Pachacamac

Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 13 juin 2016
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
Temple of the Sun, Pachacamac (by Steven Damron, CC BY)
Temple du Soleil, Pachacamac
Steven Damron (CC BY)

Pachacamac, situé sur la côte du Pérou et à 32 km au sud de Lima, était un site sacré important, un oracle et un lieu de sépulture, qui était visité par les pèlerins de nombreuses cultures andines antiques, y compris les Incas. Le site, actif depuis plus de 2 000 ans, fut nommé d'après le dieu du même nom (ou Pacha Kamaq, Pacha-Camak, Pacharurac) qui y fut adoré et considéré comme le « Créateur de la Terre » par les peuples côtiers.

Site sacré de Pachacamac

Pachacamac, situé dans la vallée de Lurín, fut peut-être utilisé comme site d'oracle sacré à partir du 1er millénaire AEC, alors que sa colonisation commença au début du 1er millénaire EC. Le dieu Pachacamac, également connu sous le nom de « Créateur de la Terre », était un dieu créateur qui était également associé aux tremblements de terre. Dans la mythologie côtière, Pachacamac avait vaincu son rival le dieu créateur Con qui avait stoppé toutes précipitations pour punir l'humanité de la méchanceté. Pachacamac avait ensuite transformé la race humaine existante en animaux et avait créé une toute nouvelle race d'hommes et de femmes. Dans certaines versions du mythe, le dieu envoya quatre étoiles sur terre, les deux étoiles mâles devinrent les rois et les nobles tandis que les deux étoiles féminines devinrent les roturiers.

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La statue sacrée en bois du dieu était adorée sur le site, située à l'intérieur d'un grand complexe de temple construit sur une plate-forme en terre surélevée. Cette structure est contemporaine avec les civilisations Moche et Nazca (200 AEC - 600 EC). Construits de façon à surplomber une place à colonnades et placés sur une plate-forme de huit niveaux sur une colline naturelle, les bâtiments du temple dominaient le site. Chaque niveau de la plate-forme en brique d'adobe mesure environ un mètre de haut, et ils étaient peints dans des couleurs vives avec des motifs végétaux et animaux. Les silhouettes étaient mises en évidence car soulignées en noir. Un ensemble de pinceaux d'artiste (faits de cheveux humains et de roseaux) et un sac de pigments furent trouvés enterrés sur le site en 1935 EC. Le temple fut bien entretenu car certaines zones de décoration montrent jusqu'à 16 couches additionnelles. Les bâtiments situés sur la plus haute plate-forme étaient disposés autour d'une cour, et certains servaient d'hébergement.

Le site sacré et l'oracle de Pachacamac ont été décrits comme la Mecque du pérou antique.

L'Oracle de Pachacamac

Le site attirait des pèlerins venant de très loin qui souhaitaient consulter son oracle, bien que la façon dont cela fonctionnait n'est pas connue en détail. Nous savons qu'un grand prêtre interprétait l'oracle dans une chambre privée où lui seul était autorisé à entrer. Les pèlerins devaient subir de nombreuses semaines d'initiation, de jeûne et de rituels de purification avant de pouvoir être considérés dignes de consulter l'oracle. On s'attendait également à ce qu'ils fassent des offrandes telles que des denrées alimentaires, de la coca, des textiles et tout autre bien précieux qu'ils pouvaient se permettre. En effet, les prêtres de Pachacamac avaient établi un réseau de sanctuaires auxiliaires dans toute la région qui prélevaient les hommages des populations locales. Comme dans les anciens oracles du monde entier, les questions posées portaient sans doute sur la météo (à des fins agricoles), les conflits, les problèmes de santé, les problèmes familiaux, etc.

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Telle était la popularité du site que l'historien Alden Mason décrit Pachacamac comme « La Mecque du Pérou ». Ceci est attesté par les découvertes dans des tombes de poterie et de textiles provenant de différentes cultures telles que les cultures Lambayeque, Nazca, Wani, Tiwanaku et Chimu. Finalement, les édifices religieux se sont propagés, avec de nombreux sanctuaires aux petites divinités, et une zone résidentielle s'est développée pour couvrir une superficie de 4 milles carrés (environ 10 km2). Il est ainsi devenu le plus grand pôle du Pérou central et méridional. Dans les zones résidentielles, bon nombre de sols et de bases de colonne, qui doivent avoir soutenu les toits en matage, existent encore.

Nunnery, Pachacamac
Mamacona. Pachacamac
Bruno Girin (CC BY-SA)

Domination Inca

Les Incas prirent le contrôle du site sous le règne de Thupa Inka Yupanki (1471 - 1493 EC) et, de façon typique, incorporèrent aussi bien le site que le dieu Pachacamac dans la religion inca. Ils construisirent un temple dédié au dieu du soleil inca Inti et, exceptionnellement dans le cas de dieux de peuples conquis, Pachacamac et lnti se virent octroyer un statut égal. Construit sur une plate-forme en terre de six niveaux et peint en rouge, le temple était en fait deux bâtiments rectangulaires parallèles mesurant 52 x 23 mètres et atteignant 7,3 mètres de hauteur. Utilisés comme hébergement pour les prêtres, les murs ont de nombreuses niches et sont décorés avec des peintures représentant des animaux. D'autres structures incas comprennent une grande résidence colonnadée pour les femmes sacrées, connue sous le nom de «Mamacona» ( maison des femmes choisies) une grande place surélevée où se rassemblaient les pèlerins et la section résidentielle du site connue sous le nom de Tauri Chumbi.

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Les fouilles à l'entrée du temple du Soleil et à l'intérieur ont révélé un espace funéraire réalisé par les Incas contenant 20 jeunes femmes sacrifiées. Les artefacts enterrés avec elles suggèrent que les filles étaient d'origine côtière. Nous savons aussi que des sacrifices humains étaient offerts à Pachacamac pour l'apaiser suite à la présence de ce nouveau rival Inti. Les habitants de Pachacamac, sans doute en raison de l'antiquité de l'oracle et de l'importance du site pour de nombreuses cultures andines, reçurent un degré d'autonomie majeur par rapport à la plupart des peuples conquis par leurs maîtres incas.

Textile Fragment, Pachacamac
Fragment textile, Pachacamac
Sailko (CC BY)

Histoire ultérieure

L'oracle du site continua d'être consulté par les Incas mais perdit la faveur royale lorsqu'il prédit à tort que Washkar gagnerait la guerre civile contre Atahualpa entre 1526 et 1532 EC. En conséquence, ce dernier donna la permission à Pizarro d'envoyer son frère détruire la statue de Pachacamac. Comme avec toutes les tombes Inca qu'ils avaient pu trouver, les Espagnols auraient aussi presque certainement pillé le site.

Pachacamac fut ravagé par d'autres pillages et des facteurs environnementaux au cours des siècles, de sorte que sa forme originale a été difficile à établir. Bien que des parties aient été fouillées, en fait le site a été le premier au Pérou à être étudié par des archéologues, certaines des reconstructions modernes du site ne sont pas nécessairement une réplique exacte des bâtiments d'origine, notamment la structure du « Couvent ». Néanmoins, plusieurs parties de ses solides murs construits grâce à la méthode typique des Incas consistant en pierres bien ajustées sans mortier, peuvent encore être admirées. Les objets découverts dans les tombes, remarquablement bien conservés dans le climat désertique sec de la région, comprennent des poteries richement peintes et des textiles fins aux motifs géométriques audacieux, tout comme ceux des Nazcas.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2016, juin 13). Pachacamac [Pachacamac]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-14829/pachacamac/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Pachacamac." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le juin 13, 2016. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-14829/pachacamac/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Pachacamac." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 13 juin 2016. Web. 25 juin 2022.

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