Guerre des Huit Princes

Article

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 18 juillet 2019
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Disponible dans ces autres langues: anglais

La guerre des huit princes (291-306 de notre ère) est le conflit qui affaiblit et finit par mettre fin à la dynastie des Jin de l'Ouest (266-316 de notre ère) en Chine et entraîna des conséquences plus importantes dans tout le pays. Le pouvoir de la famille Sima fut établi dans l'État de Wei par Sima Yi (179-251 de notre ère) pendant la période des Trois Royaumes, avant l'avènement de la dynastie Jin. Le conflit des princes découla de la volonté de savoir qui exercerait le plus de pouvoir dans la famille royale Sima après la mort de l'empereur Wu (nom de naissance Sima Yan, 236-290 de notre ère) dont le successeur, l'empereur Hui (nom de naissance Sima Zhong, 259-307), était handicapé et donc facilement manipulable.

War of the Eight Princes
La Guerre des Huit Princes
Creative Assembly (Copyright)

Au départ, la guerre des huit princes n'était pas tant un conflit armé entre huit nobles différents qu'une redoutable partie d'échecs jouée par l'impératrice Jia Nanfeng (257-300 de notre ère) et certains princes et, plus tard, une quantité d'affrontements armés, de complots et de manipulations subtiles.

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Les Huit Princes étaient :

  • Sima Yong, prince de Hejian, grand-oncle de l'empereur Wu.
  • Sima Jiong, prince de Qi, cousin de l'empereur Hui.
  • Sima Yue, Prince de Donghai, cousin de l'Empereur Wu
  • Sima Ai, prince de Changsha, fils de l'empereur Wu et d'une concubine.
  • Sima Ying, prince de Chengdu, fils de l'empereur Wu et d'une concubine.
  • Sima Lun, prince de Zhao, fils de Sima Yi
  • Sima Liang, prince de Runan, fils de Sima Yi.
  • Sima Wei, prince de Chu, fils de l'empereur Wu et d'une concubine.

Tous les huit en vinrent à être connus pour leur tempérament ou leur caractéristique exceptionnelle pendant le conflit. Sima Wei est généralement connu pour son tempérament vif; Sima Liang pour son honneur et sa chevalerie; Sima Lun en tant qu'usurpateur du trône; Sima Ying pour sa capacité à gouverner; Sima Ai pour son courage et son administration; Sima Yue pour sa bravoure et sa ténacité; Sima Jiong pour son arrogance; Sima Yong pour son intelligence et son ingéniosité. Leur histoire est racontée dans le volume 59 du Livre des Jin (Jin Shu, vers l'an 648), également connu sous le nom d'Histoire de la dynastie Jin.

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À la fin de la guerre, tous ces hommes sauf un étaient morts, des milliers d'autres avaient été tués, d'autres encore avaient été déracinés et laissés sans abri, et le royaume pour lequel ils s'étaient battus était en ruines. À la fin, après toutes ces effusions de sang et ces souffrances, la dynastie des Jin de l'Ouest fut remplacée par les nomades Xiongnu et les réfugiés fuirent pour former la dynastie des Jin de l'Est (317-420 de notre ère), à laquelle succéda la dynastie des Liu Song (420-479 de notre ère). La guerre des huit princes est considérée comme l'un des épisodes les plus sanglants de l'histoire de la Chine et une leçon d'ironie absurde, car le conflit éclata en raison des efforts déployés pour empêcher précisément ce qui finit par se produire.

L'ascension de la famille Sima

La dynastie Han (202 av. J.-C. - 220 après J.-C.), qui avait succédé à la première dynastie impériale des Qin, s'était progressivement affaiblie à partir de 105 après J.-C. en raison de divers problèmes, notamment l'isolement de l'empereur par rapport au peuple et les guerres coûteuses avec les peuples nomades Xianbi au nord. Les armées aux frontières étaient plus loyales à leurs commandants qu'à l'empereur et le devinrent davantage à mesure que le conflit contre les Xianbi continuait à faire des victimes chinoises. Lors d'une embuscade des Xianbi en 177 de notre ère, les trois quarts du contingent chinois furent tués. Malgré cela, l'empereur Lingdi (r. de 168 à 189 de notre ère) insista pour que la guerre se poursuive et taxa lourdement la paysannerie afin de la financer.

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SIMA YI ÉTAIT UN GRAND STRATÈGE QUI AVAIT ÉTÉ RESPONSABLE DES VICTOIRES POLITIQUES ET MILITAIRES DE CAO CAO ET QUI UTILISAIT MAINTENANT CES MÊMES COMPÉTENCES POUR CONSOLIDER SON POUVOIR.

Les paysans étaient déjà confrontés à de multiples problèmes causés par les inondations et la famine, et de nombreux seigneurs, incapables de percevoir l'impôt auprès d'une population sans ressources, désertaient leurs villages et se déplaçaient avec leur gens vers d'autres lieux qu'ils fortifiaient ensuite. Beaucoup de personnes ne pouvaient cependant pas se permettre ce luxe, et la frustration qu'ils ressentaient finit par s'exprimer dans la Rébellion des Turbans Jaunes de l'an 184 de notre ère.

La rébellion prit l'empereur par surprise et il autorisa rapidement les gouverneurs régionaux à lever des armées pour faire face au problème. La révolte fut écrasée l'année suivante par le général Cao Cao mais, à ce moment-là, tous ces gouverneurs étaient devenus des seigneurs de la guerre avec leurs propres armées qui se battaient désormais entre eux dans leur quêre de territoire et de pouvoir. La dynastie Han tomba et fut remplacée par une période chaotique connue sous le nom des Trois Royaumes (220-280 de notre ère), composée de Cao Wei, Wu oriental et Shu Han, qui se firent tous la guerre.

Cao Cao, Battle of Red Cliffs
Cao Cao, Bataille de la Falaise Rouge
Shizhao (CC BY-SA)

Sima Yi était chancelier et corégent de l'État de Wei mais, après un coup d'État en 249 de notre ère, il assuma la pleine autorité politique et militaire. Sima Yi était un grand stratège qui avait été responsable des victoires politiques et militaires de Cao Cao. Il utilisait maintenant ces mêmes compétences pour consolider son pouvoir et assurer la succession de son fils Sima Shi (208-255) et, après lui, Sima Zhao (211-265). Bien que les membres de la famille Sima aient désormais été le pouvoir derrière le gouvernement, il y avait toujours un empereur sur le trône de Wei, Cao Huan (r. de 260 à 266). Le fils de Sima Zhao, Sima Yan, convainquit Cao Huan d'abdiquer en sa faveur et fonda ensuite la dynastie Jin en prenant le nom d'empereur Wu de Jin.

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Le contexte des troubles

Peu après l'accession au trône de Sima Yan, les Xianbi furent vaincus et soumis par un autre peuple nomade, les Xiongnu. Vers 280 de notre ère, les Xiongnu lancèrent des raids dans le bassin du fleuve Jaune et rien ne fut fait pour les arrêter. Ceux qui auraient pu monter une défense n'eurent pas le pouvoir de le faire et, lorsque l'empereur eut connaissance du raid, le mal était fait et les Xiongnu étaient en sécurité dans leur propre territoire.

L'empereur Wu, tirant les leçons du passé, reconnut qu'une grande partie des problèmes de la dynastie Han vers la fin était due à l'isolement de l'empereur de son peuple et de l'armée. Afin de prévenir tout chaos similaire à l'avenir - et de faire face aux problèmes actuels tels qu'un autre raid Xiongnu - l'empereur Wu nomma 27 de ses proches princes et leur donna leurs propres royaumes, ainsi que leurs armées, qui devaient être maintenues à un maximum de 5 000 hommes pour les grands royaumes, les petits royaumes conservant des forces moins importantes mais tout de même substantielles. Il semble avoir pensé que cette politique assurerait une stabilité maximale dans la mesure où chaque royaume sur lequel il régnait était sous le contrôle direct d'un membre de la famille qui lui devait tout et resterait loyal. Il n'y aurait pas à craindre que des seigneurs de guerre indisciplinés dans des districts éloignés marchent contre lui, ni que les paysans ne se révoltent, car chaque prince s'occuperait du peuple dans son propre royaume.

Emperor Wu of Jin
Empereur Wu de Jin
Jappalang (Public Domain)

Le plan de Wu fonctionnait bien sur le papier mais, en pratique, les paysans souffrirent davantage car ils étaient enrôlés dans l'armée de chaque prince et chaque prince se souciait davantage de son propre pouvoir et de son propre royaume que du bien-être de l'État dans son ensemble ou des habitants de leurs royaumes. Ces problèmes allaient être aggravés par les facultés mentales du fils et successeur de l'empereur, Sima Zhong. L'empereur Wu eut deux fils de sa première femme Yang Yan (238-274 de notre ère), Sima Gui (qui mourut jeune) et Sima Zhong qui fut fait prince héritier. Sima Zhong est souvent qualifié de "faible" ou d'"incapable", mais il serait aujourd'hui diagnostiqué comme souffrant de troubles du développement. Il semble avoir fonctionné à un niveau rudimentaire et avait du mal à tenir une conversation de base et à prendre des décisions.

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Les conseillers de l'empereur Wu attirèrent son attention sur le handicap de son fils, mais Wu les ignora. Il arrangea le mariage de son fils avec Jia Nanfeng, fille de Jia Chong (217-282 de notre ère), un ami de longue date de la famille, duc et conseiller de l'empereur. Jia Nanfeng est régulièrement décrite comme une personne sournoise, jalouse, mesquine et impitoyable, et elle révéla très vite un talent pour la duplicité. Elle avait 14 ans lorsqu'elle épousa Sima Zhong, âgé de 12 ans, et peu de temps après, l'empereur prêta finalement attention à ses conseillers et se demanda si son fils était capable de lui succéder, initiant une politique consistant à envoyer au garçon des questions écrites auxquelles il devait répondre. Jia Nanfeng put facilement apaiser les craintes de l'empereur Wu en rédigeant - ou en faisant rédiger par des serviteurs - des réponses que l'empereur trouva remarquables.

La première femme de l'empereur Wu mourut en 274 de notre ère, et il épousa Yang Zhi (259-292 de notre ère), fille de son conseiller Yang Jun (m. en 291 de notre ère), que l'empereur avait nommé régent pour Sima Zhong. Lorsque l'empereur Wu mourut en 290 de notre ère, Sima Zhong devint l'empereur Hui de Jin, mais, incapable de gouverner, il devint rapidement le pion le plus précieux dans le jeu visant à prendre et à conserver le pouvoir.

Jia Nanfeng fait le premier pas

Yang Zhi, en tant que veuve de l'empereur défunt et belle-mère du nouvel empereur, exerçait initialement la plus grande emprise sur Hui et en profita pour renforcer la position de son père en tant que régent. Pour Jia Nanfeng, la nouvelle impératrice, cette situation était intolérable et elle écrivit à Sima Liang (mort en 291 de notre ère) et Sima Wei (mort en 291 de notre ère) pour qu'ils viennent à la capitale à Luoyang pour l'aider. Sima Wei arriva avec son armée, sans être contré par ceux du gouvernement central, et Jia Nanfeng accusa Yang Jun de trahison. Bien que l'histoire la traite à peu près comme elle semble l'avoir mérité, elle avait en fait raison sur ce point - presque certainement sans le savoir - car Yang Jun avait auparavant modifié la volonté de l'empereur Wu pour en tirer profit et étoffer sa position.

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Sima Wei
Sima Wei
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Utilisant sa bonne vieille méthode d'écrire au nom de son mari, Jia Nanfeng publia un édit dénonçant Yang Jun et ordonnant à Sima Wei d'attaquer les troupes de Yang. Pendant ce temps, Yang Zhi écrivit ses propres édits qu'elle tira ensuite des fenêtres du palais, dénonçant Jia Nanfeng et demandant de l'aide. Jia Nanfeng l'accusa de trahison et, après la défaite des troupes de Yang Jun et son exécution, Yang Zhi fut placée en résidence surveillée et mourut de faim. Des milliers de membres de la famille Yang et de partisans furent ensuite exécutés.

Sima Liang prit alors le contrôle pour maintenir la paix mais, comme il avait rejeté l'offre antérieure de Jia Nanfeng de renverser les Yang, elle falsifia un autre édit impérial au nom de son mari, accusant Sima Liang de trahison, et il fut tué par Sima Wei. Elle fit ensuite courir le bruit que Sima Wei avait falsifié l'édit et que Sima Liang était innocent. Sima Wei perdit la face, fut déserté par ses partisans et fut très vite exécuté.

Sima Lun fait le prochain pas

LE PRINCE SIMA LUN DE ZHAO ÉTAIT L'UN DES CONFIDENTS DE JIA NANFENG, MAIS IL ATTENDAIT EN FAIT L'OCCASION DE LA DÉTRUIRE.

Les manipulations de Jia Nanfeng avaient fonctionné comme elle l'avait espéré, mais il y avait un autre obstacle sur la voie vers le contrôle absolu : Sima Yu (278-300), son beau-fils. L'empereur Wu avait donné à Sima Zhong une concubine, Xie Jiu, pour parfaire son éducation sexuelle, et Sima Yu était leur fils et donc le prince héritier légitime puisque Jia Nanfeng n'avait pas encore pu produire d'héritier mâle. Jia Nanfeng invita Sima Yu au palais pour un festin et, une fois qu'il fut ivre, lui fit rédiger un plan pour la tuer elle ainsi que l'empereur Hui et se faire nommer empereur. Elle présenta ensuite ce document à son mari et demanda que Sima Yu soit exécuté. L'empereur Hui refusa de tuer son fils et le fit rétrograder au rang de roturier.

Le prince Sima Lun de Zhao (mort en 301 de notre ère) était l'un des confidents de Jia Nanfeng, mais il attendait en fait l'occasion de la détruire. Il suggéra à Jia Nanfeng de tuer Sima Yu avant que le jeune homme n'ait la possibilité de plaider sa cause auprès de son père, ce qui pourrait la démasquer. Jia Nanfeng suivit son conseil, tua son beau-fils, puis fut surprise par l'édit de Sima Lun qui l'accusa de trahison et de meurtre. Il la força à se suicider, massacra sa famille et ses partisans, et fit placer l'empereur Hui en résidence surveillée, se déclarant lui-même empereur en 301 de notre ère.

La guerre des princes

Sima Jiong (mort en 302 de notre ère), Sima Ying (mort en 306 de notre ère) et Sima Yong (mort en 306 de notre ère) s'allièrent contre Sima Lun, défirent ses armées et le forcèrent à se suicider. Ensuite, conformément à leur politique, ils massacrèrent ses partisans et sa famille, et Sima Jiong restaura l'empereur Hui au pouvoir. Sima Jiong se donna tous les pouvoirs de l'empereur, bien qu'il ait prétendument agi dans l'intérêt de l'empereur Hui, et récompensa Sima Ying et Sima Yong avec des postes élevés pour qu'ils restent tranquilles.

Cependant, Sima Yong n'était pas satisfait des prétentions de Sima Jiong et fomenta donc un complot pour se saisir du pouvoir. Il inventa une histoire selon laquelle Sima Ai (mort en 304 de notre ère) complotait contre Sima Jiong et laissa cette histoire se répandre dans l'espoir que Sima Jiong détruise Sima Ai, s'affaiblissant ainsi lui-même, et tomberait ainsi facilement aux mains de Sima Yong. Cependant, Sima Ai put échapper aux forces de Sima Jiong, contre-attaqua et tua Sima Jiong. Lorsque Sima Yong arriva à Luoyang, il trouva Sima Ai au poste de contrôle et à la tête de forces importantes. Sima Ai se comporta alors comme un empereur et prétendit parler dans l'intérêt de Hui.

Sima Ying
Sima Ying
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Sima Yong attendit son heure dans l'espoir qu'un accident malheureux (qu'il essaya d'organiser) n'arrive à Sima Ai, mais comme cela ne se produisit pas, il s'allia à Sima Ying pour déposer Ai. Sima Ai fut finalement capturé et tué par Sima Yong. Sima Yue (mort en 311 de notre ère), Sima Ying et Sima Yong se partagèrent alors la richesse et le pouvoir de la capitale. Cependant, Sima Yue était jaloux de la richesse de Sima Ying et convainquit l'empereur Hui qu'il était déloyal et préparait un coup d'État. Yue et Hui s'allièrent contre Ying mais furent vaincus et Hui fut fait prisonnier par Ying.

Sima Ying emmena Hui à Luoyang, alors sous le contrôle de Sima Yong. Sima Yue se regroupa et attaqua, battant Sima Yong lors d'une bataille en 305 de notre ère. Sima Ying et Sima Yong furent tous deux exécutés l'année suivante et leurs familles et partisans, assassinés. L'empereur Hui mourut en 307 de notre ère, probablement empoisonné, et Sima Yue demeura le dernier prince encore debout, mais avec la mort de l'empereur Hui, le trône revint au plus proche parent, un certain Sima Chi (connu à titre posthume sous le nom d'empereur Huai, 284-313 de notre ère), le plus jeune fils de l'empereur Wu et d'une de ses concubines. Sima Yue mourut en 311 de notre ère de causes incertaines, mais, compte tenu des problèmes qu'il avait causés à l'empereur Huai, il fut très probablement empoisonné.

Conclusion

Tout au long de la dernière partie de la Guerre des Huit Princes (vers 300-306 de notre ère), les différents antagonistes utilisèrent souvent les forces mercenaires des Xiongnu qui avaient inspiré l'empereur Wu à doter les princes de leurs propres royaumes et armées. Après la mort de Sima Yue en 311 de notre ère, Luoyang fut prise par le chef xiongnu Liu Cong (mort en 318 de notre ère) qui exécuta Sima Chi en 313 de notre ère. Sima Chi fut remplacé par Sima Ye (connu à titre posthume sous le nom d'empereur Min, mort en 318) qui se rendit aux Xiongnu en 316 et fut exécuté deux ans plus tard.

Le déclin rapide des Jin de l'Ouest entre 300 et 304 de notre ère donna lieu à une période nébuleuse connue sous le nom de "seize royaumes" (vers 304-439 de notre ère), au cours de laquelle des tribus "barbares" étrangères, dont les Xiongnu, établirent leurs propres domaines dans toute la Chine, parallèlement aux dynasties chinoises. Les survivants de la cour des Jin de l'Ouest furent contraints de fuir Luoyang et fondèrent la dynastie des Jin de l'Est en 317 de notre ère à Jiankang (aujourd'hui Nanjing), mais celle-ci était tout aussi corrompue que l'ancienne cour et se heurta en outre à la résistance des clans déjà établis dans la région, habitués à leur propre forme de gouvernement. Malgré cela, ils réussirent à conserver le pouvoir jusqu'en 420 de notre ère, date à laquelle ils furent déposés par Liu Yu (363-422 de notre ère) qui fonda la dynastie Liu Song.

Chinese Warrior
Guerrier chinois
Sam Steiner (CC BY-NC-SA)

La guerre des Huit Princes est une coda appropriée à la période des Trois Royaumes marquée par le même niveau de brutalité lors de leur ascension au pouvoir et le même manque de considération pour le peuple que chaque faction prétendait représenter. Au cours de ces deux périodes, l'aristocratie utilisa le peuple comme chair à canon dans ses batailles insensées pour s'agrandir, alors qu'elle aurait pu tout aussi bien consacrer ses efforts à améliorer le niveau de vie dans le pays et rendre la vie des gens meilleure au lieu de les détruire.

Au final, dans les deux cas, les antagonistes trahirent leurs propres idéaux par leur égoïsme et leur soif de pouvoir. Bien que la période des Trois Royaumes, en particulier, et la guerre des Huit Princes, à un moindre degré, aient longtemps été romancées dans la littérature, il y a peu de choses qu'un paysan chinois de l'époque aurait trouvé romantiques dans l'une ou l'autre.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2019, juillet 18). Guerre des Huit Princes [War of the Eight Princes]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1425/guerre-des-huit-princes/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Guerre des Huit Princes." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le juillet 18, 2019. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1425/guerre-des-huit-princes/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Guerre des Huit Princes." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 18 juil. 2019. Web. 06 juil. 2022.

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