Ludlul-bēl-nēmeqi

Joshua J. Mark
de , traduit par Manon Galand-Le Drezen
publié le
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Ludlul-bēl-nēmeqi est un poème sumérien (daté d'environ 1700 av. J.-C.), repris par la suite dans la tradition babylonienne, qui aborde le thème de la souffrance injuste et pourrait avoir influencé le Livre biblique de Job. Couramment appelé Poème du juste souffrant, le titre se traduit par "Je louerai le Seigneur de la Sagesse" et figure parmi les œuvres les plus connues de la littérature mésopotamienne antique.

Ludlul-Bel-Nemeqi
Ludlul-bēl-nēmeqi Zunkir (CC BY-SA)

L’œuvre originale, composée en sumérien et datée d’environ 1700 av. J.-C., précède la version babylonienne, aujourd’hui la plus connue, qui remonte au règne de Nazi-Maruttash, roi de la dynastie kassite (c. 1307–1282 av. J.-C.), établi à Babylone. Dans la version originale, le narrateur est Tabu-utul-Bel, un fonctionnaire de la ville de Nippur. Dans la version babylonienne, il s’agit de Shubshi-meshre-Shakkan, lui aussi un riche dignitaire. Dans les deux textes, l’intrigue met en scène les souffrances imméritées d’un homme pieux qui reste fidèle à son dieu, même lorsque celui-ci semble l’avoir abandonné. Ce thème a naturellement donné lieu à des rapprochements entre ce poème, l’œuvre sumérienne Dialogue entre un homme et son dieu (datée approximativement entre 2000 et 1600 av. J.-C.) et, du côté hébraïque, le Livre de Job, généralement daté entre le VIIᵉ et le IVᵉ siècle av. J.-C..

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Le titre Ludlul-Bēl-Nēmeqi ne désigne, à proprement parler, que la version babylonienne (puisqu’il correspond à la première ligne). Toutefois, il est parfois employé pour évoquer aussi l’œuvre sumérienne plus ancienne, initialement connue sous le titre Poème du juste souffrant. Ces deux œuvres sont souvent surnommées le Job sumérien et le Job babylonien. Que la version sumérienne originale de Ludlul-Bel-Nemeqi ou Dialogue entre un homme et son Dieu soit apparue en premier, elles sont toutes deux antérieures à la composition du Livre de Job, comme le note le chercheur Samuel Noah Kramer:

Le poème sumérien se distingue du Livre de Job et ne présente pas la même ampleur, ni la même profondeur de compréhension, ni la même qualité d’expression. Son importance tient surtout au fait qu’il constitue la plus ancienne tentative connue de traiter un problème ancestral (et toujours d’actualité): la souffrance humaine. Toutes les tablettes et tous les fragments qui transmettent cet essai sumérien sont datés de plus d’un millénaire avant la compilation du Livre de Job. (History, 112)

Ces deux œuvres font souvent l’objet de comparaisons et sont également rapprochées du Dialogue entre un homme et son dieu. Toutes trois proposent, chacune à leur manière, une réflexion sur la souffrance injuste, tout en affirmant la souveraineté du divin et l’incapacité de l’individu à en comprendre pleinement le sens. Elles encouragent la louange continue de son dieu ainsi que la gratitude pour ses dons, présentées comme la voie qui mène de la détresse personnelle à la rédemption.

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Résumé et commentaire

Le texte en sumérien a été découvert au milieu du XIXᵉ siècle puis traduit par l’érudit et archéologue Sir Henry Rawlinson. Au début des années 1950, d’autres copies du poème ont été découvertes dans les ruines de la ville de Nippur (dans l’actuel Irak) et ont été traduites peu après par Kramer et d’autres chercheurs. L'œuvre sumérienne compte 135 lignes, tandis que la version babylonienne, plus complète, en totalise 480 réparties sur quatre tablettes. Cet article s'intéresse au texte sumérien, mais un lien vers le texte babylonien, traduit par le chercheur Alan Lenzi, est accessible depuis la bibliographie.

En conservant sa confiance envers la bonté et la souveraineté de Marduk, le narrateur est récompensé.

Le poème est introduit par le narrateur déplorant ses souffrances, tandis que son dieu, Marduk, demeure silencieux malgré ses appels à l’aide. Sa déesse personnelle l’ignore elle aussi, et les voyants qu’il consulte ne voient aucun espoir. Il se compare à ceux qui souffrent à cause de leur ingratitude envers les dieux ("Tel quelqu’un qui n’aurait pas offert de sacrifice au dieu", ligne 12), tout en affirmant qu’il a toujours gardé à l’esprit "les prières et les supplications" et que "honorer les dieux était la joie de mon cœur" (lignes 23 et 25). En même temps, il reconnaît que ce que l’on pense être le bien peut être considéré comme le mal par les dieux (lignes 34 à 36), et que nul ne peut réellement comprendre leur dessein.

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Dans la religion mésopotamienne antique, entre 300 et 1 000 divinités pouvaient être à l'œuvre à tout moment. Ainsi, le bien qu’un dieu comme Marduk pouvait souhaiter à un individu pouvait être contrecarré par un autre, tel qu’Erra. La plainte de Tabu-utul-Bel défend l’idée qu’il ne devrait pas souffrir puisqu’il a agi correctement envers son dieu; et si personne ne lui reprocherait de se plaindre des nombreuses afflictions qu’il énumère, il devait néanmoins savoir que sa souffrance n’était peut-être ni la faute de Marduk ni la sienne. La souffrance pouvait venir de l’action de l’une des nombreuses divinités, de fantômes ou d’esprits malveillants, et pour des raisons que nul ne pouvait même deviner. La tablette sumérienne intitulée Prière pénitentielle à tous les dieux (datée du milieu du VIIᵉ siècle av. J.-C.) l’illustre clairement: le pénitent y implore la miséricorde et le pardon de la divinité qu’il aurait offensée sans le vouloir.

Toutefois, comme le narrateur souffre, il ne s’attarde pas sur sa théologie culturelle, mais s’adresse directement à son problème actuel. "Celui qui est vivant le soir est mort au matin." (ligne 39). Selon ces mots du narrateur, la vie est imprévisible et la fortune de chacun évolue sans cesse, et semble si aléatoire qu’il est impossible d’y reconnaître un lien de cause à effet ou un sens quelconque (lignes 40-47). C’est bien ce qui lui est arrivé, dit-il, et il décrit en détail ses souffrances à travers des lignes dont l’intensité fait écho à celles des récits bibliques ultérieurs, notamment le Livre de Job, l'Ecclésiaste, le troisième chapitre du Livre des Lamentations, et certains passages du Livre d'Isaïe.

Mesopotamian Male Worshiper Votive Figure
Statue votive de l'orant de Mésopotamie Makthorpe (CC BY-SA)

Cependant, à l’instar de Job, le narrateur refuse de maudire son dieu et de mourir. Sa foi et sa patience sont récompensées lorsque Marduk envoie un "incantateur", un guérisseur de la Mésopotamie antique, appelé ashipu, qui s’appuie sur des incantations et de la "magie" pour soigner les malades. Alors, les souffrances du narrateur s’apaisent. La fin du texte sumérien s’interrompt, mais ce qu’il en reste suffit à montrer que le narrateur, en conservant sa confiance envers la bonté et la souveraineté de Marduk, est récompensé.

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Le texte

La traduction suivante du texte sumérien Ludlul-bēl-nēmeqi est tirée de l’ouvrage de Sir Henry Rawlinson intitulé Commentaire sur les inscriptions cunéiformes de Babylone et d’Assyrie, vol. IV, p. 60 (1850), tel qu'il a été publié dans L’archéologie et la Bible de George A. Barton et reproduit dans le Recueil de sources d’histoire ancienne de l'université Fordham. Les points de suspension indiquent des mots ou des phrases manquants et les points d’interrogation suggèrent d’autres propositions de traduction pour un mot. Les numéros de ligne provenant du site de Fordham ont été ajustés afin de correspondre à la numérotation standard. Bien que l’œuvre sumérienne originale compte 135 lignes, la traduction anglaise en comporte neuf de plus.

La référence à Ur-Bau à la ligne 93 désigne probablement un serviteur général de la déesse guérisseuse Bau, et non le souverain de Lagash du même nom. Cette identification reste toutefois possible car le souverain Ur-Bau était étroitement associé à Ningal, le dieu des forgerons. Cette ligne pourrait indiquer qu’Ur-Bau apparaît dans un rêve comme un émissaire de Ningal, venu l'aider. Dans la Mésopotamie antique, les scribes faisaient souvent des allusions thématiques qu’ils pensaient compréhensibles pour leur public.

1. J’ai progressé dans la vie, j’ai atteint l’âge qui m’était imparti
Où que je me tourne, c’est malheur sur malheur
Mon infortune ne fait que grandir et je ne peux obtenir justice.
J’ai appelé mon dieu, mais il n’a pas montré son visage.

5. J’ai prié ma déesse, mais elle n’a pas levé la tête.
Le voyant, par son oracle, n’a pas discerné l’avenir
l’enchanteur, par sa libation, n’a pas éclairé mon cas
j’ai consulté le nécromancien, mais il n’a pas ouvert mon entendement.
L'incantateur, avec ses charmes, n’a pas levé la malédiction qui pesait sur moi.

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10. Comme tout s’inverse dans ce monde!
Je regarde derrière moi, l’oppression m’enserre
Tel quelqu’un qui n’aurait pas apporté de sacrifice au dieu
Qui, au moment du repas, n’aurait pas invoqué la déesse
Qui n’aurait pas incliné le visage, son offrande n’a pas été vue;

15. (Comme celui) dont la bouche était fermée aux prières et aux supplications
(Pour qui) le jour de Dieu avait cessé d'exister, les jours de fête étaient devenus rares,
(Celui qui) avait jeté son brasero, s'était détourné de leurs images
La crainte et la vénération de Dieu n'ont pas enseigné son peuple
Qui n'invoquait pas son dieu quand il mangeait la nourriture de Dieu.

20. (Celui qui) a abandonné sa déesse et n'a pas apporté ce qui est prescrit
(Celui qui) opprime les faibles, oublie son dieu
Celui qui prend en vain le nom puissant de son dieu, dit, je suis comme lui.
Mais moi-même, je pensais aux prières et aux supplications
La prière était ma sagesse, mon sacrifice, ma dignité.

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25. Le jour où l'on honorait les dieux était la joie de mon cœur
Le jour où l'on suivait la déesse était l'acquisition de ma richesse
La prière du roi était ma joie,
Et sa musique, pour mon plaisir, était son son.
J'ai donné des instructions à mon peuple pour qu'il vénère les noms de Dieu,

30. Pour honorer le nom de la déesse, j'ai enseigné à mon peuple.
J'ai grandement exalté la révérence envers le roi
Et j'ai enseigné au peuple le respect envers le palais
Car je savais que ces choses ont la faveur de Dieu.
Ce qui est innocent en soi, est mauvais aux yeux de Dieu!

35. Ce qui est méprisable dans le cœur d'une personne est bon pour son dieu!
Qui peut comprendre les pensées des dieux dans les cieux?
Le conseil de Dieu est plein de destruction ; qui peut le comprendre?
Où les êtres humains peuvent-ils apprendre les voies de Dieu?
Celui qui est vivant le soir est mort au matin.

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40. Il est rapidement troublé ; tout à coup, il est opprimé;
À un moment, il chante et joue ;
En un clin d'œil, il hurle comme un pleureur funèbre.
Comme le soleil et les nuages, leurs pensées changent;
Ils ont faim et ressemblent à des cadavres.

45. Ils sont comblés et rivalisent avec leur dieu!
Dans la prospérité, ils parlent de monter au ciel.
Le malheur les frappe, et ils parlent de descendre au séjour des morts.

[À cet endroit, la tablette est brisée. Le récit reprend au verso de la tablette.]

48. Ma maison est devenue ma prison.
Mes mains sont enchaînées dans les liens de ma chair;
Mes pieds ont trébuché dans les entraves de mon être.
...

55. Il m'a frappé avec un fouet, je n'ai aucun moyen de me protéger;
Il m'a transpercé avec un bâton, l'odeur était épouvantable!
Toute la journée, le chasseur me poursuit,
Dans la nuit, il ne me laisse pas respirer un seul instant.
À force de tortures, mes articulations sont déchirées.

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60. Mes membres sont détruits, le dégoût m'envahit;
Sur mon lit, je me vautre comme un bœuf,
Je suis couvert, comme un mouton, de mes selles.
Ma maladie déconcertait les incantateurs
Et le voyant a laissé mes présages dans l’obscurité.

65. Le devin ne m’a pas guéri
Le voyant n’a pas pu déterminer la durée de ma maladie;
Le dieu ne m’a pas secouru, il ne m’a pas pris la main;
La déesse n’a pas eu pitié de moi, elle n’est pas venue à mes côtés.
Le cercueil s’est ouvert; ils [les héritiers] ont pris mes biens.

70. Alors que je n'étais pas encore mort, le chant funèbre était déjà prêt.
Tout mon peuple s’est exclamé: "Comment est-il mort!"
Mon ennemi a entendu; son visage s'est illuminé.
Ils ont apporté la bonne nouvelle, son cœur s'est réjoui.
Mais je connaissais l'heure de toute ma famille

75. Quand, parmi les esprits protecteurs, leur divinité est exaltée.
...
...
Que ta main saisisse le javelot
Tabu-utul-Bel, qui vit à Nippur,

80. M'a envoyé te consulter
M'a confié sa mission.
Dans la vie... il a lancé, il a trouvé. [Il a dit] :
"[Je m'allongeai] et je fis un rêve;
Voici le rêve que je fis pendant la nuit:

85. [Celui qui a créé la femme] et créé l'homme,
Marduk, a décrété (?) qu'il serait atteint d'une maladie (?)."
...

90. Et... quoi qu'il arrive...
Il a dit: "Combien de temps restera-t-il dans une telle affliction et une telle détresse?
Qu'a-t-il vu dans sa vision nocturne?"
"Dans le rêve, Ur-Bau apparut,
Un héros puissant portant sa couronne.

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95. Un incantateur aussi, revêtu de force,
Marduk m'a envoyé;
À Shubshi-meshri-Nergal [l’incantateur], il a apporté l'abondance;
Dans ses mains pures, il a apporté l'abondance.
Par mon esprit gardien (?), il s'est arrêté (?),"

100. Par le voyant, il envoya un message:
"Je montre un présage favorable à mon peuple."
...
... il finit rapidement ; le ... était brisé...
de mon seigneur, son cœur était satisfait.

105. ... son esprit était apaisé...
ma lamentation ...
... bien ...

110. ...
... comme ...
Il s'approcha (?) et le sort qu'il avait prononcé (?),

115. Il envoya un vent de tempête vers l'horizon;
jusqu’au sein de la terre, il porta un souffle
L'esprit désincarné disparut dans les profondeurs de son océan (?);
Il renvoya d'innombrables esprits dans le monde souterrain.
Il envoya le … des démones sorcières directement vers la montagne.

120. Il recouvrit le déluge marin de glace;
il arracha les racines de la maladie comme une plante.
Le sommeil terrible qui s’est abattu sur mon repos
Comme de la fumée remplissait le ciel...
Par le malheur qu’il avait suscité, âpre et irrésistible, il a rempli la terre comme une tempête.

125. Le mal de tête implacable qui avait accablé les cieux,
il l’a dissipé et m’a envoyé la rosée du soir.
Mes paupières, qu’il avait couvertes du voile de la nuit,
il souffla dessus d’un vent impétueux et en éclaircit la vue.
Mes oreilles, qui étaient bouchées, étaient sourdes comme celles d’un sourd.

130. Il en a ôté la surdité et leur a rendu l’ouïe.
Mon nez, dont la narine était obstruée depuis le ventre de ma mère,
Il en corrigea la difformité afin que je puisse respirer.
Mes lèvres, qui étaient fermées, dont il avait ôté la force,
Il a fait cesser leur tremblement et les a libérées de leur lien.

135. Ma bouche, qui était fermée au point qu’on ne pouvait me comprendre,
Il l’a purifiée comme un plat et en a guéri le mal.
Mes yeux, attaqués au point de se rouler l’un vers l’autre,
Il a délié leur entrave et leurs globes ont repris leur place.
La langue, qui s'était raidie au point de ne plus pouvoir être levée.

140. Il en a allégé l'épaisseur, de sorte que les paroles pouvaient être comprises.
Ma gorge, comprimée, bouchée comme par un tampon,
Il guérit sa contraction, elle fonctionnait comme une flûte.
Ma salive qui était bloquée afin qu'elle ne soit pas sécrétée
Il a ôté les chaînes, il a ouvert son cadenas.
...

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Conclusion

La version babylonienne s’achève sur ces lignes, "Qu’il se promène chaque jour, le cœur en joie… Il a chanté tes louanges… ta louange est douce", qui font écho aux premières lignes de l’œuvre:

Je louerai le Seigneur de la Sagesse, le Dieu bienveillant,
Courroucé la nuit, mais apaisé à l’aube.
Marduk, le seigneur de sagesse, le dieu bienveillant,
Courroucé la nuit, mais apaisé à l’aube.

(Lenzi, 1)

Comme de nombreuses lignes de l'œuvre sumérienne se retrouvent dans le texte ultérieur, notamment sur la tablette II, on pense que l’original s’achevait également sur une louange adressée à Marduk. Bien que la version sumérienne reste incomplète, cette conclusion reste fortement suggérée. Le message final de cette œuvre, auquel font écho le Livre de Job et le Dialogue entre un homme et son dieu, parmi d’autres textes, est que le divin peut agir comme bon lui semble et que les tentatives humaines d’en comprendre les raisons ne seront jamais à sa hauteur. La meilleure chose à faire est de rendre grâce pour ses biens et de tenir bon, d'endurer les périodes sombres de l'existence par la gratitude pour les présents offerts, avec la conviction qu'elles s'éteindront, tout comme les jours heureux.

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Questions & Réponses

Qu'est-ce que le Ludlul-bēl-nēmeqi?

Le Ludlul-bēl-nēmeqi est le nom d'un poème babylonien (daté du XIVe siècle av. J.-C.) portant sur le thème de la souffrance injuste dans un monde supposé être régi par la justice et la compassion divines, et qui fut retravaillé à partir d'un poème sumérien antérieur daté d'environ 1700 av. J.-C.

Que signifie le titre de Ludlul-bēl-nēmeqi?

Le titre de Ludlul-Bêl-Nēmeqi se traduit en français par « Je louerai le Seigneur de la sagesse », ce qui, dans ce contexte, désigne le dieu babylonien Marduk.

Le Ludlul-bēl-nēmeqi est-il une version antérieure du Livre de Job de la Bible?

Oui. La version ancienne du Ludlul-bēl-nēmeqi a été rédigée par les Sumériens vers 1700 av. J.-C. La version babylonienne a été écrite entre environ 1307 et 1282 av. J.-C. Le Livre de Job a été rédigé, au plus tôt, au VIIe siècle av. J.-C. Il ne fait aucun doute que l'œuvre la plus récente est issue des œuvres antérieures.

De quoi parle le Ludlul-bēl-nēmeqi?

Le Ludlul-bēl-nēmeqi aborde le problème de la souffrance humaine. Plus précisément, il traite de la souffrance d'une personne religieuse qui a le sentiment d'avoir fait tout son possible pour plaire à son dieu et qui se retrouve pourtant toujours dans la misère. Les versions sumérienne et babylonienne suggèrent toutes deux qu'il faut continuer à louer son dieu et à apprécier les bonnes choses que l'on possède.

Traducteur

Manon Galand-Le Drezen
Actuellement en deuxième année de master Traduction spécialisée multilingue (EN/ZH-FR) à l'université de Lille, j'apprécie valoriser la richesse des langues et des cultures à travers la traduction de contenus historiques et culturels.

Auteur

Joshua J. Mark
Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l'histoire, la philosophie, la littérature et l'écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2025, décembre 21). Ludlul-bēl-nēmeqi. (M. G. Drezen, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-226/ludlul-bel-nemeqi/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Ludlul-bēl-nēmeqi." Traduit par Manon Galand-Le Drezen. World History Encyclopedia, décembre 21, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-226/ludlul-bel-nemeqi/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Ludlul-bēl-nēmeqi." Traduit par Manon Galand-Le Drezen. World History Encyclopedia, 21 déc. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-226/ludlul-bel-nemeqi/.

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