Réseau de Routes Andin

Article

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 08 septembre 2014
Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
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Le réseau de routes andin formait un réseau connu sous le nom de route royale ou qhapaq ñan, qui devint un élément inestimable de l'empire inca. Les routes facilitaient le déplacement des armées, des personnes et des marchandises à travers les plaines, les déserts et les montagnes. Elles reliaient les colonies et les centres administratifs, et constituaient un symbole physique important du pouvoir et du contrôle impériaux.

Les routes incas étaient bien construites et durables, et beaucoup comportaient des ponts, des chaussées et des escaliers. Nombre d'entre elles comportaient également de petites structures (chaskiwasi) et parfois des complexes plus grands et plus luxueux (tambos), répartis tous les 20 km environ, où les voyageurs pouvaient passer la nuit et se rafraîchir. Le système routier andin est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

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Inca Road System
Réseau de routes andin
Manco Capac (CC BY-SA)

Réseau de routes inca

Les routes incas couvraient plus de 40 000 km (25 000 miles), principalement en deux grandes routes allant du nord au sud à travers l'empire inca, qui finit par s'étendre sur l'ancien Pérou, l'Équateur, le Chili, la Bolivie et l'Argentine. Une route longeait la côte et l'autre traversait les hauts plateaux. Une autre route importante allait vers l'est, de Quito (Équateur) à Mendoza (Argentine), et il y avait également une route majeure le long des plaines de la côte nord. Ces routes principales étaient entrecoupées d'une vingtaine d'autres routes secondaires et de nombreux petits sentiers. Des routes étaient également construites au-delà des établissements contrôlés par les Incas et menaient à des territoires extérieurs, peut-être pour faciliter le commerce avec les peuples voisins ou les opérations militaires contre ces mêmes peuples. Le long de certaines des routes les plus importantes, des bornes marquaient chaque unité de distance inca, le topo, équivalent à 7 km.

Bien que certaines routes incas aient utilisé des routes plus anciennes, comme celles construites par les cultures antérieures de Wari, Tiwanaku et Chimu, les Incas étaient également créatifs dans le positionnement de leurs routes et n'avaient pas peur de traverser des terrains nouveaux et non peuplés. Les ingénieurs incas ne se laissaient pas intimider par les difficultés géographiques et construisaient des routes à travers les ravins, les rivières, les déserts et les cols montagneux jusqu'à 5 000 mètres d'altitude.

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Inca Road & Bridge
Route et pont incas
Martin St-Amant (CC BY-SA)

Méthodes et matériaux d'ingénierie

Les routes incas furent construites sans l'avantage d'un équipement d'arpentage sophistiqué, en utilisant uniquement des outils en bois, en pierre et en bronze. Comme elles furent construites dans différentes zones géographiques avec des populations locales, les routes ne sont pas uniformes dans leur conception ou leurs matériaux. La largeur de la plupart des routes varie de un à quatre mètres, bien que certaines puissent être beaucoup plus larges, comme la route de 15 mètres de large dans la province de Huanuco Pampa. Il arrive également que deux ou trois routes aient été construites en parallèle, notamment près des grands centres urbains. Les assises de route aplaties - souvent surélevées - étaient généralement réalisées avec de la terre tassée, du sable ou de l'herbe. Les routes les plus importantes étaient terminées par des pavés ou des galets disposés avec précision. Les routes étaient généralement bordées et protégées par de petits murs de pierre, des bornes en pierre, des poteaux en bois ou en tiges, ou des tas de pierres. Le drainage était assuré par des drains et des caniveaux fréquents, qui récupéraient l'eau de pluie sur la surface de la route et la canalisaient le long ou sous la route. Lorsqu'elles traversaient des zones humides, les routes étaient souvent soutenues par des murs de soutènement ou construites sur des jetées. Des ponts de pierre ou de roseaux étaient également construits pour couvrir des distances de manière plus directe, tout comme de grands escaliers de pierre adaptés aux lamas dans les terrains montagneux. Il existait même un fonctionnaire désigné, le Chaka Suyuyuq, chargé d'inspecter les ponts de l'empire.

Les routes incas sont très souvent plus élaborées et mieux construites que nécessaire, sans doute pour impressionner les voyageurs et les peuples conquis sur la supériorité de la culture inca.

En général, et en dépit de leur réputation de longues routes droites de type romain, les routes incas avaient tendance à suivre les contours naturels, les tronçons de route droite faisant rarement plus de quelques kilomètres de long. Il est également intéressant de noter que les routes incas sont très souvent plus élaborées et mieux construites que nécessaire. Ce souci du détail avait certainement pour but d'impressionner les voyageurs et les peuples conquis sur la supériorité de la culture inca telle que la ressentaient les seigneurs de Cuzco.

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L'un des sites les plus impressionnants et l'une des plus belles vitrines de l'ingénierie inca devaient être les nombreux ponts suspendus en corde qui traversaient des ravins périlleux. Ils étaient construits à l'aide de tresses de roseaux ou de cordes d'herbe avec des planches en bois et en fibre. Le plus célèbre d'entre eux traversait la rivière Apurimac près de Cuzco et mesurait 45 mètres de long. Les ponts suspendus étaient souvent construits par paires, avec un pont pour les roturiers et un autre pour les nobles. Une alternative à ces ponts était l'oroya, un panier suspendu qui permettait de transporter deux ou trois personnes à la fois sur une distance plus grande que celle que pouvait atteindre un pont de cordes. Les populations locales étaient chargées d'entretenir ces structures périssables chaque année dans le cadre de leur tribut impérial.

Inca Road Rest Station
Relais sur une route inca
Tyler Bell (CC BY-SA)

Usagers de la route

L'étendue du réseau des routes permettait aux Incas de mieux déplacer les armées à travers leurs territoires afin de poursuivre l'expansion de l'empire ou d'y maintenir l'ordre. Les biens commerciaux et le tribut des peuples conquis - marchandises et personnes - pouvaient également être facilement transportés vers et depuis les principaux centres incas, généralement à l'aide de caravanes de lamas et de porteurs (il n'y avait pas de véhicules à roues). Les fonctionnaires administratifs incas se déplaçaient également le long des routes pour rendre la justice ou tenir des registres tels que la production agricole locale, les quotas de tributs et les recensements. Les gens ordinaires n'étaient pas autorisés à utiliser les routes à des fins privées, à moins d'avoir une permission officielle. Ils devaient aussi parfois payer des péages pour ce privilège, notamment aux ponts.

Une autre caractéristique intéressante des routes incas était l'utilisation de coureurs (chaski ou chasquis). Se déplaçant aussi vite qu'ils le pouvaient, ils opéraient en relais, transmettant des informations à un nouveau coureur posté tous les six à neuf kilomètres. Cependant, ce ne sont pas seulement des messages qui étaient transportés entre les centres de population, mais aussi des denrées périssables comme du poisson frais et des fruits de mer pour les tables des nobles incas. Grâce à ce système, les informations (et le poisson) pouvaient parcourir jusqu'à 240 km en une seule journée. Les messages transportés sur de longues distances devaient faire l'objet de centaines d'échanges oraux, et pour préserver le sens correct du message original, des quipu - un assemblage codé de cordes et de nœuds - étaient probablement utilisés pour aider la mémoire des coureurs.

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Héritage

De nombreuses sections du réseau de routes inca subsistent aujourd'hui et sont toujours utilisées par les piétons, notamment près de sites tels que le Machu Picchu, où de grands escaliers et ponts en pierre permettent aux touristes d'aujourd'hui d'accéder au site. En outre, des routes modernes ont été construites directement sur certaines des routes incas originales, ce qui illustre les compétences et la vision des ingénieurs et des constructeurs de routes incas en matière de franchissement de terrains et de distances.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2014, septembre 08). Réseau de Routes Andin [The Inca Road System]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-757/reseau-de-routes-andin/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Réseau de Routes Andin." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le septembre 08, 2014. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-757/reseau-de-routes-andin/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Réseau de Routes Andin." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 08 sept. 2014. Web. 12 juin 2024.

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