L’Âge védique (vers 1500-500 av. J.-C.) marque une période de formation dans l’histoire du continent nord-indien, qui comble le déclin de la civilisation de la vallée de l’Indus (vers 1300 av. J.-C.) et l’émergence des premiers États dans la plaine gangétique. Au cours de cette période, les groupes pastoraux qui parlaient indo-aryen migrèrent et s’installèrent à travers le nord-ouest et le nord de l’Inde; ils interagirent avec les populations existantes et transformèrent peu à peu le paysage culturel. Cette période fut nommée d’après le corpus védique, un ensemble de textes transmis oralement et rédigés en sanskrit ancien, qui fournit des informations essentielles à propos de l’organisation sociale, des pratiques rituelles et des premières structures politiques. Au lieu d’un État unifié, la région se caractérisait par des clans semi-nomades et des formes d’organisation tribale, où l’autorité relevait des chefs (rajas) et des assemblées.
Au fil du temps, ces sociétés connurent des changements économiques et politiques importants, notamment l’expansion agricole, l’utilisation de la technologie du fer dans leur phase plus tardive et le déplacement progressif vers l’est, en direction des plaines indo-gangétiques. Ce processus contribua à creuser l’écart entre les classes sociales, ce qui se refléta dans le développement du système "varna", et favorisa l’apparition de formes d’organisation territoriale plus complexes. Vers 500 av. J.-C., cette transformation aboutit à la montée des Mahajanapadas ("grands royaumes"), ce qui marqua une transition vers l’urbanisation, la formation d’un État et de nouvelles façons de penser.

