James "Jim" Bowie (1796-1836) était un pionnier, spéculateur foncier, marchand d'esclaves et officier de milice qui devint une figure légendaire après le Sandbar Fight en 1827, un événement qui rendit également célèbre le couteau Bowie, et un héros international après sa mort lors de la bataille de Fort Alamo le 6 mars 1836.
Avant sa mort à Alamo, Bowie était célèbre pour le Sandbar Fight, connu pour ses transactions foncières et admiré pour son leadership pendant la révolution texane à l'automne 1835, mais après cela, il devint un héros américain, même si, pendant la majeure partie de sa vie, il n'avait rien fait qui puisse être considéré comme héroïque au sens habituel du terme.
On pourrait le considérer comme le héros inattendu d'Alamo: un homme jouissant d'une bonne réputation, qui se trouvait au bon endroit au bon moment qui serait immortalisé après sa mort comme l'une des figures les plus inspirantes de l'Amérique du XIXe siècle.
Jeunesse
James Bowie vit le jour le 10 avril 1796 dans le comté de Logan, dans le Kentucky, de Reason Bowie et Elve Ap-Catesby Bowie. Il était le neuvième d'une fratrie de dix enfants, dont son frère aîné Rezin, qui allait jouer un rôle important dans sa vie. En 1802, Reason Bowie déménagea avec sa famille dans la région de l'actuelle Louisiane, où James grandit. Reason tenait à ce que tous ses enfants soient alphabétisés. Ils reçurent un enseignement en anglais, mais Rezin et James apprirent également le français et l'espagnol, qu'ils finirent par parler couramment.
James apprit très tôt à chasser, à pêcher, à travailler la terre et à gérer les esclaves que possédait son père. Il devint particulièrement habile avec un couteau, mais grâce à la chasse, il maîtrisait également les armes à feu. Pendant la guerre de 1812, James et Rezin s'engagèrent dans la milice de Louisiane lorsque James avait 18 ans, impatients de se battre sous les ordres d'Andrew Jackson, mais ils arrivèrent trop tard pour participer à la bataille de La Nouvelle-Orléans (8 janvier 1815). La guerre était terminée, et les frères furent démobilisés et trouvèrent du travail dans le secteur du bois.
Terres, esclaves et Jean Lafitte
James et Rezin avaient hérité d'un certain nombre d'esclaves et d'autres biens par le testament de leur père et, avant la mort de Reason en 1820, les frères essayaient déjà d'accroître leur fortune par la spéculation foncière. Il existait en Louisiane de nombreux terrains de grande superficie qui pouvaient rapporter beaucoup d'argent à leurs propriétaires. Le problème était qu'aucun des deux frères n'avait les moyens d'acheter les terrains les plus intéressants. Ils avaient besoin d'une importante injection d'argent, et rapidement, et c'est ainsi qu'ils se lancèrent dans le commerce des esclaves.
Les États-Unis avaient interdit le commerce des esclaves en 1808, ce qui avait créé un marché noir lucratif, car les propriétaires d'esclaves voulaient toujours acheter des esclaves, mais l'approvisionnement était désormais coupé. James et Rezin conclurent un accord avec Jean Lafitte, selon lequel Lafitte importerait des esclaves dans son fief de l'île de Galveston, les Bowie les feraient passer clandestinement sur le continent et les vendraient avec un bénéfice élevé.
Ce plan comportait toutefois de sérieux risques et, de plus, tous leurs efforts pouvaient être réduits à néant s'ils étaient arrêtés, ou si l'un de leurs agents l'était, et si les esclaves étaient confisqués. Le Texas et la Louisiane, comme la plupart des États du Sud, offraient des récompenses importantes à ceux qui dénonçaient les marchands d'esclaves illégaux. Les frères Bowie mirent toutefois au point un plan sans risque, comme le décrit le chercheur William C. Davis:
Ils ne vendraient pas les esclaves aux planteurs eux-mêmes. Cela les exposait au risque d'être arrêtés et poursuivis, avec des conséquences potentiellement mortelles, et certains planteurs pourraient également être réticents à acheter, sachant que les esclaves seraient confisqués s'ils étaient découverts. Les Bowie voulaient quelque chose qui soit aussi sûr que possible, et ils trouvèrent un stratagème incroyablement simple.
Ils allaient eux-mêmes dénoncer les esclaves à un fonctionnaire de l'État ou fédéral comme étant des importations illégales, tout en dissimulant leur propre rôle en tant que transporteurs des Noirs. Les esclaves ainsi saisis seraient vendus aux enchères, et les Bowie surenchérissaient sur les autres acheteurs, sachant qu'ils pouvaient se le permettre car la moitié du prix d'achat leur serait versée pour avoir dénoncé les esclaves.
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Ils s'étaient fixé un objectif financier de 65 000 dollars, et lorsqu'ils l'atteignirent, ils abandonnèrent le commerce des esclaves et se lancèrent dans la spéculation foncière en Louisiane et en Arkansas. Bien qu'ils aient conclu certaines transactions légitimes, ils semblent également avoir vendu des terres sur lesquelles ils n'avaient aucun droit. Lorsque les acheteurs menacèrent de les poursuivre en justice, les Bowie firent appel aux mêmes relations gouvernementales qui leur avaient si bien servi à l'époque où ils faisaient le commerce des esclaves, et tous les documents officiels concernant ces transactions disparurent mystérieusement.
Sandbar Fight et célébrité
Jusqu'en 1827, Bowie était connu localement comme spéculateur foncier et marchand d'esclaves, mais tout cela changea avec le Sandbar Fight, qui le propulsa, lui et son grand couteau, vers la gloire.
Les problèmes de Bowie avec le banquier Norris Wright, qui était également shérif de la paroisse de Rapides, en Louisiane, commencèrent en 1826 lorsque Bowie soutint l'adversaire de Wright lors des élections locales. Par la suite, Bowie demanda un prêt à la banque et Wright le lui refusa. De plus, Wright aurait insulté Bowie à plusieurs reprises.
Bowie confronta Wright qui, sans dire un mot, sortit son pistolet et tira sur Bowie à la poitrine. La balle fut déviée par un porte-monnaie qu'il portait, et Bowie se jeta sur Wright, le plaqua au sol et, le tenant d'une main, essaya d'ouvrir un couteau à cran d'arrêt avec ses dents. Avant qu'il ne parvienne à l'ouvrir, ses amis l'éloignèrent de Wright.
Par la suite, Rezin Bowie offrit à son frère un grand couteau de chasse afin que, s'il se retrouvait un jour dans une situation similaire, il n'ait pas à perdre de temps avec un couteau de poche. L'origine du couteau Bowie est controversée, certains auteurs affirmant que James Bowie l'aurait inventé, d'autres que c'est Rezin qui l'aurait inventé, et d'autres encore que Rezin aurait conçu le couteau et l'aurait fait fabriquer par un forgeron local. La version la plus connue du couteau fut fabriquée par James Black, mais ce n'est qu'à la fin de l'année 1830, alors que le couteau Bowie était déjà célèbre. Il semble que l'histoire la plus communément admise soit que le couteau aurait été fabriqué, ou du moins conçu, par Rezin.
En 1827, deux hommes de la paroisse de Rapides, Samuel L. Wells III et le Dr Thomas H. Maddox, se disputèrent et estimèrent que seul un duel pourrait régler leur différend. Pour contourner les lois anti-duels de Louisiane, ils choisirent de s'affronter sur un banc de sable près de Natchez, dans le Mississippi, le 19 septembre 1827. Bowie accepta de venir soutenir Wells, mais n'avait aucun rôle officiel dans le duel, et Norris Wright fit de même pour Maddox. D'autres personnes accompagnèrent également les duellistes, formant deux groupes distincts de six personnes chacun.
Maddox et Wells s'affrontèrent et tirèrent – chacun manquant sa cible – puis ils rechargèrent et tirèrent à nouveau. Après le deuxième round, ils se réconcilièrent en se serrant la main et se retirèrent dans un bosquet pour sceller la paix autour d'un verre de vin. Leurs partisans, cependant, avaient depuis longtemps de nombreux différends, et le général Samuel Cuny (du côté de Wells) lança au colonel Crain (un partisan de Maddox) que le moment était venu de régler leurs divergences et sortit un pistolet.
Crain se retourna et tira sur Bowie, qui se tenait à côté de Cuny, puis tira sur Cuny à la cuisse et lui sectionna une artère. Bowie sortit alors son couteau et se précipita sur Crain qui lui lança son pistolet vide, le frappa au front et le fit tomber. Tandis que tout cela se passait, les autres, qui étaient partis vers les bois, revinrent au pas de course.
Le Dr Denny (le chirurgien de Maddox) attrapa Bowie, le suppliant d'arrêter toute violence, juste au moment où Norris Wright tirait sur Bowie à la poitrine, emportant l'un des doigts de Denny. Les frères Blanchard (partisans de Maddox) ouvrirent le feu sur Bowie, une balle lui déchira la cuisse et le fit tomber au sol. Wright poignarda alors Bowie avec sa canne-épée et, alors qu'il essayait de dégager la lame, Bowie l'attrapa, tandis qu'Alfred Blanchard poignardait Bowie avec sa canne-épée.
Alors que Wright reculait, Bowie se releva, blessa Blanchard et poignarda Wright avec son couteau, le tuant sur le coup. Les victimes de cette bagarre qui dura environ 90 secondes furent: Samuel Cuny et Norris Wright, morts, le colonel Crain et le Dr Denny, légèrement blessés, Alfred Blanchard et James Bowie, gravement blessés. Bowie avait été poignardé à plusieurs reprises, frappé à la tête et touché par au moins deux balles. Personne ne comprit comment il avait survécu, et il lui fallut deux mois pour se remettre, mais il survécut.
Pendant les deux mois de sa convalescence, la nouvelle de la bagarre de Natchez se répandit, les détails étant exagérés à chaque fois qu'elle était racontée, jusqu'à ce que l'histoire ne soit reprise par l'hebdomadaire populaire Nile's Register à New York. Au début, le nom de Bowie n'apparaissait même pas dans les articles, mais au fur et à mesure que l'histoire était révisée, il devint un héros, attaqué par un nombre écrasant d'adversaires, et pourtant, comme le dit Davis:
Il a tenu bon et a simplement continué à se battre. C'est ce genre de choses qui a transformé une bagarre brutale et inutile en légende. (218)
Le tribunal fut saisi de l'affaire en janvier 1828, mais aucune mise en accusation ne fut prononcée et Bowie ne fut jamais appelé à témoigner. Bowie lui-même ne commenta jamais l'événement en public, mais très vite, il n'en eut plus besoin, car ce sont les journaux et les magazines qui relayèrent l'histoire.
Les articles sur le "grand couteau" utilisé lors de la bagarre firent du "couteau Bowie" une arme très recherchée aux États-Unis, et, après que l'histoire eut traversé l'Atlantique, les couteliers britanniques se mirent à produire ces couteaux en grande quantité moins de cinq ans après le combat, et en exportaient une grande partie vers les États-Unis, tirant ainsi profit de la forte demande. Bowie, décrit par ses amis et sa famille comme un homme humble et parfois même timide, devint tout à coup une célébrité.
Mariage, terres et mine perdue
Bowie s'installa au Texas en 1828 et, afin de faciliter ses affaires dans cette région, se convertit à la religion d'État mexicaine, le catholicisme romain, et fut baptisé, parrainé par le riche fonctionnaire Juan Martín de Veramendi et son épouse. De retour en Louisiane, Bowie courtisa une certaine Cecilia Wells et se fiança, mais Cecilia mourut en septembre 1829, deux semaines avant le mariage.
De retour au Texas en 1830, Bowie fut élu colonel des Texas Rangers et devint citoyen mexicain. Il s'habillait bien, parlait couramment l'espagnol et connaissait bien les règles de bienséance, se présentant en tant que riche spéculateur foncier; il forma un partenariat commercial avec Juan Veramendi.
Le 25 avril 1831, Bowie épousa Maria Ursula, la fille de Veramendi âgée de 19 ans, en minimisant la différence d'âge entre eux en prétendant n'avoir que 30 ans, alors qu'il en avait en réalité 35. Bien que Bowie continuât à se faire passer pour un membre fortuné de la classe supérieure, il avait peu d'argent et emprunta à sa belle-famille pour payer sa lune de miel. On ne sait pas exactement pourquoi Juan Veramendi continua à donner de l'argent à Bowie alors que celui-ci prétendait en avoir suffisamment, mais, quelle qu'en soit la raison, c'est bel et bien ce qu'il fit.
Pour changer cette situation et devenir véritablement riche, Bowie se lança dans une expédition pour découvrir la légendaire mine d'argent de San Saba, qui se trouvait, disait-on, quelque part au nord-ouest de San Antonio de Béxar et qui recelait d'énormes richesses dans des gisements d'argent inexploités. Le groupe de Bowie s'enfonça dans le "territoire indien2 où il fut attaqué par des Autochtones, et les survivants revinrent sans avoir trouvé la mine. La deuxième expédition de Bowie échoua également, et il renonça à toute nouvelle tentative.
Révolution texane
En 1832, les tensions montaient entre les colons anglo-américains et les Tejanos du district du Texas et le gouvernement mexicain au sujet de ce que les habitants interprétaient comme une perte de leurs droits. Les troubles d'Anahuac de 1832, menés par William Barret Travis (qui allait à nouveau prendre la tête du mouvement dans la même région en 1835), furent les premiers conflits armés qui conduisirent à la révolution texane. et Bowie, qui avait auparavant soutenu le Parti de la paix, cherchant la réconciliation entre le Texas et le gouvernement mexicain, rejoignit le Parti de la guerre en août 1832 après que le général José de las Piedras eut exigé que tous les colons de Nacogdoches rendent leurs armes.
Il participa à la bataille de Nacogdoches (2 août 1832) et, en 1833, fit partie des délégués qui se réunirent pour définir les revendications en faveur d'une République du Texas indépendante. La même année, une épidémie de choléra éclata au Texas et Bowie fit déménager sa femme, ses enfants et sa belle-famille dans leur propriété de Monclova. Cependant, l'épidémie frappa également cet endroit et tua Maria Ursula, leurs enfants et la belle-famille de Bowie.
Après la mort de sa famille, Bowie se mit à boire et, après la bataille de Gonzales (2 octobre 1835), qui marqua le début de la révolution texane, il se lança dans le conflit. Cependant, sur les six batailles de la révolution texane à l'automne 1835, Bowie ne participa qu'à deux d'entre elles: la bataille de Concepción (28 octobre 1835) et la bataille de Grass Fight (26 novembre 1835).
À Concepción, Bowie et James W. Fannin menèrent 90 hommes dans une mission de reconnaissance afin d'établir un campement à partir duquel lancer une attaque contre San Antonio de Béxar. Ils furent surpris par les forces mexicaines du colonel Domingo Ugartechea et les vainquirent, en grande partie grâce à leurs armes à feu plus précises et à leur position forte.
La bataille de Grass Fight était une mission menée par Bowie pour attaquer une troupe de soldats mexicains qui, selon eux, transportaient la solde des soldats à San Antonio de Béxar. Les hommes de Bowie dispersèrent les soldats mexicains, puis fouillèrent les sacoches et les paquets sur les mules. Ils ne trouvèrent que de l'herbe fraîchement coupée pour les chevaux de cavalerie à Béxar, et par la suite, cet engagement fut connu sous le nom de Grass Fight (la bataille de l'herbe).
Alamo et décès
Le siège de Béxar (du 12 octobre au 11 décembre 1835) se solda par une victoire texane et força le général mexicain Martín Perfecto de Cos à abandonner la fortification de l'Alamo et à se retirer du Texas. Une petite force, sous le commandement du colonel James C. Neill, prit ensuite le contrôle de Fort Alamo et répara les dommages causés par le siège.
En janvier 1836, Sam Houston envoya Bowie avec 30 hommes pour détruire Alamo après avoir retiré les canons, les munitions et tout autre élément utile. Houston estimait qu'Alamo ne pouvait être défendu et devait être rasé afin d'empêcher Antonio López de Santa Anna de l'utiliser s'il revenait pour tenter de reprendre le Texas.
Bowie et Neill, cependant, estimaient qu'Alamo devait être conservé et, au lieu de le détruire, ils envoyèrent un message pour demander des renforts, des provisions, des armes et des munitions. De toute façon, Bowie n'aurait pas pu retirer les canons d'Alamo, car il n'avait pas assez de bœufs pour les tirer. Lui et Neill continuèrent à réparer le fort pendant que Bowie envoyait des demandes d'aide.
En février, le lieutenant-colonel William Barret Travis arriva avec une trentaine d'hommes, ainsi que Davy Crockett du Tennessee avec 30 autres volontaires. Le 11 février, Neill partit pour régler des affaires familiales et confia le commandement à Travis. Un différend éclata pour savoir qui dirigerait Alamo: Bowie ou Travis. Bowie était colonel de milice et affirmait être supérieur en grade à Travis, mais Travis était lieutenant-colonel dans l'armée régulière et soutenait qu'il était supérieur en grade à Bowie.
Les volontaires de Bowie ne voulaient pas être dirigés par un officier de l'armée régulière, et Travis, soucieux de maintenir l'ordre et la discipline, leur permit donc de voter. Les hommes choisirent massivement Bowie, qui décida de célébrer cette victoire en s'enivrant, en libérant tous les prisonniers de la prison de San Antonio, en faisant défiler la garnison d'Alamo dans les rues et en harcelant les civils pendant environ 24 heures. Par la suite, une fois dégrisé, lui et Travis convinrent de commander conjointement la garnison.
Le 23 février 1836, l'armée de Santa Anna entra dans San Antonio et le siège d'Alamo commença. Le lendemain, Bowie tomba malade et Travis prit le commandement total d'Alamo. Bowie resta alité pendant les 13 jours du siège, ne sortant que périodiquement de sa chambre dans les casernes pour remonter le moral des troupes.
Le 5 mars, lorsque Travis aurait tracé une ligne dans le sable, proposant à ceux qui le souhaitaient de partir et à ceux qui voulaient rester de franchir la ligne, Bowie se serait fait porter de l'autre côté de la ligne pour soutenir Travis.
La bataille de Fort Alamo, le matin du 6 mars 1836, se solda par une victoire mexicaine. Le fort fut pris d'assaut et tous les défenseurs furent tués, à l'exception d'une poignée qui se rendit, dont Davy Crockett, qui furent exécutés immédiatement après. Il existe des rapports contradictoires concernant la mort de Bowie, mais il est généralement admis qu'il serait mort dans son lit, se battant avec deux pistolets et son célèbre couteau, avant d'être transpercé par une baïonnette.
Cette image de la mort de Bowie, associée à sa résistance légendaire lors du Sandbar Fight, a établi son statut durable de héros qui se battit contre toute attente, sans jamais se rendre, luttant jusqu'à la mort pour ses convictions.
Conclusion
La mort de Bowie à Alamo fit de lui un héros national, puis international. Pendant la majeure partie de sa vie, Bowie n'avait pas fait grand-chose pour se faire connaître. Le Sandbar Fight était davantage une bagarre accidentelle que l'acte héroïque qui fut présenté dans les journaux, et la participation de Bowie au siège d'Alamo fut quasi inexistante.
Malgré tout, "l'inventeur du couteau Bowie" fut pleuré au même titre que les autres héros de l'Alamo dans les années qui suivirent la bataille, et diverses histoires commencèrent à circuler sur ses exploits héroïques avant et après son arrivée au Texas. Au XXe siècle, le nombre d'admirateurs de Bowie s'est encore accru, et entre 1956 et 1958, la série The Adventures of Jim Bowie a été diffusée à la télévision, profitant de la popularité de la mini-série Davy Crockett de Disney (1954-1955).
Aujourd'hui, Jim Bowie reste le personnage légendaire créé par les écrivains du XIXe siècle, et on peut se demander ce que Bowie lui-même penserait de son statut actuel. Il est fort probable, comme cela semble avoir été le cas après le Sandbar Fight, qu'il n'aurait pas grand-chose à dire, mais il serait sans doute amusé de découvrir qu'il est devenu une figure inspirante à l'échelle mondiale depuis près de 200 ans.