L'Empire moghol (1526-1857) naquit des ambitions militaires et politiques de Ẓahīr al-Dīn Muḥammad Babur (règne de 1526 à 1530), un prince timouride d'Asie centrale qui régna sur Kaboul avant d'envahir le nord de l'Inde. Sa victoire sur Ibrahim Lodi lors de la première bataille de Panipat (1526) marqua la naissance d'une nouvelle dynastie, mais la mise en place d'un gouvernement impérial stable se fit progressivement. Sous Akbar (règne de 1556 à 1605), l'expansion territoriale s'accompagna d'une administration provinciale plus systématique, d'un recouvrement des impôts, d'une organisation militaire et d'alliances avec de puissantes élites régionales, en particulier les souverains rajputs. Ces institutions permirent à la dynastie de gouverner une population diversifiée sur les plans culturel, religieux et politique, tout en intégrant les anciennes traditions administratives indiennes dans un cadre impérial d'inspiration persane.
La puissance moghole atteignit son apogée géographique sous Aurangzeb (règne de 1658 à 1707), à la suite de l'annexion des sultanats du Deccan de Bijapur (1686) et de Golconda (1687), ainsi que de guerres prolongées contre les forces marathes et d'autres adversaires régionaux. Au début du XVIIIe siècle, l'empire englobait la majeure partie du sous-continent indien et gouvernait une population estimée entre 100 et 150 millions de personnes. Sa puissance reposait sur d'importants revenus agricoles, un vaste appareil militaire, des villes prospères et sa participation à l'essor du commerce dans l'océan Indien. Cependant, cette expansion ne s'accompagna pas d'un contrôle uniforme: l'autorité impériale allait de l'administration provinciale directe à des relations tributaire et à une influence contestée aux frontières. Les coûts liés aux guerres incessantes, aux conflits de succession, à la résistance régionale et à l'autonomie croissante des élites provinciales devinrent de plus en plus importants après la mort d'Aurangzeb en 1707, contribuant à la fragmentation politique de l'État moghol.
