Oshun

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 01 octobre 2021
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Disponible dans ces autres langues: anglais
Oshun Statue (by Yeniajayiii, CC BY-SA)
Statue d'Oshun
Yeniajayiii (CC BY-SA)

Oshun (également donné comme Osun) est une entité surnaturelle reconnue à la fois comme esprit et déesse dans la religion Yoruba d'Afrique de l'Ouest. Elle préside à la fertilité, à l'amour et à l'eau douce, est la patronne de la rivière Osun au Nigeria et est honorée chaque année lors du festival Osun-Osogbo.

Oshun est l'un des 400+1 Orishas (également appelés Orisa) avatars de la divinité suprême Olodumare (également appelée Olodumare-Oloorun) qui a créé et est l'univers. Selon certains récits, elle est la préférée d'Olodumare - une force ni masculine ni féminine, désignée par le terme "ils" ou parfois "ça" - et la seule à être accueillie pour délivrer des messages au royaume d'Orun, la sphère de la divinité.

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Elle est à la fois une force créatrice et destructrice, mais ses inondations ou ses sécheresses sont reconnues comme une réponse aux actions des personnes qui ne l'honorent pas ou ne respectent pas la terre comme il se doit. Oshun est particulièrement attentive aux femmes, à celles qui cherchent des relations significatives, aux femmes enceintes ou à celles qui espèrent le devenir. Elle est également invoquée par les femmes et les hommes pour avoir de la chance, la santé, la force pendant les périodes de défi et de changement, et la prospérité.

Elle fut exportée vers le Nouveau Monde pendant la diaspora africaine, où elle était connue sous de nombreux noms différents dans les Caraïbes, en Amérique du Sud, en Amérique centrale et en Amérique du Nord, lorsque les Yoruba y furent vendus comme esclaves. La religion yoruba continua à être pratiquée en la syncrétisant avec le christianisme, et elle reste une figure importante dans les systèmes de la Santeria, du Vaudou et du Candomblé. Elle compte parmi les grandes déesses de la fertilité de la culture mondiale, aux côtés de figures telles qu'Aphrodite, Freyja, Frigg, Vénus, Sauska, Astarte et d'autres, et est devenue une déesse de plus en plus populaire auprès des femmes, qui y voient une source d'auto-émancipation.

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Olodumare et Orishas

La religion yoruba se développa dans la région de l'actuel Nigeria vers 300 av. JC autour de la ville d'Ife (également Ilé-Ifè), qui prospéra entre le 11e et le 15e siècle de notre ère. Ife était considérée comme le lieu de la création divine où Orisha-Obatala sépara les eaux de la terre et établit la vie sur terre. Une autre version de l'histoire présente l'Orisha Odùduwà comme le créateur de la terre et du peuple Yoruba. Odùduwà resta une divinité importante à Ife, connu comme son premier roi, et ses enfants furent envoyés loin de la ville pour régner dans d'autres endroits, établissant le concept de monarchie et d'identité culturelle. Odùduwà est généralement désigné comme un dieu, tout comme les autres Orishas, qui ont tous la même fonction que les divinités dans n'importe quelle religion.

OSHUN EST LA PLUS JEUNE DES ORISHAS ET EST SOIT LA FILLE DE Iemanja, SOIT SA JEUNE SŒUR SELON LES DIFFÉRENTES VERSIONS DE SON HISTOIRE.

Les orishas sont des aspects de l'état suprême d'existence et du créateur divin Olodumare qui, comme la figure de Brahman dans le brahmanisme et l'hindouisme, est trop puissant et immense pour être compris par l'esprit humain. Leur nombre est donné comme 400+1 pour suggérer qu'ils ne peuvent pas être comptés. Toute tentative de les définir par un nombre nécessitera toujours un +1, et ils sont donc infinis, bien que seuls de sept à vingt d'entre eux apparaissent régulièrement dans les histoires.

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Olodumare maintient un contact étroit avec sa création par l'intermédiaire de ses Orishas, des avatars, auxquels il donna divers pouvoirs en les lançant dans l'air et, quel que soit l'Orisha qui captait un certain pouvoir, il était chargé de l'exercer. Ainsi, l'Orisha Shangô (également appelé Sango) devint le dieu de la foudre, du feu et de la virilité, Iemanja la mère des eaux et des femmes, Eshu (le dieu farceur) le seigneur des portes, des portails, des carrefours et des messages, et ainsi de suite.

Bien que les Orishas soient des aspects de l'expression unique de l'existence, ils étaient aussi des êtres autonomes avec leur propre personnalité, leurs désirs et leurs défauts. Ils pouvaient être jaloux, déprimés, en colère et rancuniers, tout comme les humains, et il leur arrivait même d'élaborer des plans pour se rebeller contre Olodumare et régner à leur place. Olodumare était toujours informé de leurs plans par Eshu, leur messager, et était capable de gérer calmement la situation et de renvoyer les Orishas à leurs responsabilités individuelles concernant le monde et la vie humaine.

Oshun en tant que Créateur et Destructeur

La seule Orisha qui n'est jamais mentionnée parmi ces intrigues est Oshun. Elle est la plus jeune des Orishas et est soit la fille de Iemanja, soit sa jeune sœur, selon les différentes versions de son histoire. Au début de la création, après qu'Obàtálá ait terminé le travail initial, Olodumare envoya 17 Orishas sur terre pour mettre de l'ordre et achever le travail d'Obàtálá (ou d'Odùduwà). 16 d'entre eux étaient des hommes, et la dix-septième était Oshun.

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Les hommes ignorèrent ses suggestions sur la façon de rendre la vie plus belle, significative et douce, et échouèrent dans leur mission. Ils furent forcés de faire profil bas et de retourner à Olodumare avec la mauvaise nouvelle et on leur demanda où se trouvait la dix-septième Orisha. Lorsqu'ils admirent l'avoir ignorée, on leur a dit qu'ils ne pouvaient pas terminer le travail sans elle et qu'ils devaient donc à nouveau faire preuve d'humilité et lui demander pardon. Oshun donna au monde l'amour, la fertilité et la beauté, inculquant le besoin de ces choses à tous les peuples, et la création fut ainsi achevée.

À cette époque, Oshun n'avait pas de royaume à elle, contrairement aux autres Orishas, car elle était trop jeune. Shangô était le seigneur du feu et de la foudre, Obàtálá le seigneur du ciel, Ogun de la métallurgie, et tous les autres Orishas avaient leur propre sphère d'influence. Un jour, Oshun errait dans le monde lorsque sa beauté fut remarquée par Ogun, qui la poursuivit. Dans sa fuite, elle glissa dans une rivière et fut emportée par les flots lorsque Iemanja la vit et la secourut, lui offrant le don de l'eau douce et des rivières comme royaume afin qu'elle ait toujours un endroit sûr où se réfugier. Par la suite, bien que Iemanja soit restée la mère des eaux, Oshun présida aux eaux douces et, plus précisément, à la rivière Osun.

Osun River
Fleuve Osun
jbdodane (CC BY-NC)

Quelque temps après (ou avant, selon les différents récits), les Orishas furent à nouveau insatisfaits d'Olodumare en tant qu'être suprême, comme ils l'avaient été auparavant, et pensèrent qu'ils pouvaient faire un meilleur travail pour diriger le monde. Eshu apporta à l'être suprême la nouvelle que les Orishas n'obéiraient plus et Olodumare arrêta donc les pluies. Une grande sécheresse s'empara de la terre, les ruisseaux, les rivières et les lacs s'asséchèrent, et la terre commença à mourir. Les Orishas reconnurent qu'ils avaient mis Olodumare en colère et lui demandèrent pardon, mais Olodumare ne put - ou ne voulut - pas les entendre.

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Oshun se transforma en paon et s'envola vers Orun, haut dans les cieux, afin d'apporter la nouvelle du repentir des Orishas à Olodumare. Le voyage fut long, cependant, et elle dut passer près du soleil pour atteindre Orun, ce qui ternit ses plumes et lui en fit perdre beaucoup. Elle continua, malgré son épuisement, et tomba enfin dans les bras d'Olodumare sous la forme d'un vautour. Olodumare fut impressionné par son courage, sa détermination et son sacrifice et la guérit, libéra les pluies sur la terre et désigna Oshun comme le seul Orisha toujours bienvenu pour délivrer des messages à Orun à partir de ce moment-là. C'est à partir de ce conte que le paon et le vautour lui furent associés.

Bien qu'elle ait participé à la création du monde et l'ait également sauvé de l'extinction, elle est également représentée comme détruisant la vie lorsque les humains l'offensent par leur insouciance, leur cruauté et leur manque de respect pour le divin et le monde naturel. En tant que divinité des eaux douces, elle peut retenir la pluie pour provoquer une sécheresse ou envoyer un déluge sans fin pour inonder la terre et laver ceux qui lui déplaisent. Les actions d'Oshun sont toujours en réponse à un péché du peuple, et elle ne joue aucun rôle dans la version Yoruba de l'histoire du grand déluge dans laquelle l'Orisha Olokun (qui préside à la mer) inonda le monde avec l'eau de l'océan en colère parce qu'Obatala avait pris trop de terres dans le cadre de l'acte de création.

Caractéristiques, mariage et associations

En dehors de ses accès de colère périodiques, Oshun est décrite comme gentille, bienveillante et miséricordieuse. Une histoire raconte qu'un peuple qui s'était installé près de la rivière Osun, près de la ville d'Osogbo, n'avait pas respecté ses simples demandes et avait été emporté par les eaux, mais qu'un autre, arrivé plus tard, la respecta et l'honora. En retour, Oshun leur promit sa protection, ses conseils et sa providence, permettant ainsi à Osogbo de prospérer. La ville finit par être associée à Oshun et était considérée comme un lieu de pèlerinage sacré. Le festival Osun-Osogbo est toujours organisé chaque année en son honneur au cours duquel les gens viennent de partout pour lui rendre hommage dans le bosquet sacré d'Osun-Osogbo, à l'extérieur de la ville.

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OSHUN EST CONSIDÉRÉE COMME UNE DIVINITÉ QUI COMPATIT AUX DIFFICULTÉS DES TRANSITIONS ET EST ASSOCIÉE À LA TRANSFORMATION.

On considère qu'Oshun tint la promesse faite aux premières personnes qui l'honorèrent sur le site en s'occupant des pèlerins d'aujourd'hui en guérissant leurs infirmités et leurs maladies, en leur accordant la fertilité et des naissances saines, et en les aidant à relever les différents défis de la vie. Elle est considérée comme une divinité particulièrement sensible aux difficultés des transitions et est associée à la transformation et aux luttes associées au changement ou à la perte. Elle offre donc du réconfort aux croyants en deuil ainsi qu'à ceux qui essaient de passer à autre chose et d'établir une nouvelle vie.

En même temps, cependant, Oshun est une personnalité distincte et est capable de se comporter mal comme n'importe quel humain, ce qui la rend d'autant plus attachante. Elle est la deuxième épouse de Shangô, la première étant Oba (Orisha de la domesticité, du temps et du fleuve Oba) et la troisième Oya (Orisha de la renaissance, de la transformation et du fleuve Niger). Dans une histoire, Oshun devient jalouse d'Oba, qui lui avait demandé comment préparer un plat spécial pour Shangô. Avant de préparer le repas, Oshun se mit un foulard sur la tête et se couvrit les oreilles. Elle ajouta ensuite une sorte de champignon qui ressemblait à une oreille au plat qu'elle prépara et le servit à Shangô qui l'apprécia. Oba, pensant qu'Oshun s'était coupé l'oreille pour préparer le plat, se coupa la sienne en le préparant la fois suivante et le servit à Shangô qui, dégoûté, rejeta le plat. Oshun et Oya rirent alors aux dépens d'Oba.

Cette histoire humanise Oshun, qui est généralement associée aux actes nobles, à la lumière, à l'éclat, à la bonté et à la générosité, en montrant que même les meilleurs peuvent se comporter mal et en encourageant ainsi les gens à se pardonner leurs erreurs. Elle est associée au paon, symbole de transformation, au vautour, lié à la mort, à la renaissance, à l'intelligence et à la détermination, à la mouffette, symbole d'autodétermination et de protection, à la loutre, symbole d'espièglerie et de joie, et aux papillons et aux abeilles, tous deux liés à la fertilité, au bonheur et au changement.

Osun-Osogbo Sacred Grove
Forêt sacrée d'Osun-Osogbo
Carsten ten Brink (CC BY-NC-ND)

L'identification d'Oshun en tant qu'entité qui aide aux états de transformation est illimitée et inclut, sans s'y limiter, la santé reproductive des femmes, la santé digestive, la santé spirituelle et mentale, ainsi que les défis des hommes dans ce domaine. Elle faisait partie des divinités les plus populaires d'Afrique de l'Ouest en raison de son attrait universel qui voyagea avec elle lorsque son peuple fut amené, contre son gré, de l'autre côté de l'océan vers ce que l'on appellait le Nouveau Monde.

Oshun dans le Nouveau Monde

La traite transatlantique des 16e et 19e siècles amena des millions d'Africains asservis aux Amériques et aux Caraïbes, les populations les plus importantes se trouvant au Brésil, en Haïti et dans l'Amérique coloniale qui devint ensuite les États-Unis. Au 18e siècle, des puissances politiques africaines telles que le Royaume du Bénin, le Royaume du Dahomey et l'Empire d'Oyo étaient pleinement impliquées dans le transport et la vente d'esclaves en Afrique de l'Ouest, et nombre de ceux qui étaient embarqués à bord des navires européens étaient des Yoruba.

Oshun voyagea avec eux vers le Nouveau Monde où elle continua à être honorée avec les autres Orishas. Au Brésil et en Haïti, pays catholiques, les Yoruba reconnurent leur propre paradigme dans la structure du catholicisme, en ce sens que les saints chrétiens étaient sollicités pour des besoins personnels et qu'ils transmettaient ensuite ces demandes à Dieu de la même manière que les Orishas servaient d'intermédiaires entre le peuple et Olodumare. Aux États-Unis, pays protestant, elle fut syncrétisée avec la Vierge Marie. De cette façon, bien que nominalement chrétiens, les Yoruba pouvaient continuer à pratiquer leur religion qu'ils connaissaient sous le nom de Isese (traduit par "origine de nos traditions") et qui était à la base de leur culture.

Devotee of Oshun
Fidèle d'Oshun
Team Yatta (CC BY)

Dans la religion brésilienne du Candomblé, Oshun devint Oxum (entre autres épithètes liées à ses caractéristiques), tandis que dans les systèmes de croyance Santeria et Vaudou des Caraïbes, elle devint Ochun. Aux États-Unis, elle put être honorée par l'utilisation de l'Abebe, un éventail circulaire associé à Oshun, et très probablement par des rituels observés dans les quartiers d'esclaves, bien que cette affirmation soit spéculative. Dans les régions où son culte se poursuivit, elle conserva ses attributs traditionnels de déesse de la fertilité et de protectrice des femmes.

Conclusion

De nos jours, de nombreuses femmes adoptent Oshun comme divinité personnelle, tout comme elles l'ont fait pendant des siècles. S'appuyant sur les anciennes histoires à son sujet, les dévots notent sa pertinence à une époque où les gens, comme les 16 arrogants Orishas, ignorent de plus en plus les valeurs qu'elle représente et insistent pour faire les choses à leur manière, au détriment de la terre et des autres. Ceux qui recherchent l'auto-émancipation d'Oshun puisent dans ses énergies pour poursuivre un changement personnel et communautaire qui inclut une conscience accrue de soi et des autres comme étant dignes d'amour, de respect et de bonheur.

Ces thèmes ont inspiré l'album et le film Lemonade de 2016 de l'artiste Beyonce, qui s'est inspirée d'Oshun et s'est adressée directement à elle dans la chanson Hold Up. Le titre de l'album et du film fait référence au vieil adage "When life gives you lemons, make lemonade" (Quand la vie te donne des citrons, fais de la limonade), qui encourage les gens à tirer le meilleur parti de n'importe quelle situation, mais reflète également la couleur jaune d'Oshun, la liant à la lumière. Beyonce fait clairement ressortir cette association dans le film où on la voit dans une robe jaune ambré avec des bracelets en or. L'or est également associé au caractère lumineux d'Oshun, tout comme le miel qui symbolise souvent la fertilité.

L'association de cet adage avec Oshun est également pertinente, car la gratitude pour ce que l'on a, plutôt que le regret de la perte ou l'amertume du manque, est une valeur centrale du culte d'Oshun, dans lequel les adeptes sont encouragés à saluer et à être reconnaissants pour les cadeaux qu'ils reçoivent. Chaque année, des personnes de nombreux pays différents arrivent en Afrique de l'Ouest pour participer à des célébrations centrées sur le concept de gratitude en l'honneur d'Oshun. En 2005, la forêt sacrée d'Osun-Osogbo, qui fait partie de la zone du festival, a été déclaré site du patrimoine mondial de l'UNESCO, attirant ainsi davantage l'attention sur la grande déesse dont les adeptes du monde entier reconnaissent avec gratitude les dons de beauté, d'amour et de tout ce qui rend la vie plus douce.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2021, octobre 01). Oshun [Oshun]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20101/oshun/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Oshun." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le octobre 01, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20101/oshun/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Oshun." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 01 oct. 2021. Web. 24 juin 2022.

Adhésion