Bataille d'Okinawa

La dernière grande bataille de la Seconde Guerre mondiale
Mark Cartwright
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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La bataille d'Okinawa (avril à juin 1945) fut le plus grand débarquement amphibie et la dernière grande bataille de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Une immense flotte navale débarqua 170.000 soldats américains sur l'île, mais il fallut deux mois et demi de combats acharnés pour vaincre une armée japonaise déterminée à infliger le plus grand nombre possible de pertes à l'ennemi par tous les moyens possibles. Environ 100.000 combattants japonais, jusqu'à 150.000 civils et environ 12.000 soldats américains trouvèrent la mort à Okinawa. Cette victoire fournit aux États-Unis une base idéale pour lancer un assaut contre les plus grandes îles du Japon, une opération qui n'eut finalement pas lieu en raison du largage de deux bombes atomiques et de la capitulation du Japon en août 1945.

Aerial View of the Okinawa Landing
Vue aérienne du débarquement d'Okinawa US Signal Corps Archive (Public Domain)

La guerre du Pacifique jusqu'alors

Le gouvernement militaire japonais s'était bâti un empire impressionnant qui, en 1941, s'étendait du nord de la Chine aux îles Salomon. En décembre 1941, le Japon, cherchant à anéantir son ennemi avant même qu'il n'ait eu la possibilité d'entrer en guerre, lança la tristement célèbre attaque contre Pearl Harbor, la base navale américaine à Hawaï. Les États-Unis ripostèrent avec force, envoyant leur marine à la bataille de la mer de Corail en mai 1942, remportant la bataille de Midway en juin suivant, libérant les îles Salomon lors de la bataille de Guadalcanal (d'août 1942 à février 1943), puis enchaînant avec une nouvelle victoire lors de la campagne des îles Gilbert et Marshall (de novembre 1943 à février 1944).

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L'opération d'Okinawa fut d'une ampleur bien supérieure au débarquement en Normandie.

Les forces américaines avaient procédé à une "avancée par sauts d'île en île" à travers le Pacifique, utilisant à chaque fois un archipel capturé pour construire une nouvelle base à partir de laquelle une nouvelle avancée amphibie pouvait être lancée. Le Japon passa à la défensive. Les forces américaines prirent pour cible les îles Mariannes lors de la bataille de Saipan (juin-juillet 1944) et de la bataille de Guam (juillet-août). Se rapprochant de plus en plus des îles principales japonaises, l'affrontement majeur suivant eut lieu lors de la bataille d'Iwo Jima (février à mars 1945). Au cours de la bataille la plus sanglante de la guerre du Pacifique (pour les États-Unis), les forces américaines subirent 27.000 pertes mais parvinrent à s'emparer de l'île. Iwo Jima devint une base importante pour les chasseurs chargés d'escorter les escadrons de bombardiers Boeing B-29 Superfortress qui frappèrent à plusieurs reprises Tokyo et d'autres villes japonaises. La cible suivante serait Okinawa, dans l'archipel des Ryūkyū; la mission visant à s'en emparer porta le nom de code "Opération Iceberg".

Okinawa

L'île d'Okinawa est située à 340 miles (550 km) des îles principales du Japon, mais elle était alors (et l'est toujours) considérée comme faisant partie intégrante du Japon. C'est l'île principale de l'archipel des Ryūkyū et elle mesure environ 60 miles (96 km) de long. En 1945, la population locale s'élevait à environ 500.000 habitants. Le relief de l'île était idéal pour une défense prolongée: de nombreuses péninsules, des crêtes rocheuses, des ravins profonds, des rivières, des grottes et des zones de jungle.

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Map of the Allied Pacific Counteroffensive, 1942–1945
Carte de la contre-offensive alliée dans le Pacifique, 1942-1945 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Si les forces américaines parvenaient à s'emparer des pistes d'atterrissage d'Okinawa et à opérer à partir de celles-ci, elles seraient en mesure de frapper à plusieurs reprises les villes japonaises et d'assurer une couverture aérienne vitale si cela s'avérait nécessaire – ce qui semblait de plus en plus probable – pour lancer une invasion des quatre îles principales du Japon: Honshū, Hokkaidō, Kyūshū et Shikoku.

Okinawa était une île bien plus grande que celles qui avaient été précédemment prises lors d'assauts amphibies pendant la guerre du Pacifique. L'assaut prévu était comparable, en taille et en complexité, à l'opération du Jour J en Europe en juin 1944. En effet, l'opération était de plus grande envergure que le débarquement en Normandie en termes de taille de la flotte et de nombre de soldats débarqués lors des premières phases de l'assaut. Plus de 500.000 militaires américains y participèrent, ainsi que 1.213 navires de guerre, sans compter la grande flotte britannique du Pacifique, qui prit également part à l'opération. Cette masse de navires de guerre était en effet redoutable et démontrait sans l'ombre d'un doute la puissance industrielle des États-Unis. Elle comprenait notamment 40 porte-avions, 18 cuirassés et 200 destroyers.

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La première tâche consistait à s'emparer des îles voisines de Kerama, une opération qui permit d'assurer un refuge sûr aux navires et aux avions américains endommagés lors de la bataille d'Okinawa qui allait suivre. La flotte navale, appuyée par l'aviation, bombarda ensuite Okinawa pendant huit jours avant le débarquement amphibie. 13.000 obus de marine furent tirés sur l'île, et les bombardiers effectuèrent 3.000 sorties. À Naha, la capitale, un seul bâtiment survécut aux bombardements. Pendant ce temps, des plongeurs spécialisés dans des activités de démolition éliminèrent autant d'obstacles que possible que les défenseurs avaient mis en place pour entraver l'approche des plages.

US Bombardment of Okinawa
Bombardement américain d'Okinawa US Navy (CC BY-NC-SA)

La défense

La défense d'Okinawa était assurée par au moins 80.000 membres de la 32e armée japonaise et une milice d'Okinawaïens qui comptait environ 20.000 personnes, parmi lesquelles se trouvaient des enfants. De nombreuses jeunes filles de la région furent contraintes de travailler comme personnel médical, même si cela les exposait aux mêmes bombes et aux mêmes tirs que ceux que devaient endurer les combattants.

60.000 soldats américains débarquèrent dès le premier jour.

Le lieutenant-général Mitsuru Ushijima commandait l'armée japonaise à Okinawa. Ushijima estimait que les pilotes kamikazes seraient les mieux à même de perturber l'invasion sur les plages, tandis que sa force terrestre principale défendrait l'intérieur de l'île, en particulier Naha. La péninsule de Motobu était également fortement défendue. Conscient que la victoire était peu probable, Ushijima était déterminé à tenir le plus longtemps possible et à faire payer un lourd tribut aux envahisseurs en termes de pertes humaines.

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Les unités régulières japonaises avaient toutes été renforcées avec un armement bien plus important – notamment des canons antichars, des lance-grenades et des mitrailleuses lourdes – que ce qui était habituel dans l'armée japonaise. Même les unités non régulières, telles que les marins qui n'avaient plus de navire ou les pilotes et équipages au sol dont les appareils n'étaient plus en état de voler, parvinrent à bricoler toutes sortes d'armes improvisées, allant des canons navals automatiques aux mitrailleuses d'avions de chasse. En revanche, la milice des Okinawaïens, sorte de garde nationale, était mal armée et bon nombre de ses membres devaient se contenter de fusils obsolètes, voire de lances fabriquées à partir de bambous aiguisés (une arme qui restait tout de même suffisamment redoutable pour qu'on préfère l'éviter dans la jungle dense).

Japanese Gun Position, Okinawa
Position de tir japonaise, Okinawa Imperial War Museums (CC BY-NC-SA)

Les débarquements

L'attaque initiale des États-Unis fut, comme prévu, écrasante. 16.000 soldats américains débarquèrent dès la première heure, 60.000 au cours de la première journée. Les LVT (véhicules de débarquement à chenilles) filaient à toute allure dans les eaux peu profondes avec leur chargement humain tout en tirant simultanément sur l'ennemi avec leurs mitrailleuses et leurs obusiers de 75 mm (3 pouces).

Quatre divisions de la nouvelle 10e Armée américaine débarquèrent sur les plages du sud-ouest d'Okinawa le 1er avril 1945; il s'agissait des 1re et 6e divisions de marines ainsi que des 7e et 96e divisions d'infanterie. Trois autres divisions allaient débarquer à Okinawa au fur et à mesure que l'invasion progressait. Au total, 170.000 soldats américains attaquèrent l'île. La plupart de ces soldats étaient de jeunes hommes, comme le décrit ici le marine Lenly Cotton:

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Dans notre section, à l'exception de celui qui avait le droit de vote, tous avaient moins de vingt ans. Quatre-vingt-dix pour cent avaient dix-neuf ans ou moins; il y en avait autant de moins de dix-huit ans que de plus de dix-huit ans, cinq ou six avaient seize ans, dont moi-même, et un, que je connaissais personnellement, avait quinze ans.
(Holmes, 483)

Les chars Sherman suivaient les soldats sur les plages. On avait tiré les leçons de l'opération du Jour J: des dispositifs de flottaison avaient été soudés sur les flancs des chars afin de leur permettre de traverser par leurs propres moyens les eaux peu profondes pour atteindre la terre ferme. L'idée ne fut pas entièrement couronnée de succès, puisque certains chars coulèrent malgré tout et que d'autres mirent des heures à atteindre les plages. Néanmoins, l'apport constant de blindés apporta aux Marines un soutien indispensable.

US LVTs at Okinawa
LVT américains à Okinawa US Signal Corps Archive (Public Domain)

Les forces américaines s'emparèrent rapidement des deux aérodromes de Kadena et de Yontan, et elles avaient déjà réalisé des percées significatives dans le bastion insulaire dès le 4 avril. Comme lors des précédentes opérations insulaires, les troupes américaines combinèrent avec brio lance-flammes, bulldozers et explosifs pour déblayer les dédales déroutants de tunnels souterrains et de bunkers, ainsi que les grottes agrandies que les défenseurs de l'île avaient creusées dans la pierre de corail, dont la plupart s'étaient révélées imperméables aux bombardements précédant les débarquements.

C'est dans la partie nord de l'île que la progression s'avéra la plus difficile. Là, les défenses étaient très denses et comprenaient de nombreuses grottes. L'une des tactiques japonaises consistait à s'assurer que des positions de tir bien camouflées se protégeaient mutuellement. De ce fait, les troupes américaines qui se concentraient sur la prise d'une position ennemie située devant elles se retrouvaient souvent sous un feu nourri provenant de leurs flancs. Les tireurs d'élite étaient également omniprésents, en particulier dans des positions qui protégeaient leurs camarades maniant une arme lourde derrière eux. Ces tireurs d'élite se cachaient souvent dans des trous creusés dans le sol et recouverts, que les Japonais appelaient "marmites à poulpes" car ils ressemblaient aux marmites utilisées pour cuire ce mets raffiné.

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La bataille en mer

Pendant ce temps, le 6 avril, les Japonais lancèrent une contre-attaque en mer. La Première Flotte mobile, qui comprenait le gigantesque cuirassé Yamato, attaqua la flotte alliée au large des côtes d'Okinawa. La flotte japonaise fut anéantie par les forces alliées, largement supérieures en nombre. La bataille de la mer de Chine orientale fut la dernière grande bataille aérienne et navale de la Seconde Guerre mondiale. Parmi les nombreuses horreurs de cette bataille, on retiendra le naufrage du Yamato et la perte de 3 000 hommes.

Sinking of the Yamato
Naufrage du Yamato Naval History and Heritage Command (Public Domain)

Une menace sérieuse pesait toujours sur la flotte alliée. Au cours de la bataille d'Okinawa, environ 1.900 attaques kamikazes furent menées contre les navires alliés. Ces attaques prenaient le plus souvent la forme de chasseurs Mitsubishi A6M Zero, désormais plus ou moins obsolètes, pilotés par des aviateurs inexpérimentés. On espérait que si un nombre suffisant de navires était coulé, la flotte alliée se retirerait, privant ainsi les troupes présentes à Okinawa d'un appui aérien et d'un soutien logistique vitaux. Certaines vedettes à moteur chargées d'explosifs furent également utilisées lors d'attaques kamikazes. À mesure que les défenses de chasse américaines gagnaient en efficacité et que les canons antiaériens commençaient à utiliser des munitions explosives spéciales, les attaques kamikazes perdirent considérablement de leur efficacité, leur taux de réussite dans cette bataille n'étant que d'environ 15 %.

Une variante des kamikazes fut introduite lors de la bataille d'Okinawa. La bombe "Baka" était un petit aéronef propulsé par un système de fusée (mais toujours piloté jusqu'à sa cible par un humain), dont le nez contenait 1.800 livres (816 kg) d'explosifs. Le nom "Baka", qui était le surnom américain dérivé d'un mot japonais désignant cet engin, se traduit par "idiot". Les Japonais eux-mêmes donnaient à ces engins suicides le nom plus poétique d'ohka ("fleur de cerisier") ou de jinrai ("coup de tonnerre"). Au final, un seul navire fut coulé par une bombe "Baka".

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Une fin tragique

Le 20 avril, les forces américaines avaient pris le contrôle de la partie sud de l'île et de la péninsule de Motobu. Les civils avaient été encouragés à se rendre à l'aide de haut-parleurs et par la promesse qu'ils ne subiraient aucun mal. Tout au long du mois de mai, Ushijima défendit chaque ligne de défense du mieux qu'il put, puis se replia vers une autre ligne de défense plus au nord. Les défenseurs, estimant que la reddition était déshonorante, se battirent souvent jusqu'à la mort. Même lorsque des soldats se rendaient, ils se faisaient très souvent exploser avec une grenade, essayant parfois d'emporter avec eux un ou deux soldats ennemis. On recensa d'innombrables cas de sacrifice: un Marine américain se jeta par exemple sur une grenade pour étouffer l'explosion et protéger ses camarades d'armes.

US Jeep Ambulance, Okinawa
Jeep ambulance américaine, Okinawa US Signal Corps Archive (Public Domain)

Même les civils tentaient de se suicider plutôt que de se rendre, peut-être parce qu'on leur avait fait croire qu'ils seraient de toute façon torturés et tués s'ils étaient capturés. L'une de ces tragédies, au cours de laquelle des centaines de civils se jetèrent d'une falaise, fut observée par le correspondant de guerre Robert Sherrod:

C'était le comble de l'horreur parmi tous les spectacles auxquels nous avions assisté, quelque chose que nous n'aurions jamais cru possible, même si nous avions déjà vu des attentats-suicides auparavant. Mais la destruction gratuite de bébés et d'enfants – certaines personnes jetaient leurs enfants du haut de la falaise avant de sauter à leur tour – était quelque chose d'horrible à comprendre pour l'esprit occidental.
(Holmes, 496)

Naha capitula le 27 mai. Finalement, les forces japonaises furent acculées à leur dernière ligne de défense, qui s'étendait sur la péninsule d'Oroku. Il fallut un mois pour percer cette dernière position et remporter la victoire totale. Ushijima se suicida le jour où l'île capitula: le 22 juin.

US Nurses, Okinawa, 1945
Infirmières américaines, Okinawa, 1945 US Signal Corps Archive (Public Domain)

La bataille d'Okinawa fit jusqu'à 100.000 morts parmi les combattants japonais et jusqu'à 150.000 morts parmi les civils. Environ 12 000 soldats américains furent tués et environ 38.000 blessés (Musée national de la guerre du Pacifique). De plus, 25.000 soldats américains auraient souffert de "stress de combat" (Holmes, 482). Seuls 7.400 combattants japonais survécurent et furent faits prisonniers de guerre (Dear, 653). 4.900 membres des forces navales alliées furent tués et 4.824 blessés. Les pertes matérielles furent également importantes. Les Alliés déplorèrent la perte de 36 navires de guerre et péniches de débarquement, tandis que 368 furent endommagés. 763 avions furent également perdus au cours de la bataille.

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Victoire finale

L'armée japonaise, même si elle enchaînait les défaites, continuait d'infliger des pertes inacceptablement lourdes aux forces américaines, de l'ordre de 35 % (alors que sur d'autres théâtres d'opérations, un taux de 10 % était déjà considéré comme dangereusement élevé). La prise d'Okinawa, lieu idéal pour l'implantation de nouvelles bases aériennes et navales américaines capables d'attaquer les principales îles japonaises, "tendait à rendre toutes les campagnes menées vers le sud stratégiquement sans importance" (Horner, 64). Les grandes campagnes en cours aux Philippines et en Asie du Sud allaient bientôt être éclipsées par les événements qui auraient lieu au Japon proprement dit. Une invasion prévue de Kyūshū en novembre, avec des pertes américaines estimées à environ 250.000 hommes, fut rendue inutile par la terrible destruction d'Hiroshima et de Nagasaki en août à l'aide de bombes atomiques, ce qui finit par entraîner la capitulation du Japon. La bataille d'Okinawa s'était avérée être la dernière grande bataille de la Seconde Guerre mondiale.

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Style APA

Cartwright, M. (2026, septembre 22). Bataille d'Okinawa: La dernière grande bataille de la Seconde Guerre mondiale. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2984/bataille-dokinawa/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Bataille d'Okinawa: La dernière grande bataille de la Seconde Guerre mondiale." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, septembre 22, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2984/bataille-dokinawa/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Bataille d'Okinawa: La dernière grande bataille de la Seconde Guerre mondiale." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 22 sept. 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2984/bataille-dokinawa/.

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