Les pirates, en particulier ceux de l'âge d'or de la piraterie (vers 1690-1730), sont particulièrement célèbres pour leurs expressions savoureuses qui font référence à la navigation, à la débauche et à la vie criminelle en haute mer. Il existe même une journée internationale "Parlez pirate" le 19 septembre, où les plus romantiques d'entre nous peuvent se laisser aller à leur fantasme d'une vie plus prestigieuse que celle que le destin leur a réservée. Dans cet article, nous allons examiner des expressions et des termes argotiques anglais les plus courants attribués aux pirates et aux marins en général, avec leur origine et leur signification réelle.
Above Board
Litt. Au-dessus du pont (au grand jour)
Signifiant "légitime", puisque si l'équipage d'un navire était visible au-dessus du pont, il était peu probable qu'il s'agisse de pirates, qui se cachaient souvent sous le pont lorsqu'ils approchaient un autre navire.
Ahoy !
Litt. Ohé !
Utilisé depuis le XVIIIe siècle pour attirer l'attention, par exemple lors de l'aperçu d'un navire, mais plus tard pour simplement signifier "bonjour".
Ant’s Bollock on a Beach
Litt. Comme la couille d'une fourmi sur une plage (Chercher une aiguille dans une botte de foin)
Terme argotique utilisé dans la Royal Navy pour signifier que quelque chose est très difficile à trouver.
Archpirate
Litt. Archipirate
Utilisé depuis l'Antiquité pour désigner un pirate qui commande une flotte de navires.
A Soft Farewell
Litt. Un adieu en douceur (Partir en douce)
Lorsqu'un navire faisant partie d'une flotte pirate partait secrètement de nuit pour éviter de partager le butin.
Avast !
Litt. Halte !
Utilisé depuis le XVIIe siècle, c'était un ordre pour arrêter une action particulière, comme tirer sur le gréement pour hisser une voile.
Bear Up
Litt. Tenir bon (Tenir le coup)
Garder la proue du navire à l'écart du vent. Expression qui était ensuite utilisée pour signifier "garder le moral".
Belay !
Litt. Amarrer (Arrêter)
Utilisé depuis le XVIe siècle, ce terme signifiait enrouler une corde autour d'un dispositif tel qu'un taquet pour la fixer. En argot, il a fini par signifier "arrêter de parler" ou, dans l'expression "Belay that yarn!", "Arrête de mentir!".
Between the Devil and the Deep Blue Sea
Litt. Entre le Diable et la mer d'un bleu profond (Entre le marteau et l'enclume)
Utilisée aujourd'hui pour signifier qu'on n'a que deux mauvais choix, mais "devil" faisait en réalité référence à la première et la plus longue poutre de la quille d'un navire (appelée ainsi parce qu'elle était la plus difficile d'accès et à nettoyer lorsqu'elle était à quai). L'expression signifiait donc qu'il n'y avait rien entre le navire et la mer.
Bite the Bullet
Litt. Mordre la balle d'arme à feu (Serrer les dents)
Expression signifiant faire face à quelque chose de désagréable. Elle vient de l'habitude qu'avaient les marins fouettés de mordre une vraie balle d'arme à feu afin de ne pas crier et d'éviter les moqueries de leurs camarades.
Bitter End
Litt. Fin amère (Jusqu'au bout)
Extrémité de la corde d'ancrage qui était attachée à un poteau en bois ou à un mors d'amarrage sur le navire. "Reach the bitter end" signifiait donc dérouler toute la corde d'ancrage et atteindre la limite. "In deep water" (litt. dans l'eau profonde, en français "dans de beaux draps") et "at one's rope's end" (litt. au bout de la corde, en français "au bout du rouleau") sont du même style figuratif.
Blooding and Sweating
Litt. Transpiration et saignement
Une forme de torture utilisée par les pirates consistant à faire courir un prisonnier entre une rangée de marins qui le piquaient avec des aiguilles à voile, puis à enfermer la victime dans un tonneau rempli de cafards. Une version moins répugnante consistait à faire courir la victime sans fin autour du mât principal en l'encourageant avec la pointe d'un sabre jusqu'à ce qu'elle ne s'effondre d'épuisement.
Blow Me Down !
Litt. Fais-moi tomber ! (Vingt dieux! ou Bois tremblote!)
Expression non documentée, mais utilisée dans les romans de pirates pour signifier la surprise ou le choc.
Blue Monday
Litt. Lundi bleu
Cette expression fait référence à la pratique courante dans la Royal Navy qui consistait à infliger des punitions telles que des flagellations, spécialement le lundi.
Blues
Se sentir déprimé. Cette expression provient probablement de la pratique consistant à hisser un drapeau bleu sur un navire lorsque son capitaine, son commandant ou un officier mourait en mer. Certains navires peignaient une ligne bleue sur leur coque au lieu de hisser un drapeau.
Bombed
Litt. Bombé (Ivre)
Signifie "ivre". Le terme vient d'une cruche en cuir appelée "bombard" qui servait à stocker jusqu'à 8 pintes (4,5 l) de bière ou d'ale. Par conséquent, "bombarded" signifiait également "ivre".
Booty
Litt. Butin ou larcin
Les marchandises capturées, qui étaient ensuite réparties, souvent de manière étonnamment équitable, entre les membres de l'équipage pirate. Généralement distribué à la fin du voyage après la vente, une part supplémentaire était accordée à ceux qui avaient été blessés.
Brethren of the Coast
Litt. Frères de la côte
Nom donné aux pirates des Caraïbes (bien qu'ils ne l'aient jamais utilisé eux-mêmes).
Bring your Arse to Anchor
Litt. Pose ton cul sur l'ancre
Signifie "s'asseoir".
Bumboo
Litt. Bumbu (Rhum de la Barbade)
Boisson courante chez les pirates des Caraïbes, à base de rhum, d'eau, de sucre et de noix de muscade.
Castoffs
Litt. objets balancés (Rebuts)
Vêtements terrestres indésirables et vieilles cordes laissés sur le rivage avant de prendre la mer.
Catgut Scraper
Litt. Gratteur de boyau de chat (racleur de cordes)
Argot désignant le violoniste du navire.
Cat-O-Nine-Tails
Litt. Chat à neuf queues
Long fouet utilisé à partir du XVIe siècle pour maintenir la discipline à bord des navires. Il était composé de neuf cordes attachées à une seule corde munie d'un manche en bois. Chacune des neuf "queues" comportait au moins trois nœuds afin que le fouet soit encore plus efficace pour blesser sa victime. Souvent, si le fouetteur n'était pas jugé assez vigoureux, il risquait d'être lui-même fouetté. Pour s'assurer que les coups étaient toujours puissants, le fouetteur était remplacé tous les 12 coups.
Chock-A-Block
(Plein à craquer/à ras-bord)
Signifie "bondé de monde", mais vient du fait que deux poulies sont si proches l'une de l'autre que les cordes sont à leur limite et que la voile ne peut plus être manœuvrée.
Clean Slate
Litt. Ardoise propre (nouveau départ)
Signifie que tout va bien et que tout est prêt pour un nouveau départ. Cette expression vient de la pratique consistant à noter les relevés de navigation et les événements survenus pendant un quart (période de 24 heures) sur une ardoise. À la fin du quart, lorsque le capitaine ou un officier avait consigné les informations dans le journal de bord, l'ardoise était effacée.
Crack On
Litt. Faire craquer (Mettre à la cape)
Avancer à bonne vitesse. Ce terme vient du bruit sec produit par les cordages et les voiles tendus par un vent fort.
Cut and Run
Litt. Couper et fuir (Prendre la poudre d'escampette)
Pratique consistant à couper le câble de l'ancre à la hache plutôt que de le hisser à bord, afin de gagner du temps et de quitter rapidement une situation dangereuse. "Cut loose" (litt. couper lâche, en français "lâcher la bride") a la même signification, tandis que "cut to the chase" (litt. couper pour la poursuite, en français "aller droit au but") est similaire dans le sens où le cordage était coupé à la hâte afin de préparer les voiles le plus rapidement possible pour poursuivre un autre navire.
Davy Jones' Locker
Litt. Le coffre de Davy Jones
Expression utilisée pour la première fois au milieu du XVIIIe siècle pour désigner le fond de la mer où les âmes des marins morts sont recueillies par l'esprit maléfique Davy Jones. Jones garde les âmes dans son coffre, qui est le fond de n'importe quelle mer ou océan et non un endroit particulier. L'expression n'a aucun lien avec le pirate anglais David Jones.
Dead Men Tell No Tales
Litt. Les morts ne racontent pas d'histoires (Les morts ne parlent pas)
Une expression attribuée aux pirates (sans aucune preuve) pour signifier que les captifs assassinés ne pouvaient pas témoigner d'un acte de piraterie. La plupart des pirates à travers l'Histoire ne tuaient pas leurs victimes, mais les laissaient tranquilles, les recrutaient ou les vendaient comme esclaves.
Deck Cargo
Litt. Cargaisons sur le pont (Avoir du monde au balcon)
Argot naval désignant les seins d'une femme.
Deep Six
Litt. Profond de Six (faire disparaitre)
Eaux d'une profondeur supérieure à six brasses (36 pieds / 11 mètres). Cette expression peut faire référence au fait de jeter des objets par-dessus bord et correspondait à la profondeur minimale pour les enterrements en mer. Elle est donc devenue un euphémisme pour désigner le fait de jeter un cadavre à la mer. De nos jours, elle signifie plus généralement "se débarrasser de quelque chose".
Doubloon
Litt. Doublon
La plus grande pièce d'or (un peu moins d'une once) frappée par les Espagnols pour être utilisée en Espagne et dans les colonies d'Amérique à partir du XVIe siècle.
Down the Hatch
Litt. Par l'écoutille (Santé !)
Mettre la cargaison dans la cale par l'écoutille. L'expression était utilisée comme toast lorsqu'on buvait de l'alcool.
Dressing Down
Litt. Descendre et enduire (Passer un savon)
La tâche désagréable de réimperméabiliser les voiles alors qu'elles étaient entièrement gréées. L'expression a fini par signifier "recevoir une réprimande".
Fag End
Litt. bout de la corde (résidu)
Les extrémités effilochées d'une vieille corde, utilisées pour désigner un mégot de cigarette ou les restes de tout objet sans grande valeur.
Fifteen Men on a Dead Man's Chest
Litt. Quinze marins sur le coffre du mort
Une chanson de pirates inventée par Robert Louis Stevenson pour son roman l'Île au trésor, publié en 1883. Les paroles sont les suivantes:
Quinze hommes sur le coffre du mort
Yo-ho-ho, et une bouteille de rhum !
À boire, et le diable s'était chargé du reste.
Le coffre dont il est question dans la chanson n'est pas un coffre au trésor, mais la petite île Dead Man's Chest (aujourd'hui appelée Dead Chest Island) dans les îles Vierges britanniques.
First Rate
Litt. Premier rang
La classe ou le rang le plus élevé des navires de guerre, généralement ceux équipés de plus de 100 canons.
Flake Out
Litt. étaler (Se défiler / s'écrouler)
Pratique consistant à poser une ancre à plat sur le pont afin de pouvoir la jeter facilement par-dessus bord sans emmêler la corde. L'expression en est venue à signifier "s'allonger d'épuisement" ou "ne pas respecter un rendez-vous ou un engagement".
Footloose
Litt. pied libre (Libre comme l'air)
Lorsqu'une voile est laissée libre et non attachée à son bord inférieur. L'expression en est venue à signifier "libre de faire ce que l'on veut" puisqu'on n'a ni attaches ni responsabilités. Elle est souvent suivie de "and fancy-free" (et sans aucun souci) pour plus d'emphase.
Foul Up
Litt. souiller (Rater/bousiller)
Signifie que la corde de l'ancre s'est emmêlée. De nos jours, l'expression signifie faire une erreur ou gâcher quelque chose.
Freeze the Balls off a Brass Monkey
Litt. Geler les couilles d'un singe en laiton (ça caille!)
Pas aussi grossier qu'il n'y paraît, le "singe" était un plateau en laiton sur lequel des boulets de canon en fer étaient soigneusement empilés en pyramide. Par temps froid, les différents métaux réagissaient différemment et la pile de boulets pouvait bouger.
From the Seas
Litt. Des mers
C'était la réponse typique des pirates à la question "d'où venez-vous ?", donnée pour dissimuler leur identité. Elle pouvait également être donnée par les navires pirates lorsqu'ils entraient dans un port pour la même raison. Utilisée depuis le XVIIe siècle.
Get Into a Flap
Litt. Se mettre dans un battement (S'affoler inutilement)
Signifie "devenir inutilement pressé ou nerveux". L'expression vient du battement des pavillons de signalisation dans la Royal Navy. Si de nombreux messages devaient être envoyés, il y avait alors beaucoup de pavillons et beaucoup de battements.
Get Hitched
Litt. S'attacher (Se marier)
Argot signifiant "se marier", le terme signifiait à l'origine joindre deux cordes ensemble. "Get spliced" a la même signification littérale et figurée.
Gingerbread Work
Litt. travail de pain d'épice (Travail de décoration élaboré)
Terme argotique désignant la dorure décorative sur les parties extérieures d'un navire. Il vient de la pratique des boulangers allemands qui doraient leurs biscuits au gingembre.
Give a Wide Berth
Litt. Donner un grand mouillage (Éviter)
Signifie "ancrer le navire à bonne distance d'un autre navire" et, par extension, éviter délibérément quelque chose.
Going on the Account
Litt. Aller sur le compte
Utilisé depuis le XVIe siècle, cette expression signifiait qu'aucun salaire ne serait versé à un équipage de pirates s'il n'y a pas de butin.
Goose Without Gravy
Litt. Oie sans sauce
Terme argotique désignant une sévère punition mais sans effusion de sang.
Grog
Litt. Grog (mélange de rhum avec de l'eau chaude)
Dans la première moitié du XVIIe siècle, les marins de la Royal Navy recevaient de la bière pure, mais celle-ci fut ensuite remplacée par du rhum pur. L'amiral Edward Vernon, surnommé Old Grogram, décida en 1740 de diluer le rhum avec de l'eau, et cette boisson moins forte fut alors appelée grog. Ce nom finit par désigner toute boisson alcoolisée. Les capitaines pirates ne diluaient probablement pas les boissons et donnaient à leurs hommes tout ce qui était disponible, comme de la bière, du vin et du gin, s'ils n'avaient pas de rhum.
Grommet
(Moussaillon)
Utilisé pour la première fois au XVIe siècle, ce terme vient de l'espagnol grumete et désignait, dans l'argot des pirates, un moussaillon ou un apprenti.
In Consort
Litt. En consort (En association)
Lorsque deux ou plusieurs navires pirates convenaient de se partager le butin même s'ils étaient séparés entre-temps.
Keelhaul
Litt. Distance de quille (passer sous la quille)
Une punition sévère qui consistait à attacher une personne avec une corde, à la jeter par-dessus bord, puis à la traîner soit sous le navire d'un côté à l'autre, soit sur toute la longueur du navire.
Keep Aloof
Litt. tenir le guindant (Garder les distances)
Maintenir le navire face au vent lorsque celui-ci souffle vers la terre, pour éviter le naufrage.
Kick the Bucket
Litt. Botter le seau (Casser sa pipe / Passer l'arme à gauche)
Si l'échafaud ou l'échelle du bourreau n'étaient pas disponibles, la personne sur le point d'être pendue se tenait debout sur un seau jusqu'à ce qu'il ne soit renversé d'un coup de pied.
Land Ho!
Litt. Terre Ho! (Terre en vue !)
Cri poussé par un vigile lorsqu'il aperçoit la terre pour la première fois.
Lubber
Litt. Empoté (Marin d'eau douce)
Également "landlubber", terme utilisé pour la première fois au XIVe siècle pour désigner toute personne maladroite, stupide ou sans emploi. Les marins utilisaient ce terme pour désigner une personne qui ne connaissait pas les tâches nautiques ou la vie en mer en général.
Maroon
(Abandonner un marin)
Laisser délibérément un marin sans aide, généralement sur une petite île inhabitée. Les capitaines pirates étaient connus pour abandonner les fauteurs de troubles, les déserteurs, les lâches et les voleurs, les laissant généralement sans provisions et même sans vêtements. Une alternative à l'abandon sur terre consistait à les laisser dériver dans un petit bateau sans rames. La menace de la soif et de la famine faisait que certains hommes préféraient être tués plutôt que d'être abandonnés. Certaines victimes recevaient un pistolet afin de pouvoir se suicider. Le marin le plus célèbre à avoir été abandonné fut Alexander Selkirk (1676-1721), bien que ce fut par choix, dans le Pacifique, sur les îles Juan Fernández, en 1704. Selkirk inspira le roman Robinson Crusoé de Daniel Defoe.
Mate
(Partenaire /pote)
Utilisé depuis le XIVe siècle, le terme "mate" désigne un membre d'équipage, un collègue, un compagnon d'armes ou simplement une personne avec laquelle on passe beaucoup de temps. C'est également le titre d'un officier à bord des navires marchands et militaires chargé de superviser l'arrimage de la cargaison, d'organiser les tâches quotidiennes de l'équipage et de veiller à ce que les ordres du capitaine ou des autres officiers soient respectés.
Matelot
(dérivé de Mate)
Une relation beaucoup plus étroite que celle de mate (voir ci-dessus), où deux hommes vivaient ensemble, mangeaient ensemble, partageaient leurs biens et veillaient l'un sur l'autre pendant les combats et en cas de maladie. Le terme était utilisé depuis le XVIIe siècle, mais vient du mot français qui désignait deux marins qui mangeaient toujours ensemble. Ce type de relation était particulièrement courant dans les repaires de pirates.
Nightingale
Litt. Rossignol (Mauviette)
Terme péjoratif appliqué à un marin qui criait de douleur lorsqu'il était fouetté, ce qui était considéré comme un manque de courage et de cran.
No Purchase, No Pay
Litt. Pas de butin, pas de paiement
Expression utilisée pour la première fois au XVIe siècle, qui signifiait qu'un pirate ne recevait aucune récompense s'il ne rapportait pas de butin, "purchase" étant un terme archaïque désignant le pillage. L'expression a survécu dans le domaine moderne du sauvetage maritime, où "no cure, no pay" signifie que le navire doit d'abord être sauvé avec succès avant que les équipages ne soient payés.
Peg Leg
Litt. Jambe piquet (À jambe de bois)
Surnom utilisé depuis le XVe siècle pour désigner un marin qui avait perdu une partie de sa jambe et utilisait une prothèse en bois. C'est également le nom donné à la jambe de bois elle-même. Long John Silver, dans L'Île au trésor de Robert Louis Stevenson, en est l'exemple fictif le plus célèbre (du moins dans les films, car dans le livre, il est décrit comme n'ayant que des béquilles), mais plusieurs pirates réels avaient une jambe de bois, notamment le capitaine néerlandais au nom plutôt prestigieux de Cornelis Corneliszoon Jol (mort en 1641).
Picaroon
(Pirate)
Terme argotique du XVIIe siècle désignant un boucanier, un corsaire ou un pirate dans les Caraïbes, dérivé du mot espagnol picarón, qui signifie "coquin".
Pieces of Eight
Litt. Pièce de Huit
Autre nom du peso, une pièce d'argent espagnole largement acceptée comme monnaie aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles en Amérique, qui valait huit réaux d'argent. Le chiffre "8" estampillé sur ces pièces est à l'origine du signe du dollar ($). Les marins coupaient parfois le peso en huit morceaux pour les petites transactions, et deux de ces morceaux étaient appelés "two bits" (deux morceaux), un terme qui fut ensuite utilisé dans la monnaie américaine.
Pillage
Litt. pillage
Il s'agissait d'une coutume des pirates consistant à prendre tout ce qui ne faisait pas partie de la cargaison reconnue (qui était partagée comme butin) d'un navire capturé. À moins d'une stipulation contraire dans les engagements du navire (voir ci-dessous), le pillage était essentiellement une foire d'empoigne où les passagers et toute autre personne à bord étaient dépouillés de leurs objets de valeur tels que bagues, colliers et vêtements raffinés. En général, tout ce qui se trouvait sur le pont était considéré comme pouvant être pillé.
Plate
Litt. Argent (Trésor)
Signifiant "argent", du mot espagnol plata. Ce terme pouvait désigner des pièces ou des lingots d'argent et, en droit maritime, il en est venu à désigner tout type de trésor.
Pull Your Finger Out
Litt. retire ton doigt
Expression signifiant "bouge-toi", qui vient de l'habitude qu'avaient les marins de mettre leur doigt dans la poudrière d'un canon jusqu'à ce qu'il ne soit prêt à tirer.
Purchase
Litt. Achat (Piraterie)
Terme argotique utilisé depuis le XIIIe siècle pour désigner à la fois l'acte de piraterie (ou le vol en général) et le butin pris par les pirates.
Prize
Litt. Récompense
Navire capturé par des boucaniers, des corsaires et des pirates, du latin pretium.
Sail Under the Black Flag
Litt. Naviguer sous le pavillon noir
Être un pirate, c'est faire partie d'un navire qui hisse un pavillon noir comme le Jolly Roger pour avertir les autres navires qu'ils doivent se rendre sous peine de subir des conséquences violentes.
Scrape the Bottom of the Barrel
Litt. Gratter le fond du tonneau (Racler les fonds de tiroir)
Utiliser un couteau pour extraire les derniers restes gras d'un tonneau rempli de porc. La graisse était souvent conservée par le cuisinier et vendue à la fin du voyage aux fabricants de bougies et aux tanneurs. Sa réserve de cette graisse ou de cette bouillie était son "fonds secret". De nos jours, cette expression est utilisée pour signifier être obligé d'utiliser la plus mauvaise qualité de quelque chose.
Scurvy
Litt. Scorbut (Galeux)
Aujourd'hui plus connu comme le nom de la maladie causée par une carence en vitamine C, mais du XVe au XVIIe siècle, c'était une insulte cinglante qui traduisait un mépris total pour une personne.
Sea Dog
Litt. Chien de mer (Loup de mer)
À l'origine, ce terme désignait les corsaires de l'Angleterre élisabéthaine, mais il fut ensuite étendu à tout marin ayant une longue expérience de la mer.
Ship's Articles
Litt. Articles de navire (Contrat d'Engagement maritime)
Code de conduite que devaient respecter les marins et les pirates à bord d'un navire donné ou sous les ordres d'un capitaine donné. De nombreux capitaines exigeaient que leurs équipiers possèdent une Bible, jurent de respecter les engagements et les signent de leur nom ou de leur marque s'ils ne savaient pas écrire.
Shiver Me Timbers
Litt. Les poutres tremblent (Mille sabords !)
Expression pirate entièrement fictive utilisée pour la première fois dans le roman L'Île au trésor de Robert Louis Stevenson en 1883 pour exprimer la surprise ou le choc, comme si le navire avait heurté des rochers et que la charpente (les timbers) et la coque étaient brisées.
Sling Your Hook
Litt. Passe ton crochet (fiche le camp)
Une invitation lancée à un marin impopulaire pour qu'il aille accrocher son hamac ailleurs. Aujourd'hui, cette expression signifie "va-t'en, tu n'es pas le bienvenu".
Sloppes
(Pantalon bouffant)
Pantalon bouffant porté par tous les marins, lâche au niveau des genoux et serré aux chevilles. Plus tard, ce terme a désigné les vêtements de mauvais temps, qui étaient également bouffants.
Splice the Main Brace
Litt. Raccorder la grande vergue (Servir une bonne bouteille)
À l'origine, cette expression désignait la réparation d'un élément clé du gréement du navire, la grande vergue, et comme il s'agissait d'une tâche difficile, l'équipage recevait souvent du rhum ou du grog après coup. Par conséquent, l'expression a fini par signifier "servir à boire".
Swab
Litt. Serpillère
Nom donné à une serpillière en corde utilisée par les marins pour laver les ponts. Les termes "swab" et "swabber" étaient utilisés comme insultes dès le XVIe siècle pour désigner une personne de rang inférieur (car le nettoyage des ponts était la tâche la plus basse à faire).
Take Down a Peg or Two
Litt. Descendre d'un cran ou deux (Remettre à sa place)
Signifie réduire le rang d'une personne ou diminuer l'opinion exagérée qu'elle a d'elle-même. Cette expression vient de la pratique de la Royal Navy qui consistait à accrocher des drapeaux ou des étendards de grade au mât. Si un officier supérieur montait à bord, le drapeau précédemment le plus haut était descendu d'un cran et le nouveau drapeau était placé au-dessus.
Talk Bilge
Litt. Parler de fond de cale (Dire des bêtises)
Signifie dire des bêtises. Cette expression vient de l'eau sale qui se trouve dans les parties inférieures d'un navire.
Walk the Plank
Litt. Marcher sur la planche
Une forme d'exécution qui consistait à bander les yeux d'un prisonnier, à lui attacher les mains derrière le dos et à le faire marcher sur une planche posée sur le pont et suspendue au-dessus de la mer. Le prisonnier était encouragé à avancer à l'aide d'une épée ou en lui tirant dessus. Il n'existe aucun cas historique fiable attestant que cela se soit réellement produit, mais cela reste néanmoins un élément très apprécié dans les romans de pirates. Cette idée pourrait provenir des pirates ciliciens du Ier siècle avant J.-C. qui, selon Plutarque (vers 45 - vers 125 ap. J.-C.), faisaient marcher les captifs romains sur une échelle posée sur l'eau.
Wench
Litt. Gueuse/Souillon
Terme utilisé à partir du XIIIe siècle pour désigner une femme, souvent une prostituée, bien qu'il ne s'agisse pas à l'origine d'une insulte. Une wench était plutôt une personne chaleureuse. Dans la fiction pirate, ce terme est souvent utilisé comme euphémisme pour désigner une prostituée.
Where away?
Litt. Dans quelle direction?
Généralement prononcée en réponse à un vigile apercevant la terre ou un autre navire.
Yo-Ho-Ho
Litt. Oh hisse!
Une expression pirate fictive sans signification particulière qui apparaît pour la première fois dans le roman de Robert Louis Stevenson, L'Île au trésor, publié en 1883. Elle pourrait provenir de l'expression "Yeo heave ho" (Oh hisse !) que les marins scandaient en tirant sur les cordages.
