La Guerre de la Conquête (ou Guerre contre les français et les indiens, 1754-1763) fut le dernier grand conflit colonial opposant la Grande-Bretagne et la France en Amérique du Nord. Souvent considérée comme un théâtre de la Guerre de Sept Ans (1756-1763) à l'échelle mondiale, elle éclata à la suite d'un différend territorial dans la vallée de l'Ohio, mais se transforma en une véritable guerre de conquête et de domination impériale. La guerre atteignit son paroxysme lors de la bataille des Plaines d'Abraham en septembre 1759, qui conduisit à la prise de la ville de Québec par les Britanniques et à la chute de la Nouvelle-France. Dans le traité de Paris de 1763, la France céda le Canada à la Grande-Bretagne, mettant fin à un siècle de lutte entre les deux empires pour le contrôle du continent nord-américain.
Contexte
Au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, les empires coloniaux de la Grande-Bretagne et de la France se disputèrent la domination de l’Amérique du Nord. Cette rivalité impérialiste avait déjà donné lieu à trois guerres dévastatrices: la première guerre intercoloniale, la deuxième guerre intercoloniale américaine et la troisième guerre intercoloniale américaine. Des villages avaient été détruits et des fermes rasées, tandis que des rivières de sang – anglais, français et autochtones confondus – avaient arrosé les champs rocailleux de la Nouvelle-Angleterre ainsi que la terre sombre des régions reculées de Virginie et de Pennsylvanie. Mais l’appétit insatiable des puissances coloniales n’était toujours pas assouvi, et il était clair qu’une nouvelle tempête se profilait, cette dernière et grande guerre qui allait engloutir l’Amérique coloniale dans sa fureur.
Les troubles allaient commencer le long des rives de la rivière Ohio, une vallée luxuriante et fertile convoitée par les deux puissances coloniales. Bien sûr, le Pays de l’Ohio n’était pas inoccupé, mais était, du moins en théorie, contrôlé par la puissante Confédération iroquoise et abritait plusieurs peuples autochtones vivant sous la protection des Iroquois; parmi eux figuraient les Delawares et les Shawnees, de langue algonquine, ainsi que les Mingos, de langue iroquoienne. Au milieu du siècle, les commerçants britanniques avaient commencé à opérer dans le Pays de l’Ohio, nouant des liens commerciaux avec divers villages autochtones. Cette activité menaçait les Français, qui avaient passé des décennies à tisser un réseau délicat d’alliances autochtones susceptible de se défaire rapidement si les Britanniques gagnaient trop d’influence.
Les Britanniques, cependant, souhaitaient non seulement établir une présence commerciale le long de l’Ohio, mais s’intéressaient à quelque chose de plus permanent. La colonie britannique de Virginie était particulièrement désireuse de s’étendre vers l’ouest. Non seulement la Virginie revendiquait déjà le Pays de l’Ohio – en effet, sa charte coloniale proclamait haut et fort que sa frontière occidentale s’étendait jusqu’aux rives du Pacifique –, mais elle avait désespérément besoin des terres fertiles le long du fleuve. L’économie de la Virginie reposait sur la production de tabac, une culture qui appauvrissait les sols où elle était cultivée. De ce fait, les planteurs virginiens avaient constamment besoin de nouvelles terres et se tournèrent tout naturellement vers les sols vierges de la vallée de l’Ohio. De riches investisseurs mirent leurs fonds en commun pour former des sociétés de spéculation foncière, comme l’Ohio Company, qui achetèrent rapidement des terres.
Les Français observaient cette évolution avec inquiétude, car ils avaient toutes les raisons de craindre l’expansion anglo-américaine vers l’ouest. Tant que les colonies britanniques restaient confinées à l’est des Appalaches, un certain équilibre des pouvoirs pouvait être maintenu en Amérique du Nord. Mais si les Britanniques pénétraient à l’intérieur du continent, les intérêts commerciaux français risquaient d’être facilement compromis. De plus, les Français comptaient sur la rivière Ohio comme voie navigable pour relier les deux parties distinctes de la Nouvelle-France, à savoir le Canada au nord et la Louisiane au sud. Ils ne pouvaient se permettre de perdre le contrôle de la rivière. En juin 1747, les Français envoyèrent une expédition militaire dans la région sous le commandement de Pierre Joseph Céloron de Blainville à la fois pour repousser les commerçants britanniques importuns et pour rappeler aux peuples autochtones à qui devait aller leur loyauté.
L'expédition de Céloron ne parvint pas à effrayer les Britanniques, qui continuèrent à être actifs dans la région de l'Ohio au début des années 1750. En 1752, le nouveau gouverneur général de la Nouvelle-France, le marquis de Duquesne, envoya une nouvelle expédition dans la région de l'Ohio dans le but de punir le village autochtone de Pickawillany pour avoir ignoré ses ordres et continué à commercer avec les Britanniques. Les Français semèrent le feu et la mort dans le village, capturant trois commerçants britanniques et tuant 14 Autochtones. Au printemps suivant, les Français se montrèrent encore plus agressifs et commencèrent à construire une série de forteresses le long du fleuve. Cela portait directement atteinte aux intérêts de la Compagnie de l’Ohio; si elle ne parvenait pas à convaincre les Français de se retirer, elle perdrait toutes les terres qu’elle avait achetées.
Le lieutenant-gouverneur de Virginie, Robert Dinwiddie, était un investisseur de la compagnie et était déterminé à user de son autorité pour faire valoir les revendications britanniques sur ces terres. Il décida d’envoyer une mission diplomatique au fort LeBœuf, récemment construit, afin de rappeler aux Français que ces terres ne leur appartenaient pas et d’exiger qu’ils les quittent immédiatement. La seule question était de savoir qui Dinwiddie choisirait pour diriger cette expédition délicate.
La folie de Washington
L'homme que Dinwiddie choisit était assurément un candidat atypique. Âgé de seulement 21 ans, il était jeune et inexpérimenté, avec peu d'éducation formelle et aucune maîtrise de la langue française. Mais à d’autres égards, George Washington était l’homme idéal pour cette mission. Il avait soif de gloire et était impatient de se forger une réputation durable. De plus, il avait un intérêt personnel dans le succès de l’Ohio Company: son défunt demi-frère, Lawrence, avait été l’un de ses premiers investisseurs. Que ce fût une bonne idée ou non, Dinwiddie confia le sort de la région de l’Ohio aux mains inexpérimentées de Washington. Le 1er novembre 1753, Washington quitta la capitale coloniale de Williamsburg muni d’une lettre du lieutenant-gouverneur. Alors qu’il s’enfonçait dans la nature sauvage en direction des forts français, il fut rejoint par plusieurs compagnons, dont un guide de l’Ohio Company, un traducteur et un sachem mingo rusé nommé Tanacharison, connu des Britanniques sous le nom de Half-King.
Washington se rendit au fort Le Bœuf, où il fut poliment mais fermement refoulé par le commandant français. Après un voyage périlleux de retour en Virginie – Washington faillit se noyer en traversant la rivière Alleghany couverte de glace –, le jeune officier déçu fit part de son échec à Dinwiddie. Mais Dinwiddie ne se laissa pas décourager et, au début de l’année suivante, renvoya Washington avec 159 hommes, dont la plupart étaient, selon les termes de l’historien Fred Anderson, "des indigents et des vagabonds contraints au service" (45). Le 27 mai 1754, alors qu’il installait son campement dans une zone appelée Great Meadows, Washington apprit qu’un groupe de soldats français avait été repéré dans les environs. Tôt le lendemain matin, Washington encercla le campement français alors que les soldats encore endormis sortaient en titubant de leurs tentes et se préparaient à prendre leur petit-déjeuner.
Ce qui se passa ensuite reste incertain. Soit les troupes de Washington tendirent une embuscade aux soldats français qui ne se doutaient de rien, soit les Français, surpris de trouver les Virginiens à l’extérieur de leur camp, tirèrent les premiers. Quoi qu’il en soit, une fois la fumée dissipée, 14 soldats français gisaient morts ou blessés. Parmi les blessés se trouvait un enseigne de 35 ans, Joseph Coulon de Villiers de Jumonville. Avec l’aide d’un interprète, Jumonville commença à expliquer que, tout comme Washington l’année précédente, il était simplement en mission diplomatique, chargée d’avertir les Britanniques de ne pas s’approcher de l’Ohio. Mais il n’avait pas encore fini son explication que Tanacharison enjamba son corps et dit en français: "Tu n’es pas encore mort, mon père", avant d’enfoncer sa hache dans la tête de Jumonville et de se laver les mains dans sa cervelle. Bien que les motivations de Tanacharison ne puissent être connues avec certitude, Anderson soupçonne qu’il ait commis cet acte pour lier son peuple aux Britanniques.
La bataille – ou, selon certains, le massacre – de Jumonville Glen marqua le début de la Conquête. Conscient que les dés étaient jetés, Washington se retira à Great Meadows, où il construisit un fort rudimentaire qu’il baptisa Fort Necessity. Il ne fallut pas longtemps aux Français pour le suivre jusque-là. Le 3 juillet 1754, le fort fut encerclé par 700 soldats français, soit plus du double des effectifs de Washington. Ils maintinrent un "feu nourri" pendant les huit heures qui suivirent, tirant depuis "chaque petite élévation, chaque arbre, chaque souche, chaque pierre et chaque buisson" (Freeman, 60). À 20 h, Washington avait perdu un tiers de ses effectifs et fut contraint de se rendre. Après avoir signé les articles de capitulation – dans lesquels il admit sans le savoir avoir assassiné Jumonville –, Washington et ses hommes en haillons furent autorisés à partir et entamèrent leur longue et humiliante retraite vers la Virginie.
La défaite de Braddock
Loin de régler la question de l’Ohio, les mésaventures de Washington ne firent qu’empirer les choses. Si les Britanniques souhaitaient véritablement déloger les Français, il fallait faire preuve d’une plus grande démonstration de force. En février 1755, le major général Edward Braddock arriva en Amérique à la tête de deux régiments de soldats britanniques. Braddock fit clairement savoir qu’il agissait avec l’autorité du roi et qu’il ne tolérerait aucun acte stupide de la part des provinciaux – il réprimanda les gouverneurs coloniaux pour la manière "pusillanime et maladroite" dont ils s’étaient comportés et commença à coordonner une expédition à grande échelle vers l’ouest (Anderson, 86). Son objectif était de s’emparer du fort Duquesne, le plus puissant des bastions français situé au confluent des rivières Alleghany et Monongahela. Ce faisant, il espérait faire comprendre aux Français que l’Ohio appartenait à la Grande-Bretagne, aujourd’hui et pour toujours.
Le 29 mai 1755, Braddock quitta Fort Cumberland, dans le Maryland, avec 2 200 hommes (dont Washington, qui s’était engagé comme aide de camp de Braddock). La progression était lente; la route qu’il avait choisie était cahoteuse et mal adaptée à des colonnes de soldats en marche tirant des canons et des chariots de provisions. Frustré, Braddock décida finalement de diviser son armée en deux; il envoya une "colonne volante" de 1 300 hommes en avant-garde, tandis que le reste de l’armée tentait de rattraper son retard. Le 9 juillet, la colonne volante traversa la rivière Monongahela, à moins de 16 km (10 miles) du fort Duquesne. Là, elle rencontra 800 soldats français et guerriers autochtones, qui avaient quitté le fort pour affronter la horde des envahisseurs. Malgré leur épuisement, les soldats britanniques, confiants dans la victoire, ouvrirent le feu. Le commandant français, le capitaine Beaujeau, fut tué sur le coup, tandis que Français et Indiens couraient se mettre à l’abri.
Mais ce n'était que le début. À l'abri derrière des buissons, des rochers et d'autres abris, les Français et les Indiens ripostèrent contre les Britanniques. Debout côte à côte dans une clairière, les Britanniques avaient peu de place pour se déplacer et nulle part où se mettre à l'abri. Pendant les trois heures qui suivirent, ils furent des cibles faciles, tombant comme des mouches alors que les balles sifflaient autour de leurs têtes. Braddock tenta de rétablir l'ordre jusqu'à ce qu'une balle ne le fasse tomber de son cheval; bien que Washington soit parvenu à l'évacuer du champ de bataille, la blessure était mortelle et le général allait bientôt mourir. Les troupes britanniques et coloniales survivantes s'enfuirent rapidement, laissant près de 1 000 de leurs camarades morts, blessés ou capturés par l'ennemi. La bataille de Monongahela, mieux connue sous le nom de "défaite de Braddock", fut l'une des pires défaites militaires de la Grande-Bretagne au XVIIIe siècle, et le signe que la lutte pour l'Ohio ne faisait que commencer.
Escalade
L'expédition malheureuse de Braddock ne fut pas la seule offensive britannique lancée en 1755. Sir William Johnson mena une force combinée de milices coloniales et de guerriers mohawks à la victoire lors de la bataille du lac George (8 septembre), tandis qu’une autre expédition britannique s’empara du fort Beauséjour dans l’actuel Nouveau-Brunswick (les Britanniques victorieux procédèrent à l’expulsion de milliers d’Acadiens francophones de leurs foyers dans cette région, un des premiers exemples modernes de nettoyage ethnique). Mais les aléas de la guerre, toujours changeants, allaient basculer de nouveau en 1756. D'une part, la guerre s'intensifia cette année-là lorsque la Grande-Bretagne déclara officiellement la guerre à la France, déclenchant la guerre de Sept Ans en Europe. D'autre part, un nouveau commandant français arriva dans le Nouveau Monde. Louis-Joseph, marquis de Montcalm, était un soldat de 44 ans rompu à l'art des batailles européennes. Il avait toujours suivi les règles à la lettre, et il restait à voir comment il s'en sortirait dans les combats acharnés de la frontière nord-américaine.
La réponse, comme on allait le voir, était qu’il s’avéra très efficace. En août 1756, il s’empara du fort Oswego, sur le lac Ontario, après un bref siège; ayant jugé que la garnison britannique n’avait pas opposé une grande résistance, il refusa de lui accorder les honneurs de la guerre. L’année suivante, Montcalm se surpassa, menant 7 000 soldats français, canadiens et autochtones contre le fort William Henry, au bord du lac George. Cette fois-ci, Montcalm décida que la garnison s’était battue honorablement et, lorsqu’elle se rendit, il accepta de lui permettre de se retirer vers le fort Edward voisin. À l’insu de Montcalm – qui ne se souciait guère de ses alliés autochtones et ne prenait pas le temps de les comprendre –, cela les offensa, eux qui n’avaient rejoint l’expédition qu’en espérant recevoir du butin et des captifs.
Outrés, certains guerriers décidèrent d’obtenir ce pour quoi ils étaient venus. Ils suivirent les soldats britanniques pendant un moment alors qu’ils se retiraient du fort, puis passèrent à l’attaque. Avant que Montcalm et ses officiers n’aient pu les arrêter, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants avaient été massacrés ou emmenés en captivité. Le massacre de Fort William Henry marqua un tournant décisif dans la guerre. Il creusa un fossé entre Montcalm et ses alliés autochtones, entraîna une querelle entre Montcalm et le gouverneur général Vaudreuil de la Nouvelle-France (ce dernier comprenait la nécessité d’avoir des alliés autochtones et reprochait à Montcalm de les avoir mal utilisés), et poussa les colons britanniques à haïr les Français, convaincus qu’ils avaient délibérément laissé ces massacres se produire.
L'hiver 1757-1758 s'avéra désastreux pour l'effort de guerre français. Une épidémie de variole éclata parmi les communautés autochtones, privant les Français de leur précieuse aide. De plus, une mauvaise récolte entraîna une famine dans une grande partie de la Nouvelle-France, forçant les miliciens canadiens de Montcalm à rentrer chez eux pour s'occuper de leurs familles. Montcalm se retrouva ainsi confronté à une grave pénurie d'effectifs au moment où il pouvait le moins se le permettre. À Londres, William Pitt l’Ancien, secrétaire d’État aux Colonies, avait décidé qu’il ne suffisait pas de chasser les Français de la région de l’Ohio: il était temps de conquérir la Nouvelle-France et de déloger complètement les Français d’Amérique du Nord. Il ordonna trois offensives, dont deux furent couronnées de succès; à la fin de l’année, le fort Duquesne et la puissante forteresse française de Louisbourg étaient tous deux aux mains des Britanniques. Le lieutenant-colonel John Bradstreet, un Américain d’origine acadienne, prit également l’initiative d’attaquer le fort Frontenac, dont il s’empara sans perdre un seul homme.
La seule défaite britannique de 1758 eut lieu devant les murs du fort Carillon, le 8 juillet. Montcalm avait rassemblé les maigres forces dont il disposait – moins de 3 500 hommes – et s’était retranché avec acharnement, construisant de solides fortifications sur les hauteurs à l’extérieur du fort. Lorsque le major général britannique James Abercromby arriva avec 18 000 hommes, il s’attendait à une victoire rapide et ordonna un assaut frontal sans le soutien de l’artillerie de campagne. La masse des troupes britanniques se heurta aux retranchements français et fut fauchée "comme de l’herbe" (Anderson, 244). Au coucher du soleil, Montcalm conservait le contrôle du fort au prix d’environ 500 pertes, tandis que près de 2 500 soldats britanniques et coloniaux gisaient morts ou blessés. Abercromby n’eut d’autre choix que de se retirer. La bataille de Fort Carillon fut non seulement l’heure de gloire de Montcalm, mais aussi la bataille la plus sanglante de la guerre.
Chute de la Nouvelle-France
Malgré le revers essuyé à Carillon, les Britanniques se trouvaient désormais dans une bien meilleure position qu’un an auparavant. En juillet 1759, ils continuèrent à mettre la pression sur les Français en s’emparant coup sur coup du fort Carillon (rebaptisé Ticonderoga par les Britanniques victorieux) et du fort Niagara; ce dernier fut pris par Sir William Johnson, qui avait finalement réussi à mobiliser un nombre important de guerriers iroquois contre les Français. Mais le spectacle principal allait se dérouler au Canada, où un jeune major général nommé James Wolfe mena 4 500 hommes dans une expédition contre la ville de Québec à proprement parler. L'affrontement décisif eut lieu à l'extérieur de la ville lors de la bataille des Plaines d'Abraham, le 13 septembre. L'engagement prit fin en 20 minutes et fit environ 600 victimes de chaque côté; parmi ces victimes figuraient les commandants des deux armées, Wolfe et Montcalm, tous deux mortellement blessés, qui succombèrent à leurs blessures quelques heures plus tard.
Malgré la perte de leur général, les Britanniques poursuivirent leur avancée et entrèrent dans la ville de Québec quelques jours plus tard. En 1760, Sir Jeffrey Amherst porta le coup fatal en menant une offensive sur trois fronts contre Montréal. Les 3 500 défenseurs français de Montréal, malades et en manque de ravitaillement, ne faisaient pas le poids face aux 18 000 hommes d’Amherst, et la ville capitula le 8 septembre 1760. Avec la chute de Montréal, toute la Nouvelle-France était tombée sous occupation britannique. Bien que le traité de Paris ne fût signé que trois ans plus tard, la guerre en Amérique du Nord était de fait terminée. Lorsque la paix fut officialisée, la France céda le contrôle du Canada à la Grande-Bretagne. La question de la domination coloniale en Amérique du Nord était enfin tranchée: la Grande-Bretagne l'avait emporté. Mais cette victoire s'avéra plus coûteuse que la Grande-Bretagne ne l'avait prévu. La guerre avait plongé la Grande-Bretagne dans une dette colossale, que le Parlement décida de répercuter sur les Treize Colonies. La résistance à ces nouveaux impôts allait entraîner des troubles et, finalement, la Révolution américaine.
