Gouvernement Provisoire Russe de 1917

Mark Cartwright
de , traduit par Juliette Chofflet
publié le
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Le gouvernement provisoire russe de 1917, en réalité une série de coalitions non élues, gouverna brièvement de mars à novembre, c'est à dire entre l'abdication du tsar Nicolas II (r. de 1894 à 1917) et la révolution bolchévique menée par Vladimir Lénine (1870-1924). Dépourvu de légitimité dès le départ et sans le soutien de l'armée, le gouvernement fut confronté à une série de crises graves, dont la moindre n'était pas la participation désastreuse de la Russie à la Première Guerre mondiale (1914-1918). Avec une inflation galopante, des grèves dans les villes et des révoltes dans les campagnes, le gouvernement provisoire fut écarté par les bolcheviks, des socialistes radicaux qui prétendaient représenter au mieux les intérêts des ouvriers et des paysans et qui promettaient à la fois un retrait immédiat de la guerre et des élections démocratiques pour une nouvelle Assemblée constituante.

The Provisional Government of 1917
Le Gouvernement Provisoire de 1917 Karl Bulla (Public Domain)

L'abdication du Tsar

Le Tsar Nicolas II fut contraint d'abdiquer le 2 mars 1917 (15 mars selon le calendrier grégorien). Sa côte de popularité était terriblement basse à la suite des défaites de la Première Guerre mondiale, où il avait pris le rôle de commandant en chef des armées russes. En réalité, le Tsar était peu apprécié depuis la Révolution russe de 1905 où les travailleurs et la classe moyenne avaient demandé une modernisation dans l'industrie et l'agriculture et appelé à une forme de gouvernement plus représentative. Même si le Tsar survécut aux évènements de 1905, son régime autoritaire et son refus d'adopter des réformes finirent par avoir raison de lui. Nicolas était également impopulaire en raison de ses liens étroits avec Grigori Raspoutine (1869-1916), un homme étrange qui se proclamait saint et autour duquel circulaient toutes sortes de rumeurs peu flatteuses concernant sa conduite et l'influence qu'il exerçait sur la famille royale. En plus de tout cela, le coût de la vie avait considérablement augmenté pendant la guerre. Lorsque les manifestations dans la capitale, Petrograd (anciennement Saint-Pétersbourg), contre les pénuries de pain et de combustible dégénérèrent en violences, l'armée et l'aristocratie ne soutinrent pas le Tsar, et on lui conseilla d'abdiquer.

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Un gouvernement de coalition

Un gouvernement provisoire remplaça donc le Tsar. Ledit gouvernement était composé de politiciens, principalement libéraux et modérés, issus de la Douma ou du parlement du Tsar. Le nouveau gouvernement n'avait aucune légitimité électorale. Le premier ministre initial fut le prince Gueorgui Lvov (alias Georges Lvoff 1861-1925), qui tenta sans succès d'instaurer une monarchie constitutionnelle. Alexandre Kerenski (1881-1970) succéda à Lvov en juillet. En réalité, le gouvernement provisoire s'avéra être une succession de gouvernements composés de divers représentants de différents partis, les postes ministériels étant constamment remaniés alors que le gouvernement passait d'une crise à l'autre tout au long de l'année 1917.

Le nom "provisoire" reflétait l'espoir du gouvernement et de presque tout le monde qu'une Assemblée constituante élue par le peuple serait bientôt mise en place. Cependant, la plupart des membres du gouvernement provisoire estimaient qu'il fallait attendre la fin de la Première Guerre mondiale avant qu'un tel vote ne puisse avoir lieu; après tout, des millions d'électeurs combattaient au front. La question de savoir si, quand et comment la Russie pourrait se sortir du conflit provoqua une scission au sein du gouvernement. Selon les termes du traité de Paris de 1914 avec les Alliés, aucune nation ne pouvait négocier une paix séparée. Le gouvernement provisoire craignait (à juste titre, comme l'avenir le prouva) que le retrait de la Russie de la guerre ne permette aux éléments les plus radicaux de la société de déclencher une guerre civile. La Russie dépendait également des finances occidentales, tant à l'époque qu'à l'avenir, pour financer la reconstruction d'après-guerre. Se retirer du conflit ne manquerait pas de contrarier les Alliés et de compromettre toute aide financière future de leur part. De plus, même si une paix pouvait être négociée avec l'Allemagne, tout indiquait qu'elle serait extrêmement dure pour la Russie et entraînerait la perte de territoires importants. La guerre paralysait cependant l'économie russe. Il y avait également des dissensions sur la manière de traiter les États de l'Empire russe, comme l'Ukraine et la Pologne, qui réclamaient leur indépendance. En bref, le gouvernement provisoire avait hérité d'un empire, mais ne savait pas du tout quoi en faire.

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Alexander Kerensky
Alexandre Kerenski Karl Bulla (Public Domain)

Soutien

Avant d'examiner la rapide disparition du Gouvernement provisoire, il est nécessaire de noter qu'il bénéficia d'un soutien important dans certains domaines et qu'il remporta plusieurs succès politiques majeurs. Les classes moyennes et supérieures, l'Eglise orthodoxe (qui bénéficia d'une nouvelle séparation entre l'État et l'Église), les Juifs russes et d'autres groupes minoritaires, tous soutinrent le gouvernement provisoire. Il y avait aussi ceux qui, indépendamment de leur classe sociale ou de leurs convictions politiques, considéraient comme un devoir patriotique de soutenir le gouvernement en place pendant la guerre. Même certains socialistes radicaux soutenaient le gouvernement. La faction menchevik du Parti ouvrier social-démocrate russe (POSDR) estimait que la Russie n'était pas prête économiquement pour une révolution ouvrière, et sa politique consistait donc à soutenir cette "révolution bourgeoise" et à attendre le moment opportun. Les mencheviks et d'autres groupes plus modérés de gauche, comme les socialistes-révolutionnaires, voulaient également soutenir le gouvernement, car ne pas le faire compromettrait toute chance pour la Russie d'éviter la défaite dans la Première Guerre mondiale, ce qui réduirait considérablement les possibilités de parvenir à un changement social durable, une position connue sous le nom de défensisme. Il fallait défendre le fruit de la révolution qui avait renversé le tsar. Une deuxième révolution socialiste menée par les travailleurs pourrait venir plus tard.

Accomplissements

Le 2 avril, le gouvernement provisoire décréta que "toutes les restrictions aux droits des citoyens russes imposées par les lois existantes sur la base de la religion, des croyances ou de la nationalité sont par la présente abrogées" (Shukman, 210). Le gouvernement s'efforça également de moderniser la Russie. Les femmes obtinrent l'égalité des droits avec les hommes grâce à une nouvelle loi, adoptée le 20 mars, qui rendait tous les citoyens adultes égaux. Une nouvelle liberté de la presse et d'expression fut instaurée. En août, des élections démocratiques furent organisées pour les conseils locaux dans les villes et les zones rurales. Le système du jury fut rétabli pour toutes les infractions pénales et la peine de mort fut abolie. Une amnistie fut accordée à tous les prisonniers politiques. Un nouveau ministère chargé d'améliorer la protection sociale fut créé. Des promesses furent faites à divers mouvements nationalistes selon lesquelles l'indépendance vis-à-vis de la Russie serait examinée par l'Assemblée constituante lorsqu'elle serait formée.

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Critiques et menaces

Le gouvernement provisoire dut faire face à des contestations tant de la part des ouvriers que des paysans. Les classes ouvrières réformèrent les soviets (conseils démocratiques d'ouvriers) pendant la crise du printemps 1917. Les soviets réclamaient des changements tels que la réduction du temps de travail journalier (8 heures était l'idéal – une limitation déjà accordée par le gouvernement aux ouvriers des usines de munitions), la liberté de former des syndicats sans restriction, une plus grande sécurité au travail et un salaire minimum, entre autres revendications. Les soviets devinrent une puissante voix de critique contre l'action, ou plutôt l'inaction, du gouvernement provisoire. De plus, comme le Soviet de Petrograd contrôlait la garnison de la ville, c'était le comité exécutif de cette organisation qui détenait réellement les rênes du pouvoir, même si le gouvernement provisoire avait le pouvoir formel ou légal. En effet, Kerenski était lui-même vice-président du Soviet de Petrograd. Ce système a souvent été décrit comme un "double pouvoir", mais il devint rapidement inefficace. Les soviets organisèrent des grèves dans toute la Russie régulièrement au cours de l'année 1917, ce qui causa de graves problèmes au gouvernement, limitant la production industrielle et militaire et perturbant gravement les transports et l'approvisionnement alimentaire. Les soviets créèrent également leur propre milice et, après que le gouvernement eut dissous les forces de police du tsar, celles-ci "sont devenues la seule force coercitive sérieuse dans les rues" (Hosking, 467).

The Petrograd Soviet in 1917
Le Soviet de Petrograd en 1917 Unknown Photographer (Public Domain)

Les paysans étaient également mécontents du gouvernement provisoire, car celui-ci ne faisait pas assez pour moderniser l'agriculture et redistribuer les terres impériales et celles appartenant à l'aristocratie. Pour de nombreux villageois, il y avait une pénurie chronique de terres qu'ils pouvaient cultiver eux-mêmes. Parmi les autres griefs des paysans figuraient la réquisition par le gouvernement des excédents de céréales, l'absence de toute administration locale efficace pour représenter et résoudre les préoccupations des paysans, et le sentiment que les paysans étaient enrôlés en masse pour combattre pendant la guerre, tandis que les citoyens des villes bénéficiaient d'exemptions en raison de leur travail ou de leur statut social. Les paysans ont mis en place leurs propres comités élus, qui ignoraient les comités fonciers créés par le gouvernement. L'absence de mesures efficaces de la part du gouvernement dans les zones rurales conduisit à des révoltes paysannes tout au long de l'été 1917, au cours desquelles des terres furent saisies, les récoltes et les biens des agriculteurs les plus riches furent détruits, et ces derniers furent battus ou tués. Le gouvernement semblait impuissant à réagir à ces troubles, et la production et la distribution de denrées alimentaires déclinèrent.

Le dilemme de la Première Guerre mondiale

Une question restait avant tout en suspens: le rôle de la Russie dans la Première Guerre mondiale. Les ouvriers manifestèrent contre la poursuite de la guerre les 23 et 24 avril à Petrograd. Cette crise fut provoquée par la révélation que le ministre de la Défense Pavel Milioukov (1859-1943) avait envoyé un télégramme aux gouvernements britannique et français promettant que la Russie continuerait à se battre jusqu'à une "victoire décisive". Cela allait à l'encontre de l'accord conclu entre le gouvernement et le Soviet de Petrograd, selon lequel la Russie ne mènerait désormais qu'une guerre défensive, la fameuse "Déclaration des objectifs de guerre". Milioukov démissionna, mais le gouvernement perdit toute crédibilité à la suite de cette affaire.

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Le gouvernement provisoire réagit à la crise Milioukov par un nouveau remaniement ministériel, intégrant cette fois-ci six membres du Comité exécutif du Soviet de Petrograd directement au gouvernement. Ces membres du Soviet furent toutefois critiqués pour leur simple collusion, alors qu'un nombre croissant d'ouvriers considéraient la révolution comme la seule voie possible. Les socialistes radicaux, comme la faction bolchevique du POSDR, dirigée par Vladimir Lénine, diffusèrent parmi les ouvriers le message selon lequel le gouvernement provisoire n'était qu'une version déguisée de l'ancien régime et ne s'intéressait qu'à la protection de la bourgeoisie. Les socialistes plus modérés qui s'étaient engagés dans le gouvernement provisoire furent discrédités pour leur inaction sur les questions qui concernaient les classes ouvrières. De l'autre côté, les mencheviks, qui restaient importants dans de nombreux soviets, continuaient d'exhorter les travailleurs à faire preuve de retenue révolutionnaire. Une chose était évidente: la patience des ouvriers s'épuisait et ils étaient de plus en plus nombreux à se tourner vers les bolcheviks, plus militants, seul groupe de gauche à promettre un retrait immédiat de la Première Guerre mondiale. À partir du mois d'avril, Lénine promit "la paix, de la terre et du pain" aux masses, idées résumées dans ses "Thèses d'avril".

Map of the Russian Revolution & Collapse of Tsarism, 1917–18
Carte de la Révolution russe de 1917 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Kerenski – décrit par un historien comme "vaniteux, égoïste… un politicien parfaitement incompétent" (Freeze, 286) – misa l'avenir du gouvernement provisoire sur une dernière offensive majeure dans la guerre. L'offensive de juin, comme on l'a appelée, se solda par un désastre, avec 150 000 soldats de l'armée russe tués et de nombreuses unités refusant tout simplement de se battre. La discipline dans l'armée s'était effondrée avec la bolchévisation croissante des soldats ordinaires et l'abandon de la hiérarchie traditionnelle basée sur les grades des officiers. Le gouvernement provisoire fut de nouveau discrédité par l'absence de succès militaire.

L'été de la discorde

Au cours de l'été 1917, d'autres problèmes se posèrent, cette fois d'ordre économique, avec des pénuries de pain et une dévaluation de moitié de la monnaie russe. Une manifestation ouvrière à Petrograd contre certains ministres capitalistes du gouvernement provisoire, qui eut lieu du 16 au 20 juillet, se solda par un bain de sang; 400 manifestants furent blessés et certains même tués, un incident tristement célèbre connu sous le nom de "journées de juillet". Le gouvernement accusa les bolcheviks d'être responsables des manifestations et procéda à de nombreuses arrestations. Les soviets réagirent en multipliant considérablement le nombre de grèves. L'été 1917 "vit 1019 grèves impliquant 2 441 850 ouvriers et employés" (Freeze, 284). Néanmoins, les soviets n'appelèrent toujours pas à une révolution en tant que telle, mais plutôt à un changement au sein même du gouvernement. La plupart des ouvriers, avant tout, craignaient une guerre civile dévastatrice.

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Le gouvernement provisoire fut confronté à une autre crise en août. Il s'agissait de l'affaire Kornilov. Le général Lavr Kornilov (1870-1918) était à la tête des forces armées russes depuis le 18 juillet et exigeait une liberté d'action sans ingérence du gouvernement. Kornilov tenta d'organiser un coup d'État, mais celui-ci échoua complètement faute de soutien. Kerenski forma alors un noyau plus restreint de ministres du gouvernement en août, mais il fut doublement pénalisé par l'affaire Kornilov: il fut blâmé pour avoir été à l'origine de la nommination de Kornilov, et l'armement des soviets comme contre-mesure à un éventuel coup d'État signifiait qu'ils devenaient encore plus dangereux s'ils pouvaient être persuadés de lancer une attaque contre le gouvernement.

En septembre, Kerenski se proclama commandant en chef de l'armée, bien que le contrôle du gouvernement sur les forces armées fût désormais minime, les socialistes radicaux gagnant de plus en plus la sympathie des soldats et des marins assiégés. Dans le même temps, les officiers supérieurs de l'armée et les réactionnaires de droite espéraient pouvoir dissoudre le gouvernement provisoire et former à la place une dictature militaire. Le centre modéré de la politique russe, déjà très instable, semblait se réduire rapidement. Au fil de l'été, le gouvernement provisoire fut confronté à des protestations de plus en plus nombreuses et de plus en plus graves de la part du peuple. La guerre allait toujours aussi mal pour la Russie, les élections tant promises pour une Assemblée constituante ne se profilaient toujours pas à l'horizon, et les grèves et les épisodes de troubles dans les campagnes étaient plus fréquents et plus violents que jamais. Les jours du gouvernement provisoire étaient comptés.

Vladimir Lenin, 1914
Vladimir Lénine, 1914 Boris Dmitrievič Vigilev (CC BY-NC-SA)

La chute

À l'automne, le gouvernement ne pouvait plus compter sur le soutien de l'armée ou de son haut commandement. Pire encore, avec l'avancée des forces allemandes et autrichiennes (Riga fut prise début septembre), il semblait que d'autres territoires russes allaient être perdus; même Petrograd était menacée. La décision de Kerenski d'armer les soviets en tant que force de défense potentielle du gouvernement se retourna alors contre lui de manière spectaculaire, car les bolcheviks militants, qui avaient réussi depuis septembre à obtenir le contrôle majoritaire des soviets de Petrograd et de Moscou, acquirent ainsi les moyens pratiques de mener leur propre révolution. Lénine passa à l'action en novembre.

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Le 7 novembre 1917 (25 octobre selon le calendrier julien), le croiseur Aurora tira un coup à blanc sur le Palais d'Hiver, siège du gouvernement provisoire, ce qui fut le signal pour la milice bolchevique des Gardes rouges de prendre le pouvoir. Cette milice avait déjà pris le contrôle des systèmes de communication de l'État, des principales gares ferroviaires et de la banque nationale. Le gouvernement provisoire tenta d'appeler les troupes du front nord, mais sans succès. Au final, ce fut un coup d'État presque sans effusion de sang. Toute cela se déroula sans que les dirigeants des soviets, qui tenaient alors leur deuxième congrès, n'en soient informés. La Russie venait de connaître deux révolutions en l'espace d'un an.

Lénine devint le nouveau chef de l'État, négocia un cessez-le-feu avec l'Allemagne en décembre 1917 et retira officiellement la Russie de la Première Guerre mondiale avec le traité de Brest-Litovsk, signé le 3 mars 1918. Lénine organisa des élections pour une Assemblée constituante, mais la dissolut lorsqu'il s'avéra que les bolcheviks n'avaient obtenu qu'un quart des voix. La guerre civile russe opposa les bolcheviks aux groupes réactionnaires de droite soutenus par les puissances étrangères, mais les bolcheviks, qui se faisaient désormais appeler le Parti communiste, finirent par sortir vainqueurs. En 1922, l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) fut proclamée.

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Traducteur

Juliette Chofflet
Passionnée de langues, d'histoire et d'écriture. Je me suis peu à peu spécialisée dans la préservation du patrimoine culturel.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur, à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que partagent toutes les civilisations. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2025, septembre 03). Gouvernement Provisoire Russe de 1917. (J. Chofflet, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2763/gouvernement-provisoire-russe-de-1917/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Gouvernement Provisoire Russe de 1917." Traduit par Juliette Chofflet. World History Encyclopedia, septembre 03, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2763/gouvernement-provisoire-russe-de-1917/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Gouvernement Provisoire Russe de 1917." Traduit par Juliette Chofflet. World History Encyclopedia, 03 sept. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2763/gouvernement-provisoire-russe-de-1917/.

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