Thermes romains

Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 02 mai 2013
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol, italien
Plan of the Baths of Caracalla (by B. Fletcher, Public Domain)
Plan des thermes de Caracalla
B. Fletcher (Public Domain)

Les thermes pour se baigner et se détendre étaient une caractéristique commune des villes romaines dans tout l'empire. Les complexes de bains souvent énormes comprenaient une grande diversité de chambres offrant différentes températures et des installations telles que des piscines et des lieux de lecture, de détente et de socialisation. Les bains romains, avec leur besoin en grands espaces ouverts, furent également des moteurs importants dans l'évolution de l'architecture offrant les premières structures en dôme de l'architecture classique.

Un pilier de la culture romaine

Les thermes publics étaient une caractéristique des villes grecques anciennes mais étaient généralement limités à une série de baignoires partielles. Les Romains élargirent l'idée et y intégrèrent un large éventail d'installations et les bains devinrent courants même dans les petites villes du monde romain où ils étaient souvent situés près du forum. En plus des bains publics, les citoyens riches avaient souvent leurs propres bains privés construits dans leur villa et des bains étaient même construits pour les légions de l'armée romaine lors de campagne. Cependant, c'est dans les grandes villes que ces complexes (balnéa ou thermes) prirent des proportions monumentales avec de vastes colonnades voutées et des dômes. Les bains étaient construits en utilisant des millions de briques en terre cuite ignifuge et les bâtiments finis étaient généralement somptueux avec de beaux sols en mosaïque, des murs recouverts de marbre et des statues décoratives.

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Ouvrant généralement vers midi et le restant jusqu'au crépuscule, les bains étaient accessibles à tous.

Ouvrant généralement vers midi et le restant jusqu'au crépuscule, les bains étaient accessibles à tous, riches et pauvres. Sous le règne de Dioclétien, par exemple, le droit d'entrée était seulement de deux denarii - la plus petite dénomination de monnaie de bronze. Parfois, lors d'occasions telles que les jours fériés, l'entrée aux bains était même gratuite.

Éléments typiques des bains romains

Les caractéristiques typiques (énumérées dans l'ordre probable d'utilisation) étaient les suivantes :

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  • apodytérium - vestiaires.
  • palaestrae - salles d'exercice.
  • natatio- piscine en plein air.
  • laconica et sudatoria - sudatoria salles de transpiration surchauffées (sèche et humide).
  • calidarium- salle chaude, chauffée et avec une piscine d'eau chaude et un bassin séparé sur un stand (labrum)
  • tepidarium - salle chaude, indirectement chauffée et avec une piscine tiède.
  • frigidarium - chambre fraîche, non chauffée et avec un bassin d'eau froide, souvent monumentale en taille et avec un dôme, c'était le cœur du complexe de bains.
  • salles de massage et autres soins de santé.

Les installations supplémentaires pouvaient comprendre des bains d'immersion d'eau froide, des bains privés, des toilettes, des bibliothèques, des salles de conférences, des fontaines et des jardins extérieurs.

Systèmes de chauffage

Les premiers thermes semblent avoir manqué d'un haut degré de planification et étaient souvent des assemblages disgracieux de structures diverses. Cependant, au 1er siècle EC, les thermes devinrent des structures magnifiquement symétriques et harmonieuses, souvent entourées de jardins et de parcs. Les premiers thermes étaient chauffés à l'aide de braseros, mais à partir du 1er siècle EC, des systèmes de chauffage plus sophistiqués furent utilisés tel le chauffage par le sol (hypocauste) alimenté par des fours à bois (prafurniae). Ce n'était pas une idée nouvelle car les bains grecs utilisaient également un tel système mais, habitude typiquement romaine, ils prirent une idée et l'améliorèrent pour lui donner une efficacité maximale. Les énormes feux des fours envoyaient de l'air chaud sous le plancher surélevé (suspensurae) qui était posé sur des piliers étroits (pilae) de pierre solide, de cylindres creux ou de briques polygonales ou circulaires. Les sols étaient recouverts de carreaux carrés de 60 cm (bipedales) qui étaient ensuite recouverts de mosaïques décoratives.

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Roman Baths Floor, Butrint
Plancher des thermes romains, Butrint
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Les murs pouvaient également assurer le chauffage par l'insertion de tubes rectangulaires creux (tubuli) qui transportaient l'air chaud fourni par les fours. De plus, des briques spéciales (tegulae mammatae) avaient des bosses aux coins d'un côté qui emprisonnaient l'air chaud et augmentaient l'isolation contre les pertes de chaleur. L'utilisation du verre pour les fenêtres dès le Ier siècle EC permettait également une meilleure régulation des températures et permettait au soleil d'ajouter sa propre chaleur à la pièce.

La grande quantité d'eau nécessaire pour les grands bassins était fournie par des aqueducs construits et régulés par d'énormes réservoirs dans le complexe des bains. Le réservoir des thermes de Dioclétien à Rome, par exemple, pouvait contenir 20.000 m³ d'eau. L'eau était chauffée dans de grandes chaudières de plomb installées au-dessus des fours. L'eau pouvait être ajoutée (grâce à des conduites en plomb) aux piscines chauffées en utilisant un demi-cylindre en bronze (testudo) relié aux chaudières. Une fois libérée dans la piscine, l'eau chaude circulait par convection.

Exemples exceptionnels

Parmi les bains les plus splendides et les plus célèbres, on peut citer ceux de Lepcis Magna (achevé vers 127 EC) avec leurs dômes bien conservés, les thermes de Dioclétien à Rome (achevés vers 305 EC), les grands complexes de bains de Timgad à Éphèse, à Bath (IIe siècle EC) et les thermes d'Antonin à Carthage (vers 162 EC).

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Natatio, Baths of Caracalla
Natatio, Thermes de Caracalla
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Les thermes de Caracalla dans le sud de Rome sont peut-être les thermes romains les mieux conservés de tous et ne furent dépassés en taille que par les thermes de Trajan à Rome (c. 110 EC). Ils étaient aussi les thermes romains les plus somptueux et les plus luxueux jamais construits. Achevé vers 235 EC, d'énormes murs et arcs sont encore debout et témoignent des dimensions imposantes du complexe qui utilisait près de 6,9 millions de briques et comptait 252 colonnes intérieures. Atteignant jusqu'à 30 m de hauteur et couvrant une superficie de 337 x 328 m, ils intègrent tous les éléments classiques auxquels on peut s'attendre, y compris une piscine olympique d'un mètre de profondeur et un caldarium circulaire inhabituel qui atteignait la même hauteur que le Panthéon de Rome et s'étendait sur 36 m. Le caldarium avait aussi de grandes fenêtres vitrées pour profiter de la chaleur du soleil et d'autres installations comprennent deux bibliothèques, un moulin à eau et même une cascade.

Le complexe avait quatre entrées et aurait pu accueillir chaque jour jusqu'à 8 000 visiteurs. 6 300 m³ de marbre et de granit bordaient les murs, le plafond était décoré d'une mosaïque de verre qui reflétait la lumière des piscines dans un effet irisé, il y avait une paire de fontaines de 6 m de long, et le deuxième étage offrait une terrasse de promenade. L'eau était fournie par les aqueducs aqua Nova Antoniniana et aqua Marcia ainsi que par les sources locales et était stockée dans 18 citernes. Les bains étaient chauffés par 50 fours qui brûlaient dix tonnes de bois par jour. Outre les imposants murs en ruines, le site dispose de nombreuses pièces qui contiennent encore leur sol en mosaïque de marbre d'origine et de grands fragments représentant des écailles de poissons et des scènes de créatures marines mythiques des étages supérieurs survivent également.

Influence sur l'architecture

Les bains et la nécessité de créer de grandes pièces aérées avec des plafonds élevés amenèrent le développement du dôme architectural. Le plus ancien dôme survivant dans l'architecture romaine provient du frigidarium des Thermes Stabiens de Pompéi, qui date du IIe siècle AEC. Le développement du béton, sous forme de gravats durcis dans le mortier, permit de construire des murs sans support de plus en plus larges, tout comme les voûtes en briques creuses supportées par des arcs de contrefort et l'utilisation de barres d'attache en fer. Ces caractéristiques seraient largement utilisées dans d'autres bâtiments publics et surtout dans les grandes constructions telles que les basiliques. Même dans les temps modernes les thermes romains ont continué à influencer les concepteurs, par exemple, la gare de Chicago et la gare de Pennsylvanie à New York ont parfaitement copié l'architecture du grand frigidarium des thermes de Caracalla.

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Bibliographie

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2013, mai 02). Thermes romains [Roman Baths]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11893/thermes-romains/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Thermes romains." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mai 02, 2013. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11893/thermes-romains/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Thermes romains." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 02 mai 2013. Web. 17 août 2022.

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