Interview: Les Reines de Jérusalem, ces femmes qui ont osé régner, avec Katherine Pangonis

Kelly Macquire
de , traduit par Chloe Justin
publié le
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Joignez-vous à World History Encyclopedia pour une entrevue avec Katherine Pangonis, qui nous parlera de son nouvel ouvrage Queens of Jerusalem, women who dared to rule (Les Reines de Jérusalem, ces femmes qui ont osé régner).

Kelly : Voulez-vous commencer par nous dire un mot sur le sujet de votre livre?

Katherine : Mon livre aborde la dynastie de femmes qui ont régné au Moyen-Orient au XIIe siècle, au temps des croisades. Dans un premier temps, je parle de Morfia de Mélitène, une princesse arménienne qui épousa Baudouin II de Jérusalem, et qui fut la première reine couronnée de Jérusalem. Je me suis penchée sur sa vie et son rôle politique durant le règne de son mari et également sur la vie de ses quatre filles ainsi que de ses petites-filles. La raison pour laquelle j’ai décidé de me concentrer sur ces femmes est que, malgré le fait qu’elles aient vécu dans un contexte médiéval et patriarchal, elles réussirent à prendre le pouvoir en raison de l’instabilité de la région. Le fait que Morfia ait eut quatre filles était un facteur important également. L'absence d'héritiers masculins fit que les femmes purent accéder à des fonctions politiques et exercer un réel pouvoir. Je trouvais que c’était vraiment intéressant, et donc mon livre interroge sur la manière dont elles le firent, leurs accomplissements et les événements marquants de leurs vies.

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Queens of Jerusalem: The Women Who Dared to Rule
Reines de Jérusalem: ces femmes qui ont osé régner Katherine Pangonis (Copyright)

Kelly : C’est fascinant! J’ai l’impression que, quand j’ai étudié l’histoire des croisades, je n’ai pas appris grand-chose sur les femmes au pouvoir de cette époque. Il n’y aurait-il pas une lacune dans la littérature?

Katherine : Pour moi, c’est ce qui m’a poussé à écrire ce livre. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y ait des lacunes dans la littérature, car, au cours des 50 dernières années, il y a eu beaucoup plus d’attention apportée sur les rôles qu’ont joués les femmes. Il y a également beaucoup plus d’historiennes, comme Natasha Hodgson et Helen Nicholson, qui ont déterré les histoires de ces femmes et les ont mises en lumière. C’est surtout le cas dans le milieu académique, les revues et les articles spécialisés, ce genre de choses. C'est ce qui m’a aidé en tant qu’auteur et chercheuse, mais il n’y a pas eu grand-chose dans la sphère publique et quasiment rien que ce soit pour les étudiants des croisades ou pour le lecteur lambda.

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Kelly : Le livre est vraiment accessible et facile à lire pour quelqu’un qui n’est pas familier avec l’époque ou même avec les noms. Par moments, j’ai même oublié que je lisais de la littérature non fictionelle.

Katherine : Oui, je n’aurai pas pu inventer ce qu’il s’est passé et ce qu’elles ont fait, c'est vraiment passionnant.

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Kelly : Vous avez mentionné une partie des femmes présentes dans le livre. Voulez-vous en présenter les femmes principales?

Katherine : D’abord, il y a Morfia, une princesse arménienne. Elle est née dans la région de Mélitène et se marie avec Baudouin II, un mariage arrangé bien sûr. En plus de sa fortune, elle apporte une alliance avec son père car, quand Baudouin l'épouse, il dirige le Comté d’Édesse, l'État latin le plus au nord aux frontières du territoire arménien. Il est donc logique pour le comte d’Édesse d’épouser une arménienne. Par la suite, le cousin de Baudouin meurt et ce dernier devient roi de Jérusalem. Morfia part avec lui et il retarde son couronnement afin que lui et Morfia puissent être couronnés ensemble, de façon égalitaire. C’est très important sur le plan symbolique que Baudouin ait attendu sa femme car cela pose les fondations d’une dynastie de formidables dirigeants. Donc nous commençons avec Morfia qui a eu quatre filles avec Baudouin, et c’est de ces quatre filles dont je passe en revue les vies.

Yvette ne peut pas avoir une carrière politique importante ni se marier car elle est considérée comme déshonorée pour avoir été retenue comme otages par les musulmans.

Je vais commencer avec la plus jeune, Yvette, probablement la seule sur laquelle peu de chose a été écrit. Yvette a eu une enfance traumatisante, car elle fut échangée comme otage. C’est ce que je veux dire par instabilité politique: il y a la guerre, les enlèvements, des prisonniers de guerre, etc. Pendant l’enfance d’Yvette, son père est capturé et emprisonné et la seule négociation possible était d'échanger un otage de même valeur, en l'occurrence sa fille. Cela fait partie de l’histoire d’Yvette alors qu’elle n’était qu’une enfant. En conséquence, elle ne put ni poursuivre de grande carrière politique ni se marier, car elle était considérée comme entachée par cette expérience en tant qu'otage des musulmans. Elle devint alors religieuse, mais une religieuse très influente. Elle dirigeait un couvent très important que sa sœur aînée avait construit spécialement pour elle.

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Ensuite vient la seconde fille, Hodierne, qui devint comtesse de Tripoli et qui fut impliquée dans quelques affaires d’assassinats. Elle eut une carrière politique mouvementée et gouverna en tant que régente pour son fils à la mort de son époux. Elle a eu également beaucoup de pouvoir au cours de sa vie.

La seconde fille du couple est Alix, c’est un véritable phénomène. Elle devient princesse d’Antioche à ses 17/18 ans en épousant le prince d’Antioche. À la mort de son mari, elle décide de régner par elle-même et d’être la princesse d’Antioche. Pour ce faire, elle ne déclenche non pas une mais bien trois révoltes contre la couronne de Jérusalem afin de garder Antioche et gouverner de manière indépendante. Je ne révélerai pas ce qu’il s’est passé, mais ce ne fut pas de tout repos pour Alix.

La plus âgée des sœurs et le personnage central de mon livre, est la reine Mélisende de Jérusalem, héritière et première née de Baudoin et de Morfia. C’est une figure intéressante car elle est préparée pour cet héritage depuis son plus jeune âge. Nous la voyons signer des chartes, être témoins des lois adoptées et être reconnue dans des documents officiels en tant que fille du roi de Jérusalem et héritière du royaume de Jérusalem. Mélisende est très importante et elle poursuit une carrière politique incroyable et très longue au cours de laquelle elle finit par régner sur Jérusalem en son nom, pendant l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire de la ville au XIIe siècle.

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Coronation of Melisende of Jerusalem
Couronnement de Mélisende de Jérusalem Unknown Artist (Public Domain)

Après Mélisende, j’aborde la vie d’Aliénor d’Aquitaine, et c’est moins une introduction du fait qu’elle soit si connue. Aliénor part en croisades et rencontre Mélisende, est reçue aux cours d’Antioche et de Jérusalem et mène une carrière très intéressante en Orient. Ensuite, je parle de Constance d’Antioche, Alix de Jérusalem, mentionnée précédemment, sa fille, et également d’Agnès de Courtenay, une sorte de reine non couronnée de Jérusalem. Agnès est une faiseuse de rois, elle tire les ficelles, bien que jamais couronnée, et elle mène en réalité une vie très difficile. Les chroniques la présentent toujours comme une figure malveillante, mais c’est un personnage bien plus complexe. Et enfin, je me penche sur la vie de la fille d’Agnès, Sybille, qui est la dernière reine de Jérusalem car c’est pendant son règne que la ville tombe aux mains de Saladin. Malheureusement, Sybille meurt lors du siège de la ville d’Acre, que son époux essayait de reprendre.

Kelly : Il est évident qu'elles ont toutes mené des vies remarquables, chacune à sa manière, et c’est tout simplement passionnant à lire. Vous avez mentionné Guillaume de Tyr, j’ai remarqué qu’il semblait être votre principale source d’information. Avez-vous utilisé d’autres sources? Comment avez-vous travaillé à partir de leurs visions des femmes pour en extraire leurs véritables histoires?

Guillaume de Tyr est la principale source pour cette période. Il avait manifestement accès à certaines sources antérieures, et c’était un historien rigoureux.

Katherine : Guillaume de Tyr est effectivement la source principale pour cette période, car il était en avance sur son temps en tant qu’historien. Je pense qu’il a une vraie légitimité à être considéré comme l’un des meilleurs chroniqueurs médiévaux de son époque. Il mêle une véritable recherche historique à des entretiens en personne. Il raconte, par exemple, qu’il veut vérifier un fait, alors il va rencontrer une vieille religieuse dans un couvent pour discuter avec elle, et il intègre cela à son récit. Il s’appuie sur sa propre expérience directe des événements, des entretiens avec des personnes âgées qui ont été témoins d’un passé plus lointain, et sur d’autres textes. On voit bien qu’il a eu accès à certaines sources antérieures, et il travaille de manière rigoureuse. Je suis en train d’écrire un nouveau livre, d’ailleurs, sur les villes méditerranéennes, et je me tourne souvent vers Guillaume de Tyr. À chaque fois qu’il arrive dans une nouvelle ville, Jérusalem, Antioche ou Tyr, il en donne une description assez détaillée, ou du moins une version de son histoire telle que la concevaient les gens de cette époque.

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Il donne beaucoup de contexte sur les lieux, ce qui est très intéressant. Il reste la source principale parce qu’il écrit au sein même du royaume croisé de Jérusalem. Il a reçu une éducation en Europe, mais il est né et a grandi dans les États latins d’Orient. Par la suite, il occupe des postes très importants: il est d’abord diacre de Tyr, puis devient archevêque de Tyr, et aussi chancelier du royaume de Jérusalem. Il est même le précepteur de l’un des rois, le petit-fils de Mélisende, et historien de cour du fils de cette dernière. Il possède donc une expérience immense. Malgré le fait qu'il soit un historien brillant, il n’est pas du tout à l’abri des préjugés misogynes de son époque. C’est un peu particulier d’utiliser le mot "misogynie" pour parler de Guillaume de Tyr, parce que c’était un concept étranger à l’époque. Aujourd’hui, on définit la misogynie comme un rejet irrationnel ou injustifié des femmes, comme toute forme de discrimination ou de remise en cause de l’égalité entre les sexes. Mais à cette époque, la croyance que les femmes avaient des rôles et des capacités naturellement différents de ceux des hommes faisait tout simplement partie du tissu social. Donc, c’est difficile de qualifier ces auteurs de misogynes au sens moderne, mais je vais utiliser ce mot ici pour simplifier, parce qu’il faut reconnaître que Guillaume de Tyr a tendance à ignorer les femmes.

Katherine Pangonis
Katherine Pangonis Katherine Pangonis (Copyright)

Je me suis appuyée sur plusieurs autres sources. Comme je l'ai mentionnée, tout le monde prenait des notes. On dispose donc de récits provenant de soldats, de pèlerins venus à Jérusalem qui ont décrit ce qu'ils ont vu, mais aussi de sources musulmanes, de récits de voyageurs ayant entrepris de longs périples. On dispose de sources très variées: des archives archéologiques, et de bien d'autres éléments encore. Lorsque l'on travaille sur les sources écrites, il s'agit de déconstruire les couches de misogynie. Quand les sources décrivent une femme comme une sorcière, une mauvaise mère, ou disent qu'elle s'est prostituée auprès d’hommes de toutes classes sociales, on commence alors à se dire qu’il s’agit clairement d’une tactique de discrédit. Il faut donc se demander pourquoi ce type de portrait a été dressé. C’est donc un travail de dépouillement de tous ces jugements de valeur appliqués aux femmes, pour tenter d’arriver à l’essentiel de ce qui s’est réellement passé, puis de tirer nos propres conclusions à partir de cela. C’est un travail minutieux, passer tout au peigne fin pour trouver de très rares mentions de femmes, les retrouver, les recouper, mais sans garder le prisme biaisé de l'époque.

Kelly : Est-ce que ça a été difficile de trouver suffisamment d'informations sur certaines femmes moins connues?

Katherine : Oui. Pour Alix et ses rébellions, il y a très peu de sources, à part Guillaume de Tyr. Je pense qu’il y a une source islamique qui mentionne qu’il y avait des troubles internes ou quelque chose comme ça. Pour certains événements, nous n’avons qu’une seule source, ce qui veut dire qu’il faut parfois simplement se fier à ce que quelqu’un dit avoir vu. Le plus souvent, je suis prête à faire confiance à la version des faits de Guillaume de Tyr. Il lui arrive parfois de se tromper dans la chronologie, ce qui est inévitable parce que, comme je le dis, c’est un historien qui mène des entretiens. Il parlait avec des gens, et ils disaient des choses comme: "cette bataille a dû avoir lieu cette année-là parce que c’est l’année où mon chien est mort". Ils se basent sur des récits oraux pour reconstituer l’histoire. Ce n’est pas une citation directe, mais c’est le genre de chose que j’imagine que l'on lui disait. En ce qui concerne les rébellions d’Alix, par exemple, nous n’avons pas beaucoup de sources expliquant ce qui s’est passé. C’est principalement Guillaume de Tyr qui nous les raconte. Moi, en tant qu’historienne, j’aimerais avoir deux ou trois sources supplémentaires afin d'être plus sûre de l'exactitude de mes propos.

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Kelly : Nous sommes passées un peu vite sur Aliénor d’Aquitaine tout à l’heure. Pouvez-vous nous dire un mot sur son rôle dans les croisades, étant donné qu’elle ne venait pas d’une ville d’outre-mer?

Katherine : Ce n’est pas une reine croisée au sens traditionnel, mais elle en est une parce qu’elle participe à une croisade. Aliénor est la première reine à partir en croisade, et c’est formidable qu’elle l’ait fait. Elle est née dans le sud de la France, et quand elle était adolescente, elle épouse Louis de France, le dauphin. Il va devenir le roi Louis VII de France, et environ un mois, peut-être moins, après leur mariage, le père de Louis meurt, et Aliénor se retrouve soudainement reine de France et doit partir pour Paris. Ensuite, elle et son époux se retrouvent impliqués dans plusieurs affaires politiques douteuses, l’une d’elles aboutissant à une guerre entre Louis et l’un de ses seigneurs voisins, qui se termine par l’incendie d’un village. Et pas seulement l’incendie du village, mais aussi celui d’une église où les habitants s’y étaient réfugiés: c’est le drame de Vitry-en-Perthois. On pense souvent que le Moyen Âge était brutal, mais là, c’est au-delà du tolérable, même pour l’époque. Ça, et d'autres événements, mettent Louis sur un chemin de pénitence. Quand Édesse, le territoire d'origine de la mère de Mélisende, est capturé par l’atabeg Zengi dans les années 1140, les États latins d’Orient, dont Mélisende et d’autres demandent de l’aide à l’Occident. Le pape les soutient et publie une bulle papale exhortant les rois d’Europe à les aider. Louis répond à cet appel, tout comme l’empereur du Saint-Empire romain germanique. Mais Louis fait quelque chose d’un peu différent: il emmène sa femme. Et il y a plusieurs raisons possibles à cela: peut-être qu’il ne voulait pas être séparé d’elle, ou qu’il avait peur qu’elle ne lui soit infidèle en son absence. Il se pourrait que cette inquiétude ait été justifiée.

Eleanor of Aquitaine
Aliénor d'Aquitaine Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Alors, Aliénor part en croisade. Le voyage est extrêmement difficile et fut probablement une expérience traumatisante pour elle. Le trajet à travers l’Europe jusqu’à Constantinople (Istanbul) s’est bien passé, mais la traversée de l’Anatolie, le plateau anatolien, c’était horrible. L’armée germanique était passée avant eux et avait été massacrée. Sur ce chemin, ils passaient devant les corps non enterrés de leurs compagnons chevaliers morts. Puis il y a eu la grande bataille du mont Cadmos (ou Bataille du défilé de Pisidie), un passage difficile vers la mer. C’est une montagne qu’il faut franchir, malheureusement cela serait un désastre total. À Antioche, l'oncle d'Aliénor, Raymond, est prince de la ville et est marié à Constance, petite-fille de Morfia. Raymond et Aliénor ont beaucoup de choses en commun: tous deux originaires du sud de la France, de la même famille, ils passent beaucoup de temps ensemble. Cette proximité entraîne la circulation de rumeurs sur une possible liaison. Raymond et Louis se disputent violemment, Aliénor déclare qu’elle veut rester à Antioche avec Raymond, et Louis la traîne littéralement hors de la ville jusqu’à Jérusalem.

Là, elle est en disgrâce. On le sait car à Jérusalem, ils organisent un grand conseil de guerre auquel Mélisende participe. Guillaume de Tyr, historien très méticuleux, dresse la liste d’environ 40 personnes présentes à ce conseil: Mélisende y figure, Aliénor non. Si Aliénor y avait assisté, il l’aurait mentionné, ce qui n’est pas le cas. Aliénor demande l’annulation du mariage sur le chemin du retour. Louis et Aliénor ne se supportant plus, prennent des navires séparés. Ils vont voir le pape, peut-être pour demander une annulation, et le pape les oblige littéralement à se mettre au lit ensemble devant un groupe de gens pour symboliser la réconciliation du mariage. Ils divorcent quand même quelques années plus tard. Voilà l’expérience d’Aliénor pendant la croisade.

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Kelly : Est-ce que vous avez une femme préférée parmi celles que vous avez étudiées et décrites dans votre livre?

Katherine : Oh, c’est une question difficile. Quand on écrit sur les croisades, il faut toujours garder en tête que ces femmes sont fascinantes, mais qu’on ne peut pas vraiment les "aimer" car elles sont des colonisatrices. Elles font partie d’un régime oppressif qui prend des terres aux populations locales. Mais si on met ça de côté… Je devrais dire Mélisende. Mélisende sera toujours ma préférée parce qu’elle est la plus importante et la plus puissante. Mais pour moi, c’est ce personnage secondaire, Théodora, qui apparaît dans l’un des derniers chapitres. C’est une princesse byzantine venue en Terre Sainte, à l'âge de 12 ans, pour épouser Baudouin III, fils aîné de Mélisende. Elle devient veuve à l’âge de 17 ans, à la mort de son époux et n’engendra pas d’héritier pendant leur mariage. On lui donna une très belle ville, Acre, pour y vivre recluse jusqu’à la fin de sa vie. Il est peu probable que l’on lui ait permis de se remarier ou d’avoir des enfants car le roi de Jérusalem n’y gagnerait rien, au contraire, il perdrait le contrôle de la ville.

Son avenir est donc assez sombre… et là, un événement complètement fou se produit. Son oncle volage arrive en Orient. Il fuit un scandale à Byzance et Antioche; il séduit des princesses dans tout l’empire. Il arrive à Acre, et Théodora semble tomber amoureuse de lui immédiatement, et lui aussi d’elle. Ils organisent un faux enlèvement élaboré où elle prétend partir, et ils font semblant qu’il l’a enlevée. Mais c’est évidemment consenti, puisqu’elle lui a dit où elle allait, et ils s’enfuient ensemble. Mais pas dans un autre pays chrétien, ils s’enfuient à la cour de Nur ad-Din, à Damas, en territoire islamique! C’est incroyable! L’ancienne reine de Jérusalem chrétienne et un prince byzantin qui s’enfuient en territoire musulman. Et c’est aussi une histoire assez troublante, car c’est son oncle, avec une grande différence d’âge entre les deux. Malgré cela, Andronic semble vraiment dévoué à Théodora, et ils restent ensemble jusqu’à la fin de sa vie, ayant même des enfants. C’est une histoire étrange, mais aussi une histoire d’amour. J’ai trouvé que c’était une intrigue secondaire très intéressante que j’ai découverte en étudiant Mélisende et sa descendance. C’était passionnant à écrire.

Kelly : Merci beaucoup d’avoir été avec nous aujourd’hui. C’était un vrai plaisir de discuter avec vous.

Katherine : Merci! Tout le plaisir est pour moi.

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Traducteur

Chloe Justin
Passionnée par les langues et la culture , Chloe Justin a fait le choix d'étudier la traduction/interprétation et les relations internationales afin de permettre la diffusion de la culture aux personnes du monde entier, indépendamment de leur langue.

Auteur

Kelly Macquire
Kelly est diplômée de l'université Monash, où elle a obtenu une licence (avec mention) en histoire ancienne et archéologie, avec une spécialisation en iconographie et le statut dans les sépultures de Pylos. Elle est passionnée par la mythologie et l'Âge du Bronze égéen.

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Macquire, K. (2025, août 11). Interview: Les Reines de Jérusalem, ces femmes qui ont osé régner, avec Katherine Pangonis. (C. Justin, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1969/interview-les-reines-de-jerusalem-ces-femmes-qui-o/

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Macquire, Kelly. "Interview: Les Reines de Jérusalem, ces femmes qui ont osé régner, avec Katherine Pangonis." Traduit par Chloe Justin. World History Encyclopedia, août 11, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1969/interview-les-reines-de-jerusalem-ces-femmes-qui-o/.

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Macquire, Kelly. "Interview: Les Reines de Jérusalem, ces femmes qui ont osé régner, avec Katherine Pangonis." Traduit par Chloe Justin. World History Encyclopedia, 11 août 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1969/interview-les-reines-de-jerusalem-ces-femmes-qui-o/.

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