Angola portugais

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 12 juillet 2021
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Texte original en Anglais : Portuguese Angola

Queen Nzinga of Matamba (by Achille Devéria, Public Domain)
Reine Nzinga de Matamba
Achille Devéria (Public Domain)

L'Angola portugais dans le sud-ouest de l'Afrique fut la première colonie européenne sur ce continent. Si la colonisation à partir de 1571 s'avéra problématique à l'intérieur des terres, les Portugais obtinrent tout de même un grand nombre d'esclaves qu'ils expédièrent dans leurs colonies insulaires de l'Atlantique et au Brésil portugais jusqu'à la fin de la traite des esclaves au XIXe siècle.

Avec la capitale Luanda sur la côte, les Portugais luttèrent contre les royaumes de Kongo, Ndongo et Matamba pour prendre le contrôle de l'intérieur des terres. Les guerres d'Angola virent des allégeances tribales changeantes contrecarrer le nombre relativement restreint d'afro-portugais, mais l'aide précieuse du Brésil, désireux de maintenir le flux des esclaves, s'avéra cruciale. Le processus de décolonisation au milieu du XXe siècle fut l'un des plus chaotiques et sanglants d'Afrique, et la guerre civile se poursuivit bien après l'accession à l'indépendance en 1975.

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Les Portugais en Afrique de l'Ouest

Les Portugais arrivèrent en Afrique de l'Ouest et, à partir de la fin du XVe siècle, ils commencèrent à explorer plus au sud. Après la colonisation portugaise de São Tomé-et-Principe en 1486, les Européens étaient à la recherche d'esclaves pour travailler sur leurs plantations de canne à sucre. Les colons portugais de São Tomé-et-Principe étaient déjà en contact commercial avec le continent, à la recherche d'or, de poivre et d'ivoire. Le principal partenaire commercial était le Royaume du Kongo (c. 1400 - c. 1700), qui contrôlait une traite des esclaves régionale en plein essor. Au cours du XVIe siècle, des esclaves du Kongo (et aussi du Royaume du Bénin) furent transportés vers les îles portugaises et dans leurs colonies de l'Atlantique Nord comme Madère.

Une force dirigée par Paulo Dias de Novais établit la première colonie européenne en Afrique en 1571.

Les Portugais avaient troqué des esclaves africains contre du coton, de la soie, des miroirs, des couteaux et des perles de verre, mais ils eurent l'idée de lancer leurs propres expéditions capturant des esclaves dans l'intérieur de l'Afrique et ainsi court-circuiter les intermédiaires kongolais. Les rois du Kongo n'étaient pas satisfaits de cette évolution, et ils s'inquiétaient aussi de plus en plus des effets de la culture européenne et de la religion chrétienne sur leurs sujets. Au fur et à mesure que les relations se dégradaient, les Portugais commencèrent à chercher un autre partenaire commercial plus loin le long des côtes africaines.

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Portuguese Colonial Empire in the Age of Exploration
L'empire colonial portugais à I' époque des grandes découvertes
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

En explorant plus au sud au milieu du XVIe siècle, les Européens entrèrent en contact avec un nouveau royaume, ou plutôt une confédération lâche de tribus Kimbundu, alors connue sous le nom de Ndongo, probablement formée vers 1500. Son souverain s'appelait le Ngolo, qui dérive du mot local pour le fer - ngola - et d'où provient le nom Angola. Les Portugais tentèrent de créer un nouveau partenariat dans le traffic des esclaves avec Ndongo et firent même participer le royaume dans une guerre contre leurs voisins du nord, le Royaume du Kongo. Ndongo avait déjà battu le Kongo lors d'une bataille en 1556 et semblait donc un bon candidat pour satisfaire les ambitions du Portugal dans la région.

Fondation : Paulo Dias de Novais

L'Angola couvre une région de forêts sèches au sud et de savane et de prairies au nord, qui, grâce à leur compatibilité avec l'agriculture et le pastoralisme, furent habitées dès le début de l'âge du fer. Il y avait cependant (et il y a toujours) de nombreux problèmes causés par des pluies irrégulières et la célèbre mouche tsé-tsé. La région avait des mines de fer et de sel qui permettaient aux Angolais de faire du commerce avec leurs voisins. La capitale royale se trouvait loin à l'intérieur des terres, à environ 160 kilomètres de la côte.

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Bien que le premier commerce entre Portugais et Angolais ait été d'ordre privé, la Couronne portugaise décida rapidement d'y participer. Un groupe d'émissaires envoyé en 1520 revint bredouille, mais les Portugais finirent par revenir. En 1559, une ambassade dirigée par Paulo Dias de Novais avec plusieurs prêtres jésuites n'eut pas plus de succès que le premier essai. Puis, comme il n'y a jamais deux sans trois, une force expéditionnaire dirigée par Paulo Dias de Novais se représenta et établit la première colonie européenne sur le continent africain en 1571. Les Portugais purent prendre le contrôle de la côte grâce à leur armement supérieur.

Filippo Pigafetta, chargé d'écrire et enregistrer les souvenirs d'un commerçant portugais de la région en 1591, donne la description suivante des guerriers angolais:

Sur la tête se trouve une casquette, follement ornée de plumes d'autruches, de paons, de coqs et d'autres oiseaux, ce qui rend les hommes plus grands et très effrayants. Au-dessus de la taille, ils sont entièrement nus, mais ils ont des chaînes de fer avec des anneaux de la taille du petit doigt d'un homme, suspendus de chaque côté à droite et à gauche, qu'ils portent pour la pompe militaire et pour se montrer sous leur plus beau jour. Sous la taille, ils portent des culottes de toile ou de taffetas, et par-dessus un tissu qui descend jusqu'aux pieds, les plis retournés et cachés sous la ceinture. Comme nous l'avons dit, cette ceinture est d'une finition exquise, avec des cloches attachées... Sur leurs jambes, ils portent des bottes similaires aux bottes lacées des Portugais. Nous avons déjà parlé de leurs armes, qui sont constituées d'arcs, de flèches, d'épées, de poignards et de boucliers.

(Newitt, 138-9)

Chokwe Sculpture, Angola
Sculpture Chokwe, Angola
Brooklyn Museum (CC BY)

Dias de Novais fut nommé «seigneur propriétaire» de la nouvelle colonie et fut chargé de mettre en place un gouvernement colonial, de construire un fort, d'administrer la justice et de parceller des terres pour le développement au nord et au sud de la rivière Cuanza. Un gouverneur fut nommé par la Couronne portugaise en 1575. Bien en avance en termes de colonisation en Afrique, malheureusement pour les Portugais, l'ensemble de l'exercice connut des échecs et un siècle de combats avec les peuples autochtones dans ce que l'on appelle souvent les guerres angolaises. En effet, l'Angola devait être à jamais une colonie problématique au sein de l'Empire portugais jusqu'à son indépendance.

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Débuts de la colonisation

Le premier projet défectueux fut d'installer des fermiers blancs près de la côte. L'excès des précipitations et la pauvreté du sol mirent vite fin à cette idée. Une tentative de donner aux nobles blancs d'énormes domaines à l'intérieur des terres se passa tout aussi mal. Les Angolais résistèrent avec force à ces saisies de terres. Les Européens avaient des armes à feu, mais elles étaient encore relativement primitives et, à l'intérieur du pays, ils étaient largement dépassés par des milliers d'archers qualifiés, même si les Portugais recevaient de l'aide de tribus désireuses de chambouler le statu quo. La recherche de richesses minérales fut un autre échec avec beaucoup de temps et d'efforts perdus pour localiser ce qui s'avéra n'être que de mythiques mines d'argent au fin fond de l'intérieur africain. Même une tentative de contrôle des mines de sel du sud de l'Angola s'avéra au-delà des possibilités des Portugais en nombre limité. Une dernière déception fut la tentative de répandre le christianisme, religion à laquelle les Angolais se révélèrent particulièrement indifférents. Les difficultés rencontrées en Angola se retrouvent dans le petit nombre de familles portugaises attirées par cette colonie, la plupart des migrants préféraient essayer le climat apparemment plus sain du Brésil:

Dans les années 1660, l'ensemble de l'Angola ne comptait que 326 ménages blancs. En 1777, la population blanche comptait environ 1581 habitants, qui déclina jusqu'à 1000 au début du XIXe siècle.

(Russell-Wood, 60-61)

Il y eut cependant un succès spectaculaire pour les Portugais qui compensa pour toutes les autres déceptions. Il s'agissait de la création d'un petit État à l'ouest du territoire. Là, incroyablement, un officier de l'armée portugaise avait réussi à se faire accepter en tant que sorte de chef local qui recevait l'hommage des tribus environnantes. Il était particulièrement utile pour rassembler des esclaves qui seraient expédiés hors d'Afrique, et à la fin du XVIe siècle, près de 10 000 esclaves étaient exportés de l'Angola chaque année. Ce commerce dévasta les communautés et l'agriculture angolaises et provoqua une migration de villages entiers dans toutes les directions pour y échapper. Une autre conséquence de la présence européenne fut l'arrivée de la variole, enregistrée pour la première fois en 1560 qui frappa la population par vagues dévastatrices au cours des siècles suivants.

Pendant ce temps, les Portugais commencèrent lentement à construire des colonies côtières, à commencer par Luanda en 1576, et celles-ci devinrent de plus en plus multiculturelles avec des Portugais, des Angolais et des Luso-Africains, personnes de parents ou ancêtres mixtes portugais et africains. Les luso-africains pouvaient parler le portugais et le kimbundu. Il y eut également de nombreux indésirables (degredados) expédiés par les autorités en Angola, tels que des condamnés, des mendiants, des prostituées réformées, des orphelins et des dissidents religieux; beaucoup plus que dans d'autres colonies en raison de la difficulté d'attirer des immigrants plus désirables. Enfin, au fur et à mesure que l'Angola s'organisait, il y eut aussi des immigrants provenant d'autres colonies portugaises, notamment São Tomé et le Brésil.

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Luanda in the 18th Century
Luanda au XVIIIe siècle
Guilherme Paes de Menezes (Public Domain)

Luanda et Massangano (poste clé à l'intérieur des terres près d'un carrefour fluvial) furent fortifiées, ce qui explique pourquoi elles résistèrent à une attaque contre l'occupation portugaise de la part d'une confédération de tribus angolaises au premier quart du XVIIe siècle. Luanda, en particulier, avait la puissante forteresse de São Miguel. Les Européens furent aidés par un groupe de tribus maraudeuses, les Imbangala (Jaga), basées dans les Hautes-Terres de Benguéla, qui attaquèrent le cœur du Ndongo, forçant le roi à fuir en 1621. Les combats sporadiques se poursuivirent entre diverses tribus concurrentes et les Portugais. Pendant ce temps, le nouveau royaume de Matamba ressuscita des cendres de Ndongo. Dans les années 1620 et 1630, Matamba était dirigée par la redoutable reine Nzinga (c. 1583-1663) qui résista avec beaucoup de succès à toute tentative portugaise de conquête de l'intérieur de l'Angola.

Une grande partie de l'Angola portugais devint une frontière aux esclaves où les guerres et les enlèvements procuraient des esclaves qui étaient emmenés sur la côte.

Les Européens étaient déterminés et ils combinaient désormais mieux leurs triple avantage militaire qu'étaient la cavalerie, les mousquets et l''artillerie lourde. Alors que les Portugais s'étaient finalement imposés en maîtres de l'Angola, les Néerlandais arrivèrent sur les lieux en 1641. La plupart des tribus de la région, qui étaient en guerre contre les Portugais depuis sept décennies, se rangèrent du côté des Néerlandais contre les Portugais, et Luanda fut prise. En 1648, des renforts arrivèrent du Brésil portugais - ils étaient particulièrement désireux de maintenir la traite des esclaves ouverte - et ils reprirent Luanda. Les Néerlandais rendirent les armes et partirent ennuyer les Portugais dans d'autres parties de leur empire, mais leur occupation avait poussé les Portugais à chercher des esclaves plus au sud, dévastatant ainsi encore plus de communautés dans le sud-ouest de l'Afrique.

Les conflits tribaux se poursuivirent dans la région d'Angola. En 1665, certaines tribus angolaises et portugaises se réunirent pour vaincre le Royaume du Kongo lors de la bataille de Mbwila. Les Européens subirent ensuite un renversement lors d'une victoire du Kongo à Soyo en 1670. Les guerres civiles détruisirent presque l'État du Kongo. L'ensemble de la région vit différents groupes de commerçants créér non pas des États, mais des communautés commerciales et des réseaux d'alliances. En 1676, à Luanda, un évêque qui supervisait désormais le siège de São Salvador do Congo fut nommé. En 1683, la paix fut finalement conclue avec le royaume de Matamba. Les guerres angolaises étaient enfin terminées et le commerce remplaça la guerre, à bien plus grande échelle que par le passé.

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Le XVIIIe siècle

À partir de 1700, les Portugais perdirent le contrôle de la traite des esclaves dans la zone nord de Luanda face aux néerlandais, aux anglais et aux français. Ils se concentrèìrent donc sur la zone sud de Luanda et aussi loin dans les terres que les rives du Zambèze. Les colonies luso-africaines comprenaient désormais l'importante ville côtière de Benguéla, tandis que d'autres colonies surgirent à l'intérieur des hautes terres de Benguéla. Contrairement à d'autres colonies, les personnes mixtes pouvaient atteindre les postes politiques et administratifs les plus élevés. En Angola, il existait également une zone importante de petits royaumes indépendants connus collectivement sous le nom de royaumes d'Ovimbundu. Les zones côtières étaient reliées à l'intérieur du pays par des sentiers utilisés et entretenus par les Luso-Africains, connus sous le nom de sertanejos («backwoodsmen»), qui faisaient du commerce, géraient les caravanes commerciales, prospectaient à la recherche de minéraux et offraient leurs services en tant que soldats aux chefs tribaux.

Transatlantic Triangular Trade Map
Carte commerciale triangulaire transatlantique
Olivier Lalonde (CC BY-NC-SA)

La traite des esclaves de l'Atlantique

À partir du milieu du XVIe siècle, lorsque la production de sucre à São Tomé-et-Principe diminua en raison du fait que le Brésil dominait désormais cette industrie, les îles devinrent une plaque tournante du réseau commercial qui expédia des esclaves africains en Europe, en Afrique du Nord et à travers l'Atlantique vers les Amériques, en particulier les Caraïbes espagnoles et le Brésil. Les îles servirent de point de rassemblement pour les esclaves et de lieu d'embarquement des provisions pour les navires qui transporteraient la cargaison humaine.

Le Brésil fut de loin le plus grand importateur d'esclaves des Amériques tout au long du XVIIe siècle. Lorsque la production de sucre brésilienne atteignit son apogée de 1600 à 1625, 150 000 esclaves africains traversèrent l'Atlantique, dont la plupart provenaient de Guinée et d'Angola. L'intérieur de l'Angola, en particulier, devint une frontière aux esclaves où les guerres et les enlèvements procuraient des esclaves qui étaient ensuite emmenés le long des routes commerciales établies vers la côte. La région fut donc fortement dépeuplée. Des plantations de manioc furent créées pour nourrir les esclaves et leurs gardiens pendant leur traversée du pays. Dans les ports, les esclaves étaient assemblés dans des camps d'esclaves connues sous le nom de barracons à Luanda et Benguéla. Beaucoup moururent avant même de faire face à l'épreuve du voyage transatlantique vers le Brésil.

Dans toute l'histoire de la traite des esclaves de l'Atlantique, environ un tiers des esclaves voyagèrent à bord de navires portugais vers le Brésil et furent revendus dans des colonies espagnoles, soit environ 3 millions d'esclaves. Un esclave sur cinq ne survécut jamais aux conditions horribles du transport à bord de navires exigus et sales. Les deux colonies du Brésil et de l'Angola effectuaient des échanges directs entre elles, la première envoyant des marchandises comme le brandy de canne (cachaça/jeribita) dans des navires appartenant au Brésil en échange d'esclaves acquis par les Angolais.

Diagram of the Stowage of Slaves on a Slave Ship
Schéma de l'arrimage des esclaves sur un navire négrière
Plymouth Chapter of the Society for Effecting the Abolition of the Slave Trade (Public Domain)

L'Angola après la traite des esclaves

Ce n'est que vers la fin du XIXe siècle que les colonies angolaises portugaises s'élargirent loin de la bande côtière (environ 150 km de large) pour occuper la zone plus ou moins couverte par l'État moderne que nous connaissons. Après l'indépendance du Brésil (1822), 497 immigrants portugais arrivèrent en Angola en provenance d'Amérique du Sud entre 1849 et 1851. Pendant un certain temps, les Portugais avaient eu l'espoir de pouvoir se déplacer vers l'est et de se lier avec le Mozambique portugais de l'autre côté du continent, mais les Britanniques, provenant d'Afrique du Sud, mirent fin à cette ambition.

Les traités portugais-britanniques du premier quart du XIXe siècle interdirent la traite des esclaves dans la région, traite qui représentait 90 % des exportations angolaises et 85 % des recettes publiques. Sans surprise, de nombreux commerçants d'esclaves ignorèrent les traités. Les autorités sévirent contre ce commerce dans les années 1840, mais c'est vraiment l'abolition de la traite des esclaves par le Brésil en 1853 qui mit finalement fin au commerce transatlantique. Dès le début du XIXe siècle, le cacao et le café furent cultivés avec succès sur les îles de São Tomé-et-Principe, le cacao étant toujours la culture dominante aujourd'hui. Les esclaves continuèrent d'être importés du continent pour travailler ces plantations, et cela ne fut interdit qu'en 1908.

Après la fin de la traite des esclaves, la moitié des Européens de Luanda partirent. La traite illégale des esclaves persistait, mais à partir de 1860, le marché du travail en servitude prit le dessus avec un boom des exportations d'ivoire et de cire. À l'intérieur de terres, où les riches marchands indépendants et propriétaires de plantations n'avaient aucune raison d'écouter les proclamations des habitants des villes côtières, l'esclavage se poursuivit comme auparavant jusqu'en 1911, lorsque les famines firent plus que tout pour y mettre un terme. Même au XXe siècle, lorsque les ouvriers africains d'Angola et du Mozambique portugais durent être rapatriés après un certain nombre d'années, les conditions de vie étaient peu différentes de celles que leurs prédécesseurs esclaves avaient dû supporter.

Une autre exportation de l'Angola portugais dans la seconde moitié du XIXe siècle était celle des denrées alimentaires cultivées dans des plantations telles que le café, le coton, l'arachide et le sucre. Le caoutchouc devint un autre produit local important. La hausse du commerce légitime sauva des endroits comme Luanda d'une période de grave déclin.

Les Portugais n'avaient pas toujours le contrôle total de leur colonie et ils connurent de graves soulèvements en 1902 dans la région centrale de Bailundu, en 1907 dans la chefferie de Ndembu près de Luanda, et en 1913, ce qui restait de l'ancien royaume du Kongo se rebella. Tous ces éléments furent finalement réprimés, et la région du Kongo fut absorbée par la colonie. La tribu Kwanyma, située dans la zone sud qui bordait la Namibie, continua de résister au contrôle colonial, et seule une guerre sanglante en 1915 les subjugua. Dans les années 1920, lorsque des diamants furent découverts pour la première fois dans le nord-est de l'Angola, d'autres troubles se produisirent dans la colonie portugaise la plus difficile à gouverner.

La guerre d'indépendance

L'Angola devint une province d'outre-mer du Portugal en 1951 et obtint son indépendance totale en tant que République populaire d'Angola en 1975. La décolonisation fut un processus long et sanglant, principalement parce que le gouvernement portugais, alors dictature militaire sous António de Oliveira Salazar (r. 1932-1968), refusait de voir l'inévitabilité de l'existence d'États africains indépendants. En outre, le gouvernement portugais, pour des raisons de prestige et d'absence d'opposition démocratique, pouvait consacrer environ la moitié de son budget annuel à des escapades militaires en Afrique. Une autre considération était qu'en accordant l'indépendance, les Portugais perdraient tout avantage commercial futur avec les anciennes colonies puisque l'État européen était lui-même appauvri et n'avait pas grand-chose à offrir. Il était plus que probable que d'autres puissances interviendraient et domineraient les relations avec de nouveaux États indépendants tels que l'Angola et le Mozambique.

Pour défendre sa politique coloniale, Salazar obtint le soutien des États-Unis, désireux de maintenir leur base militaire dans les Açores portugaises, mais aussi d'autres puissances occidentales et d'investisseurs qui voulaient voir une Afrique du Sud dominée par les blancs protégée du reste de l'Afrique noire. Salazar avait ainsi le soutien international et le financement nécessaires pour envoyer des troupes portugaises mener une guerre futile à partir de 1961 tenter de maintenir l'Angola portugais. Ce fut un conflit que seule la guerre en Algérie française égala en termes de brutalité, mais il y eut, en fin de compte, le même résultat: l'indépendance.

Après l'indépendance angolaise en 1975, la guerre civile éclata alors que divers groupes, chacun soutenu par des puissances étrangères, se battaient pour le contrôle du pays. En 1992, le nom officiel du pays fut réduit à la République d'Angola. Après plusieurs traités de paix qui échouèrent, les Nations Unies envoyèrent une force de maintien de la paix en 1995, mais le pays n'atteignit une relative stabilité qu'à la fin de la guerre civile en 2002.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2021, juillet 12). Angola portugais [Portuguese Angola]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19923/angola-portugais/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Angola portugais." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le juillet 12, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19923/angola-portugais/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Angola portugais." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 12 juil. 2021. Web. 03 déc. 2021.

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