Campagne d'Atlanta

La lutte sanglante pour la Géorgie pendant la guerre de Sécession
Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
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Battle of Atlanta (by Kurz & Allison, Public Domain)
Bataille d'Atlanta Kurz & Allison (Public Domain)

La campagne d'Atlanta (du 7 mai au 2 septembre 1864) fut une campagne militaire majeure sur le théâtre occidental de la guerre de Sécession (1861-1865). Elle vit une importante force de l'Union, sous le commandement du major général William Tecumseh Sherman, envahir la Géorgie, en déjouant constamment les manœuvres de l'armée confédérée du Tennessee, jusqu'à ce qu'il n'arrive à la ville stratégique d'Atlanta. Après plusieurs batailles sanglantes, Sherman s'empara d'Atlanta le 2 septembre, portant l'un des derniers coups fatals aux États confédérés.

Contexte

Au printemps 1864, alors que la guerre de Sécession entrait dans sa quatrième et dernière année, les deux camps, l'Union et les Confédérés, se préparaient à ce qui s'annonçait comme une nouvelle saison de campagne épuisante et sanglante. Ulysses S. Grant, général en chef des armées de l'Union, espérait briser la puissance militaire de la Confédération sudiste grâce à une série d'offensives coordonnées sur plusieurs fronts. Alors qu'il restait en Virginie pour affronter le général confédéré Robert E. Lee, Grant confia le commandement du théâtre d'opérations occidental à son subordonné préféré, le major général William Tecumseh Sherman. Grant ordonna à Sherman d'envahir la Géorgie et de s'emparer de la ville d'Atlanta, un important centre d'approvisionnement et ferroviaire, dont la chute paralyserait sérieusement l'effort de guerre confédéré. Sherman reçut également l'ordre de détruire l'armée confédérée du Tennessee, dirigée par le général Joseph E. Johnston, et de "pénétrer aussi loin que possible à l'intérieur du territoire ennemi, en infligeant tous les dommages possibles à ses ressources" (cité dans Foote, 318).

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Sherman espérait utiliser les chemins de fer depuis sa base de Chattanooga, mais savait qu'il pourrait vivre des ressources du pays si nécessaire.

Sherman n'était que trop heureux d'obéir. Grand, maigre, avec une barbe rousse coupée court et une intensité personnelle qui avait tendance à épuiser ceux qui l'entouraient, il se mit rapidement à préparer la campagne. Sa force d'invasion se composait de 98 000 hommes, répartis en trois armées distinctes: l'armée du Cumberland, forte de 60 000 hommes, sous le commandement du major général George H. Thomas, un Virginien costaud qui était resté fidèle à l'Union et était connu pour sa fermeté sous le feu; l'armée du Tennessee, forte de 25 000 hommes, sous le commandement du major général James B. McPherson, un jeune diplômé de West Point et protégé de Sherman; et l'armée de l'Ohio, forte de 13 000 hommes, sous le commandement du major général John M. Schofield. Pour approvisionner et nourrir une armée aussi importante, Sherman espérait utiliser les chemins de fer depuis sa base de Chattanooga, mais il savait qu'il pourrait vivre des ressources locales si nécessaire, écrivant à Grant que "la Géorgie compte un million d'habitants. S'ils peuvent vivre, nous ne devrions pas mourir de faim" (ibid.).

Map of the American Civil War, 1861-1865
Carte de la guerre de Sécession, 1861-1865 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

L'armée adverse, l'armée confédérée du Tennessee, s'était entre-temps retranchée au sommet de Rocky Face Ridge, un bastion de 32 km de long qui défendait la chaîne d'approvisionnement des rebelles vers Atlanta. Son commandant, le général Johnston, savait qu'il ne pouvait espérer rivaliser avec Sherman en termes d'effectifs. En effet, à la fin du mois de mai, Johnston ne disposait que de 65 000 hommes répartis entre trois corps d'infanterie et un corps de cavalerie. Il décida plutôt de tirer parti de la topographie du nord de la Géorgie. Composé de montagnes escarpées et de rapides, le terrain favorisait grandement la défense, ce qui incita Johnston à rechercher un terrain défensif et à pousser Sherman à l'attaquer. Bien que cette stratégie fût prudente, elle ne contribua en rien à dissiper la réputation de Johnston en tant que commandant trop prudent. Une anecdote illustrant sa frilosité circulait dans les camps militaires: peu avant la guerre, il avait été invité à une partie de chasse au canard, mais malgré sa réputation de tireur d'élite, il n'avait pas tiré un seul coup de fusil pendant toute la chasse. "L'oiseau volait [toujours] trop haut ou trop bas, les chiens étaient trop loin ou trop près, les conditions n'étaient jamais idéales. Il avait... peur de rater son coup et de mettre en péril sa bonne réputation" (cité dans McPherson, 744).

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Le chat et la souris

Au début de la campagne, le 7 mai 1864, Sherman décida de ne pas attaquer de front l'armée de Johnston à Rocky Face Ridge, refusant d'envoyer ses hommes dans ce qu'il considérait comme une "terrible porte de la mort" (cité dans McPherson, 744). Au lieu de cela, il chercha à déjouer son adversaire. Alors que le gros de l'armée de l'Union, sous le commandement des généraux Thomas et Schofield, s'illustrait face au centre confédéré, McPherson menait une force plus réduite dans un large arc autour de la droite ennemie. Le 9 mai, McPherson traversa le col non gardé de Snake Creek Gap et marcha vers la ville de Resaca, en Géorgie, avec l'intention d'y détruire la base d'approvisionnement confédérée. Il fut cependant surpris de trouver la ville défendue par deux brigades rebelles, alors qu'il s'attendait à trouver les lieux vides. McPherson hésita, laissant à Johnston le temps de remarquer la menace sur ses arrières et d'envoyer des renforts à Resaca. Le 12 mai, Johnston ramena toute son armée à Resaca, privant McPherson de la possibilité de semer le chaos dans les arrières de l'armée rebelle. "Eh bien, Mac, dit Sherman, déçu, à son protégé, tu as raté l'occasion de ta vie" (ibid.).

William Tecumseh Sherman
William Tecumseh Sherman Mathew Brady (Public Domain)

Pendant les trois jours suivants, les troupes de Sherman sondèrent les défenses confédérées à Resaca, mais ne parvinrent pas à trouver de point faible. Puis, le 15 mai, McPherson contourna une nouvelle fois le flanc droit des Confédérés, traversant la rivière Oostanaula pour menacer les lignes de ravitaillement ennemies. Sa position étant à nouveau compromise, Johnston n'eut d'autre choix que de battre en retraite, se repliant le long de la Western & Atlantic Railroad tandis que sa cavalerie livrait plusieurs escarmouches d'arrière-garde. Sous la forte pression de ses officiers – et de l'administration de Richmond – qui lui demandaient de faire demi-tour et de combattre, Johnston cessa de battre en retraite le 18 mai à Cassville, où il prévoyait de tendre une embuscade à deux des principaux corps d'armée de Sherman. "Vous allez maintenant faire demi-tour et marcher à la rencontre des colonnes [ennemies] qui avancent", déclara-t-il à ses hommes dans un ordre général enthousiaste. "Soldats, je vous mène au combat" (ibid.). Mais le lendemain matin, l'un des commandants de corps de Johnston, le lieutenant-général John Bell Hood, signala la présence de deux divisions de cavalerie de l'Union sur son flanc et refusa d'attaquer. L'occasion manquée, Johnston battit une nouvelle fois en retraite, à la grande consternation de son armée. "Je ne pus retenir mes larmes lorsque je compris que nous ne pouvions pas attaquer", écrivit le chef d'état-major de Johnston, qui reprocha à Hood ce fiasco (ibid.).

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Le 20 mai, l'armée de Johnston s'était installée dans une autre position défensive solide à Allatoona Pass. Sherman refusa une fois de plus d'attaquer. Après avoir pris le temps de laisser ses hommes se reposer et d'acheminer des ravitaillements le long des tronçons de chemin de fer qu'il avait capturés, il commença à marcher vers Dallas, un petit carrefour situé à seulement 48 km au nord-est d'Atlanta. Johnston envoya précipitamment le corps de Hood pour bloquer l'avance de l'Union à un endroit appelé New Hope Church. Lorsque Sherman arriva le 25 mai, il crut à tort que les Confédérés n'étaient qu'une force symbolique et ordonna au XXe corps du major général Joseph Hooker d'attaquer. Pendant les trois heures qui suivirent, les hommes de Hooker furent terriblement malmenés alors qu'ils avançaient sur un terrain accidenté qu'ils appelleraient désormais "Hell Hole" (le trou de l'enfer). Sherman annula l'attaque à la tombée de la nuit et, le 26 mai, les deux camps se retranchèrent, des combats épars se poursuivant tout au long de la journée. Le 27 mai, Sherman tenta de déjouer Johnston en envoyant le IVe corps du major général Oliver O. Howard contourner le flanc droit des rebelles. Après une marche épuisante de cinq heures, les hommes de Howard arrivèrent à Pickett's Mill, où ils trouvèrent 10 000 soldats confédérés retranchés sous le commandement du major général Patrick Cleburne. Howard lança son attaque à 17 heures, mais fut repoussé dans un bain de sang, perdant plus de 1 000 hommes.

La situation s'envenime

Le premier jour de juin, les deux armées étaient toujours retranchées, le front s'étendant autour de Marietta, en Géorgie. Le premier mois de combats avait coûté environ 9 300 hommes à Sherman et 8 500 à Johnston. Bien que Sherman ait subi plus de pertes jusqu'à présent, celles-ci pouvaient être remplacées plus facilement que celles de Johnston, ce qui ajoutait à l'inquiétude du général sudiste quant à la possibilité d'une bataille majeure. Au cours des semaines suivantes, les deux armées tentèrent de se contourner l'une l'autre, leurs lignes s'étendant progressivement vers l'est, l'air étant constamment rempli du bruit des escarmouches et des tirs des tireurs d'élite. Le 14 juin, l'armée confédérée subit un coup dur lorsque l'un de ses commandants de corps d'armée, le lieutenant-général Leonidas Polk, qui avait été évêque épiscopal avant la guerre, fut tué par un obus ennemi qui explosa au-dessus de sa tête. Johnston, qui était avec Polk au moment de sa mort, pleura sa perte, désespéré: "Je préférerais n'importe quoi d'autre que cela". La réaction de Sherman fut beaucoup plus froide: "Nous avons tué l'évêque Polk hier", télégraphia-t-il à Washington, "et nous avons bien progressé aujourd'hui" (cité dans Foote, 357).

Battle of Kennesaw Mountain, 27 June 1864
Bataille de Kennesaw Mountain, 27 juin 1864 Kurz & Allison (Public Domain)

Mais aussi terrible que fût la mort de Polk, Johnston était confronté à une perspective encore pire: si les choses continuaient ainsi, Sherman allait certainement encercler son armée. Il décida donc de se replier vers une autre position défensive sur la montagne Kennesaw, où il retrancha ses troupes en formant une ligne en arc de cercle. Finalement, Johnston semblait avoir pris le dessus: Sherman se rendit compte qu'il ne pouvait pas contourner la position rebelle, ce qui ne lui laissait d'autre choix que d'ordonner une attaque frontale. Pour Sherman, une telle idée était moins détestable maintenant qu'elle ne l'avait été au début de la campagne. D'une part, il pensait que la ligne de Johnston était trop étirée et pouvait facilement être débordée. D'autre part, ses hommes étaient fatigués de ce jeu interminable du chat et de la souris et avaient hâte de livrer bataille. Ainsi, le 27 juin, plusieurs divisions de l'Union attaquèrent les retranchements confédérés, progressant lentement dans la montagne sous une chaleur dépassant les 38 °C. Les rebelles opposèrent une défense acharnée, forçant les Yankees à redescendre la montagne avec de lourdes pertes. Lorsque Sherman annula l'assaut en milieu d'après-midi, il avait perdu environ 3 000 hommes, contre 1 000 pertes du côté confédéré.

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Hood prend le commandement

Malgré sa victoire à la bataille de Kennesaw Mountain, Johnston s'inquiétait de plus en plus du fait que sa position était devenue intenable. Début juillet, il ordonna un nouveau retrait vers la rive ouest de la rivière Chattahoochee. Sherman le poursuivit et, le 8 juillet, fit une feinte vers le flanc gauche de Johnston, permettant à la colonne de Schofield de traverser la rivière sans être détectée plusieurs kilomètres en amont. Certaines troupes yankees nagèrent nues, à l'exception de leurs cartouchières, prenant les sentinelles confédérées par surprise lorsqu'elles émergèrent de l'eau. Le lendemain, Sherman avait fait traverser une partie importante de son armée, forçant les Confédérés à se replier une nouvelle fois vers Peachtree Creek, à seulement 6,4 km d'Atlanta. À présent, avec la guerre à ses portes, Atlanta était en proie à la panique. Les citoyens se pressaient dans les gares dans une tentative désespérée de quitter la ville, tandis que les habitants des campagnes environnantes prenaient la route, laissant les récoltes non moissonnées dans leurs fermes.

Hood était considéré comme un étranger au sein de l'armée de l'Ouest et était réputé pour avoir tendance à sacrifier ses hommes.

La situation était tout aussi sombre dans la capitale confédérée de Richmond, en Virginie, où le président Jefferson Davis se réunit avec son cabinet pour trouver des moyens de renverser la situation. La meilleure solution que Davis put trouver fut de renvoyer Johnston; les deux hommes se méprisaient depuis le début de la guerre, et les derniers mois de retraite constante n'avaient rien fait pour améliorer la position de Johnston aux yeux du président. Davis savait qu'il ne pouvait pas laisser Atlanta tomber sans combattre et décida de remplacer le prudent Johnston par le général Hood, un homme réputé pour son agressivité, qui frôlait souvent l'imprudence. Robert E. Lee, qui connaissait bien Hood depuis son passage dans l'armée de Virginie du Nord, avertit Davis que Hood était trop impulsif, qu'il était "tout lion" et "n'avait rien du renard" (cité dans McPherson, 754). Néanmoins, Davis limogea officiellement Johnston le 16 juillet et nomma Hood à la tête de l'armée du Tennessee. Ce remaniement du commandement irrita les officiers et les hommes de l'armée. Johnston, malgré ses défauts, était très populaire, tandis que Hood était encore considéré comme un étranger à l'armée de l'Ouest et réputé pour avoir tendance à sacrifier ses hommes.

Quatre attaques

Le 18 juillet, Sherman commença à encercler Atlanta. Il envoya l'armée de Thomas à l'ouest de la ville, tandis que les forces de McPherson et Schofield se déplaçaient vers l'est. Hood vit là une occasion de frapper l'armée de Thomas alors qu'elle était isolée des autres et, le 20 juillet, il lança une attaque féroce lors de la bataille de Peachtree Creek. Bien que Hood ait espéré surprendre l'armée de Thomas alors qu'elle traversait le ruisseau, ses troupes partirent en retard et n'arrivèrent qu'une fois que les hommes de Thomas avaient déjà traversé. Ils attaquèrent quand même, lançant des charges répétées pendant trois heures; bien qu'ils aient failli percer la ligne de Thomas à plusieurs endroits, les Confédérés furent repoussés par les tirs de mousquets et de canons de l'Union, subissant de lourdes pertes. Le lendemain, Hood retira la majeure partie de son armée vers une ligne de défense intérieure autour d'Atlanta. Entre-temps, il envoya le corps du lieutenant-général William J. Hardee contourner le flanc gauche de l'Union et se préparer à frapper leur arrière.

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James B. McPherson
James B. McPherson Barr & Young (Public Domain)

Le 22 juillet, Hood lança sa deuxième attaque, qui allait devenir connue sous le nom de bataille d'Atlanta. Le corps du major général Benjamin F. Cheatham attaqua le centre de l'Union, tandis que les hommes de Hardee se jetèrent sur leur arrière. Cependant, les attaques furent mal synchronisées: Hardee ne commença son attaque qu'à midi, ce qui lui fit perdre l'effet de surprise. Il réussit néanmoins à repousser une grande partie du flanc gauche de l'Union avant que les Yankees ne se rallient et n'arrêtent son avancée. À 16 heures, les hommes de Cheatham percèrent le centre de l'Union, mais ne furent que de la chair à canon pour l'artillerie massée près du quartier général de Sherman. À la tombée de la nuit, il était clair que Hood avait une fois de plus été vaincu, au prix exorbitant d'environ 5 500 victimes. L'Union avait subi plus de 3 700 pertes, dont celle du général McPherson. Au début des combats, McPherson était parti à cheval pour évaluer la situation, mais il fut abattu par une balle confédérée. Sherman n'eut pas le temps de pleurer la perte de son protégé et nomma le major général Oliver O. Howard à la tête de l'armée de McPherson.

Avec Atlanta désormais en ligne de mire, Sherman espérait exercer une pression supplémentaire en détruisant la dernière voie ferrée sortant de la ville. Le 28 juillet, les hommes de Howard marchèrent pour atteindre cet objectif, mais ils furent interceptés par un corps confédéré commandé par le lieutenant général Stephen D. Lee. Lors de la bataille d'Ezra Church qui s'ensuivit, Lee lança une série d'assauts non coordonnés et fut si sévèrement battu qu'il dut retrancher ses troupes à la tombée de la nuit plutôt que de renouveler l'attaque. Bien que Howard ait remporté la bataille, la présence continue du corps de Lee l'empêcha d'atteindre la voie ferrée et il fut contraint de se retirer. Le 4 août, Sherman tenta à nouveau de détruire la voie ferrée, envoyant cette fois-ci l'armée de Schofield. Schofield traversa Utoy Creek, mais se heurta à de solides défenses confédérées. Il tenta à plusieurs reprises de percer les lignes rebelles, mais fut repoussé à chaque fois. Le 7 août, Sherman renonça à atteindre la voie ferrée et décida de se lancer dans un siège plus traditionnel. Ses hommes creusèrent des tranchées et s'installèrent dans une attente pour voir combien de temps Hood et son armée battue pourraient tenir.

La chute d'Atlanta

Au cours des quatre batailles de fin juillet et début août, Hood avait perdu environ 15 000 hommes, contre seulement 6 000 victimes nordistes. C'était un prix énorme qu'il ne pouvait se permettre de payer, d'autant plus que Sherman commençait à resserrer son emprise. À la mi-août, les Yankees bombardaient la ville, faisant pleuvoir le feu sur les soldats et les civils. Ailleurs, les raids de la cavalerie de l'Union détruisaient les voies ferrées environnantes, empêchant l'approvisionnement vital de la ville en vivres. Les journaux locaux tentèrent désespérément de maintenir le moral, présentant les attaques coûteuses de Hood comme des victoires et proclamant hardiment que "les forces yankees disparaîtront d'Atlanta avant la fin du mois d'août" (cité dans McPherson, 755). Mais à l'approche de la fin du mois d'août, les habitants d'Atlanta n'étaient pas moins affamés et leur ville n'était pas moins encerclée. Hood savait qu'il devait agir, sous peine de perdre à la fois Atlanta et son armée.

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Siege of Atlanta
Siège d'Atlanta Thure de Thulstrup (Public Domain)

Mais c'est Sherman, et non Hood, qui agit le premier. Le 25 août, il envoya la plupart de ses corps d'infanterie faire un large détour vers Jonesborough, à 32 km au sud d'Atlanta. Sherman savait que s'il parvenait à couper les lignes de ravitaillement ferroviaires à cet endroit, Hood n'aurait d'autre choix que de battre en retraite, et Atlanta serait à lui. Hood le savait également et envoya Hardee avec deux corps d'armée à la rencontre des troupes nordistes qui avançaient. Hardee arriva le 31 août, mais trouva les Yankees déjà retranchés; il attaqua, mais fut repoussé avec de lourdes pertes. Le lendemain, Sherman contre-attaqua et brisa la ligne de Hardee, forçant les rebelles à battre en retraite. Après la bataille de Jonesborough, Hood comprit que la fin était proche. Dans la soirée du 1er septembre, il se retira d'Atlanta, détruisant au passage 81 wagons remplis de munitions et d'autres fournitures. Sherman occupa Atlanta le 2 septembre, hissant le drapeau américain au-dessus de l'hôtel de ville pour la première fois depuis la sécession de la Géorgie près de quatre ans auparavant. "Atlanta est à nous", télégraphia-t-il à Washington, "et nous l'avons gagnée loyalement" (cité dans McPherson, 774).

La chute d'Atlanta eut un impact majeur sur les derniers mois de la guerre. L'impact le plus direct fut les dommages subis par les forces adverses: au cours de la campagne, les Confédérés perdirent environ 35 000 hommes, contre 34 500 pour l'Union. L'impact suivant fut psychologique. Le Sud ressentit un sentiment de panique et de catastrophe imminente à la suite de la chute d'Atlanta, résumé par les mots de la chroniqueuse Mary Chesnut: "Depuis la chute d'Atlanta, j'ai l'impression que tout est mort en moi, pour toujours... nous allons être rayés de la surface de la terre" (ibid.). Dans le Nord, les canons tirèrent 100 salves d'honneur, tandis que la population, lasse de la guerre, retrouvait un regain d'énergie grâce au sentiment de victoire imminente; en effet, la chute d'Atlanta contribua à la réélection du président Abraham Lincoln en novembre. Le troisième impact fut stratégique. La prise d'Atlanta permit à Sherman de pousser plus loin vers l'est dans une campagne de terre brûlée qui resterait dans les mémoires sous le nom de "Marche vers la mer" de Sherman. Hood, quant à lui, se tourna vers l'ouest et se lança dans sa malheureuse campagne Franklin-Nashville.

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Questions & Réponses

Quelle fut l'importance de la campagne d'Atlanta?

La campagne d'Atlanta fut importante car elle conduisit à la prise d'Atlanta par les troupes de l'Union à un moment critique de la guerre de Sécession, redonna un nouvel élan au soutien à la guerre dans le Nord et conduisit à la réélection d'Abraham Lincoln, et précéda la marche vers la mer de Sherman.

Qui mena la campagne d'Atlanta?

Pendant la campagne d'Atlanta, les forces de l'Union étaient commandées par William Tecumseh Sherman. Au début de la campagne, l'armée confédérée était commandée par Joseph E. Johnston jusqu'à ce qu'il ne soit limogé le 16 juillet pour avoir fait preuve d'une trop grande frilosité. Il fut alors remplacé par John Bell Hood, plus agressif.

Combien y a-t-il eu de victimes lors de la campagne d'Atlanta?

La campagne d'Atlanta fit environ 35 000 victimes du côté confédéré et 34 500 du côté de l'Union, soit un total de près de 70 000 hommes tués ou blessés.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego NY, où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2025, novembre 21). Campagne d'Atlanta: La lutte sanglante pour la Géorgie pendant la guerre de Sécession. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-25224/campagne-datlanta/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Campagne d'Atlanta: La lutte sanglante pour la Géorgie pendant la guerre de Sécession." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, novembre 21, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-25224/campagne-datlanta/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Campagne d'Atlanta: La lutte sanglante pour la Géorgie pendant la guerre de Sécession." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 21 nov. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-25224/campagne-datlanta/.

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