne fut pas toujours facile :

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[Gustave Adolphe] était sujet à de violents accès de colère qui, même s'ils restaient généralement verbaux plutôt que physiques, étaient vite regrettés. Malgré ses efforts pour maîtriser ses émotions, il restait acerbe et péremptoire, mais son enthousiasme débordant pouvait être contagieux. Bien qu'il aimât peser les options et écouter les conseils, son tempérament emporté l'incitait souvent à changer brusquement de direction. S'il planifiait méthodiquement, il restait avant tout un homme d'action qui formait personnellement des soldats, testait de nouveaux canons et faisait naviguer des navires de guerre. (182)

Gustavus Adolphus Leading a Cavalry Charge
Gustave Adolphe menant la charge de la cavalerie
 Jan Martszen de Jonge (Public Domain)

Oxenstierna apporta la stabilité et les conseils qui permirent à Gustave Adolphe d'entreprendre la réforme du gouvernement et de l'armée. Il rationalisa la bureaucratie des bureaux gouvernementaux, créant des départements spécifiques pour gérer les affaires de l'État, comme l'amirauté, l'armée, la chancellerie, le système judiciaire et le trésor. En réformant l'armée, il dissolut l'administration laïque qui appelait les soldats en cas de besoin et imposa aux églises locales de tenir des registres de conscription pour tous les hommes valides âgés de 18 à 40 ans. On n'était plus appelé par une agence gouvernementale à servir dans les forces armées mais par son église et son prêtre local, associant ainsi le service militaire à la dévotion religieuse. Il mit également l'accent sur la formation polyvalente des soldats afin que chacun puisse remplir les fonctions de n'importe quel autre, ce qui permit de constituer une force de combat très efficace.

Wilson note que les louanges accordées à Gustave Adolphe pour ces réformes sont similaires à celles accordées à d'autres grands leaders tels que Frédéric le Grand et peuvent être exagérées (187) mais, même si c'est le cas, il est clair que Gustave Adolphe améliora l'armée suédoise de façon radicale par rapport à son état antérieur sous son père. La conscription nationale liée aux églises, les officiers formés professionnellement et les nouvelles tactiques transformèrent l'armée suédoise en l'une des forces de combat les plus efficaces de son temps. Ses tactiques avaient été inspirées par Maurice d'Orange (également connu sous le nom de Maurice de Nassau, 1567-1625) qui avait succédé à son père, Guillaume le Taciturne, en tant que chef protestant lors de la guerre de Quatre-vingts ans (1568-1648).

Sigismond III de POLOGNE revendiquait toujours son statut de roi légitime de Suède, mais Gustave Adolphe rejeta sa demande.

Maurice avait entraîné ses soldats à la tactique des volées continues dans laquelle une rangée d'infanterie tirait, se divisait de chaque côté et marchait vers l'arrière (la contremarche) tout en rechargeant, tandis que la deuxième rangée tirait et faisait de même. En disposant son infanterie en formations compactes, au moment où la dernière rangée avait avancé et tiré, la première rangée était prête à se remettre en place et à poursuivre la volée. Il est également possible qu'Adolphe se soit inspiré des tactiques du général tchèque Jan Žižka (c. 1360-1424) qui avait développé le concept de fortin à chariots pendant les guerres hussites (1419-c. 1434), permettant de passer rapidement d'une position offensive à une position défensive et vice-versa.

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C'est l'innovation la plus célèbre de Gustave Adolphe: l'utilisation novatrice de l'artillerie qui fonctionnait sur le même principe que les chariots de guerre de Žižka en fournissant à une armée un armement mobile défensif-offensif. Gustave Adolphe conserva les canons lourds du passé, qui restaient stationnaires sur le terrain, mais eut aussi, dans un premier temps, des canons en cuir (constitués d'un cylindre métallique enroulé dans une corde et enveloppé dans du cuir, ce qui s'est avéré inapplicable), puis des canons en cuivre plus légers qui pouvaient être tirés rapidement par quelques hommes ou un cheval vers de nouvelles positions selon les besoins.

Mariage et guerres

Toutes ces réformes ne furent cependant pas mises en œuvre au cours de ses premières années, car il devait gouverner l'État et, conformément à la tradition, trouver une femme parmi la noblesse européenne afin de l'épouser. Comme Gustave Adolphe était luthérien (bien qu'il semble parfois avoir laissé croire qu'il était calviniste), il ne pouvait que choisir parmi les protestantes, mais il dit à sa mère qu'il n'était pas nécessaire de chercher car il avait déjà trouvé la femme qu'il aimait : sa dame d'honneur, Ebba Brahe. Ebba Brahe (1596-1674) était la cousine germaine de Gustave Adolphe, et tous deux correspondaient secrètement depuis au moins 1613, s'avouant leur amour réciproque. La mère de Gustave Adolphe, qui exerçait un contrôle considérable sur son fils, rejeta cependant cette proposition, car elle ne servait pas les intérêts de la Suède.

Maria Eleonora of Brandenburg
Marie Éléonore de Brandebourg
Michiel Jansz (Public Domain)

La mère de Gustave Adolphe exigea un mariage dynastique unissant leur maison à la noblesse étrangère et un parti fut trouvé en la personne de Marie-Éléonore de Brandebourg (1599-1655), fille de Jean Sigismond, électeur de Brandebourg, un puissant noble allemand. Le mariage eut lieu à Stockholm le 25 novembre 1620. Maria était passionnément dévouée à Gustave Adolphe, mais leur mariage était tendu en raison de son instabilité mentale qui se manifestait par de brusques changements d'humeur et des attaques verbales. Elle ne souhaitait que passer du temps seule avec son mari et, comme il était occupé par les affaires d'État puis les guerres étrangères, elle était fréquemment déprimée, ne gardant que la compagnie des dames d'honneur venues avec elle du Brandebourg.

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Il est difficile de savoir ce que Gustave Adolphe pensait de sa femme, car il ne laissa aucun document à ce sujet et, au cours de ses premières années en tant que roi, il avait beaucoup à faire, car Oxenstierna et lui devaient négocier la fin des guerres de Charles IX. La guerre avec le Danemark s'était terminée en 1613 par le traité de Knarred qui stipulait que la Suède devait payer au Danemark une indemnité de guerre et la guerre russe s'était terminée en 1617 mais d'autres conflits avaient requis son attention et il fut appelé en Lettonie peu après leur mariage et plusieurs fois par la suite. Marie subit plusieurs fausses couches pendant leur mariage mais donna naissance à une fille, Christine de Suède (1626-1689), qu'Adolphe proclama héritière et il ordonna qu'elle soit éduquée comme si elle était un homme.

En 1621, il porta son attention sur le conflit avec son cousin Sigismond III de Pologne, conflit qui ne fut pas aussi facile à résoudre que les guerres avec le Danemark ou la Russie. Sigismond III revendiquaient toujours son statut de roi légitime de Suède et lorsque Gustave Adolphe refusa sa demande, le conflit éclata en guerre polono-suédoise (1626-1629). Gustave Adolphe espérait sans doute pouvoir utiliser et perfectionner ses innovations militaires au cours de ce conflit, mais cette possibilité lui fut refusée à plusieurs reprises par son principal adversaire, le grand général polonais Stanislaw Koniecpolski (1591-1646). Gustave Adolphe utilisa cependant sa nouvelle marine qui transportait les troupes et leur apportait ensuite un soutien par la mer.

La guerre de Trente Ans

La guerre polono-suédoise fut loin d'être une victoire éclatante pour la Suède, mais la trêve d'Altmark, qui mit fin aux hostilités en 1629, favorisa les Suédois car le cardinal Richelieu (1585-1642), qui participa aux négociations, avait besoin que Gustave Adolphe soit libre pour intercéder auprès des protestants dans la guerre de Trente Ans. La guerre de Trente Ans avait commencé en 1618 par une révolte des protestants de Bohême contre le catholique Ferdinand II (1578-1637), empereur du Saint Empire romain germanique (et apparenté à la dynastie des Habsbourg), qui avait été élu roi. Les protestants voulaient qu'un autre candidat légitime, le protestant Frédéric V du Palatinat (1596-1632), devienne leur monarque.

Battle of Breitenfeld Formations 1631
Formations de la bataille de Breitenfeld 1631
Unknown Artist (Public Domain)

Initialement un conflit civil confiné à la Bohême, les hostilités entre catholiques et protestants s'attirèrent très vite le soutien des Pays-Bas pour la cause protestante et de l'Espagne des Habsbourg pour les catholiques. Le roi protestant Christian IV de Danemark (r. de 1588 à 1648) entra dans le conflit en 1625 mais se retira en 1629. Richelieu, bien que catholique, avait besoin d'un autre chef protestant pour lutter contre les forces impériales de Ferdinand II afin d'affaiblir les puissants Habsbourg et de rétablir l'équilibre des forces dans la région en faveur de la France.

Christian IV avait demandé l'aide de Gustave Adolphe en 1628, aide qui fut envoyée, mais le roi suédois demanda maintenant à sa marine de le transporter, lui et ses troupes (peut-être 20 000), en Poméranie en 1630. En 1621, AGustave Adolphe avait publié ses Articles de guerre qui stipulaient le traitement approprié des civils et des biens pendant les campagnes militaires. Les deux principaux généraux des armées impériales, les chefs mercenaires Albrecht von Wallenstein (1583-1634) et Johann Tserclaes, comte de Tilly (1559-1632), avaient tous deux permis à leurs troupes de piller des villages, principalement parce qu'ils n'avaient pas les fonds nécessaires pour les payer. Gustave Adolphe, lui, interdit tout pillage par ses troupes (bien que cela se soit produit) ainsi que la destruction gratuite de toute ville ou propriété personnelle.

Gustave Adolphe s'intéressait tout particulièrement à la ville de Magdebourg et tenta de rallier les princes germaniques pour qu'ils s'allient à lui et aident les anciens de la ville à résister aux exigences impériales. Les Allemands de l'époque se méfiaient cependant de Gustave Adolphe, se méfiant de ses motivations et doutant de ses capacités, surtout avec une si petite armée. Lorsque le comte de Tilly assiégea Magdebourg en mars 1631, Gustave Adolphe était engagé dans la bataille et ne put envoyer aucune aide. Magdebourg tomba aux mains de Tilly et du maréchal Pappenheim le 20 mai 1631: la ville fut alors mise à sac et presque entièrement détruite. Sur les 25 000 civils, moins de 5 000 survécurent et 1 700 des 1 900 bâtiments de la ville furent brûlés. Le sac de Magdebourg est considéré comme le pire massacre de la guerre de Trente Ans.

Gustave Adolphe menait le front mais se retrouva derrière les lignes ennemies avec son petit entourage.

Gustave Adolphe riposta aux forces impériales et rencontra Tilly lors de la première bataille de Breitenfeld en septembre 1631, où il détruisit presque entièrement l'armée de Tilly grâce à une utilisation calculée de la cavalerie, de l'infanterie et de l'artillerie mobile. Tilly perdit plus de 16 000 hommes, tués ou capturés. Nombre de ceux qui furent faits prisonniers rejoignirent alors l'armée de Gustave Adolphe. D'autres victoires suivirent, notamment la bataille de Rain am Lech en avril 1632, au cours de laquelle Tilly fut blessé et mourut ensuite d'une infection. Wallenstein devint alors l'adversaire principal de Gustave Adolphe, lui tenant tête lors de l'engagement prolongé de la La bataille d'Alte Veste en septembre 1632.

Le 16 novembre 1632, lors de la bataille de Lützen, Wallenstein adopta la tactique de Gustave Adolphe avec brio mais les forces suédoises, soutenues par des troupes allemandes, continuèrent d'avancer avec succès. La ville de Lützen, toute proche, en feu, envoyait des nuages de fumée sur le champ de bataille qui contribuaient à l'épaisse brume provoquée par les tirs d'artillerie et de mousquet, gênant la visibilité. Adolphe, comme d'habitude, menait de front et, dans la confusion de la bataille et l'épaisse fumée, se retrouva derrière les lignes ennemies avec son petit entourage. Touché par balle, il tomba de cheval, puis fut touché deux fois de plus; ses gardes du corps étaient dispersés et ignoraient que leur roi avait été tué. Personne ne sut ce qui lui était arrivé jusqu'à ce que son cheval ne soit vu errant sans cavalier entre les lignes.

Après la découverte et la récupération de son corps, le commandement fut assumé par Bernard de Saxe-Weimar (1604-1639) qui chassa Wallenstein du champ de bataille, remportant ainsi la bataille. Ensuite, Bernard passa le commandement à Axel Oxenstierna qui dirigea les forces jusqu'à ce qu'il ne raccompagne le corps du roi en Suède.

Sarcophagus of Gustavus Adolphus, Stockholm
Tombeau de Gustave Adolphe, Stockholm
Frankie Fouganthin (CC BY-SA)

Conclusion

La veuve de Gustave Adolphe, Marie-Éléonore, tomba dans un profond chagrin en apprenant sa mort et s'enferma avec leur fille Christine dans sa chambre à coucher aux fenêtres noircies. Une fois son cadavre arrivé en Suède, elle exigea que le cercueil reste ouvert et lui rendit visite tous les jours pour pleurer à ses côtés. Lorsque Oxenstierna ordonna finalement l'enterrement du roi en 1634, il fut obligé de poster des gardes autour de la tombe après que Marie-Éléonore eut tenté de déterrer son mari.

Elle continua à pleurer son mari jusqu'à sa mort de cause naturelle en 1655. Christine, l'une des femmes les plus éduquées de son temps, patronna les arts de manière admirable et elle abdiqua en 1654 en faveur de son cousin Charles, qui devint alors le roi Charles X Gustave de Suède (r. de 1654 à 1660). Christine se convertit ensuite au catholicisme, s'installa à Rome et poursuivit son mécénat artistique dans l'intérêt de la Contre-Réforme catholique (1645-c. 1700).

La guerre de Trente Ans n'eut pas de vainqueur. La paix de Westphalie de 1648 mit fin aux hostilités et, en ce qui concerne la résolution du conflit entre catholiques et protestants, ne fit que réaffirmer les dispositions de la paix d'Augsbourg de 1555 selon lesquelles le souverain d'un royaume ou d'un territoire choisissait sa religion. La mort de Gustave Adolphe en 1632 fait partie des grands "et si..." de l'histoire dans la mesure où, s'il avait vécu, la faction protestante aurait pu remporter une victoire décisive. Avant Lützen, Wallenstein était déjà en terrain incertain avec Ferdinand II et, après sa défaite, il fut assassiné par ses officiers. Il est probable qu'avec la mort de Tilly et de Wallenstein, Gustave Adolphe aurait pu gagner la guerre.

Il ne s'agit bien sûr que de spéculations et, bien que Gustave Adolphe soit régulièrement salué en tant que grand chef militaire et innovateur, de nombreux spécialistes contemporains affirment que sa réputation est surfaite dans la mesure où son palmarès de victoires dans toutes les batailles livrées entre 1621 et 1632 est moins impressionnant que celui de nombreuses autres personnes qui ne jouissent pas du même niveau de reconnaissance. Le débat sur l'héritage global de Gustave Adolphe se poursuit, mais on ne peut nier le rôle qu'il joua dans la révolution de la guerre au début de la période moderne, ni l'honneur qui lui est dú pour avoir élevé la Suède au rang de grande puissance politique et militaire. Il continue d'être honoré pour ses réalisations, notamment en Finlande et en Suède où la journée de Gustave Adolphe est célébrée chaque année à la date de la mort du grand roi.

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Questions & Réponses

Qui était Gustave Adolphe?

Gustave Adolphe était le roi de Suède (1611-1632) qui éleva son pays au rang de grande puissance politique et militaire en réformant son gouvernement et son armée.

Pour quoi Gustave Adolphe est-il célèbre?

Gustave Adolphe est connu comme le "père de la guerre moderne" pour ses innovations en matière de tactique et d'armement ainsi que pour ses articles de guerre qui visaient à protéger les non-combattants.

Quelle est la bataille la plus célèbre de Gustave Adolphe ?

La plus grande victoire militaire de Gustave Adolphe fut la première bataille de Breitenfeld, en 1631, au cours de laquelle il détruisit presque complètement l'armée adverse.

Comment Gustave Adolphe est-il mort ?

Gustave Adolphe fut tué à la bataille de Lützen en novembre 1632, alors qu'il dirigeait ses forces depuis le front.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2022, août 10). Gustave II Adolphe [Gustavus Adolphus]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20979/gustave-ii-adolphe/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Gustave II Adolphe." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le août 10, 2022. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20979/gustave-ii-adolphe/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Gustave II Adolphe." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 10 août 2022. Web. 07 déc. 2022.

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