Christophe Colomb

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Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 12 octobre 2020
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Texte original en Anglais : Christopher Columbus

Portrait of a Man, Said to Be Christopher Columbus (by Sebastiano del Piombo, Public Domain)
Portrait d'un homme supposé être Christophe Colomb
Sebastiano del Piombo (Public Domain)

Christophe Colomb (1451-1506, également connu sous le nom de Cristoffa Corombo en langue ligure et Cristoforo Colombo en italien) était un explorateur génois (identifié à l'heure actuelle comme italien) devenu célèbre à son époque comme l'homme qui découvrit le Nouveau Monde et, depuis le 19e siècle, est crédité de la découverte de l'Amérique du Nord, en particulier de la région qui comprend les États-Unis. En fait, en raison de la popularité des lettres publiées au début du XVIe siècle de l'explorateur florentin Amerigo Vespucci (1454-1512), détaillant ses trois voyages dans le «Nouveau Monde» entre 1497-1504, la découverte des Amériques lui fut créditée sur les cartes du monde à partir de 1506 et c'est la raison pour laquelle les continents portent la version féminine de son nom.

Colomb effectua quatre voyages dans la région des Caraïbes, explorant Cuba, Amérique centrale, Amérique du Sud, Porto Rico, les îles Vierges, la République dominicaine, Haïti, les îles des Bahamas et d'autres entre 1492-1504:

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  • Premier voyage : 1492-1493
  • Deuxième voyage : 1493-1496
  • Troisième voyage : 1498-1500
  • Quatrième voyage : 1502-1504

Colomb n'avait jamais entrepris de découvrir un Nouveau Monde, mais il souhaitait trouver une route maritime occidentale vers l'Extrême-Orient pour faciliter le commerce après que la voie terrestre de la Route de la soie, entre l'Europe et l'Est, ait été fermée par l'Empire ottoman en 1453, initiant ainsi l'Ère des Grandes Découvertes qui lança de nombreuses expéditions maritimes européennes. Le premier voyage de Colomb le porta dans l'une des îles des Bahamas le 12 octobre 1492, qu'il revendiqua au nom des monarques Ferdinand II d'Aragon et de son épouse Isabelle de Castille d'Espagne. Ses trois voyages suivants furent effectués pour consolider le contrôle de la région par l'Espagne et établir des colonies.

Les voyages de Colomb ouvrirent la voie à des expéditions européennes ultérieures, mais lui-même ne prétendit jamais avoir découvert l'Amérique.

Colomb est reconnu comme le premier à avoir établi un contact entre l'Europe et les Amériques, connu sous le nom d'échange Colombien (ou Grand Échange), où les personnes, les plantes, la technologie et d'autres aspects de la culture passèrent entre l'Ancien et le Nouveau Monde, transformant les deux et établissant les bases de l'ère moderne. Bien que les détracteurs de Colomb citent la communauté nordique de Terre-Neuve comme la première «découverte de l'Amérique», les Vikings sous Leif Erikson, qui débarquèrent en Amérique du Nord des siècles avant Colomb, n'eurent aucun effet sur la population indigène et leur retour au Groenland n'inspira pas de futures expéditions.

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Les voyages de Colomb, en revanche, ouvrirent la voie à des expéditions européennes ultérieures, mais lui-même ne prétendit jamais avoir découvert l'Amérique. L'histoire de sa «découverte de l'Amérique» fut établie et célébrée pour la première fois dans A History of the Life and Voyages of Christopher Columbus par l'auteur américain Washington Irving (l. 1783-1859) publié en 1828 et ce récit (largement fictif) contribuera éventuellement à l'établissement de Columbus Day (le Jour de Colomb) en 1906 en tant que jour de fête aux États-Unis, fête observée jusqu'à présent.

Dans les années 1970, cependant, une réévaluation de Colomb et des effets de ses voyages sur les cultures et les peuples des Amériques ont appelé de plus en plus à écarter cette tradition au profit d'une fête pour honorer les peuples autochtones affectés négativement par les quatre expéditions qu'il effectua dans le Nouveau Monde et le mauvais traitement de la population d'origine aux mains des immigrants européens par la suite. Ce débat se poursuit aujourd'hui.

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Fermeture de la route de la soie

Colomb naquit à Gênes en 1451, qui se trouvait alors dans la région de Ligurie et seulement beaucoup plus tard (en 1861) fera partie de l'Italie. Il avait trois frères Bartolomeo, Giovanni et Giacomo (régulièrement appelé Diego), et une sœur, Bianchinetta. Son père, Domenico, était tisserand et gardien de taverne dont l'amour des voyages en mer influencerait considérablement le jeune Colomb et sa mère, Susanna, était femme au foyer.

On sait peu de choses sur les débuts de la vie de Colomb (bien qu'il prétendait avoir navigué dès l'âge de dix ans) mais, à l'âge de 20 ans, il avait déjà eu l'expérience de la navigation en haute mer (ayant voyagé en Islande et en mer Égée) et, en 1476, il se vit confier sa propre commande d'un navire de commerce. Il était marié à la noble portugaise Filipa Moniz Perestrelo et en 1480 il avait un fils, Diego; en 1485, il commandait des navires vers des zones situées le long de la côte de l'Afrique de l'Ouest au service des intérêts commerciaux du Portugal.

Le climat dans lequel Colomb avait grandi était significativement différent de celui de ses parents en ce sens que les types de biens que les Européens avaient pris l'habitude d'utiliser n'étaient plus disponibles comme ils l'avaient été autrefois. Les routes commerciales terrestres vers l'Orient, connues à l'époque moderne sous le nom de Route de la soie, étaient en service entre l'Europe et la Chine depuis 130 av. JC, date de son ouverture sous la dynastie Han (202 av. J.C. - 220 av. JC).

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Map of Marco Polo's Travels
Carte des voyages de Marco Polo
SY (CC BY-SA)

La Route de la soie comprenait de nombreux itinéraires, dont certaines parties étaient sous le contrôle d'un groupe, d'une nationalité ou d'une autre à divers moments de son histoire. L'explorateur européen Marco Polo (1254 à 1324) parcourut la Route de la soie et en dicta de nombreux détails dans son livre après son retour, ce qui fournit aux voyageurs ultérieurs une sorte de guide et les aida également à établir des distances entre l'Europe et l'Orient.

La route de la soie était principalement contrôlée par l'Empire mongol jusqu'à sa chute en 1368, après quoi l'Empire byzantin (330-1453) maintint la circulation des marchandises dans les deux sens. Les Byzantins tombèrent aux mains des Turcs ottomans en 1453, qui fermèrent les routes terrestres et coupèrent les commerçants européens des marchandises orientales. Dans le but de rétablir le commerce avec l'Est, les marchands européens prirent alors la mer, lançant ainsi l'Ère des Grandes Découvertes.

L'ère des Grandes Découvertes et appuis financiers

Cela ne veut pas dire que les Européens n'avaient à l'époque aucune connaissance des voyages en mer ni que les marchands européens se sont soudainement rués sur la construction de navires ou l'élaboration hâtive des cartes inexactes. La boussole magnétique était connue en Europe dès 1180, en utilisant des textes anciens tels que la Géographie de Strabon et l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien, ainsi que des cartes établies depuis longtemps, les capitaines européens pouvaient naviguer et poursuivre leurs échanges commerciaux avec l'Orient via la mer Noire.

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Colomb, en basant ses calculs sur la carte de Toscanelli et le travail de Marco Polo, estima la distance entre les îles Canaries et le Cathay à environ 3700 km.

Le problème auquel ils se heurtaient, cependant, était celui des commerçants arabes musulmans qui contrôlaient un certain nombre de routes maritimes importantes vers l'Orient. Les marins portugais commencèrent à se pencher sur d'autres routes maritimes possibles vers l'Est, et l'un des contributeurs de cet effort fut l'astrologue et mathématicien florentin Paolo dal Pozzo Toscanelli (l. 1397-1482), qui avait transcrit une carte du monde de l'ancien géographe Strabon (l. 63 av. J.C. - 23 JC) et en avait présenté un exemplaire au roi Alphonse V du Portugal (1438-1481), suggérant de naviguer vers l'ouest pour atteindre le Cathay (Chine) à l'est. Alfonso V rejeta la proposition de Toscanelli et ce dernier envoya donc en 1474 la copie de la carte à Colomb qui avait désormais une réputation de navigateur et de marin expert. Colomb naviguait toujours dans l'intérêt du Portugal à cette époque, et lui et ses frères étaient également engagés dans l'élaboration d'une route maritime vers le Cathay. Colomb avait appris lui-même le latin, l'espagnol et le portugais et put donc accéder à un large éventail de documents et de cartes pour élaborer son projet de voyage à travers l'océan Atlantique afin d'établir une nouvelle route commerciale avec le Cathay.

Les frères Colomb mirent au point un plan et, vers 1484, Colomb approcha le roi Jean II du Portugal (r. 1481-1495) pour solliciter un financement. Colomb, en basant ses calculs sur la carte de Toscanelli, le travail de Marco Polo et d'autres documents, estima la distance entre les îles Canaries et le Cathay à environ 3 700 km, mais le roi Jean II rejeta le plan au motif que l'estimation de la distance par Colomb était trop basse (ce qui s'avéra vrai, car la distance était en fait d'environ 19 600 km). Colomb présenta ensuite sa proposition aux gouvernements de Gênes et de Venise mais elle fut rejetée par les deux.

Il se tourna ensuite vers Ferdinand II et Isabelle I d'Espagne qui le rejetèrent également mais furent assez intrigués par son plan pour le garder sous contrat, lui versant une somme importante pour l'empêcher de proposer l'expédition à n'importe quel autre gouvernement. Ferdinand et Isabelle étaient très pris par leurs propres problèmes et tentaient de chasser les Arabes musulmans, connus sous le nom de Maures, de leur territoire dans l'effort connu depuis sous le nom de Reconquista (Reconquête 711-1492). Le dernier bastion des Maures à Grenade tomba en 1492, et, par la suite, Colomb obtint les trois navires et le financement qu'il avait demandés.

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Les voyages

Colomb quitta le port le 3 août 1492 à bord de ses célèbres navires la Nina, la Pinta et la Santa Maria. Son objectif principal était d'atteindre le Cathay, mais il fut également clairement indiqué qu'il devait revendiquer toutes les terres qui n'étaient pas déjà sous l'autorité d'une nation souveraine pour l'Espagne et en l'honneur de l'Église catholique. À cette fin, il reçut deux documents officiels :

  • Un contrat entre lui et la couronne promettant à la monarchie 90% des bénéfices de l'entreprise en échange d'un financement et stipulant que Colomb se verrait attribuer le poste de vice-roi ou de gouverneur de toutes les terres qu'il prendrait pour la couronne.
  • Une lettre d'introduction de Ferdinand et Isabelle demandant à tout monarque que Colomb rencontrerait chemin faisant de lui fournir un passage en toute sécurité ainsi que des provisions car sa mission était au service de la foi chrétienne.

Premier voyage - 1492-1493: Il arriva sur une île des Caraïbes le 12 octobre 1492 et fut accueilli par un grand rassemblement d'indigènes sur la plage. Il convoqua les capitaines de la Nina et de la Pinta et rama jusqu'à la rive avec le secrétaire de la flotte et l'inspecteur royal. Il savait qu'il n'avait pas atterri au Cathay mais croyait avoir découvert une île proche de son objectif qui, pour autant qu'il puisse le dire, n'était revendiquée par aucune nation souveraine et il la revendiqua donc pour l'Espagne, ce qui fut dûment noté par ses témoins.

Les indigènes lui firent comprendre que leur île s'appelait Guanahani, mais il la nomma San Salvador (encore son nom actuel aux Bahamas). Les indigènes (les Arawaks) lui donnèrent aussi probablement le nom qu'ils se donnaient eux-mêmes, mais il les désigna comme des indios et établit ainsi l'utilisation du terme Indien pour les habitants de la région et, plus tard, pour ceux d'Amérique du Nord, centrale et du Sud. Aucune mention n'est faite des réactions des gens venus les saluer et, peu de temps après, les cinq Européens et les habitants des îles indigènes échangèrent des cadeaux en signe d'amitié.

Columbus' Arrival in America
Arrivée de Colomb en Amérique
Jack Cousin (CC BY-NC-ND)

Après sa première rencontre avec les indigènes, il partit ensuite à la recherche de l'Asie. Il explora un certain nombre d'autres îles et, après avoir fondé la communauté/forteresse de La Navidad à Haïti (avec la permission du chef local) composée de 39 de ses hommes, il retourna en Espagne (emmenant avec lui un certain nombre d'indigènes qu'il avait enlevés) où les nouvelles de sa découverte se répandirent rapidement. La chrétienté européenne était ravie de la perspective d'un nouveau monde de futurs convertis au Christ et des possibilités d'une richesse inimaginable et Colomb y fut renvoyé, en septembre 1493, pour garantir de telles possibilités.

Deuxième voyage - 1493-1496 : Colomb revint dans le Nouveau Monde en tant que gouverneur des terres qu'il avait revendiquées avec une flotte de 17 navires pleins de colons pour établir des communautés pour l'Espagne ainsi qu'un certain nombre de chiens qu'ils comptaient utiliser pour maîtriser les indigènes. Les Mastiffs avait été utilisés avec succès par les Espagnols contre les Maures lors de la Reconquista et avait donc été inclus comme un atout important dans le deuxième voyage de Colomb. Les chiens terrorisèrent les indigènes, traquèrent ceux qui étaient accusés de manquement au devoir et réprimèrent toute tentative de résistance à la conquête européenne. Quand il arriva en Jamaïque en 1494, il rencontra une forte oppsition des tribus locales sur la plage jusqu'à ce qu'il ne libère les féroces mastiffs qui terrorisèrent les guerriers indigènes et les mirent en déroute.

15-century CE Nautical Map
Carte nautique du 15 siècle de notre ère
Gallica Digital Library (Public Domain)

Le Second Voyage établit le système d'encomienda dans lequel les colons espagnols revendiquaient une vaste étendue de terres sur lesquelles les indigènes fournissaient leur travail en échange de nourriture, d'abri et de protection contre les personnes pour lesquelles ils travaillaient. En 1495, la population indigène avait diminué, selon les écrits ultérieurs de Las Casas, de 50 000 habitants et, bien que ce nombre soit considéré comme une exagération par de nombreux experts modernes, il est probablement trop bas. Les natifs de la région passèrent d'individus autonomes ayant une culture établie à des esclaves qui pouvaient être torturés ou tués pour n'importe quelle raison à tout moment et qui subirent des pertes importantes en raison de maladies européennes contre lesquelles ils n'étaient pas immunisés. Les pertes furent également dues à une partie importante de la population expédiée en Europe en tant qu'esclaves.

Troisième voyage - 1498-1500: Bien que les Européens se soient maintenant fermement établis dans le Nouveau Monde, Colomb n'avait pas encore trouvé de chemin à travers les îles qu'il avait visitées jusqu'à présent pour atteindre le Cathay. Il était certain que les terres qu'il avait colonisées pour l'Espagne étaient toutes proches du continent asiatique et donc, après son retour en Espagne en 1496, son troisième voyage fut financé pour en avoir le cœur net; au lieu de ça, il localisera les régions de l'Amérique centrale et du Sud moderne.

À cette époque, les colons de Colomb étaient activement engagés à capturer et à vendre les indigènes en esclavage et à les maltraiter au quotidien. Colomb s'opposait à ce traitement réservé aux indigènes et punit sévèrement les colons, ce qui donna lieu à une accusation de tyrannie et de corruption (car il interférait avec les pratiques commerciales) intentées contre lui en 1499. Lui et son frère Diego furent arrêtés et renvoyés en Espagne pour répondre à ces accusations. Ils furent acquittés par Ferdinand et Isabelle, dotés de nouveaux navires, et renvoyés dans le Nouveau Monde.

Quatrième voyage - 1502-1504: Colomb revint avec une flotte de 30 navires, dont 29 furent perdus lors d'une tempête au large de Saint-Domingue, pour constater que les gouverneurs régionaux ne voulaient plus (ou n'avaient plus besoin) de lui. Ils pensaient qu'il avait mal géré les colonies en défendant les peuples indigènes et en interférant avec la traite des esclaves; ce qui avait coûté des pertes financières considérables aux commerçants d'esclaves et à la couronne espagnole.

Columbus Monument
Monument à Colomb
Paul Lo (CC BY-NC-ND)

Seul, Colomb explora les îles au large du Honduras, cartographia le Costa Rica et d'autres sites, et il était en mer quand une tempête conduisit son navire vers la Jamaïque où il fit naufrage. Les indigènes le méprisaient et lui refusèrent toute aide, et les gouverneurs régionaux de la région ressentaient exactement la même chose et n'envoyèrent aucun navire à son secours. Colomb finit par menacer les indigènes afin qu'ils lui viennent en aide en prétendant qu'il capturerait la grande lumière du ciel s'ils ne le faisaient pas, puis prédit avec précision l'éclipse lunaire du 29 février 1504, affirmant avoir restauré la lumière une fois que l'aide lui fut promise. Lui et ses hommes furent finalement secourus, en grande partie grâce à leurs propres efforts, et Colomb retourna en Espagne où, en mauvaise santé, il mourut, à Valladolid, en mai 1506.

Conclusion

Les évaluations modernes de personnages et d'événements historiques sont souvent coupables de l'erreur du présentisme — en jugeant le passé par les normes et les idéologies du présent — et la vie et les voyages de Christophe Colomb en sont l'un des meilleurs exemples, sinon le meilleur. Avant la publication en 1828 de A History of the Life and Voyages of Christopher Columbus par Washington Irving, Colomb était presque inconnu aux États-Unis. Son livre sur Colomb, plus une oeuvre de fiction historique ou romantique que purement historique, fut interprétée comme une œuvre savante sur la vie et les aventures d'un intrépide explorateur européen qui avait «découvert l'Amérique» et continua à informer l'histoire des États-Unis jusqu'à nos jours.

Colomb ne prétendit jamais avoir «découvert l'Amérique» et il n'y a rien non plus dans ses propres carnets ni dans les écrits de quasi-contemporains pour suggérer que les experts de son temps croyaient que la terre était plate alors que lui prouva qu'elle était ronde (on savait fort bien en 1492 que la terre était ronde), ni qu'il «s'était perdu» alors qu'il cherchait une route vers l'Inde, et atterrit dans un endroit étrange qu'il pensait être sa destination, et ainsi nomma les autochtones, Indiens. La plupart des mythes concernant Colomb communément cités comme événements historiques n'étaient en fait que les créations d'Irving qui essayait seulement de raconter une belle histoire.

Le Colomb d'Irving était un aventurier courageux et noble qui risqua sa vie et celle de son équipage pour étendre la connaissance européenne du monde et établir un lien vital entre l'Ancien Monde et le Nouveau. Le livre était si populaire qu'il fut à l'origine de la décision du président américain Benjamin Harrison (en fonction 1889-1893) de proclamer une journée nationale de célébration en l'honneur de Colomb en 1892, à l'occasion du 400e anniversaire de l'arrivée de Colomb. L'État du Colorado sera plus tard le premier à observer cette fête en 1906, et d'autres États suivirent le pas par la suite.

Le mouvement actuel visant à renommer et à reconsacrer la Journée de Colomb en l'honneur des peuples autochtones est compréhensible et admirable, mais d'un autre côté, la volonté de poursuivre la tradition de l'honorer n'est pas sans mérite, surtout quand on considère ce que cela signifiait pour les Italo-Américains fréquemment persécutés aux États-Unis à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, d'avoir un «héros américain» défini comme «italien» par Irving et reconnu comme tel par la majorité américaine. Ce sont en grande partie les efforts des groupes communautaires italo-américains qui contribuèrent à la création de la fête à l'origine.

La guérison des blessures passées doit commencer par un dialogue qui reconnaît les causes sous-jacentes et les effets à long terme des atrocités de Colomb tout en reconnaissant ses réalisations. Cependant, on juge Colomb à l'heure actuelle, il était le produit de son époque et se comporta envers les non-Européens précisément comme on s'attendait à ce qu'un chrétien européen du XVe siècle le fasse et, malheureusement, bien mieux que les colonisateurs et les conquérants qui atteignirent le Nouveau Monde après lui.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Joshua J. Mark
Écrivain indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2020, octobre 12). Christophe Colomb [Christopher Columbus]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19218/christophe-colomb/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Christophe Colomb." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le octobre 12, 2020. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19218/christophe-colomb/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Christophe Colomb." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 12 oct. 2020. Web. 08 déc. 2021.

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