Pays de Pount

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 01 août 2011
Disponible dans ces autres langues: anglais
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Supposed Location of the Land of Punt (by Cush, Public Domain)
Emplacement supposé du Pays de Pount
Cush (Public Domain)

Le pays de Pount était une région d'Afrique (très probablement la Somalie) mentionnée dans les inscriptions de l'Égypte ancienne, d'abord comme un partenaire commercial, puis comme un pays semi-mythique riche en ressources et en produits exotiques. Il est surtout connu par les inscriptions de la reine Hatchepsout (r. 1479-1458 av. J.-C.), bien que le commerce ait été établi bien plus tôt.

Dans les décennies qui suivirent le premier déchiffrage des hiéroglyphes égyptiens par Jean-François Champollion en 1822 et le début de la lecture des textes égyptiens par les érudits occidentaux, des questions se posèrent quant à la localisation de Pount et à son nom à l'époque moderne. Punt était probablement situé dans la région actuelle du nord-ouest de la Somalie, si l'on en croit la similitude entre l'ancienne ville d'Opone mentionnée dans les ouvrages anciens et la ville moderne de Pouen, en Somalie. Les Égyptiens appelaient Punt Pwenet ou Pwene, ce qui se traduit par Pouen, connue des Grecs sous le nom d'Opone. Il est bien établi qu'Opone faisait du commerce avec l'Égypte et ce, pendant de nombreux siècles. Malgré cela, les chercheurs modernes continuent à débattre de l'emplacement du pays de Pount.

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Le pays est surtout connu pour la célèbre expédition de la reine Hatchepsout en 1493 avant notre ère, sous la 18e dynastie égyptienne. Cet échange entre l'Égypte et Pount permit de ramener des arbres vivants en Égypte, marquant ainsi la première tentative réussie connue de transplantation de faune étrangère. Ce voyage à Pount n'est cependant que le plus célèbre, et des preuves suggèrent que les Égyptiens commerçaient avec le pays de Pount dès le règne du pharaon Khéops (Khoufou) à la quatrième dynastie (c. 2613-2498 avant notre ère) et probablement avant.

L'Égypte se développa en tant que nation au fur et à mesure que le commerce augmenta, à partir de la dernière partie de la période prédynastique (c. 6000-3150 av. J.-C.). Au début de la période dynastique (c. 3150-2613 av. J.-C.), le commerce était solidement établi avec les régions de Mésopotamie et de Phénicie. À l'époque de la cinquième dynastie (c. 2498-2345 av. J.-C.), l'Égypte était florissante grâce au commerce avec ces régions, notamment avec la ville phénicienne de Byblos et les pays de Nubie et de Pount.

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Localisation du Pays de Pount

L'emplacement exact du pays de Pount est encore aujourd'hui contesté par les historiens, les chercheurs, les archéologues et d'autres personnes. Au fil des ans, il a été cité comme faisant partie de l'Arabie, de l'actuelle Somalie ou de l'État du Puntland en Somalie, de la Corne de l'Afrique, du Soudan, de l'Érythrée ou d'une autre région interne de l'Afrique de l'Est. Le débat se poursuit quant à la localisation de Pount, les chercheurs et historiens de tous bords proposant des arguments plausibles pour étayer leurs affirmations. Les deux meilleures possibilités sont l'Érythrée et le nord-ouest de la Somalie, l'Érythrée étant jusqu'à présent la plus largement acceptée.

La culture de l'État du Puntland en Somalie présente un certain nombre de ressemblances avec celle de l'Égypte ancienne, notamment en ce qui concerne la langue, les vêtements cérémoniels et les arts.

Il semblerait cependant, d'après les reliefs racontant l'expédition gravés sur le temple d'Hatchepsout à Deir al-Bahri, que Pount était probablement situé dans l'actuel État du Puntland en Somalie ou, au moins, dans le nord-ouest de la Somalie. La culture de l'État somalien du Puntland présente un certain nombre de ressemblances frappantes avec celle de l'Égypte ancienne, notamment en ce qui concerne la langue, les vêtements de cérémonie et les arts, ce qui laisse supposer d'anciens échanges interculturels.

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Le chercheur John A. Wilson écrit qu'Hatchepsout était très fière de l'expédition qu'elle avait lancée vers Pount et il précise qu'il s'agissait de "la terre de l'encens au sud, peut-être principalement dans la région du Somaliland, mais aussi en Arabie Félix" (176). Wilson semble favoriser une interprétation de la Somalie comme étant Pount lorsqu'il souligne la "proéminence inhabituelle" de cette expédition et l'itinéraire que les Égyptiens semblent avoir emprunté pour l'atteindre.

Pount ne pouvait pas se trouver en Arabie car les Égyptiens commerçaient régulièrement avec cette région qui n'était pas "au sud" et ne pouvait pas être la Nubie car les Égyptiens connaissaient bien cette terre également et elle n'aurait pas été représentée comme "mystérieuse". De plus, le commerce se faisait par voie maritime, ce qui exclut ces deux possibilités. Il est toutefois possible qu'elle ait été située au-dessus de la Somalie, en Érythrée, et cette région est le meilleur candidat pour Pount après la Somalie.

Les partisans de l'interprétation de la Somalie comme étant le pays de Pount s'appuient sur les descriptions des expéditions d'Hatchepsout ainsi que des références antérieures. Les Égyptiens s'y rendaient en bateau en descendant le Nil, en traversant le Ouadi Tumilat dans le delta oriental, puis en rejoignant la mer Rouge. Il existe des preuves que les équipages égyptiens démontaient leurs bateaux, les transportaient par voie terrestre jusqu'à la mer Rouge, puis longeaient les rives pour se rendre à Pount.

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Map of the New Kingdom of Egypt, 1450 BCE
Carte du Nouvel Empire d'Égypte, 1450 avant notre ère
Andrei Nacu (CC BY-SA)

Bien que cette description favorise une interprétation de l'Érythrée, les autres preuves pèsent lourdement en faveur du nord-ouest de la Somalie. Les Égyptiens auraient longé la côte jusqu'à la Corne de l'Afrique, l'actuel État du Puntland en Somalie. Wilson cite les reliefs du temple d'Hatchepsout comme preuve de l'étonnement des Pountites à l'arrivée des Égyptiens, alors qu'ils se trouvaient, semble-t-il, au bout du monde. Wilson écrit :

Le peuple de Pount est flatté et stupéfait par l'audace des marins égyptiens : "Comment êtes-vous arrivés ici, le pays inconnu des hommes ? Êtes-vous descendus par les voies du ciel ou avez-vous voyagé par terre ou par mer ? Qu'elle est heureuse la terre de Dieu (Pount), que vous foulez maintenant comme Râ !". (176)

Le pays de Pount est également représenté comme tout à fait étranger aux Égyptiens. L'expert Marc van de Mieroop écrit :

[Les Égyptiens] ont atteint Pount en bateau de mer et ont trouvé un pays très différent du leur. Les représentations de maisons, d'animaux et de plantes suggèrent un emplacement dans le nord-est de l'Afrique, le long de la côte de la mer Rouge, peut-être la région de l'Érythrée moderne, bien qu'un lieu plus à l'intérieur des terres ait également été suggéré. (169)

Où qu'elle ait pu se trouver, la réputation d'une terre riche en ressources était déjà établie avant l'expédition d'Hatchepsout. L'érudite Rosalie David note :

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Les Égyptiens avaient une demande constante d'encens et de myrrhe - les principaux produits de Pount - pour leurs services dans les temples et connaissaient l'existence de cette terre depuis la 5e dynastie. Des expéditions y avaient été envoyées depuis la fin de l'Ancien Empire. (267)

Même si les échanges commerciaux entre l'Égypte et Pount sont bien établis, et si des preuves confirment le lien entre la Somalie et Pount, il n'y a toujours pas de consensus scientifique sur la localisation.

Expédition d'Hatchepsout à Pount

Bien que les deux pays aient eu une longue histoire commerciale, l'expédition d'Hatchepsout en 1493 avant notre ère revêt une importance particulière. Cela peut s'expliquer simplement par le fait que cette transaction était plus importante que toutes les autres, mais les preuves suggèrent que le chemin vers Pount avait été perdu et que les dieux avaient ordonné à Hatchepsout de rétablir la connexion. Wilson décrit comment le voyage fut initialement ordonné par Hatchepsout, en se basant sur les reliefs de son temple :

Amon-ra de Karnak a parlé depuis son sanctuaire dans le temple et a ordonné à Hat-Chepsout d'entreprendre l'exploration commerciale de la terre de Pount. "La majesté du palais a adressé une requête au pied des escaliers du Seigneur des Dieux. Un ordre fut entendu du Grand Trône, un oracle du dieu lui-même, de chercher les chemins de Pount, d'explorer les routes vers les terrasses de myrrhe." (169)

Hatchepsout ordonna alors que la volonté du dieu soit accomplie et cinq navires furent équipés pour le voyage tandis que des marchandises furent rassemblées pour le commerce. L'historienne Barbara Watterson décrit le voyage en se basant sur les inscriptions du règne d'Hatchepsout :

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Cinq navires sont partis d'un port de la mer Rouge (peut-être Quseir) pour se diriger vers le sud jusqu'à Suakin, où l'expédition a débarqué. Le voyage avait duré entre 20 et 25 jours, couvrant en moyenne environ 50 kilomètres par jour, les navires longeant la côte plutôt que de se risquer dans les eaux profondes et dangereuses de la mer Rouge. De Suakin, la route vers Punt se faisait par voie terrestre à travers les collines de la mer Rouge. (101)

Cette description d'un voyage par voie terrestre jusqu'à Pount après la descente de la Mer Rouge peut plaider en faveur de l'Érithrée ou de la Somalie mais, encore une fois, elle doit être évaluée avec les autres preuves. Quelle que soit sa localisation exacte près de la Corne de l'Afrique, elle était très appréciée et suffisamment différente de l'Égypte pour se prêter au mystère. Les villages de Pount sont décrits comme des maisons posées sur des pilotis et gouvernées par un roi qui était peut-être conseillé par des anciens. Les inscriptions indiquent que les relations entre les deux pays étaient très étroites et que les Pountites étaient un peuple extrêmement généreux. Le pays de Pount est régulièrement loué pour ses richesses et la "bonté de la terre" par les scribes égyptiens.

Hatshepsut Visits Ruined Temple
Hatchepsout visite un temple en ruine
Ancient History Magazine/ Karwansaray Publishers (Copyright)

Le commerce égyptien avec Pount

Un relief de la quatrième dynastie montre un Pountite avec l'un des fils du pharaon Khéops, et à la cinquième dynastie, des documents montrent un commerce régulier entre les deux pays qui les enrichissait tous deux. Une inscription funéraire du commandant militaire Pepynakht Heqalb, qui servait sous le roi Pépi II (2278-2184 av. J.-C.) de la sixième dynastie, raconte que Heqalb avait été envoyé par Pépi II au "pays des Aamus" pour récupérer le corps du gardien de Kekhen qui "était en train de construire un bateau en roseau pour se rendre à Pount lorsque les Aamus et les habitants des sables l'ont tué" (van de Mieroop, 90).

Les Aamus étaient les Asiatiques d'Arabie et les habitants des sables du Soudan, ce qui plaide pour un point de départ du commerce égyptien autour du port de Suakin (comme l'a déjà noté Watterson) sur la côte ouest de la mer Rouge. Les Égyptiens dépendaient du commerce avec Pount pour nombre de leurs possessions les plus précieuses.

Parmi les trésors apportés à l'Égypte depuis Pount figuraient de l'or, de l'ébène, des animaux sauvages, des peaux d'animaux, des défenses d'éléphants, de l'ivoire, etc.

Parmi les trésors apportés à l'Égypte depuis Pount figuraient de l'or, de l'ébène, des animaux sauvages, des peaux d'animaux, des défenses d'éléphants, de l'ivoire, des épices, des bois précieux, des cosmétiques, de l'encens et des arbres à encens et à myrrhe. Watterson écrit : "En échange d'un modeste présent composé de quelques armes égyptiennes et de quelques babioles, les Pountites offraient à leurs visiteurs des sacs de gomme aromatique, de l'or, de l'ébène, de l'ivoire, des peaux de léopard, des singes vivants et des arbres à encens" (101).

Le commerce entre l'Égypte et Pount n'était cependant pas aussi unilatéral que le suggère Watterson, car les inscriptions montrent clairement que les deux parties s'échangeaient équitablement. Wilson rapporte que les Égyptiens arrivaient à Pount avec "des bijoux, des outils et des armes" et revenaient avec "des encensoirs, de l'ivoire, de la myrrhe et des bois rares" (176). Il existe également des preuves que les Égyptiens échangeaient les métaux disponibles dans leur pays contre l'or de Pount, même si l'Égypte possédait ses propres mines d'or. Rosalie David décrit une scène impliquant des marchandises de l'expédition d'Hatchepsout, telle qu'elle est décrite dans les inscriptions de son temple de Deir al-Bahri :

L'illustration montre que l'encens fut empilé devant l'ambassadeur égyptien et ses soldats tandis que des singes et des panthères furent conduits en avant ; les "échanges" égyptiens - poignards, haches et colliers - furent disposés sur une table, et lorsque l'accord fut conclu, les officiels pountites furent conduits à la tente de l'envoyé égyptien et reçurent des cadeaux de pain, de bière, de vin, de fruits et de viandes. Les inscriptions qui les accompagnent tentent toutefois d'expliquer que ces armes utilisées en troc par les Égyptiens étaient en fait une "offrande" pour Hathor, la déesse de Pount. Ensuite, les marchandises étaient pesées et mesurées, puis chargées sur les navires pour le voyage de retour. En l'occurrence, il s'agissait de monceaux d'encens, d'arbres à myrrhe, d'ébène et d'ivoire, d'or, de bois parfumés, d'encens, de pigments pour les yeux, de singes, de babouins, de chiens et de peaux de panthère. Ils furent finalement présentés à la reine Hatchepsout à Thèbes, et une grande joie fut exprimée, en particulier pour les arbres qui furent ensuite plantés dans le jardin du temple. (267-268)

Les arbres à encens mentionnés étaient un article d'échange particulièrement impressionnant. Comme on l'a noté, cet échange est la première fois dans l'histoire que la faune (plantes et arbres) fut transplantée avec succès dans un autre pays. Cette transplantation fut si réussie que les arbres prospérèrent en Égypte pendant des siècles. Les racines des arbres à encens ramenés de Pount par l'expédition d'Hatchepsout en 1493 avant notre ère sont encore visibles à l'extérieur de son complexe à Deir al-Bahari.

Portrait of Queen Hatshepsut
Portrait de la reine Hatchepsout
Rob Koopman (CC BY-SA)

Les inscriptions sur les murs du site détaillent les relations entre l'Égypte et Pount et montrent clairement qu'elles étaient mutuellement bénéfiques et que les deux parties se respectaient profondément. Les reliefs sur les murs du temple montrent le chef des Pountites et son épouse recevant les envoyés d'Égypte avec tous les honneurs. Ces représentations sont si précises que des chercheurs modernes ont pu diagnostiquer les problèmes médicaux de l'épouse du chef des Pountites, Aty. Selon l'historien Jimmy Dunn, la reine "présente des signes de lipodystrophie, ou maladie de Dercum. Elle présente une courbure prononcée de la colonne vertébrale" (3). Les inscriptions mentionnent le roi Perahu de Pount et sa générosité qui, à en juger par les biens rapportés en Égypte, était immense.

Le règne d'Hatchepsout fut parmi les plus prospères de l'histoire égyptienne, mais il est clair qu'elle considérait son expédition à Pount comme l'une de ses plus grandes réussites. Watterson décrit l'importance de Pount pour la reine en parlant des reliefs du temple de Deir al-Bahari :

Des reliefs représentant des thèmes importants de la vie d'Hatchepsout décorent les murs des colonnades : sa naissance, le transport des obélisques pour le temple d'Amon à Thèbes, la grande expédition à Pount. (161)

Marc van de Mieroop commente également ce point, en écrivant :

Parmi les marchandises importées se trouvaient des arbres à encens complets ainsi que de l'encens en vrac, un extrait d'arbre odorant et coûteux qui était utilisé dans [les services religieux] comme offrande aux dieux. L'expédition en a rassemblé d'énormes quantités et l'inscription qui l'accompagne affirme que de telles quantités n'avaient jamais été acquises auparavant. La proéminence du relief indique à quel point Hatchepsout était fière des réalisations de l'expédition. (169)

Trente et un arbres à encens (Boswellia) furent ramenés en Égypte, en plus de toutes les autres marchandises de valeur mentionnées ci-dessus, mais il semble que la visite de Pount était tout aussi importante que les marchandises échangées.

Le pays de Pount fut longtemps associé aux dieux et au passé légendaire de l'Égypte, notamment parce que de nombreux matériaux provenant de Pount étaient utilisés dans les rituels des temples. Les peaux de léopard de Pount étaient portées par les prêtres, l'or servait à la statuaire et l'encens était brûlé dans les temples. Une association plus profonde, cependant, naquit de la croyance que les dieux qui bénissaient l'Égypte avaient une affection égale pour Pount. Hatchepsout, comme nous l'avons mentionné, prétendait qu'Hathor venait de Pount et il existe des preuves que l'un des dieux égyptiens les plus populaires de l'enfance, Bès, (connu sous le nom de Dieu Nain) venait également de Pount, comme d'autres.

Conclusion

À la 12e dynastie (1991-1802 av. J.-C.), Pount fut immortalisé dans la littérature égyptienne par le très populaire conte du naufragé, dans lequel un marin égyptien naufragé sur une île converse avec un grand serpent qui se fait appeler "Seigneur de Pount" et le renvoie en Égypte chargé d'or, d'épices et d'animaux précieux. Le marin de l'histoire raconte cette histoire à son maître pour lui remonter le moral après une expédition ratée. Il fait remarquer que son maître est peut être déçu par son récent échec, mais qu'il a lui-même connu un échec similaire, mais pire encore : son navire avait été perdu et, seul en terre étrangère, il avait craint pour sa vie jusqu'à ce que le Seigneur de Pount ne le rassure.

Le pays de Pount est délibérément choisi dans cette histoire comme le lieu mystique sur lequel le marin s'échoue parce qu'il était déjà perçu comme un royaume lointain de biens exotiques et de gens généreux. Le marin dit à son maître que, même si la vie peut sembler sombre à un moment donné, le bien peut sortir même des moments les plus sombres de la vie. Il cite l'exemple du Seigneur de Pount qui le renvoya chez lui plus riche qu'au moment de son voyage fatal, car le nom de Pount aurait rappelé au maître les dieux et leurs bienfaits, comme en témoignaient les richesses de Pount ramenées en Égypte, et en aurait fait de même pour tout public entendant ce récit.

Le pays de Pount finit par devenir une terre semi-mythique pour les Égyptiens, mais il était toujours considéré comme un lieu très réel au cours du Nouvel Empire (1570-1069 avant notre ère). Le vizir Rekhmirê mentionne avoir accepté le tribut de délégations étrangères venues de Pount sous le règne d'Amenhotep II (1425-1400 avant notre ère). Pount est mentionné sous le règne de Ramsès II (1279-1213 av. J.-C.) et sous celui de Ramsès III (1186-1155 av. J.-C.).

Pount exerça une profonde fascination sur le peuple égyptien en tant que "terre d'abondance" et était connu sous le nom de Ta Nétjer, la terre des dieux, d'où venaient toutes les bonnes choses en Égypte. Le Pount était également associé à l'ascendance égyptienne dans la mesure où il était considéré comme leur ancienne patrie et, en outre, comme la terre d'où les dieux émergèrent et se fréquentèrent. On ne sait pas exactement pourquoi le Pount fut élevé de la réalité à la mythologie, mais après le règne de Ramsès III, le pays s'estompa de plus en plus dans l'esprit des Égyptiens jusqu'à se perdre dans la légende et le folklore.

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Questions & Réponses

Le pays de Pount existe-t-il ?

Le pays de Pount était un lieu réel, probablement le nord-ouest de la Somalie ou l'Érythrée, bien qu'il ait été décrit dans la littérature égyptienne comme un lieu semi-mythique.

Qu'est-ce que le pays de Pount ?

Le pays de Pount était considéré comme la "terre d'abondance" par les Égyptiens du Nouvel Empire. Punt était un partenaire commercial important de l'Égypte et se situait très probablement dans le nord-ouest de la Somalie.

Pourquoi le pays de Pount est-il célèbre ?

Le pays de Pount est connu grâce à des inscriptions égyptiennes datant du règne de la reine Hatchepsout et décrivant l'expédition qu'elle y envoya en 1493 avant notre ère. À cette époque, le pays était déjà considéré comme un royaume semi-mythique dans la littérature égyptienne et figure dans le célèbre Conte du marin naufragé.

L'Érythrée est-elle le pays de Pount ?

L'Érythrée n'est qu'un des lieux possibles de l'ancien pays de Pount. Le débat sur l'emplacement de Pount se poursuit encore aujourd'hui.

Où se trouvait l'ancien pays de Pount ?

L'emplacement de l'ancien pays de Pount est encore débattu et très controversé. Les lieux les plus probables sont l'Érythrée et le nord-ouest de la Somalie.

Quand l'Égypte a-t-elle commencé à commercer avec le pays de Pount ?

L'Égypte a commencé à commercer avec le Pays de Pount pendant la période de l'Ancien Empire, vers 2613-2181 avant notre ère.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2011, août 01). Pays de Pount [Punt]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-765/pays-de-pount/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Pays de Pount." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le août 01, 2011. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-765/pays-de-pount/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Pays de Pount." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 01 août 2011. Web. 25 mai 2024.

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