Guerres de Kappel

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
Translations
Version Audio Imprimer PDF
The Murder of Zwingli (by Karl Jauslin, Public Domain)
Le meurtre de Zwingli Karl Jauslin (Public Domain)

Les guerres de Kappel sont des conflits armés qui opposèrent protestants et catholiques en Suisse pendant la Réforme suisse. La première guerre de Kappel prit fin avant même d'avoir commencé en 1529, tandis que la seconde, en 1531, se solda par une victoire catholique et la mort du réformateur protestant Ulrich Zwingli.

Ces deux événements se déroulèrent près du village de Kappel am Albis, près de Zurich, en Suisse. Les conflits furent encouragés par Zwingli (1484-1531) dans le but de convertir tous les cantons (provinces) de la région du catholicisme au protestantisme. Zwingli pensait qu'une Suisse unifiée et protestante refléterait l'État idéal, incarnant le christianisme primitif décrit dans le livre biblique des Actes des Apôtres.

Supprimer la pub
Publicité

La première guerre de Kappel fut une mobilisation des troupes protestantes en réponse à l'exécution d'un prêtre réformé en territoire catholique, ce qui obligea alors les forces catholiques à réagir. Les différends furent résolus pacifiquement avant la bataille, mais les problèmes sous-jacents persistèrent. En 1531, Zwingli encouragea à nouveau Zurich à attaquer les cantons catholiques, mais fut contraint de se contenter d'un blocus destiné à les affamer pour les convertir.

En réponse au blocus et aux appels répétés de Zwingli en faveur d'une conversion forcée, les cantons catholiques déclarèrent la guerre à Zurich en octobre 1531, prenant la ville au dépourvu. Les forces catholiques et protestantes s'affrontèrent à Kappel am Albis le 11 octobre 1531, et les protestants, mal mobilisés et dépourvus d'un leadership fort, furent vaincus en moins d'une heure, avec 500 victimes, dont Zwingli.

Supprimer la pub
Publicité

Les guerres de Kappel portèrent un coup dur au mouvement de la Réforme en Suisse, Zwingli fut tenu pour responsable du conflit et des 500 morts qui en résultèrent. Le mouvement fut sauvé et stabilisé par l'un des partisans de Zwingli, le théologien Heinrich Bullinger (1504-1575), dont la position plus modérée permit le dialogue et le compromis. Après les guerres, et malgré les efforts de Bullinger, l'animosité entre catholiques et protestants de Suisse persista, mais pendant une brève période au moins, les cantons catholiques et protestants furent autorisés à pratiquer leur interprétation respective du christianisme en paix.

Zwingli et la Réforme

Même si la région de la Suisse actuelle faisait techniquement partie du Saint-Empire romain germanique, elle était en réalité une confédération de 13 cantons, chacun fonctionnant de manière plus ou moins indépendante depuis 1499. La confédération, comme toute l'Europe avant la Réforme, adhérait aux enseignements de l'Église catholique romaine, considérée comme la seule autorité en matière spirituelle. Cependant, l'Église médiévale n'avait aucun problème à soutenir et à contribuer aux conflits armés lorsque cela servait ses intérêts, et les prêtres encourageaient les jeunes hommes à s'enrôler dans le système de rente mercenaire grâce auquel ils étaient payés pour se battre pour les causes des puissances politiques environnantes.

Supprimer la pub
Publicité
Zwingli embrassa le pacifisme d'Érasme et critiqua le système mercenaire ainsi que les conflits armés en général, qu'il considérait comme anti-chrétiens.

Zwingli fut ordonné prêtre en 1506 et envoyé exercer son ministère dans le village de Glaris. En 1513, il accompagna les mercenaires de Glaris en campagne en tant qu'aumônier et, confronté aux horreurs de la guerre, il embrassa le pacifisme du prêtre, philosophe et théologien humaniste Didier Érasme (1466-1536) et critiqua le système mercenaire ainsi que les conflits armés en général, qu'il considérait comme anti-chrétiens. Érasme, qu'il rencontra en 1514 et 1516, eut une influence considérable sur le jeune Zwingli à plusieurs niveaux, mais notamment en ce qui concernait la nécessité de réformer la vision et les politiques de l'Église.

Bien qu'Érasme n'ait jamais rejoint le mouvement de la Réforme, il prônait la réforme de ce qu'il considérait comme des abus et de la corruption au sein de l'Église, et Zwingli partageait ces opinions. Lorsqu'il fut nommé prêtre du peuple à la Grossmünster (Grande Église) de Zurich en 1519, Zwingli commença par abandonner la liturgie de l'Église et à lire directement l'Évangile selon Matthieu, qu'il interprétait et commentait comme il le ferait ensuite avec d'autres textes bibliques.

En 1521, le mouvement de la Réforme allemande de Martin Luther (1483-1546) avait divisé cette région et inspirait ailleurs des rejets similaires de l'autorité ecclésiastique. Zwingli, qui venait d'être nommé chanoine (magistrat) et était devenu citoyen de Zurich, initia la Réforme dans la ville en 1522 lorsqu'il rejeta la tradition du jeûne de Carême de l'Église et affirma qu'il n'y avait aucun fondement biblique à l'interdiction de manger de la viande pendant le Carême ni au Carême à proprement dit. L'Église demanda le renvoi de Zwingli, mais le conseil municipal préféra plutôt autoriser un débat entre Zwingli et les responsables ecclésiastiques afin de résoudre leurs différends.

Supprimer la pub
Publicité
Zwingli Preaching
Prêche de Zwingli, interprété par Maximilian Simonischek Ascot Elite (Copyright)

En 1523, les 67 articles de Zwingli furent présentés lors de la première dispute, où il battit facilement la délégation catholique. Encouragé par le soutien du conseil et par sa victoire, Zwingli, puis ses disciples, commencèrent à rejeter systématiquement les enseignements et les traditions de l'Église catholique, insistant sur le fait que la Bible était la seule autorité en matière spirituelle et séculière, et dénonçant les observances et les politiques traditionnelles de l'Église.

L'ami et partisan de Zwingli, Leo Jud (1482-1542), prônait le retrait des icônes et des images des églises, ce qui entraîna des troubles sociaux et la destruction des statues et des vitraux dans les églises. Zwingli et Jud influencèrent le jeune théologien luthérien Heinrich Bullinger, qui commença également à prêcher contre les icônes dans la municipalité de Bremgarten, dans la région d'Argovie, encourageant les mêmes protestations contre l'iconographie religieuse.

Tensions croissantes

À mesure que le mouvement réformé de Zwingli se répandait, il se heurtait à l'opposition des catholiques des cantons qui avaient choisi de rester fidèles à l'Église. Pour ces personnes, les idées de Zwingli étaient des hérésies dangereuses qu'il fallait rejeter si l'on voulait éviter les feux de l'enfer ou du purgatoire après la mort. La conception religieuse médiévale encouragée par l'Église était que l'enfer, le purgatoire et le paradis étaient des certitudes absolues, et qu'embrasser une fausse foi avait donc des conséquences désastreuses, car on souffrirait éternellement pour son erreur.

Supprimer la pub
Publicité
Zwingli affirmait que le sacerdoce même était contraire à la Bible et que l'Église n'existait plus que pour servir ses propres intérêts, et non la véritable vision chrétienne.

Ce ne sont pas seulement les considérations relatives à la vie après la mort qui poussèrent les cantons catholiques à rejeter l'appel à la réforme de Zwingli, mais aussi la perturbation des rites, rituels et pratiques traditionnels causée par le mouvement. En 1524, à Zurich, les célébrations annuelles de Noël furent abandonnées, les processions n'eurent pas lieu et les rituels de Pâques de 1525 furent ignorés. La deuxième dispute de 1523 avait laissé le choix aux prêtres de chaque paroisse de décider de leur propre ligne de conduite, et beaucoup d'entre eux se rangèrent du côté de Zwingli qui dénonçait tous les sacrements de l'Église à l'exception du baptême et de l'Eucharistie. Il affirmait également que le sacerdoce même était contraire à la Bible, que le pape était une fausse autorité, qu'il n'y avait aucun fondement biblique pour le purgatoire, que le Christ n'était pas présent dans la célébration de la messe et que l'Église n'existait plus que pour se servir elle-même, et non pour servir la véritable vision chrétienne.

Ses partisans, convaincus désormais de détenir la vérité divine, rejetèrent toutes les pratiques associées au catholicisme, mais comme l'Église avait influencé la vie des Européens pendant des siècles, la doctrine ecclésiastique dictait et régissait non seulement la manière dont les naissances, les mariages et les décès étaient célébrés, mais aussi les activités quotidiennes. La nouvelle vision exigeait donc une refonte complète des coutumes et des observances, ce à quoi les traditionalistes s'opposèrent. Le chercheur Randolph C. Head observe:

Réimaginer l'autorité signifiait également repenser de nombreuses pratiques de la vie quotidienne. Si le mariage n'était pas un sacrement, alors les communautés et les familles devaient trouver de nouvelles façons de comprendre les relations entre les époux et leurs proches. Qui pouvait réglementer – et peut-être dissoudre – les mariages et les liens entre les familles qu'ils créaient? Qui, sinon le clergé, pouvait sanctionner l'adultère ou gérer la charité? Si les individus qui lisaient les textes bibliques pouvaient remettre en question les pasteurs et les magistrats, alors la Parole prenait également un rôle plus important dans de nombreuses situations. Si des congrégations qui se considéraient mutuellement comme hérétiques partageaient un espace de culte, cet espace sacré n'était plus le même. La religion étant profondément ancrée dans toutes les institutions de l'Europe moderne, l'évolution des conceptions religieuses exigeait des changements dans tous les aspects de la vie. (Rublack, 179)

Beaucoup rejetaient tout simplement cet appel au changement et préféraient perpétuer les traditions qu'ils avaient toujours connues, tandis que les partisans de la réforme insistaient sur le fait que tout le monde devait embrasser la vérité révélée par les enseignements de Zwingli. Selon Zwingli – et de plus en plus parmi ses partisans –, il n'y avait pas de terrain d'entente possible, car ils étaient convaincus que la vision réformée représentait la volonté de Dieu telle qu'elle était révélée dans les Écritures.

Vous aimez l'Histoire?

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite!

Première guerre de Kappel

En 1528, le canton de Berne rejoignit la Réforme, et Zwingli commença à prôner une Suisse réformée unifiée, avec la Bible comme autorité suprême. Constance rejoignit Zurich et Berne dans l'Union chrétienne, puis cinq autres cantons les rejoignirent. Les cinq cantons catholiques se regroupèrent alors au sein de l'Alliance chrétienne et signèrent un traité avec l'Autriche catholique pour leur venir en aide en cas d'attaque. L'Alliance catholique fut donc formée uniquement à des fins défensives, tandis que l'Union civique chrétienne fut créée dans l'espoir d'établir une Suisse réformée unifiée. Le chercheur Diarmaid MacCulloch note:

L'Union s'est inspirée de la vision de Zwingli, qui considérait sa ville bien-aimée de Zurich comme une communauté unie de croyants chrétiens œuvrant à la construction d'une société pieuse; elle avait également des intentions clairement agressives. Il existe un désaccord sur l'ampleur des ambitions de Zwingli pour l'Union, mais il ne fait aucun doute que son objectif immédiat était d'attirer à la foi évangélique les "territoires mandatés" dispersés dans toute la Suisse, qui devaient être gouvernés conjointement par tous les cantons suisses; les cantons étant désormais divisés entre réforme et traditionalisme, ceux-ci pouvaient être amenés à accepter la réforme religieuse. (175)

Afin de convertir pacifiquement les cantons catholiques, Zwingli lança une campagne de prédicateurs réformés, soigneusement formés par lui à Zurich, qui diffuseraient sa vision dans les territoires sous mandat et les cantons farouchement catholiques. La première guerre de Kappel éclata après qu'un prédicateur protestant eut été arrêté et exécuté pour hérésie dans le canton catholique de Schwyz. Zwingli abandonna son pacifisme initial dans l'intérêt d'une Suisse unifiée et mobilisa Zurich pour lancer une attaque.

Son plaidoyer en faveur de la guerre semble avoir été encouragé par la persécution des anabaptistes - une secte réformée inspirée par ses enseignements qu'il chercha ensuite à réprimer comme extrême - car il avait prêché contre eux, puis soutenu leur persécution et leur exécution. L'appel de Zwingli à la conversion forcée des catholiques suit le même schéma que celui suggéré par sa politique à l'égard des anabaptistes.

Supprimer la pub
Publicité

Les forces protestantes et catholiques se firent face à Kappel, les catholiques étant nettement moins nombreux après que l'Autriche eut renoncé à envoyer des troupes, mais avant que les hostilités ne puissent commencer, une délégation de Berne arriva et négocia la paix. Pendant ces pourparlers, les armées restèrent sur le terrain, mais aucune des deux parties n'était intéressée par un conflit. Selon le dramaturge et mercenaire catholique Johannes Salat (mort vers 1561), qui était présent à l'époque, les deux armées partagèrent du lait et du pain lors d'un événement popularisé plus tard par Bullinger sous le nom de Kappeler Milchsuppe (la soupe au lait de Kappel), symbole de la coexistence pacifique entre protestants et catholiques.

Kappel am Albis
Kappel am Albis Schulerst (CC BY-SA)

Alors que les armées attendaient l'ordre de leurs chefs pour commencer les hostilités, un armistice fut conclu et la paix fut déclarée. Selon les termes du traité de paix de Kappel am Albis, les cantons catholiques devaient dissoudre l'Alliance chrétienne, annuler leur traité avec l'Autriche et autoriser les prédicateurs protestants à enseigner dans leurs régions sans crainte de persécution. En échange, Zurich s'engageait à ne plus commettre d'agression. MacCulloch commente:

Zwingli atteignit son objectif pour les territoires mandatés... il obtint le droit pour chaque paroisse ou village de choisir, à la majorité des habitants masculins, la religion à adopter. Le vote à la majorité était une idée nouvelle dans des communautés qui prenaient auparavant leurs décisions par consensus; c'était aussi un moyen manifestement utile pour surmonter l'obstruction des minorités traditionalistes. Zwingli étendit ce principe en organisant des assemblées territoriales, composées à la fois de membres du clergé et de délégués laïcs, qui prenaient des décisions communes sur le culte pour les paroisses de chaque territoire. (175)

Zwingli avait stipulé d'autres conditions pour l'armistice, qui furent rejetées, et il estimait que cette politique du vote à la majorité prendrait trop de temps pour réaliser son objectif d'une Suisse complètement réformée et unifiée, il continua donc à prôner la conversion forcée des cantons catholiques. Ses appels à un conflit armé se multiplièrent lorsque les catholiques refusèrent la clause stipulant la libre prédication protestante dans leurs cantons – un point du traité qui n'avait jamais été clairement précisé –, mais les autres régions protestantes résistèrent. Afin de forcer la conversion par des moyens moins drastiques et d'apaiser Zwingli, les protestants bloquèrent les cantons catholiques en mai 1531, coupant l'approvisionnement en sel et en céréales.

Deuxième guerre de Kappel

Au lieu d'encourager la conversion, le blocus ne fit qu'exaspérer les catholiques, qui le considérèrent comme un acte d'agression des hérétiques contre les fidèles de la seule véritable Église. Le blocus s'avéra de toute façon inefficace, car les approvisionnements parvenaient aux cantons, en moindre quantité, par d'autres voies, et il fut donc abandonné. Les cantons catholiques décidèrent toutefois de riposter avant qu'une autre initiative protestante plus efficace ne puisse être lancée.

Supprimer la pub
Publicité
The Battle of Kappel
La bataille de Kappel Wikipedia (Public Domain)

Ils marchèrent sur Zurich en octobre 1531, prenant la ville par surprise. Bien que des informations sur le mouvement d'une importante force armée soient parvenues à Zurich avant le 9 octobre, elles ne furent pas prises au sérieux. Zwingli et le conseil municipal mobilisèrent précipitamment leurs forces et appelèrent les autres cantons à l'aide, mais ceux-ci refusèrent. Berne et les autres cantons n'étaient pas intéressés par une guerre qui ne pouvait qu'affaiblir leurs propres positions et risquait d'inviter l'invasion des forces catholiques des nations environnantes.

Les forces protestantes, fortes d'environ 2 000 hommes, affrontèrent l'armée catholique à Kappel am Albis le 11 octobre 1531 dans une bataille qui dura moins d'une heure. Zurich perdit 500 combattants, dont Zwingli et d'autres prêtres de la ville. Selon le récit ultérieur de Bullinger, Zwingli fut mortellement blessé puis tué par un capitaine catholique. Par la suite, son cadavre fut jugé pour hérésie, condamné, découpé en morceaux et brûlé. Des abats de porc furent jetés dans le feu, puis les cendres furent mélangées et dispersées. Les catholiques se retirèrent, mais attaquèrent à nouveau le 24 octobre et remportèrent la victoire finale.

Conclusion

La deuxième guerre de Kappel fut une défaite dévastatrice pour Zurich qui fut contrainte d'accepter les conditions dictées par les vainqueurs. À leur grande surprise sans doute, ces conditions étaient remarquablement clémentes, comme le fait remarquer Head:

La [seconde paix de Kappel], conclue le 20 novembre 1531, favorisait les traditionalistes religieux victorieux, mais reconnaissait néanmoins l'existence de deux confessions et établissait des lignes directrices pour leur coexistence. Il est essentiel de noter que chaque canton restait libre de choisir entre la "foi véritable et incontestable" des catholiques et la "foi" des zwingliens. La paix était donc un document modéré qui réaffirmait le principe selon lequel les souverains pouvaient choisir entre les confessions chrétiennes, un principe qui s'est ensuite étendu à l'ensemble du Saint-Empire romain germanique. (Rublack, 177)

Zurich fut épargnée physiquement par la guerre, mais la défaite porta un coup sérieux à la Réforme, qui bénéficiait auparavant d'un large soutien. Zwingli fut tenu pour responsable de la mort des 500 soldats tombés au combat, et l'élan de la Réforme s'essouffla. MacCulloch écrit:

[La défaite marqua] la fin de l'Union civique chrétienne, la fin de l'alliance politique fructueuse avec les villes évangéliques allemandes du nord et la fin de toute tentative d'imposer la Réforme par la force en Suisse. Ce n'est pas grâce à Zwingli que son œuvre à Zurich a pu se rétablir. La Réforme dans la ville a été ramenée à la stabilité par Heinrich Bullinger, un homme sage et patient, et un grand prédicateur. (176)

Bullinger était devenu plus modéré à mesure que le radicalisme de Zwingli s'intensifiait et lui succéda à la tête du mouvement réformé. Il co-rédigea plus tard la Première Confession helvétique avec Leo Jud en 1536 et écrivit la Deuxième Confession helvétique en 1562. Connus sous le nom de Confessions helvétiques, ces documents détaillaient les articles de foi du mouvement réformé suisse et furent adoptés par Jean Calvin (1509-1564) et ses disciples. Ils finirent par devenir la confession religieuse des congrégations réformées en Suisse et à l'étranger. À Zurich, cependant, immédiatement après la défaite, Bullinger se concentra entièrement sur la survie du mouvement.

Memorial Stone of Zwingli
Stèle commémorative de Zwingli kaveman743 (CC BY-NC)

Il continua à défendre Zwingli, mais évita prudemment de politiser le mouvement et découragea les prêtres de faire des déclarations politiques officielles. Ayant repris la place de Zwingli en tant que prêtre du peuple à Grossmünster, il surveilla attentivement sa congrégation et s'assura d'être constamment informé de tout ce qui se passait dans les paroisses dont il était responsable afin d'éviter le type de radicalisation qui avait conduit aux guerres de Kappel. Grâce à un contrôle et à une modération minutieux, Bullinger non seulement sauva, mais aussi développa davantage le mouvement que son fondateur avait failli détruire, permettant ainsi à Calvin d'achever l'œuvre de la Réforme commencée par Zwingli.

Supprimer la pub
Publicité

Supprimer la pub
Publicité

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Joshua J. Mark
Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l'histoire, la philosophie, la littérature et l'écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2025, septembre 07). Guerres de Kappel. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20443/guerres-de-kappel/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Guerres de Kappel." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, septembre 07, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20443/guerres-de-kappel/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Guerres de Kappel." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 07 sept. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20443/guerres-de-kappel/.

Soutenez-nous Supprimer la pub