Témoignages de la guerre du Pacifique

De Pearl Harbor à Hiroshima
Mark Cartwright
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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La guerre du Pacifique (1941-1945) fut le théâtre de la Seconde Guerre mondiale où l'Empire japonais et les États-Unis, aux côtés de leurs alliés, s'affrontèrent pour le contrôle de divers archipels, depuis les îles Salomon au sud jusqu'aux îles Ryūkyū au nord. Cet article présente les témoignages de personnes ayant directement participé aux combats aériens, terrestres et maritimes.

US Infantry Reading Letters from Home, Saipan
Des soldats américains lisent des lettres de leurs proches, Saipan Dixon - Signal Corps Archives (Public Domain)

Pour les États-Unis, la guerre du Pacifique débuta par la célèbre attaque menée par des bombardiers japonais contre la base navale américaine de Pearl Harbor, à Hawaï, le 7 décembre 1941. Ce raid fut perpétré avant même qu'une déclaration de guerre n'ait été faite. Le marine Richard Fiske se trouvait à bord du cuirassé USS West Virginia lorsque la première vague d'attaque eut lieu ; il aperçut alors un pilote japonais au-dessus de lui:

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Il avait une moustache vraiment épaisse et, en passant au-dessus de nous, il a en quelque sorte souri et regardé le navire, puis il s'est dirigé vers le hangar là-bas et a largué ses bombes. Le deuxième groupe d'avions s'est détaché et l'un d'eux s'est dirigé vers nous. C'étaient des bombardiers torpilleurs et l'un d'eux a touché le navire, me projetant de l'autre côté… Je n'avais pas vraiment peur à ce moment-là, car je ne pouvais pas imaginer que cela était en train de nous arriver: ce n'était tout simplement pas réel; cela ressemblait à un cauchemar. Je n'ai vraiment compris l'ampleur de ce qui s'était passé qu'après coup, lorsque j'ai nagé jusqu'au rivage et que j'ai réalisé: "Mon Dieu, nous sommes en guerre."

(Holmes, 201-2)

En mai et juin 1942, les États-Unis ripostèrent contre la Marine impériale japonaise lors de la bataille de la mer de Corail et de la bataille de Midway. Le peuple japonais n'était pas pleinement informé de ces revers, qui marquèrent le début d'un lent repli vers les îles d'origine. Naoki Hoshino, l'idéologue fasciste, se souvient:

On ne nous a raconté qu'une partie de l'histoire de Midway; la Marine ne nous a pas dit l'autre partie. Ce qu'on nous a dit, c'est qu'un porte-avions avait été coulé et qu'un autre avait été gravement endommagé. Comme quatre porte-avions avaient pris part à la bataille, d'après ce que nous avions entendu, trois étaient rentrés, mais le camp anglo-américain affirmait que les quatre avaient été coulés et leurs journaux publiaient des informations similaires… Si quatre porte-avions avaient été perdus à Midway, cela signifiait qu'il était impossible pour le Japon de poursuivre efficacement la guerre; c'est pourquoi, à partir de ce moment-là, l'armée ne nous a plus jamais fait part de la situation réelle.

(Holmes, 246)

Aerial View of Midway Atoll, 1941
Vue aérienne de l'atoll de Midway, 1941 US Navy (Public Domain)

Le Japon était peut-être en retraite, mais chaque archipel occupé était défendu avec acharnement, l'intention étant de causer le plus grand nombre possible de pertes et ainsi de dissuader les États-Unis et leurs alliés de poursuivre leurs opérations amphibies, en les convainquant que des négociations de paix constituaient la meilleure option. Comme le note le correspondant de guerre Richard Tregaskis, les combats étaient intenses mais, dans les premières phases de la guerre, les ressources étaient rares:

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Tous les combats dans le Pacifique étaient acharnés, en réalité, car les Japonais se livraient à une sorte de tentative suicidaire pour tenir bon… Nous ne disposions que d'une infime fraction des forces, des fonds et des ressources humaines des États-Unis. Quatre-vingt-dix pour cent étaient affectés à l'Europe… À Guadalcanal, il n'y en avait jamais assez et ce dont nous disposions était tellement mal en point que ce n'est que par miracle qu'ils ont pu survivre. Juste du sang-froid et... du courage.

(Holmes, 247-249)

Une série de débarquements amphibies fut menée contre des archipels successifs. La formule d'attaque classique consistait à bombarder d'abord l'île à l'aide de canons navals et d'avions. Un soldat japonais, qui vécut un tel bombardement, nota dans son journal:

Tandis que certains avions survolent la zone et mitraillent, les gros salauds survolent l'aérodrome et larguent des bombes. La férocité du bombardement est effroyable. Ça me met vraiment hors de moi. Il est plus de trois heures et le raid continue. À six heures, les deux derniers avions ont mis fin au raid. Mais quel genre de salauds sont-ils donc? Bombarder de six heures à six heures!

(Leckie, 34)

Map of the Allied Pacific Counteroffensive, 1942–1945
Carte de la contre-offensive alliée dans le Pacifique, 1942-1945 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Après le bombardement initial, les Marines étaient débarqués à l'aide de véhicules de débarquement amphibies. Une fois la tête de pont établie, davantage de troupes et du matériel plus lourd, comme des chars et de l'artillerie, pouvaient être débarqués, puis les envahisseurs s'enfonçaient à l'intérieur de l'île, devant souvent se battre pour chaque pied carré. La plupart des soldats américains étaient de jeunes hommes, comme le décrit ici le Marine Lenly Cotton:

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Dans notre section, à l'exception de celui qui avait le droit de vote, tous avaient moins de vingt ans. Quatre-vingt-dix pour cent avaient dix-neuf ans ou moins; il y en avait autant de moins de dix-huit ans que de plus de dix-huit, cinq ou six avaient seize ans, dont moi-même, et un qui avait quinze ans que je connaissais personnellement.

(Holmes, 483)

On avait dit aux Marines que le bombardement anéantirait efficacement toute opposition au débarquement. La réalité était bien différente, comme le rappelle ici le caporal Eddy Owen en évoquant son expérience à Tarawa:

D'après les informations dont nous disposions avant de débarquer, nous ne pensions pas qu'il y aurait trop de résistance, car on nous avait dit qu'ils allaient larguer toutes ces bombes… Eh bien, on pensait qu'on allait simplement débarquer, gagner une étoile sur notre barrette, vous voyez. En fait, la première fois que j'ai compris qu'on nous tirait dessus, j'étais encore à bord et on observait le bombardement, les explosions, et on voyait des choses frapper la surface de l'eau; on pensait tous que c'était une sorte de gros poisson. Puis, tout à coup, quelqu'un a crié et on s'est tous précipités dans la soute à peinture, et j'ai débarqué avec les deux genoux écorchés.

(Holmes, 252-3)

Les véhicules de débarquement devaient souvent déberquer leurs hommes dans l'eau, car il était trop dangereux d'atteindre la plage sous un feu nourri, et les véhicules devaient retourner aux navires pour amener une nouvelle vague de soldats. Cela signifiait que de nombreux Marines mouraient avant même d'avoir atteint la terre ferme, comme le raconte ici le Marine Pederson:

J'ai vu beaucoup de corps flotter sur l'eau, beaucoup de marines qui portaient encore leurs sacs à dos. Ils ont vraiment passé un sale quart d'heure, là-bas dans l'eau… On les a débarqués dans des eaux plutôt profondes.

(Holmes, 254)

US Marines Landing at Saipan
Débarquement de Marines américains à Saipan Imperial War Museums (CC BY-NC-SA)

Les flottes navales qui avaient acheminé les troupes d'invasion vers une île donnée n'étaient pas à l'abri des attaques de la marine japonaise, de l'aviation navale et des avions basés à terre. Ici, le matelot George Smith décrit son expérience à bord du porte-avions USS White Plains lors d'une attaque par un navire japonais:

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… J'ai entendu une explosion à l'arrière du navire. Au début, j'ai cru que c'était l'un de nos avions qui explosait au loin; j'ai levé les yeux et j'ai vu tout ce papier d'aluminium tomber, ce papier d'aluminium destiné à brouiller notre radar. Bien sûr, l'alerte générale a été donnée et tout le monde a rejoint son poste de combat, puis ils ont commencé à tirer, essayant de déterminer notre distance. Notre capitaine a orienté le navire vers l'endroit où tombaient les obus, il naviguait en zigzag, puis nous avons commencé à lancer des fumigènes… Ils ont touché l'un des porte-avions qui se trouvait derrière nous et l'ont coulé. Ils se sont approchés si près que nous pouvions voir le drapeau japonais flotter.

(Holmes, 485)

Le contraste entre la beauté naturelle des îles du Pacifique assaillies et la réalité d'une faune sauvage de la jungle, à la fois désagréable et dangereuse, a frappé de nombreux Marines, dont Robert Leckie, qui décrit ici Okinawa:

Vue de la mer, cette île longue et élancée était magnifique. Ses montagnes centrales imposantes s'étendaient le long de sa colonne vertébrale, formant une gracieuse quille est-ouest. Le soleil semblait embrasser la limite de ses forêts… De douces vagues venaient laver ses plages de sable blanc, faisant scintiller le soleil, l'eau et le sable poli sous des bosquets de cocotiers en frange qui se penchaient langoureusement vers la mer, leurs têtes en forme d'étoile hochant doucement.

Elle était magnifique, mais sous cette beauté… elle n'était qu'un amas d'immondices, d'odeurs nauséabondes et de pestilence; de lagons recouverts d'écume et de marécages répugnants peuplés de crocodiles géants; un lieu peuplé d'araignées aussi grosses que le poing et de guêpes aussi longues que le doigt, de lézards aussi longs que la jambe… de fourmis dont la piqûre brûle comme du feu, de sangsues des arbres qui tombent, s'accrochent et sucent…Le jour, des essaims noirs de mouches se nourrissaient des plaies ouvertes et les rendaient ulcéreuses. La nuit, les moustiques arrivaient par nuées – apportant le paludisme, la dengue ou n'importe laquelle d'une douzaine d'immondes fièvres exotiques.

(Leckie, 54-5)

US Marines Attack Tarawa, 1943
Les Marines américains attaquent Tarawa, 1943 USMC Archives (CC BY)

Par ailleurs, traverser les plages et s'enfoncer dans les terres était une entreprise souvent contrariée par les tirs nourris de l'ennemi et par des obstacles naturels tels que de hautes crêtes où le sable s'arrêtait et où commençait la terre ferme. Le correspondant de guerre Robert Sherod se souvient:

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On avait l'impression que des gens se faisaient tirer dessus sans arrêt juste à côté de soi. Après avoir débarqué, alors que j'étais adossé à la digue… un marine est passé par là et a salué joyeusement un de ses amis d'un signe de la main; tout à coup, il a fait un bond en arrière, une balle lui ayant transpercé la tête.

(Holmes, 255)

Un autre problème était l'encombrement des plages, comme l'explique ici le marine Chuck Tatum:

Sur les plages de débarquement à notre droite, le chaos régnait alors que le vent et la mer, de plus en plus violents, écrasaient des péniches de débarquement abandonnées et renversées. Les plages restaient fermées à tout trafic sauf celui des urgences, et les blessés attendaient patiemment dans des abris improvisés tandis que les infirmiers faisaient tout leur possible pour leur sauver la vie.

(Wright, 36)

Quitter la plage n'était que la première étape d'une bataille. La plupart des combats de la guerre du Pacifique se déroulèrent sur un terrain de jungle difficile, dans les vallées et le long des crêtes rocheuses de l'intérieur des îles, un terrain qui offrait un abri parfait aux défenseurs japonais. Le pire pour les Marines américains et les troupes de l'armée de terre était la détermination de nombreux soldats japonais à se battre jusqu'à la mort, comme l'explique ici le général de division Collins, décrivant la bataille des îles Salomon:

C'était un combat dans la jungle, mais pas en totalité… Lors des premiers combats, nos troupes ont longé les crêtes dans un terrain relativement dégagé. Les combats ont été très rudes car ces crêtes n'étaient pas très larges et, de plus, les Japonais étaient de redoutables combattants qui n'abandonnaient jamais. Nous avions isolé un régiment japonais qui constituait un point d'appui, et ses soldats se sont battus jusqu'à ce que nous soyons contraints de les anéantir. Après les avoir encerclés, nous avons utilisé des haut-parleurs pour tenter de les persuader de se rendre, mais ils ont refusé.

(Holmes 249-50)

US Flame-Thrower, Saipan
Lance-flammes américain à Saipan Imperial War Museum (CC BY-NC-SA)

Robert Sherod a été témoin des stratégies utilisées pour déloger les soldats japonais de leurs cachettes bien préparées:

Ils [les soldats japonais] étaient extrêmement doués pour creuser dans ces ravins, des tunnels de quarante, cinquante, voire cent pieds de long, dotés d'un grand nombre de sorties. Il était difficile de les en faire sortir; il fallait utiliser plusieurs types d'armes – le lance-flammes était toujours efficace pour nettoyer les grottes. On utilisait des torpilles de Bangalore, des grenades à main, on allait même jusqu'à employer des bulldozers… Il a dû y avoir des milliers de Japonais qui sont morts asphyxiés à travers tout le Pacifique parce que leurs grottes avaient été bouchées par des bulldozers.

(Holmes, 482-483)

À mesure que la guerre du Pacifique se rapprochait de plus en plus du territoire japonais, les combats s'intensifiaient et le nombre de victimes, de tous bords, ne cessait d'augmenter. La bataille d'Iwo Jima devint l'affrontement le plus sanglant de la guerre en termes de pertes américaines. Le sergent des Marines Wilson Cooke se souvient:

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… nous sommes restés sur place pendant vingt-six jours… J'ai une photo de ma compagnie prise à Iwo. Nous ne sommes plus que seize sur les deux cent soixante-dix qui y ont débarqué… Nous avions perdu tant d'hommes que mon commandant est venu me voir et m'a dit: "Cooke, tu es commandant de compagnie. Nous parlerons plus tard de ton avancement au grade d'officier".

(Holmes, 487 et 490)

Capturer un ennemi souvent prêt à se sacrifier était une entreprise périlleuse, comme le raconte ici le marine John Greet:

La plupart du temps, nous devions utiliser des lance-flammes pour les faire sortir, tant ils étaient enfouis profondément. Très peu d'entre eux sortaient d'eux-mêmes et, lorsqu'ils le faisaient, généralement celui qui était en tête sortait les mains en l'air tandis que celui qui le suivait sortait avec une grenade… Ils s'étaient mis en tête que nous allions les torturer, comme ils l'avaient fait à nos gars, j'imagine. Nous avons vu des scènes assez terribles là-bas.

(Holmes, 491)

Kamikaze Zero & USS Missouri
Zero kamikaze et USS Missouri Imperial War Museums (CC BY-NC-SA)

La défense japonaise devenait de plus en plus désespérée. Une caractéristique particulière de la guerre du Pacifique résidait non seulement dans les tendances suicidaires des soldats de l'armée, mais aussi dans les attaques kamikazes délibérées menées à l'aide d'avions, de roquettes pilotées et de bateaux. Bien qu'elles n'aient pas été aussi efficaces que l'espéraient les commandants japonais, les attaques kamikazes étaient néanmoins extrêmement difficiles à contrer. Le lieutenant Frank Manson se trouvait à bord du destroyer USS Laffey lorsque celui-ci fut attaqué par des pilotes kamikazes (sans pour autant être coulé):

Cette attaque a duré entre soixante-dix et quatre-vingt-dix minutes… Vingt-six avions ont mené des attaques suicides contre notre navire; sept d'entre eux ont été abattus par nos artilleurs, quinze ont manqué le navire, et nous avons en réalité été touchés, de plein fouet, par quatre d'entre eux.

(Holmes, 494)

Pour les pilotes kamikazes japonais, leurs missions n'étaient pas considérées uniquement comme des actes suicidaires, comme l'explique ici le général de corps d'armée Kawabe:

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Nous croyions que notre conviction spirituelle en la victoire ferait contrepoids à tout avantage scientifique [des Alliés]… Vous qualifiez nos attaques kamikazes d'"attaques-suicides". C'est un terme impropre, et cela nous a beaucoup peiné que vous les appeliez ainsi. Il ne s'agissait en aucun cas d'un suicide. Le pilote ne partait pas en mission avec l'intention de se suicider. Il se considérait comme une bombe humaine capable de détruire une partie de la flotte ennemie pour son pays. Ils considéraient cela comme un acte glorieux, alors qu'un "suicide" n'est peut-être pas si glorieux.

(Largas, 38)

La bataille d'Okinawa, qui se déroula d'avril à juin 1945, fut la dernière grande bataille de la Seconde Guerre mondiale. Voici le slogan de la 32e armée japonaise pour la défense de l'île:

Un avion pour un navire de guerre
Un bateau pour un navire
Un homme pour dix ennemis ou un char

(Leckie, 31)

Environ 150 000 civils japonais trouvèrent la mort au cours de cette bataille. Momoko Yonaha, originaire d'Okinawa, avait été enrôlée de force comme infirmière et devait servir en première ligne:

Je me suis cachée dans la montagne toute la journée, mais depuis les airs, les bombardiers américains n'arrêtaient pas de nous bombarder et nous étions également la cible d'attaques au sol et de bombardements intensifs provenant des navires de guerre mouillant au large. Beaucoup de ceux qui étaient avec moi sont morts… J'avais déjà décidé de mourir et l'un des soldats, qui avait une grenade à main, a dit: "Suicidons-nous tous", et nous avons tous accepté. Et une fois cette décision prise, j'ai ressenti un immense soulagement et un grand calme m'a envahie. Alors que j'attendais que le soldat retire la goupille, soudain, l'un des soldats a sorti un sabre et s'est mis à le brandir. "Vous, les femmes et les enfants, sortez", a-t-il dit, "vous ne devez pas mourir ici"… Bien sûr, l'abri anti-aérien dans lequel nous nous cachions était très petit; il suffisait de reculer d'un pas pour se retrouver à l'extérieur. Nous avons levé les yeux et avons vu un soldat américain qui nous visait avec son pistolet, nous faisant signe de sortir. C'est ainsi que j'ai réussi à survivre.

(Holmes, 494-5)

Hiroshima after the Atomic Bomb Attack
Hiroshima après l'attaque atomique Imperial War Museums (CC BY-NC-SA)

Les pertes étant déjà si élevées – environ 35 % des troupes alliées engagées –, on prévoyait que le lancement de nouvelles opérations amphibies contre les principales îles du Japon ne ferait qu'accroître ce pourcentage. Par conséquent, bien que Tokyo et d'autres villes eussent déjà été pilonnées par des bombes conventionnelles, il fut décidé de forcer une capitulation rapide en larguant deux bombes atomiques dévastatrices, l'une sur la ville d'Hiroshima et l'autre sur Nagasaki, en août 1945. Le colonel Paul Tibbets, pilote du Boeing B-29 Superfortress Enola Gay qui largua la bombe sur Hiroshima, décrit les effets immédiats de l'explosion:

C'était une journée claire et ensoleillée, et la visibilité était parfaite; ainsi, lorsque nous avons fait demi-tour pour nous diriger vers Hiroshima, nous avons vu ce nuage se former; en deux minutes, il avait atteint notre altitude – nous étions à trente mille pieds – et le nuage était là-haut, continuant à s'élever tout en bouillonnant. La surface n'était qu'un bouillonnement noir – comme un tonneau de goudron, c'est sans doute la meilleure description que je puisse en donner. Là où il y avait auparavant une ville, des maisons caractéristiques, des bâtiments et tout le reste, on ne voyait plus rien d'autre que des débris bouillonnants et noirs en contrebas.

(Holmes, 571).

Michiko Nakamoto, alors écolière à Hiroshima, décrit ce qu'elle a ressenti en se retrouvant prise au piège de cette terreur noire et bouillonnante:

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Je savais qu'il m'était arrivé quelque chose, mais j'avais peur de découvrir ce qui s'était passé. Je savais qu'un côté de mon visage était blessé, mais je ne pouvais pas porter ma main pour voir à quel point il était blessé. J'avais peur de le découvrir; mon bras était brûlé, mes pieds aussi, et je portais un chemisier à manches longues – que nous étions obligées de porter pendant la guerre –, mais il avait été brûlé et avait laissé une marque sur mon bras. Puis cette dame m'a dit qu'il valait mieux que je descende à la rivière pour laver mes brûlures; j'ai donc essayé de le faire, mais cette brûlure était si profonde que je ne pouvais pas la toucher et je ne pouvais tout simplement rien faire.

(Holmes, 574)

Le gouvernement militaire japonais capitula peu après le bombardement, mettant ainsi fin à la fois à la guerre du Pacifique et à la Seconde Guerre mondiale.

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Bibliographie

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Style APA

Cartwright, M. (2026, septembre 24). Témoignages de la guerre du Pacifique: De Pearl Harbor à Hiroshima. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2987/temoignages-de-la-guerre-du-pacifique/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Témoignages de la guerre du Pacifique: De Pearl Harbor à Hiroshima." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, septembre 24, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2987/temoignages-de-la-guerre-du-pacifique/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Témoignages de la guerre du Pacifique: De Pearl Harbor à Hiroshima." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 24 sept. 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2987/temoignages-de-la-guerre-du-pacifique/.

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