Jefferson Davis

Président des États confédérés
Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
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Jefferson Davis (by Mathew Brady, Public Domain)
Jefferson Davis Mathew Brady (Public Domain)

Jefferson Davis (1808-1889) était un planteur, un soldat et un homme politique du Mississippi, qui fut le premier et unique président des États confédérés pendant la guerre de Sécession (1861-1865). Vétéran de la guerre américano-mexicaine (1846-1848), Davis fut élu président confédéré en 1861 en raison de sa défense fervente du Sud américain et de l'institution de l'esclavage pendant ses années au Congrès. Malgré sa popularité initiale, il fut rapidement critiqué dans toute la Confédération pour sa gestion de la guerre et finit par être tenu responsable de la défaite. Après la guerre, il fut emprisonné à Fort Monroe, en Virginie, pendant deux ans avant de passer le reste de sa vie à l'écart de la vie publique.

Jeunesse

Jefferson Finis Davis vit le jour le 3 juin 1808 à Davisburg, dans le Kentucky (aujourd'hui Fairview), à moins de 160 km de l'endroit où son grand rival, Abraham Lincoln (1809-1865), allait naître huit mois plus tard. Il était le dernier des dix enfants de Samuel Emory Davis, un vétéran de l'armée continentale, et de sa femme Jane Cook. Ses parents s'étaient rencontrés en Caroline du Sud en 1783, pendant les derniers mois de la guerre d'indépendance américaine (1775-1783), et avaient déménagé vers l'ouest une décennie plus tard. Alors que ses frères et sœurs aînés avaient reçu des prénoms bibliques, Jefferson fut nommé en hommage au président Thomas Jefferson (1743-1826), que son père admirait beaucoup.

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Davis soutenait le programme expansionniste de Polk, notamment l'annexion de l'Oregon alors sous contrôle britannique.

Quelques années plus tard, Sam Davis déménagea avec sa famille dans le Mississippi, où il acheta une petite plantation de coton et douze esclaves. Le jeune Davis fut renvoyé dans le Kentucky pour y faire ses études et, en 1823, il s'inscrivit à l'université Transylvania, près de Lexington. Il y était encore l'année suivante lorsqu'il apprit que son père était décédé. La plupart des terres et des esclaves de Sam Davis avaient été légués à son fils aîné, Joseph. De 23 ans plus âgé que Jefferson, Joseph Davis était déjà un planteur respecté qui possédait un grand domaine appelé Davis Bend, juste au sud de Vicksburg, dans le Mississippi. Remplissant le rôle de figure paternelle pour ses jeunes frères et sœurs, Joseph utilisa son influence pour faire admettre Jefferson à la prestigieuse Académie militaire américaine de West Point, dans l'État de New York, en 1824.

Jefferson Davis se révéla être un cadet indiscipliné. Au cours de sa première année à l'académie, il fut traduit en cour martiale pour avoir bu – il fut reconnu coupable mais fut ensuite gracié – et, deux ans plus tard, il fut impliqué dans la célèbre mutinerie de Noël qui resterait dans l'histoire de West Point sous le nom de "Eggnog Riot". Il réussit néanmoins à obtenir son diplôme en 1828, se classant 23e sur 33 dans sa promotion. Il servit ensuite dans le 1er régiment d'infanterie sous le commandement du colonel Zachary Taylor (1786-1850). Au cours des premières années de son service militaire, il fut victime de maladies telles que la pneumonie et la bronchite, ce qui le rendit inapte au service pendant la brève guerre de Black Hawk en 1832. Il reprit toutefois du service à temps pour escorter le chef sauk Black Hawk vers sa captivité; Black Hawk se souviendrait plus tard que Davis "nous traitait tous avec beaucoup de gentillesse" (cité dans Encyclopedia Virginia).

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Ascension politique et guerre mexicaine

En janvier 1833, Davis entama une relation amoureuse avec Sarah Knox Taylor, la fille de son commandant. Le colonel Taylor désapprouvait cette union et fit tout ce qu'il put pour l'empêcher, allant jusqu'à transférer Davis dans une autre unité. Sans se laisser décourager, Davis démissionna de l'armée et épousa Sarah en 1835. Malheureusement, leur mariage fut de courte durée, Sarah mourut de la malaria trois mois seulement après leur mariage. Désemparé et sans autre perspective, Davis demanda l'aide de son frère Joseph, qui lui céda 800 acres de terre à Davis Bend afin qu'il puisse créer sa propre plantation de coton. Davis baptisa ce domaine Brierfield, qui devint très prospère dès 1840. À cette époque, il possédait 40 esclaves; en 1860, il en aurait 112.

Au début des années 1840, Davis s'engagea dans la politique et se rendit régulièrement à Jackson, la capitale de l'État, pour travailler avec le Parti démocrate. En 1844, il fut l'un des six grands électeurs du Mississippi et vota pour le candidat démocrate James K. Polk (1795-1849), qui remporta l'élection cette année-là. En 1845, l'année où il épousa sa deuxième femme, Varina Howell, âgée de 18 ans, il fut élu à la Chambre des représentants des États-Unis. Une fois son siège au Congrès obtenu, Davis soutint le programme expansionniste de Polk, notamment l'annexion de l'Oregon alors sous contrôle britannique. Il vota en faveur de la guerre contre le Mexique le 11 mai 1846, puis quitta le Congrès pour diriger le 1er régiment du Mississippi nouvellement créé en tant que colonel.

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Mississippi Rifles at Buena Vista
Des fusils "Mississipis" à Buena Vista Samuel Chamberlain (Public Domain)

Davis utilisa ses relations politiques pour armer ses troupes avec des fusils à percussion plus récents au lieu des vieux mousquets à canon lisse utilisés par la plupart des autres unités. En raison de leur association avec Davis et ses Mississippiens, ces armes furent baptisées "fusils du Mississippi". Son régiment servit dans l'armée de son ancien beau-père, le général Zachary Taylor, et participa à la bataille de Monterrey (21-24 septembre 1846) et à la bataille de Buena Vista (22-23 février 1847). Davis se distingua à Buena Vista, où ses soldats du Mississippi jouèrent un rôle majeur dans la repousse d'une attaque mexicaine. Vers la fin de la guerre américano-mexicaine, Davis quitta l'armée pour accepter un poste vacant au Sénat américain.

Champion du Sud

Après la mort de Calhoun, Davis fut reconnu en tant que principal porte-parole du Sud esclavagiste.

Au Sénat, Davis se forgea rapidement une réputation de champion de l'esclavage et des droits des États. En effet, surtout après la mort de John C. Calhoun (1782-1850), il fut reconnu en tant que principal porte-parole du Sud esclavagiste. La question de l'esclavage avait déjà commencé à diviser la nation selon des lignes sectorielles, opposant les "États libres" du Nord aux "États esclavagistes" du Sud. En 1849, Davis s'opposa vigoureusement à l'adhésion de la Californie à l'Union en tant qu'"État libre", au motif que cela perturberait le délicat équilibre des pouvoirs au Congrès, soumettant à jamais les États du Sud à la volonté du Nord. Cela le mit en désaccord avec Taylor, qui venait d'être élu président mais qui allait mourir un an seulement après le début de son mandat. Bien que la situation ait été temporairement apaisée par le compromis de 1850, les tensions étaient telles que Davis faillit provoquer en duel un membre du Congrès de l'Illinois.

En mars 1853, le président Franklin Pierce (1804-1869) choisit Davis comme secrétaire à la Guerre. Davis se montra très énergique à ce poste. Il augmenta les effectifs de l'armée, contribua à l'adoption de la loi controversée du Kansas-Nebraska et plaida en faveur d'un chemin de fer transcontinental vers le Pacifique, qu'il jugeait nécessaire pour la défense nationale. Il introduisit également la balle Minié dans l'armée américaine. Il s'agissait d'une balle conique à base creuse qui offrait une plus grande précision et qui expliquait en partie le nombre élevé de victimes de la guerre civile. À la fin du mandat de Pierce en 1857, Davis retourna au Sénat, où il continua à s'exprimer au nom du Sud. Cependant, au début de l'année 1858, il contracta une maladie qui le rendit partiellement aveugle de l'œil gauche.

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Jefferson Davis, 1859
Jefferson Davis, 1859 Julian Vannerson (Public Domain)

En novembre 1860, la question de l'esclavage atteignit son paroxysme lorsque Abraham Lincoln, candidat du Parti républicain antiesclavagiste, fut élu président. En réponse, la Caroline du Sud fut le premier État à faire sécession de l'Union le 20 décembre 1860, suivie par une série d'autres États qui finirent par s'unir pour former les États confédérés d'Amérique. Davis, bien qu'initialement opposé à la sécession, démissionna du Sénat le 21 janvier 1861, peu après que le Mississippi eut voté en faveur de la sécession, qualifiant ce jour de "plus triste de sa vie". Il retourna chez lui à Brierfield, s'attendant à être appelé à servir comme général dans l'armée confédérée. Au lieu de cela, il fut surpris – et quelque peu consterné – d'apprendre qu'une convention de délégués l'avait choisi comme président provisoire de la Confédération. Il se rendit à contrecœur à Montgomery, en Alabama, où il prêta serment le 18 février 1861.

Président de la Confédération

En avril 1861, les sécessionnistes de Caroline du Sud tirèrent sur la garnison fédérale de Fort Sumter, déclenchant ainsi la guerre de Sécession. Peu après, Lincoln fit appel à 75 000 volontaires pour réprimer la rébellion, ce qui provoqua une deuxième vague de départs de l'Union. Lorsque la Virginie fit sécession en mai, le gouvernement confédéré transféra la capitale nationale à Richmond, en reconnaissance de l'importance symbolique et économique de la Virginie. À cette époque, Davis était très populaire dans toute la Confédération, à la fois en raison de la ferveur guerrière et de son passé de défenseur de la cause sudiste. Il remporta facilement l'élection pour un mandat complet de six ans en tant que président et fut investi à Richmond le 22 février 1862, aux côtés de son vice-président, Alexander Stephens, de Géorgie.

Inauguration of Jefferson Davis, February 1861
Inauguration de Jefferson Davis, février 1861 Strobridge & Co. (Public Domain)

Davis savait que sa responsabilité première était de gagner la guerre et d'assurer l'indépendance du Sud. Cependant, ses méthodes lui firent perdre une grande partie de la bonne volonté dont il bénéficiait au départ de la part de sa jeune nation. Pour commencer, Davis croyait, tout comme Lincoln de l'autre côté du fleuve Potomac, qu'une autorité centralisée et la suspension temporaire de certaines libertés constitutionnelles étaient nécessaires pour remporter la victoire finale. Tout comme Lincoln, il suspendit l'habeas corpus dans certains cas et, dans d'autres, confisqua des biens privés ou imposa la loi martiale. Conscient que les effectifs disponibles de la Confédération étaient largement inférieurs à ceux du Nord, il fit adopter en avril 1862 un projet de loi sur la conscription par le Congrès confédéré. Davis fut donc à l'origine de la première conscription militaire de l'histoire des États-Unis (Lincoln allait bientôt lui emboîter le pas). Comme les hommes qui possédaient 20 esclaves ou plus étaient exemptés de la conscription, le projet de loi provoqua des tensions entre les classes sociales et alimenta les accusations selon lesquelles Davis obligeait les pauvres à mener la guerre des riches.

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La plupart de ces politiques valurent à Davis de nombreux ennemis. Les sécessionnistes radicaux estimaient qu'ils menaient une guerre pour protéger les droits des États et accusèrent donc Davis de trahir les idéaux de la Confédération en exerçant un pouvoir exécutif trop important. Les journaux dénigraient l'administration, tandis que des politiciens puissants, dont le vice-président Stephens, se retournèrent contre Davis et commencèrent à le critiquer publiquement. Le fait que le cabinet de Davis ait connu un taux de rotation assez élevé ne facilita guère les choses: en seulement quatre ans, il eut quatre secrétaires à la Guerre différents. Davis fut accusé de microgérer son cabinet, tout comme il fut accusé d'ingérence dans les affaires militaires. Dans les deux cas, ses détracteurs affirmaient qu'il nommait de manière disproportionnée des amis ou des camarades diplômés de West Point à des postes importants, et qu'il avait tendance à fermer les yeux sur leurs défauts.

Jefferson Davis and His Cabinet
Jefferson Davis et son cabinet Thomas Kelly (Public Domain)

L'une des nominations de Davis fut cependant sans doute la décision la plus importante de sa présidence. Le 1er juin 1862, il nomma le général Robert E. Lee (1807-1870) à la tête de l'armée de Virginie du Nord. Jusqu'alors, Lee avait été le conseiller militaire de Davis, mais n'avait rien d'autre à montrer de la guerre qu'une campagne ratée dans l'ouest de la Virginie l'année précédente. Mais la confiance du président en Lee fut rapidement justifiée: lors de la Seven days Battles (ou Bataille des Sept Jours, du 25 juin au 1er juillet 1862), l'armée de Lee vainquit une force unioniste bien plus importante lors d'une série d'engagements rapides, chassant les Nordistes des portes de Richmond.

Davis et Lee travaillèrent très bien ensemble. Conscients de leurs ressources militaires limitées, ils mirent au point une "stratégie offensive-défensive", selon laquelle les armées sudistes se battraient principalement de manière défensive, mais chercheraient constamment des occasions d'agir de manière agressive et de passer à l'offensive. L'objectif était de prolonger la guerre et d'épuiser la volonté de combattre du Nord, ainsi que d'obtenir la reconnaissance étrangère de la Confédération. Lee se révéla habile dans ce type de guerre: en prenant des risques calculés et en agissant de manière agressive lorsque l'occasion se présentait, il remporta certaines des victoires les plus importantes du Sud, notamment la deuxième bataille de Bull Run (28-30 août 1862), la bataille de Fredericksburg (11-15 décembre 1862) et la bataille de Chancellorsville (du 30 avril au 6 mai 1863).

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Cette stratégie navait pourtant ses limites. Malgré les brillantes victoires de Lee en Virginie, il ne parvint jamais à remporter de victoire sur le sol nordiste; son invasion du Maryland fut repoussée lors de la bataille d'Antietam (17 septembre 1862), tandis que son invasion de la Pennsylvanie se solda par une défaite lors de la bataille de Gettysburg (1er-3 juillet 1863). Ces défaites coûtèrent à la Confédération ses meilleures chances d'obtenir la reconnaissance étrangère. En 1864, Lee se battait uniquement sur la défensive, luttant pour repousser la horde yankee d'Ulysses S. Grant qui se frayait un chemin vers Richmond dans le cadre de l'Overland Campaign (mai-juin 1864).

Map of the American Civil War, 1861-1865
Carte de la guerre de Sécession, 1861-1865 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

À cette époque, le Sud manquait dangereusement de main-d'œuvre, les pertes humaines devenant de plus en plus difficiles à remplacer. La situation s'aggrava cet automne-là: l'armée de Lee se retrouva piégée dans une ligne de fortifications de 48 km de long sous la capitale lors du siège de Petersburg (juin 1864 à avril 1865), tandis que l'armée occidentale du Tennessee fut anéantie lors de la campagne de Franklin-Nashville (octobre-décembre 1864). L'étau se resserrait peu à peu pour la Confédération, mais Davis refusa toute offre de paix du Nord qui ne reconnaissait pas l'indépendance du Sud.

Emprisonnement après la guerre

À la fin du mois de mars 1865, Lee informa le gouvernement que son armée ne pourrait plus tenir longtemps autour de Richmond et qu'il serait bientôt contraint d'abandonner la défense de la capitale. Davis fit évacuer sa femme et ses enfants avant de quitter lui-même la ville le 2 avril, la veille de la chute de Richmond aux mains des forces de l'Union et une semaine avant la capitulation définitive de Lee à Appomattox. Après avoir publié une proclamation dans laquelle il exhortait les citoyens confédérés à continuer de résister, Davis se dirigea vers le sud, dans l'espoir de rassembler suffisamment de soldats pour poursuivre le combat. Cependant, il ne trouva pas beaucoup de soutien dans un Sud épuisé par la guerre et fut arrêté par la cavalerie de l'Union près d'Irwinville, en Géorgie, le 10 mai. Il avait tenté d'échapper à la capture en se déguisant avec une cape à manches larges et un châle, ce qui donna lieu à une rumeur selon laquelle il aurait tenté de s'enfuir en vêtements féminins.

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Il fut emprisonné à Fort Monroe, près de Norfolk, en Virginie, où il fut confiné dans une petite pièce et constamment surveillé par des soldats fédéraux, chargés de s'assurer qu'il mangeait et qu'il ne tentait pas de s'échapper ou de se suicider. En raison du tollé général, sa situation s'améliora progressivement; peu de temps après, il se vit attribuer des quartiers spacieux et fut autorisé à recevoir des visiteurs, notamment sa femme Varina, qui s'installa dans le fort en 1866. À cette époque, Davis était peut-être l'homme le plus controversé du pays: certains Américains voulaient le voir pendu pour trahison, tandis que d'autres le considéraient comme un martyr de la liberté du Sud. En effet, le gouvernement américain semblait ne pas savoir quoi faire de lui. Bien qu'il ait été arrêté pour sa complicité présumée dans l'assassinat d'Abraham Lincoln, les autorités ne purent trouver de preuves suffisantes pour le juger pour ce crime ou pour des crimes de guerre.

Jefferson Davis Imprisoned in Fort Monroe
Jefferson Davis emprisonné à Fort Monroe Alfred R. Waud (Public Domain)

En juin 1866, la Chambre des représentants des États-Unis adopta une résolution visant à juger Davis pour trahison. Cependant, cela posait un certain nombre de problèmes. Davis serait probablement jugé devant un jury à Richmond, où il avait encore de nombreux sympathisants. S'il était acquitté, son procès pourrait valider la constitutionnalité de la sécession. Davis lui-même insista pour être jugé pour trahison pour cette raison, tandis que son avocat fit valoir que Davis n'avait pas pu commettre de trahison, au motif qu'il n'était plus citoyen américain après la sécession du Mississippi de l'Union. Le gouvernement américain décida finalement que la situation était trop compliquée et choisit de ne pas donner suite à la procédure. Davis resta emprisonné jusqu'au 13 mai 1867, date à laquelle des citoyens éminents, dont Horace Greeley et Cornelius Vanderbilt, payèrent sa caution de 100 000 dollars. Davis s'enfuit avec sa famille à Montréal, au Canada, et ne revint aux États-Unis qu'en 1869, lorsqu'il apprit que le gouvernement ne poursuivait plus les accusations portées contre lui.

Vie ultérieure et mort

Après son retour aux États-Unis, Davis fit profil bas. Il apparut rarement en public, à l'exception d'un discours prononcé lors d'une cérémonie commémorative en l'honneur de Lee, décédé en octobre 1870. Davis passa la décennie suivante à chercher des moyens de gagner de l'argent; il occupa brièvement le poste de président d'une compagnie d'assurance-vie et investit dans des chemins de fer et des entreprises minières. En 1877, il accepta l'offre de l'auteure Sarah Dorsey de vivre avec elle dans son domaine de Beauvoir, dans le Mississippi. L'amitié étroite entre Dorsey et Davis provoqua un scandale, d'autant plus que sa femme Varina vivait séparée de lui. À sa mort en 1879, Dorsey légua Beauvoir à Davis dans son testament. Ce n'est qu'alors que Varina le rejoignit pour vivre dans la propriété.

Jefferson Davis, 1885
Jefferson Davis, 1885 Edward L. Wilson (Public Domain)

Davis passa ses dernières années à tenter de justifier ses actions et celles de l'ancienne Confédération. En 1881, il publia un ouvrage en deux volumes intitulé The Rise and Fall of the Confederate Government (L'ascension et la chute du gouvernement confédéré), dans lequel il affirmait que la sécession était moralement et constitutionnellement justifiable. Il minimisa le rôle joué par l'esclavage dans la sécession des États du Sud, affirmant que les esclaves étaient heureux et satisfaits de leur servitude avant la guerre. Son livre contribua ainsi à la création du mouvement "Lost Cause of the Confederacy" (la cause perdue de la Confédération), qui cherchait à blanchir et à glorifier les motivations des anciens États confédérés. Il écrivit un autre livre intitulé A Short History of the Confederate States of America (Une brève histoire des États confédérés d'Amérique), qu'il termina juste avant sa mort.

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En novembre 1889, Davis tomba malade lors d'un voyage sur un bateau à vapeur sur le Mississippi. Il fut transporté à La Nouvelle-Orléans, où on lui diagnostiqua une bronchite. Davis y mourut le 6 décembre 1889 à l'âge de 81 ans, entouré de Varina et de plusieurs amis. Ses funérailles, qui se déroulèrent à La Nouvelle-Orléans quelques jours plus tard, furent l'une des plus importantes jamais organisées dans le Sud et rassemblèrent plus de 200 000 personnes. Depuis sa mort, l'héritage de Davis fiait l'objet de controverses. Alors qu'il était autrefois mythifié par les "Lost Causers" en tant que héros tragique, il est aujourd'hui plus communément perçu comme un traître et un défenseur de l'esclavage. La plupart de ses monuments commémoratifs à travers les États-Unis ont été retirés au début du XXIe siècle. Néanmoins, son héritage reste une partie intégrante de l'histoire des États-Unis et occupe encore aujourd'hui une place importante dans la conscience américaine.

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Questions & Réponses

Qui était Jefferson Davis?

Jefferson Davis (1808-1889) était un militaire et homme politique originaire du Mississippi, qui fut le premier et unique président des États confédérés.

Pourquoi Jefferson Davis fut-il élu président de la Confédération?

Jefferson Davis fut élu président des États confédérés en raison de son passé de défenseur de l'institution de l'esclavage et de la doctrine des droits des États.

Qu'est-il arrivé à Jefferson Davis après la guerre civile?

Après la guerre civile américaine, le président confédéré Jefferson Davis fut emprisonné à Fort Monroe de mai 1865 à mai 1867. Il fut libéré sous caution et passa le reste de sa vie à l'écart de la vie publique.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego NY, où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2026, janvier 22). Jefferson Davis: Président des États confédérés. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23146/jefferson-davis/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Jefferson Davis: Président des États confédérés." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, janvier 22, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23146/jefferson-davis/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Jefferson Davis: Président des États confédérés." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 22 janv. 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23146/jefferson-davis/.

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