Soulèvement de Lyon contre la Convention Nationale

Définition

Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 09 novembre 2022
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
Siege of Lyon (by Unknown, Public Domain)
Siège de Lyon
Unknown (Public Domain)

Le soulèvement de Lyon contre le pouvoir de la Convention nationale fut une rébellion contre-révolutionnaire qui joua un rôle à la fois dans les révoltes fédéralistes et le règne de la Terreur pendant la période de la Révolution française (1789-1799). Commencée en mai 1793, la révolte se termina dans un bain de sang cinq mois plus tard, lorsque les représentants du gouvernement soumirent Lyon à un massacre punitif brutal.

Inquiète de la centralisation du pouvoir dans la seule ville de Paris et de la suprématie croissante des jacobins extrémistes, la ville de Lyon se rebella, emprisonnant et exécutant ses dirigeants jacobins. Au début du mois d'août 1793, la ville fut assiégée par une armée de la Première République française qui engagea un bombardement d'artillerie incessant qui usa peu à peu les défenses de Lyon et força sa reddition le 9 octobre. Après avoir remporté la victoire, le gouvernement jacobin de Paris voulut faire de Lyon un exemple et ordonna sa destruction complète ; cela ne se produisit pas mais près de 2 000 Lyonnais furent massacrés entre octobre et décembre 1793, pour les punir de la trahison de leur ville.

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Lyon : Pauvreté et insurrection

Le Lyon de la fin du XVIIIe siècle était une ville immense pour l'époque, avec une population dépassant largement les 120 000 habitants. Largement reconnue en tant que deuxième ville de France, derrière Paris en termes de population et d'importance, Lyon avait la particularité d'être dominée par une seule industrie manufacturière de pointe, à savoir la production de soie. Pendant des décennies, l'industrie de la soie à Lyon avait été florissante, employant la grande majorité de la classe ouvrière de la ville, et rendant Lyon, ainsi que l'élite marchande et bourgeoise de Lyon, très riche.

Dès 1790, près de la moitié de la population active lyonnaise était déjà sans travail.

Pourtant, avant même le déclenchement de la Révolution en 1789, l'industrie lyonnaise de la soie avait ralenti. Au moment de la Révolution, elle était pratiquement à l'arrêt. La haine et la stigmatisation généralisées de l'aristocratie portèrent un coup très dur à l'industrie de la soie, car beaucoup de ses clients potentiels avaient déjà fui le pays, tandis que les autres savaient qu'il était dangereux de s'habiller de manière aussi ostentatoire. Un autre coup dur fut porté à la production de soie avec le début des guerres de la Révolution française en 1792 ; alors que la liste des ennemis de la France s'allongeait rapidement, la liste des marchés étrangers où Lyon pouvait vendre ses produits se réduisait tout aussi vite.

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En conséquence, la pauvreté, la famine et la souffrance généralisée devinrent rapidement endémiques à Lyon. Dès 1790, environ 25 000 Lyonnais vivaient de l'assistance publique, ce qui signifie qu'environ la moitié de la population active de la ville est déjà sans travail. La situation ne fit qu'empirer à mesure que la Révolution se prolongeait et que l'inflation augmentait dans tout le pays. De nombreuses usines lyonnaises furent obligées de fermer, et le coût des produits de consommation courante s'envola ; en 1793, le prix du pain à Lyon était trois fois supérieur à celui du pain à Paris.

Joseph Chalier
Joseph Chalier
Jean-François Garneray (Public Domain)

Au début de l'année 1793, dans ce contexte de graves difficultés, les Jacobins arrivèrent au pouvoir à Lyon, promettant de soulager la pauvreté et d'aider les classes ouvrières, désormais communément appelées sans-culottes. Le parti politique contrôlé par les Jacobins, connu sous le nom de Montagne, remporta facilement les élections municipales, en grande partie parce que l'élite bourgeoise établie de la ville était réticente à se souiller en s'impliquant dans la politique électorale. Le chef de ces Jacobins locaux était l'avocat fanatique et mélodramatique Joseph Chalier. Révolutionnaire pur et dur depuis la prise de la Bastille, Chalier s'était lié d'amitié avec des poids lourds jacobins tels que Camille Desmoulins et Maximilien Robespierre pendant son séjour dans la capitale et était maintenant déterminé à apporter leur marque de jacobinisme parisien ardent dans sa ville natale de Lyon.

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Chalier, semble-t-il, était plus doué pour se faire des ennemis que pour gouverner des villes.

Il semble que Chalier ait suivi l'exemple de ses acolytes parisiens d'un peu trop près, sans se rendre compte que les situations à Paris et à Lyon étaient différentes. Tout d'abord, il promit de baisser le prix du pain, mais se rendit vite compte qu'il ne pouvait pas le faire, car la plupart des surplus de pain de la ville avaient été mis de côté pour le ravitaillement des armées et son gouvernement ne disposait pas des fonds nécessaires pour en acheter davantage. Ensuite, il rendit les marchands de soie de la ville responsables de la dépression économique et du chômage, les menaçant de la guillotine s'ils n'employaient pas plus de travailleurs. Enfin, Chalier annonça qu'il envisageait de créer un tribunal révolutionnaire, déclarant que 900 victimes seraient nécessaires pour assurer la sécurité de la patrie et que leurs corps seraient jetés dans le Rhône.

Chalier, semble-t-il, était plus doué pour se faire des ennemis que pour gouverner des villes. Le 24 mai 1793, des foules de Lyonnais affamés mirent à sac un entrepôt rempli de provisions destinées aux armées. Des foules de femmes les revendirent à des prix qu'elles jugeaient équitables. Pour combattre ces émeutes, Chalier envoya un détachement de l'Armée des Alpes, toute proche, pour aider à pacifier Lyon. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase pour l'élite de la ville, qui savait que Chalier pouvait très bien mettre ses menaces à exécution s'il était soutenu par des soldats. Ils décidèrent de frapper les premiers, en organisant une insurrection des classes ouvrières de la ville qui étaient furieuses que les Jacobins n'aient pas tenu leurs promesses. Le 29 mai, ces insurgés envahirent l'hôtel de ville et arrêtèrent les chefs jacobins. Plus tard, le 17 juillet, Chalier fut guillotiné.

Le siège

Après son coup d'État, le nouveau gouvernement de la ville de Lyon se rendit compte qu'il ne suffisait pas de se débarrasser du joug des jacobins locaux ; étant donné que le pouvoir révolutionnaire s'était tellement concentré entre les mains des jacobins de Paris, il serait nécessaire de se débarrasser également de l'autorité de Paris. C'est exactement ce que Lyon décida de faire après la chute des Girondins, les rivaux modérés des Jacobins, de la Convention nationale le 2 juin. Jetant son dévolu sur les révoltes fédéralistes anti-Jacobins, Lyon se déclara en état de rébellion et leva une armée de 10 000 hommes. Cette force fut placée sous le commandement de Louis François Perrin, comte de Précy et de sa clique d'officiers aristocrates. Bien que le mouvement fédéraliste ait encore été républicain, Précy et ses subordonnés étaient des royalistes avoués, tout comme une partie importante de l'armée lyonnaise. Comme les dirigeants fédéralistes de la ville n'étaient pas en mesure de refuser des soldats, en particulier des soldats expérimentés comme Précy, la coopération avec les royalistes devint un mal nécessaire.

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Louis François Perrin de Précy
Louis François Perrin de Précy
Jean-Joseph Dassy (Public Domain)

Toute la ville se doutait bien que les représailles des Jacobins allaient arriver. Des milliers de citoyens s'enfuirent dans les collines environnantes ; il s'agissait soit de partisans jacobins, soit de citoyens apolitiques qui ne souhaitaient pas être pris dans les tirs croisés à venir. En juillet, Paris envoya des détachements de l'Armée française des Alpes pour pacifier Lyon. Les soldats arrivèrent le 9 août, encerclèrent Lyon et l'assiègèrent. Le 22 août, les assiégeants engagèrent un bombardement incessant au canon qui dura plus d'un mois, détruisant la plupart des forteresses périphériques de Lyon et causant beaucoup de panique et de destruction dans la ville. Lyon continua à tenir bon, comptant sur le succès d'une force d'invasion piémontaise pour pousser dans le sud de la France et lever le siège. Début octobre, Lyon apprit que les Piémontais avaient été vaincus. Leurs derniers espoirs anéantis, il était désormais clair que la chute de Lyon était inévitable.

Le Comité de salut public, contrôlé par les Jacobins et devenu le gouvernement de facto de la France, envoya l'un de ses membres, Georges Couthon, pour superviser la reddition imminente de Lyon. Arrivé le 2 octobre, Couthon convoqua immédiatement un conseil de guerre dans lequel il demanda instamment une fin rapide et décisive du siège. Au cours des jours suivants, les forces jacobines intensifièrent leur assaut, et entrèrent dans la ville le 9 octobre. La plupart des défenseurs, épuisés par la famine, jetèrent leurs armes sans se battre. Cependant, des centaines de soldats parmi les plus endurcis de la ville s'échappèrent avec Précy, se frayant un chemin à travers les lignes des Jacobins par la porte nord-ouest de la ville. La plupart d'entre eux furent tués ou capturés au cours de la bataille, mais Précy s'en sortit et finit par s'exiler.

Le gouvernement de la ville se rendit officiellement à Couthon le 9 octobre. Confiné dans un fauteuil roulant, Couthon entra triomphalement à Lyon dans une voiture, traversant les rues remplies de débris tandis que des Lyonnais hystériques couraient à ses côtés en criant "Vive la République", probablement dans l'espoir de ne pas être assimilés aux traîtres. Dès qu'il prit le contrôle de la ville, Couthon libéra les prisonniers jacobins et les rétablit dans leurs fonctions administratives ; parallèlement, il rassembla les chefs fédéralistes et les emprisonna. En un instant, la société lyonnaise fut bouleversée : les réfugiés pro-jacobins revinrent dans la ville, les élites bourgeoises et marchandes firent profil bas.

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Le châtiment

Dans un premier temps, il semblait que Couthon ne souhaitait que ramener Lyon à son statu quo d'avant la révolte. Il guillotina une trentaine de meneurs de la rébellion et emprisonna la plupart des autres. Il décida que la population générale avait simplement été trompée et qu'elle serait pardonnée de ses crimes si elle se rétractait et jurait fidélité à la République. Pour Couthon, il s'agissait de conditions équitables, similaires à celles accordées précédemment à Caen et Bordeaux qui avaient également participé aux révoltes fédéralistes.

An Allegory of the Revolution
Une allégorie de la Révolution
Nicolas Henri Jeaurat de Bertry (Public Domain)

Mais les collègues de Couthon à Paris n'étaient pas d'accord avec sa politique de clémence. Lyon était plus critiquée à Paris que n'importe quel autre bastion fédéraliste ; après tout, elle avait défié la République pendant près de six mois, avait travaillé aux côtés des royalistes et, pire que tout, avait assassiné Chalier, un vrai patriote français. Le 16 octobre, le jour même de l'exécution de Marie-Antoinette à Paris, Couthon reçut une lettre de son collègue Robespierre, parlant au nom de l'ensemble du Comité de salut public. Robespierre écrivait que Chalier "devait être vengé, et ces monstres démasqués et exterminés" avant d'énumérer les détails de la punition qui devait frapper Lyon (Schama, 779). La ville entière devait être complètement et totalement détruite, réduite à un tas de cendres et de gravats. Seules les maisons des pauvres resteraient intactes et seraient rebaptisées "Ville-Affranchie". Au sommet des décombres, on élèverait une colonne sur laquelle on pourrait lire : "Lyon a fait la guerre à la Liberté. Lyon n'est plus" (Palmer, 156).

Couthon tenta d'exécuter ces ordres. Le 26 octobre, il fut porté sur un brancard jusqu'à la place Bellecour, où se trouvaient certains des hôtels particuliers les plus élégants de Lyon. Devant une assemblée de milliers de sans-culottes lyonnais, il prononça un discours dans lequel il condamna les maisons à la démolition pour avoir été le lieu de complots aristocratiques, déclarant que,

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que ce terrible exemple fasse peur aux générations futures et enseigne à l'univers que, de même que la nation française... sait récompenser la vertu, elle sait aussi abhorrer le crime et punir la rébellion (Schama, 780).

Après son discours, des centaines d'ouvriers lyonnais se précipitèrent sur les maisons avec des masses et des pioches. Dans les mois qui suivirent, 15 000 Lyonnais seraient employés à la démolition des maisons riches, démolition payée par les riches eux-mêmes contre lesquels un nouvel impôt fut prélevé. Au total, 1 600 maisons furent démolies, et les fortifications utilisées par les fédéralistes furent rasées. Mais là encore, cela ne suffit pas aux collègues plus radicaux de Couthon à Paris ; ce n'était pas les maisons des riches qui avaient commis des crimes contre la République, mais les personnes qui les habitaient. Il fallait punir les personnes, et pas seulement les biens. Inquiet par le poids de la tâche à accomplir, Couthon demanda à être rappelé à Paris. Cette demande fut acceptée et deux autres personnes furent envoyées à sa place, des hommes beaucoup plus disposés à infliger à Lyon le châtiment mérité.

Le malheur s'abat sur Lyon

Les deux hommes qui se rendirent à Lyon n'étaient pas des jacobins robespierristes comme Couthon, mais des Hébertistes, une faction encore plus extrême. Ces hommes allaient, avec le temps, devenir des rivaux acharnés de Robespierre et contribuer à sa chute. Pour l'instant, ils étaient ses partisans, même si c'était à contrecœur, et furent envoyés pour faire le sale boulot de la République. Collot d'Herbois était un nouveau venu au sein du Comité de salut public. Autrefois acteur et dramaturge en difficulté, il était maintenant l'un des douze hommes les plus puissants de France, un "ultra-radical" dont la soif de sang dégoûtait le moralisateur Robespierre. "Les droits de l'homme", avait dit un jour Collot, "ne sont pas faits pour les contre-révolutionnaires" (Schama, 781). Il était accompagné de Joseph Fouché, un ancien professeur devenu républicain radical, froid, calme et calculateur. Pendant deux mois, ces deux hommes allaient imposer à Lyon une véritable Terreur dans la Terreur, montrant aux citoyens toute la force de la colère révolutionnaire.

Collot d'Herbois
Collot d'Herbois
Auguste Raffet (Public Domain)

Leur premier acte fut d'imposer à Lyon l'esprit Hébertiste de déchristianisation (ce que Robespierre et ses alliés détestaient également). Toute trace d'iconographie chrétienne fut supprimée de la tour de l'horloge médiévale de Saint-Cyr, pour être remplacée par le nouveau calendrier républicain français. Un festival de la Raison fut organisé, au cours duquel les notables de la ville furent contraints de se prosterner devant une statue de la Liberté et de reconnaître la Raison comme le seul vrai dieu. Le 10 novembre, la dépouille de Chalier fut portée en triomphe dans les rues avec la révérence d'un martyr; sa tête fut envoyée à Paris pour être enterrée au Panthéon français.

Ensuite, Collot et Fouché renforcèrent leur contrôle sur la ville. Ils imposèrent un couvre-feu strict, en vertu duquel les citoyens devaient afficher sur leur porte d'entrée une liste de toutes les personnes qui résidaient dans leur maison. Les soldats effectuaient des fouilles nocturnes surprises dans des maisons choisies au hasard, et toute personne découverte avec un invité pour la nuit était soupçonnée de cacher des ennemis. Les anciens soldats fédéralistes qui avaient été graciés par Couthon furent arrêtés, ainsi que tous ceux qui étaient soupçonnés de cacher des prêtres ou des émigrés royalistes, tous ceux dont on entendait dire qu'ils avaient diffamé la mémoire de Chalier, ou qui avaient insulté la République d'un manière ou d'une autre. Rapidement, les prisons de Lyon furent remplies ; elles ne le resteraient pas longtemps.

Au début, 20 personnes furent guillotinées chaque jour, mais ce n'était pas assez rapide pour Collot et Fouché, qui créérent un tribunal spécial pour accélérer les choses. Dans les jours qui suivirent la création du tribunal, le 27 novembre, 300 nouvelles condamnations à mort furent prononcées et rapidement exécutées. Les bourreaux travaillaient avec une grande efficacité: un jour, 33 personnes furent décapitées en seulement 25 minutes. Une semaine plus tard, 12 têtes tombèrent en seulement cinq minutes. Le 4 décembre, on rapporta à Paris que 113 habitants de " cette nouvelle Sodome " avaient été éliminés en une seule journée (Schama, 783). Très vite, les citoyens commencèrent à se plaindre du sang qui débordait du fossé de drainage qui menait sous l'échafaud. Lorsqu'un observateur allemand demanda à un garde si le sang serait nettoyé dans la rue, le garde aurait répondu : "Pourquoi devrait-il être nettoyé ? C'est le sang des aristocrates et des rebelles. Les chiens devraient le lécher" (Doyle, 254).

Même cette étonnante rapidité de la guillotine était trop lente pour Collot et Fouché. Alors que leur collègue, Jean-Baptiste Carrier, était parallèlement occupé à submerger des milliers de contre-révolutionnaires dans la Loire lors des Noyades de Nantes, Collot et Fouché décidèrent qu'ils avaient eux aussi besoin d'une autre méthode d'exécution. Ils décidèrent finalement d'emmener de grands groupes de prisonniers à la Plaine des Brotteaux, juste à l'extérieur de la ville. Jusqu'à 60 prisonniers à la fois étaient attachés les uns aux autres et tués à bout portant par des canons chargés de mitraille. Ceux qui n'étaient pas tués sur le coup étaient achevés par les sabres et les baïonnettes des gardes. Connus sous le nom de mitraillades, des centaines de citoyens furent tués de cette manière, principalement entre le 4 et le 8 décembre.

Retombées

Fin décembre 1793, Collot d'Herbois et Joseph Fouché furent rappelés à Paris, la Convention nationale ayant été horrifiée par les rumeurs de leurs atrocités. La tension continua de monter entre les Robespierristes et les bouchers lyonnais, jusqu'à ce que Collot et Fouché ne contribuent à la chute de Maximilien Robespierre, événement qui mit fin à la Terreur. Collot ne put jamais se défaire de la réputation calamiteuse qu'il avait acquise à Lyon. En 1795, il fut dénoncé et déporté en Guyane française, où il mourut de la fièvre jaune un an plus tard. En revanche, Fouché, plus rusé, continuerait à gravir les échelons de la politique, devenant ministre de la police sous le règne de Napoléon pour finalement mourir en exil après la restauration des Bourbons en 1815.

Malgré les ordres du Comité de salut public d'anéantir Lyon, la ville ne subit pas trop de dommages extérieurs. Après la Terreur, les maisons détruites furent reconstruites. Au cours de la période napoléonienne, l'économie lyonnaise non seulement repris, mais monta en flèche, car la demande de soie revint en force et de nouveaux débouchés furent créés avec l'expansion de l'influence impériale française.

Cependant, les dommages psychologiques subis par la population lyonnaise ne furent pas aussi facilement effacés . La plupart des gens avaient connu ou aimé quelqu'un directement touché par la Terreur, et la haine de Paris continua à exister à Lyon pendant des générations. Au total, 1 905 personnes avaient été tuées dans les mois qui avaient suivi le siège de Lyon. Alors que la propagande jacobine avait dépeint les victimes comme des membres de la noblesse locale, des officiers fédéralistes ou des sympathisants royalistes, ce n'était qu'une partie de la vérité; des centaines de citoyens de la classe ouvrière étaient également passés sous l'échafaud pour avoir commis une infraction perçue comme contre-révolutionnaire entre autres.

Dissipant l'idée répandue selon laquelle Lyon n'était qu'un conflit de classes, l'historien Simon Schama note les professions ouvrières spécifiques de nombreux exécutés ; 40 étaient des compagnons tisserands, tandis que d'autres étaient serruriers, cordonniers, aubergistes, chocolatiers, médecins et domestiques, entre autres. Le bourreau de la ville, Jean Ripet, fut lui-même tué en représailles à l'exécution de Chalier, mais seulement après avoir passé des semaines à exécuter les ennemis des Jacobins. Les suites de la Révolte de Lyon restent donc dans les mémoires comme l'un des exemples les plus sanglants de massacre de masse perpétré pendant la période du règne de la Terreur.

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Questions & Réponses

Que s'est-il passé à Lyon pendant la Révolution française ?

Pendant la Révolution française, Lyon connut une pauvreté et un chômage de masse, ce qui l'amena à emprisonner son administration jacobine et à se rebeller contre la République française en mai 1793. La révolte fut réprimée en octobre, après quoi la République soumit Lyon à des exécutions massives, qui firent près de 2 000 morts.

Pourquoi y-a-t-il eu un siège à Lyon ?

Le siège de Lyon eut lieu parce que les Lyonnais jugeaient que trop de pouvoir était concentré à Paris pendant la Révolution française. Ils se rebellèrent, entraînant la République française à assiéger la ville d'août à octobre 1793.

Que se passa-t-il à Lyon en décembre 1793 ?

Du 4 au 8 décembre 1793, les dirigeants de la République française punirent Lyon pour sa rébellion en emmenant des groupes de rebelles présumés dans des champs ouverts, en les attachant les uns aux autres et en tirant sur eux à bout portant avec des canons remplis de mitraille.

Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2022, novembre 09). Soulèvement de Lyon contre la Convention Nationale [Revolt of Lyon]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21174/soulevement-de-lyon-contre-la-convention-nationale/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Soulèvement de Lyon contre la Convention Nationale." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le novembre 09, 2022. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-21174/soulevement-de-lyon-contre-la-convention-nationale/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Soulèvement de Lyon contre la Convention Nationale." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 09 nov. 2022. Web. 20 avril 2024.

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