Henri le Navigateur

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 04 août 2021
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Texte original en Anglais : Prince Henry the Navigator

Prince Henry the Navigator (by Nuno Gonçalves, Public Domain)
Prince Henri le Navigateur
Nuno Gonçalves (Public Domain)

Le Prince Henri le Navigateur (alias Infante Dom Henrique, 1394-1460) était un prince portugais qui contribua à capturer la ville marocaine de Ceuta, parraina des voyages d'exploration dans le but de construire des colonies dans l'Atlantique Nord et dans l'Afrique de l'Ouest, et commença l'implication portugaise dans la traite des esclaves en Afrique.

Le prince Henri obtint son titre de «Navigateur» parce qu'il réunit un groupe d'éminents concepteurs et experts maritimes pour concevoir de nouveaux navires, cartes et instruments de navigation. Henri ensuite finança des expéditions pour utiliser ces connaissances et naviguer en haute mer et partir à l'exploration de la côte ouest africaine. Se dotant d'un vaste savoir-faire maritime qui s'accrut à chaque expédition, Henri supervisa les premières étapes d'un processus qui valut aux Portugais un empire mondial.

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Enfance et Ceuta

Le prince Henri naquit en 1394, le troisième fils de Jean Ier du Portugal (alias d. João Ier, r. 1385-1433) et de la reine Philippa, qui était anglaise. Peut-être pas tout à fait le remarquable érudit éclairé que sa légende de la Renaissance vantait, Henri était très certainement un chrétien dévot. Vêtu d'un simple cilice et se consacrant à une vie de célibat, Henri ne se maria pas et n'eut aucun enfant. Sa vie était dédiée à l'exploration, à l'empire et à la défaite des musulmans partout où ils se trouvaient. Il aimait les cérémonies en grandes pompes, le code galant des chevaliers, et il était connu pour ses fêtes extravagantes.

Henri le Navigateur chargea son équipe d'experts maritimes de concevoir un nouveau type de navire qui pourrait naviguer à la fois avec et contre le vent.

En 1415, les Portugais attaquèrent la riche ville musulmane de Ceuta en Afrique du Nord (Maroc moderne) dans un renouveau des hostilités entre chrétiens et musulmans. La ville était bien fortifiée, mais les Portugais avaient fait savoir que leur flotte avait l'intention d'attaquer les Néerlandais à cause d'un différend commercial et Ceuta n'était donc pas préparée. La force comptait près de 20 000 hommes, dont plus de 5 000 chevaliers. Le roi, le prince Henri et ses frères commandaient conjointement cette force extraordinaire qui tentait de raviver les flammes des anciennes croisades. Les choses ne commencèrent pas pour le mieux. Ils furent d'abord encalminés, puis un brouillard épais et des vents imprévisibles divisèrent ensuite la flotte avant d'atteindre leur destination. Lorsqu'enfin l'armée débarqua, les Portugais forcèrent l'entrée de la forteresse de Ceuta grâce à leur supériorité numérique et avec Henri au cœur de l'action. La ville tomba en une journée le 22 août, et un massacre et une série de pillages chaotiques s'ensuivirent.

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Portuguese Caravel with Lateen Sails
Caravelle portugaise à voiles latines
PHGCOM (CC BY-SA)

Henri fut adoubé pour son rôle clé dans la capture de Ceuta, et il fut ensuite nommé responsable de la défense de la ville par son père. En 1419-1420, le Prince résista à une contre-attaque massive contre la ville. Henri utilisa Ceuta comme base pour lancer des attaques périodiques contre les colonies musulmanes le long de la côte - c'était peut-être là le véritable but de la capture de la ville. Les navires ennemis en Méditerranée furent impitoyablement coulés. En 1415, Henri devint duc de Viseu et en 1420, grâce à une bulle papale, il fut nommé administrateur de l'Ordre du Christ, une ramification des Templiers désormais défunts. Immensément riche grâce à ses liens royaux et à ses domaines, Henri encaissa beaucoup d'argent grâce à de nombreux projets, dont un monopole sur la fabrication du savon. Tout ça était très bien et satisfaisait le zèle religieux du prince et son désir d'aventures chevaleresques, mais il en voulait plus. Il voulait le monde entier.

La Caravelle et la Voile Latine

Henri le Navigateur tenait particulièrement à ce que le Portugal fût à l'avant-garde de l'exploration territoriale européenne afin de défier les califat islamiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, et peut-être trouver le légendaire royaume chrétien oriental avec son souverain du nom de Prester John, très probablement quelque part en Éthiopie en Afrique de l'Est. À Sagres, à la pointe sud du Portugal en 1419, Henri réunit une équipe d'experts en cartographie, navigation, astronomie, mathématiques et conception de navires. Le groupe comprenait à la fois des chrétiens et des juifs, et ils n'hésitèrent pas à utiliser des sources d'information arabes. Contrairement à la légende, il n'y avait pas d'école de navigation à cet endroit. Jusque-là, les voiliers européens comptaient sur des équipes de rameurs ou des voiles fixes ou les deux pour leur propulsion; la barca à gréement carré étant la plus courante. Le problème avec ces navires était qu'ils ne pouvaient naviguer efficacement qu'avec un vent direct venant de l'arrière.

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Le prince Henri chargea son équipe de concevoir un nouveau type de navire, qui pouvait naviguer à la fois avec et contre le vent et qui pourrait explorer de dangereux rivages rocheux inconnus, des voies navigables intérieures et la haute mer. La réponse qu'ils lui donnèrent, basée sur un type de bateau de pêche portugais, fut la caravelle (caravela en espagnol et en portugais).

Bust of Henry the Navigator
Buste d'Henri le Navigateur
Benoît Prieur (CC BY-SA)

La caravelle était un type de navire de taille moyenne qui avait un tirant d'eau peu profond et des voiles latines ou triangulaires. Elle était rapide, maniable, et il ne fallait qu'un petit équipage pour naviguer. Les premières caravelles étaient petites et ne pesaient pas plus de 80 tonnes, mais les versions ultérieures augmentèrent jusqu'à 100 et même 150 tonnes. Elles avaient un gouvernail arrière, deux ou trois mâts, ainsi qu'un gaillard d'avant et un château de poupe distinctifs. Une caravelle avait un rapport longueur/largeur typique de 3,5:1.

La voile latine joua un rôle crucial dans la conception et les plans d'exploration de Henri. Le nom de cette voile triangulaire vient de «latin» même si elle fut inspirée par les voiles des voiliers arabes, en particulier les boutres avec une seule voile latine. Les voiles latines flexibles permettaient à un navire de naviguer à moins de cinq degrés du vent et même de louvoyer (se déplacer en zigzag vers l'avant) contre un vent de face.

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Pour gagner plus d'espace de chargement, le design de la caravelle fut modifié pour créer la caravelle ronde ou caravela redonda. Ce type était plus grand et plus large qu'une caravelle normale et pouvait peser jusqu'à 300 tonnes. La caravelle ronde comportait généralement des gréements carrés pour une plus grande vitesse et un beaupré avec une livarde. Une troisième variante était une caravelle à quatre mâts conçue pour être utilisée comme navire de guerre. En règle générale, trois mâts portaient des voiles latines et un mât était des voiles carrées.

Map Showing the Location of the Madeira Archipelago
Carte montrant l'emplacement de l'archipel de Madère
TUBS (CC BY-SA)

La première colonie: Madère

Henri le Navigateur entreprit ensuite de financer des expéditions en utilisant ses nouveaux navires, et cela porta ses fruits, même s'il passa lui-même très peu de temps sur l'eau et ne fit aucun voyage sur l'océan. Deux capitaines de navires, parrainés par le prince Henri, qui devaient attaquer la côte marocaine, atterrirent à Porto Santo, dans l'archipel inhabité de Madère, lors d'une tempête en 1418. Ces explorateurs involontaires réalisèrent rapidement le potentiel de ce lieu - un marin plus tard le décrivit comme «un grand jardin» (Cliff, 71 ans) - et en firent rapport à Henri. En 1419, la Couronne portugaise déclara officiellement la possession du groupe insulaire de l'Atlantique Nord situé à environ 800 km de la côte africaine. Le poste de gouverneur de Madère fut décerné au prince Henri. L'ordre militaire portugais, l'Ordre du Christ, dont Henri était à la tête, en obtint les droits exclusifs. Les îles furent colonisées à partir de 1420, et Henri eut lui-même l'idée d'y cultiver de la canne à sucre, créant ainsi un système de plantation qui serait éventuellement copié dans d'autres colonies, mais surtout au Brésil portugais.

Les Européens étaient depuis longtemps intrigués par l'idée que le cœur de l'Afrique renfermait des mines d'or incroyablement riches.

La chute de Ceuta

Pour contrebalancer ce succès, le prince Henri dut subir deux échecs cuisants. Le premier fut sa tentative de contrôler les îles Canaries. Les armées de Castille et les Guanches repoussèrent les Portugais à trois reprises, et Henri dut se contenter d'autres îles. Pendant ce temps, Ceuta s'avéra une déception, car la ville perdit tout son commerce suite à son occupation. Les marchands et les navires de commerce musulmans se tournèrent tout simplement vers Tanger le long de la côte. Henri réussit à persuader le roi de financer une autre campagne, mais Tanger était beaucoup plus grande et mieux défendue que Ceuta, et sans engins de siège appropriés, l'expédition s'avéra un échec lamentable en 1437. Henri fut obligé de livrer son frère Ferdinand en otage afin de permettre une retraite portugaise. Une partie de l'accord consistait à renoncer à Ceuta, mais Henri renia l'accord, et son frère mourut dans une prison musulmane. Alors que les raids se poursuivaient sur les ports nord-africains, l'attrait de l'Afrique de l'Ouest commença à influencer les ambitions territoriales du prince. Le Portugal se concentrerait désormais sur l'Atlantique.

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Cap Bojador

L'Afrique de l'Ouest semblait offrir des opportunités non vérifiées, peut-être des ressources propres, mais très probablement un accès à des réseaux commerciaux à l'intérieur de ce continent ce qui permettrait de contourner les musulmans d'Afrique du Nord. Depuis que Mansa Moussa I (r. 1312 à 1337), souverain de l'Empire du Mali, s'était rendu au Caire en 1324 et avait impressionné tout le monde par la quantité d'or transportée par son entourage, les Européens étaient intrigués par l'idée que le cœur de l'Afrique contenait des mines d'or fabuleusement riches. Un obstacle majeur au plan d'accès à la région était un obstacle géographique: comment faire le tour du cap Bojador et être capable de revenir en Europe face aux vents du nord et aux courants dominants défavorables? De nombreux marins portugais et d'autres croyaient également que les eaux situées au-delà du cap étaient en proie aux tempêtes, aux brumes terribles et aux monstres marins inimaginables.

1584 Map of the Azores
Carte des Açores de 1584
Abraham Ortelius (Public Domain)

Pendant 12 ans, Henri finança 14 expéditions avec le soutien de banquiers italiens et l'objectif de contourner le cap. Les navires d'Henri portaient tous des voiles blanches arborant la croix rouge des Templiers, mais cet emblème ne leur servit à rien, et les 14 flottes échouèrent dans l'objectif fixé. Les caravelles à voiles latines furent la réponse à ces problèmes, avec aussi une bonne dose d'audace. En s'éloignant du littoral africain et en utilisant les vents, les courants et les zones de haute pression, les Portugais constatèrent qu'ils pouvaient rentrer chez eux en toute sécurité. Le perfide cap Bojador fut ainsi navigué en 1434 par l'explorateur portugais Gil Eannes.

Le prince Henri demanda ensuite à toutes les expéditions suivantes de noter attentivement leurs expériences. Par conséquent, un registre scientifique inestimable des vents, des marées, des courants et des côtes fut établi, et des cartes d'Afrique toujours plus précises furent tracées et conservées à Lisbonne. Les Portugais étaient notoirement réticents à partager leurs conclusions avec quiconque, et ces informations nautiques devinrent un secret d'État. Il y eut également des ajouts aux connaissances zoologiques. Pour la première fois, les Européens comprirent où les oiseaux migrateurs se rendaient lorsqu'ils quittaient l'Europe, d'innombrables nouvelles espèces furent identifiées et ils constatèrent l'existence de nouveaux peuples.

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Les Açores et au-delà

La prochaine cible sur la liste de colonisation d'Henri était l'archipel des Açores plus loin dans l'océan Atlantique. Le processus de colonisation commença en 1439, avec une gouvernance divisée entre le prince Henri et le prince régent Pedro, bien qu'après la mort de ce dernier en 1449, Henri reprit l'ensemble de l'archipel. Madère et les Açores furent divisées en capitaineries pour le développement agricole et commercial, un modèle qui serait copié dans de nombreuses colonies portugaises ultérieures alors que l'empire s'aggrandirait pour s'étendre des Amériques à l'Extrëme Orient. Les îles de l'Atlantique devinrent des tremplins pour des voyages qui allèrent encore plus loin, et finirent par faire le tour du Cap de Bonne-Espérance, vers l'Afrique australe et au-delà vers l'Asie. Le prince Henri profita énormément des ressources et des possibilités commerciales que cette colonisation apporta à la Couronne portugaise et à lui-même personnellement.

Exploiter l'Afrique

Henri le Navigateur continua d'envoyer des expéditions pour explorer la côte ouest de l'Afrique et en extraire tout ce qui avait de la valeur. De l'or, des peaux et des denrées alimentaires étaientéchangés contre des balles d'étoffes. Les quantités n'étaient pas excellentes mais suffisantes pour que la couronne portugaise commence à frapper leur fameuse pièce en or massif, le cruzado, à partir de 1457. L'année 1444 fut marquée par la première expédition portugaise qui emmena des esclaves d'Afrique - hommes, femmes et enfants - après un raid sur les peuplements de l'île d'Arguin. C'était le site de la première feitoria portugaise (comptoir de commerce fortifié) outre-mer. Les 240 esclaves capturés lors de ce premier raid défilèrent nus sur les quais de Lisbonne. D'autres États pratiquaient depuis longtemps la traite des esclaves en Afrique, mais ce terrible spectacle sur ce quai était un présage inquiétant de la tragédie humaine qui se perpétuerait au cours des siècles suivants. L'année suivante, une autre expédition de chasse aux esclaves de plus grande envergure fut organisée, et d'autres encore suivirent, de sorte que quelque 20 000 esclaves furent amenés à Lisbonne au cours des 15 années suivantes. Très rapidement, les peuples africains commencèrent à entrevoir cette abasourdissante nouvelle menace de la part de ces visiteurs étranges avec leur curieuse peau blanche, leurs armures étincelantes et leurs armes à poudre à canon.

Tomb of Henry the Navigator
Tombeau d'Henri le Navigateur
Ray Swi-hymn (CC BY-SA)

La traite des esclaves apporta à Henri richesse et gloire. Aussi étrange que cela nous paraisse aujourd'hui, Henri ne fut pas critiqué pour ce commerce mais, au contraire, il fut largement félicité et applaudi pour avoir trouvé une nouvelle source de richesse, pour avoir nui aux réseaux commerciaux islamiques et donné aux païens la possibilité de connaître la foi chrétienne. Ces arguments furent utilisés pour justifier le colonialisme dans l'esprit de ceux qui l'organisèrent pendant les 400 années qui suivirent. Il est important de noter que le Pape décrivit Henri dans une bulle papale comme «notre fils bien-aimé» et un «vrai soldat du Christ» (Cliff, 99). Le «Navigateur» était à l'apogée de sa renommée et de sa puissance, mais il était, bien sûr, mortel.

Le prince Henri mourut en 1460, et on lui donna un impressionnant tombeau dans le monastère de Batalha, dans le centre du Portugal. Il ne vécut donc pas assez pour voir l'ampleur incroyable de l'empire qu'il avait commencé à forger. De plus en plus d'explorations portugaises s'ensuivirent, et de plus en plus de colonies se joignirent aux îles de l'Atlantique alors que le petit Portugal tissait un réseau de comptoirs de commerce à travers le monde, du Brésil au Japon. La chapelle qu'Henri avait fondée à Belém, près de Lisbonne, devint le dernier lieu familier que les marins voyaient avant de quitter le Portugal pour atteindre ces colonies lointaines. Une tradition fit son apparition selon laquelle les équipages allaient dire leurs prières dans cette chapelle à la veille de leur départ, demandant à leur dieu de faire bon voyage et de rentrer chez eux en toute sécurité. Henri le Navigateur, quant à lui, devint une figure légendaire grâce à ses réalisations et aux chroniques de sa vie de la fin du Moyen Âge écrites par Zurara (c. 1410 - c. 1474). Même au XVe siècle, certains critiques notèrent que le prince était plutôt trop intéressé par la richesse et qu'il avait souhaité renouer avec l'époque révolue des croisades, mais il fut néanmoins largement célébré pendant des siècles comme le père fondateur de l'empire maritime portugais.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2021, août 04). Henri le Navigateur [Prince Henry the Navigator]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19825/henri-le-navigateur/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Henri le Navigateur." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le août 04, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19825/henri-le-navigateur/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Henri le Navigateur." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 04 août 2021. Web. 08 déc. 2021.

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