George B. McClellan (1826-1885) était un officier et ingénieur de l'armée américaine qui fut promu au poste de commandant en chef de l'armée des États-Unis en 1861 et occupa le grade de général de division au sein de l'Armée du Potomac de 1861 à 1862, période durant laquelle il fut critiqué pour son incapacité à utiliser efficacement cette armée.
McClellan avait constitué l’Armée du Potomac, une armée professionnelle, à partir de volontaires démoralisés et indisciplinés après la défaite de l’Union lors de la première bataille de Bull Run (Manassas) le 21 juillet 1861; il avait assuré la défense de Washington, D.C., et, auparavant, on lui avait attribué le mérite d’avoir chassé les Confédérés du nord-ouest de la Virginie. Dans tout cela, les atouts évidents de McClellan résidaient dans l’organisation et l’administration. Ses succès dans ce qui allait devenir la Virginie-Occidentale étaient dus en grande partie au travail d’autres hommes sur le terrain, et non à son commandement; de plus, une fois à la tête de l’Armée du Potomac, sa nature excessivement prudente l’empêcha de s’engager pleinement contre l’ennemi lors de deux campagnes majeures.
Il est souvent cité comme l’un des pires généraux de la guerre de Sécession – et peut-être l’était-il –, mais il semble plus juste de conclure qu’il n’était tout simplement pas l’homme de la situation. Si l’administration Lincoln avait maintenu McClellan à un poste administratif, il semble évident qu’il y aurait excellé. Son caractère, forgé en grande partie par une vie marquée par des succès précoces, l’empêchait de prendre le genre de risques nécessaires à un commandant sur le terrain.
Jeunesse et West Point
George Brinton McClellan vit le jour le 3 décembre 1826 à Philadelphie. Fils de George et Sophia McClellan, qui avaient quatre autres enfants et qui accordaient une grande importance à l’éducation, il fut inscrit dans une "école maternelle" à l’âge de cinq ans, puis étudia à l’école privée de Sears Cook Walker pendant les quatre années suivantes. De dix à treize ans, il reçut un enseignement particulier dans les lettres classiques, apprit le latin et le français, avant d’entrer à l’université. Son père était médecin, et McClellan devait suivre ses traces, mais, lorsqu’il eut quatorze ans, ses parents se rendirent compte qu’ils n’avaient pas les moyens de financer à la fois les études de McClellan et celles de son frère aîné, John.
McClellan se lança dans des études de droit, mais celles-ci ne l’intéressaient pas, et à l’âge de 15 ans, il fut admis à l’Académie militaire de West Point, qui dérogea à la condition d’âge minimale de 16 ans à la suite d’une lettre de son père adressée au secrétaire à la Guerre et de l’intervention probable du président John Tyler. À West Point, McClellan excellait dans ses études sans même faire d’efforts. Comme le fait remarquer l’historien Stephen W. Sears, "le cadet McClellan ne travaillait parfois que le strict nécessaire pour s’en sortir" (5). McClellan obtint son diplôme en 1846, à l’âge de 19 ans, en terminant deuxième de sa promotion, et fut peu après envoyé sur le Rio Grande pour servir pendant la guerre américano-mexicaine.
Guerre américano-mexicaine et l'entre-deux-guerres
McClellan arriva au Mexique, impatient de faire ses preuves au combat, mais il contracta le paludisme et la dysenterie peu après son arrivée et fut hospitalisé pendant un mois. Une fois sorti de l’hôpital, il servit au sein du Corps des ingénieurs de l’armée américaine, participant à la construction de routes et de ponts et effectuant des missions de reconnaissance de combat pour le général Winfield Scott. Il prit part aux batailles de Contreras, de Churubusco et de Chapultepec et fut promu deux fois à titre honorifique, d’abord au grade de lieutenant, puis à celui de capitaine. Il apprit beaucoup de Scott en matière de tactique, notamment sur les mouvements de contournement, et comprit qu’un siège, s’il était bien mené, s’avérait plus efficace et moins coûteux qu’un assaut frontal. Sa connaissance du latin l’aida à apprendre facilement l’espagnol, qu’il parlait couramment à la fin de la guerre, lorsqu’il retourna à West Point.
À l’académie, il devint instructeur et enseigna l’ingénierie; en 1852, il fut envoyé en Arkansas pour servir sous les ordres du capitaine Randolph B. Marcy lors d’une expédition visant à localiser la source de la rivière Rouge. En 1853, il fut chargé de missions de levés topographiques visant à déterminer le meilleur tracé pour le chemin de fer transcontinental. Dans ces deux missions, McClellan fit preuve d’une tendance qui allait caractériser son comportement pendant la guerre de Sécession: la conviction qu’il avait toujours raison et qu’il en savait plus que les autres, ainsi qu’un mépris pour les figures d’autorité, en particulier celles qui le contredisaient.
Grâce à sa maîtrise du français, à ses compétences en ingénierie et à ses relations politiques (son père était un ami de Winfield Scott), McClellan fut envoyé en Europe en 1855 pour observer les innovations en matière d’artillerie, de cavalerie et de guerre de siège lors de la guerre de Crimée. Ses observations furent par la suite publiées dans un manuel sur les tactiques de cavalerie, et le siège de Sébastopol lui permit de tirer des enseignements qu’il mettrait plus tard en pratique lors de sa campagne de la Péninsule en 1862. Son séjour en Europe l’amena également à concevoir la "selle McClellan", que l’armée américaine utilisa jusqu’en 1942.
Il démissionna de son poste d’officier en 1857 pour accepter celui d’ingénieur en chef de l’Illinois Central Railroad, puis devint président de l’Ohio and Mississippi Railroad en 1860. Il commença à courtiser sa future épouse, Ellen Mary Marcy, dès 1855, mais celle-ci refusa sa demande en mariage. Elle accepta en 1859, et ils se marièrent en 1860.
Commandement dans le nord-ouest de la Virginie
Au début de la Guerre de Sécession, rien dans le parcours de McClellan ne laissait présager qu’il serait à la hauteur de la tâche consistant à diriger une armée. C’est uniquement sur la base de ses observations directes de la conduite de la guerre, consignées dans son manuel sur les tactiques de cavalerie, et de ses compétences d’ingénieur – deux atouts qui avaient impressionné le gouverneur de l’Ohio, William Dennison – qu’on lui confia le commandement du Département de l’Ohio. Il fut promu général de division en avril 1861 et prit le commandement de la milice de l’Ohio.
Son premier défi consistait à chasser les sécessionnistes de la région pro-Union du nord-ouest de la Virginie. Ses troupes affrontèrent pour la première fois les Confédérés lors de la bataille de Philippi (Philippi Races) le 3 juin 1861. McClellan, dont le quartier général se trouvait à Cincinnati, dans l’Ohio, envoya le général de brigade Thomas A. Morris engager le combat contre l’ennemi, composé pour l’essentiel de nouvelles recrues sans expérience du combat. Les Confédérés à Philippi n’avaient déployé aucune sentinelle; ils furent donc complètement pris par surprise lorsque l’artillerie de l’Union ouvrit le feu. Ils s’enfuirent du champ de bataille, ce qui conduisit la presse du Nord à qualifier plus tard cet engagement de "Philippi Races" (La course de Philippi). La bataille (souvent qualifiée d’"escarmouche") fit de McClellan un héros national dans le Nord, même s’il n’avait rien à voir avec cette victoire.
Son deuxième engagement fut la bataille de Rich Mountain (11 juillet 1861), remportée par son subordonné, le colonel William S. Rosecrans, sans aucune aide de la part de McClellan. Rosecrans avait été chargé d’effectuer une manœuvre de contournement sur les positions confédérées, qui devaient ensuite être renforcées par McClellan. L’historien Stephen Budiansky décrit ce qui se passa ensuite:
Le plan consistait à détourner l’attention des défenseurs Confédérés par une attaque de flanc, puis à enchaîner en frappant sur leur front avec deux brigades que McClellan était resté en arrière pour commander.
Surestimant les effectifs ennemis d’un facteur quatre et entendant des bruits de combat qui ne provenaient pas tout à fait de l’endroit où il s’y attendait, McClellan décida que l’attaque de flanc avait échoué et ne fit rien.
L’action délogea les rebelles mais permit à la plupart de s’échapper. [Jacob Cox, l’un des commandants de brigade de McClellan] écrivit: "L’affaire de Rich Mountain, lorsqu’on l’analyse, présente les mêmes caractéristiques qui devinrent bien connues par la suite. On y retrouve la même surestimation de l’ennemi, la même tendance à interpréter défavorablement les images et les bruits devant soi, la même hésitation à engager l’ensemble de ses forces alors qu’il savait que son subordonné était engagé au combat."
(43)
McClellan s’attribua tout le mérite de la victoire de Rich Mountain et fut régulièrement loué par la presse du Nord. Les deux victoires de McClellan renforcèrent la conviction des Nordistes que l’armée confédérée était faible, qu’elle prendrait la fuite au premier coup de canon et que la guerre serait rapidement terminée.
Armée du Potomac et général en chef
Cette conviction fut démentie par la défaite décisive de l’armée de l’Union lors de la première bataille de Bull Run (First Manassas), le 21 juillet 1861. Le général de l’Union Irvin McDowell fut vaincu par les généraux confédérés P. G. T. Beauregard, Joseph E. Johnston et Stonewall Jackson. Le président Lincoln fit venir McClellan et remplaça McDowell à la tête de l’armée le 25 juillet 1861. McClellan était convaincu d’avoir été choisi par Dieu pour diriger l’armée de l’Union et sauver le pays, comme en témoignent les lettres qu’il envoya à son épouse; entre fin juillet et début novembre, tout le monde avait d’ailleurs toutes les raisons de le croire également. C’est à cette époque que McClellan révéla ses véritables talents: l’organisation et l’administration.
En moins de cinq mois, McClellan transforma la Division du Potomac, démoralisée et indisciplinée, en une force de combat professionnelle, l’Armée du Potomac, en instaurant des exercices quotidiens. Il ordonna la construction de quarante forts autour de Washington, D.C., les fit garnir de troupes et donna des ordres pour leur défense. Une grande partie de son succès auprès de ses troupes était due à son charisme personnel et à son engagement évident à leur égard. Il organisait régulièrement des revues au cours desquelles il encourageait les hommes et leur remontait considérablement le moral. Cette nouvelle armée attira davantage de recrues et, entre juillet et novembre, passa de 50 000 à 168 000 hommes.
En octobre, Winfield Scott démissionna pour raisons de santé et, le 1er novembre 1861, McClellan devint général en chef des armées de l’Union. Il commandait désormais la plus grande force armée de l’histoire des États-Unis, et il ne lui restait plus qu’à la mener au combat.
McClellan contre les États-Unis
Mais il ne le fit pas. Il exagéra le nombre de soldats confédérés et insista pour multiplier les exercices et renforcer l'entraînement afin de préparer ses hommes au combat. Le problème venait en partie des renseignements qu'il recevait de son chef des services secrets, Allan Pinkerton, mais il tenait surtout à McClellan en personne: il ne supportait pas l'idée de perdre car, jusqu'alors, il n'avait jamais connu la défaite – et il n'était pas prêt à prendre le risque d'en faire l'expérience à ce moment précis.
Malgré tout, le président Lincoln, son cabinet, la presse du Nord et la population s’impatientaient de plus en plus face à cette immense armée qui ne faisait rien d’autre que s’entraîner tout au long de l’année 1862, tandis que les forces confédérées gagnaient en puissance et fortifiaient leurs positions. Les soi-disant "républicains radicaux", d’autres abolitionnistes, des membres de l’administration Lincoln, des membres du Congrès américain – ainsi que la presse du Nord – commencèrent à faire circuler leurs soupçons quant à la loyauté de McClellan. McClellan, quant à lui, ne fit rien pour dissiper ces soupçons ni, d’aucune manière, pour "se faire des amis et influencer les gens", comme le note Budiansky :
Son mépris, tant envers ses supérieurs qu’envers ses subordonnés, ne faiblit jamais… En tant que général en chef de l’armée et commandant de l’Armée du Potomac, ses abus à l’égard de ses collègues et des responsables de l’administration, voire du président lui-même, ne cessèrent jamais… [Il estimait que tout le monde, sauf lui-même, était incompétent]… Même le moindre détail ne pouvait être confié à personne d’autre que lui-même. "Ici, tout nécessite la main du maître", écrivait-il à sa femme.
(41-42)
L’une des raisons invoquées par McClellan pour justifier ses actions était le besoin de temps pour planifier une campagne vers le sud qui permettrait de contourner l’armée confédérée du général Joseph E. Johnston, positionnée près de Washington, D.C. – une armée, notait McClellan, supérieure en effectifs et en artillerie.
Les critiques à l’encontre de McClellan atteignirent des sommets lorsqu’on apprit que Johnston s’était replié vers le sud en brûlant ses ravitaillements, et que les inspecteurs, arrivés sur les positions confédérées abandonnées, découvrirent que les soi-disant "canons" n’étaient en réalité que des rondins peints en noir (connus par la suite sous le nom de "Quaker Guns"). McClellan n’avait désormais plus aucune raison de retarder davantage ses opérations, car il était à court d’excuses. Le 11 mars 1862, Lincoln destitua McClellan de son poste de général en chef, laissa le poste vacant afin de ne pas le remplacer, et ordonna à McClellan de diriger son armée vers le sud.
Campagne de la péninsule
McClellan partit le 17 mars 1862 pour entamer la campagne de la péninsule, puis, à son arrivée à Fort Monroe, alors qu’il se préparait à remonter la péninsule de Virginie et à s’emparer de Richmond, tout alla de travers, en grande partie à cause de la mauvaise gestion de McClellan. Budiansky écrit:
Dès que les troupes de McClellan débarquèrent, les énormes lacunes des systèmes en place dans tous les autres domaines se firent sentir de plein fouet. Les attaques mal coordonnées échouèrent, les chariots encombrèrent les routes pendant des jours, des unités s'égarèrent faute d’informations topographiques élémentaires ou de guides de cavalerie pour leur montrer le chemin ou installer des panneaux indicateurs aux carrefours.
Aucun système n’était en place pour anticiper, ni même coordonner, les besoins en ravitaillement avec les mouvements ordonnés. Pas une seule division de toute l’armée ne disposait immédiatement du ravitaillement ou des moyens de transport nécessaires pour se déplacer lorsque les Confédérés s'échappèrent pendant la nuit de leur position défensive à Yorktown, que McClellan assiégeait à grande peine depuis un mois…
Pour quiconque connaît les armées modernes, rien n'est plus étonnant que l'absence d'état-major général chargé de coordonner les opérations sur le terrain, chez McClellan… La conception que McClellan se faisait du rôle du commandant restait fermement ancrée au XVIIIe siècle: tout était entre ses seules mains, ses ordres étaient transmis en personne ou par son petit état-major personnel d’aides de camp à cheval… L’absence d’état-major général était particulièrement évidente dans l’incapacité à coordonner les opérations lors des contacts réels avec l’ennemi.
(49-51)
Après avoir remonté la péninsule entre mars et juin, livré la bataille des Sept Jours et s’être approché à moins de 7 km (4 miles) de Richmond, McClellan battit en retraite, rejetant la faute sur tout le monde sauf sur lui-même, et la campagne de la péninsule échoua.
Antietam
Entre-temps, Lincoln avait confié le commandement de l'Armée de Virginie au général de division John Pope, à qui il avait ordonné d'avancer sur Richmond depuis le nord-est. McClellan était censé intervenir en renfort de Pope, mais il tarda à le faire, ce qui contribua à la défaite de Pope lors de la deuxième bataille de Bull Run (deuxième Manassas), du 28 au 30 août 1862.
Lincoln réintégra McClellan malgré les objections de nombreux opposants et l'envoya affronter Robert E. Lee, qui avait lancé sa campagne du Maryland le 4 septembre. Les deux armées s'affrontèrent à Antietam Creek, près de Sharpsburg, dans le Maryland, le 17 septembre. L'historien Alan Taylor commente:
McClellan lança des attaques mal coordonnées, permettant à Lee de déplacer ses réserves pour parer à chaque assaut sur différentes parties de sa ligne. (216)
McClellan choisit cette tactique car, une fois de plus, il avait considérablement surestimé les effectifs de l'armée adverse. McClellan disposait de plus de 50 000 hommes contre un peu plus de 30 000 pour Lee, et pourtant, McClellan était convaincu d’être en infériorité numérique; il lança donc une attaque sur une seule position à la fois afin que, si ces forces venaient à être perdues, il n’ait pas sacrifié toute son armée. McClellan poursuivit cette même tactique toute la journée du 17. Taylor poursuit:
Le 18 septembre, Lee refusa de battre en retraite, mais McClellan renonça à attaquer, satisfait d’avoir "mené la bataille de manière splendide et d’avoir réalisé un chef-d’œuvre" qui avait "infligé à Lee une défaite si écrasante et sauvé le Nord de manière si totale". Doté d’une imagination débordante, McClellan ne voulait pas perdre son chef-d’œuvre en combattant le lendemain… Cette nuit-là, l’armée de Lee s’échappa en traversant le Potomac pour rejoindre la Virginie. (217)
La bataille fut un match nul sur le plan tactique, mais elle fut considérée comme une victoire de l’Union car elle mit fin à la campagne de Lee dans le Maryland et le repoussa vers le sud. Cette victoire permit à Lincoln de promulguer la proclamation préliminaire d'émancipation le 22 septembre, fort de sa position de force. Malgré tout, l’incapacité de McClellan à exploiter son avantage à Antietam poussa Lincoln à le démettre de ses fonctions et à le remplacer par le général de division Ambrose Burnside, qui s’avéra en réalité bien pire.
Candidature à la présidence et vie civile
McClellan reçut l'ordre de se rendre à Trenton, dans le New Jersey, et fut informé que d'autres ordres suivraient, mais ceux-ci ne parvinrent jamais. Il s'installa dans le New Jersey avec le statut "en attente d'ordres", mais aucun ordre ne lui parvint. Il consacra alors son énergie à la politique et s'impliqua davantage au sein du Parti démocrate.
En 1864, les démocrates le désignèrent comme candidat à la présidence face à Lincoln. McClellan mena une campagne fondée sur un programme farouchement anti-guerre, tout en estimant que la guerre devait se poursuivre jusqu’à ce que l’Union ne soit rétablie. Le programme de son parti prônait cependant la "paix à tout prix", par le biais d’une fin immédiate de la guerre et de la reconnaissance de la Confédération. Comme à son habitude, McClellan refusa tout compromis avec son propre parti, et sa campagne connut un échec cuisant. Il remporta 21 voix au Collège électoral contre 212 pour Lincoln et perdit également le vote populaire.
McClellan emmena sa famille en Europe après la fin de la guerre en 1865, revint en 1868 et recommença à s'intéresser à la politique. En 1877, il fut élu gouverneur du New Jersey et exerça ses fonctions avec la même prudence excessive dont il avait fait preuve pour mener la guerre. Malgré tout, il démontra une nouvelle fois ses talents d'administrateur et d'organisateur et fut considéré comme un gouverneur efficace.
Il mourut d’une crise cardiaque, à l’âge de 58 ans, à Orange, dans le New Jersey, peu après avoir achevé ses mémoires, McClellan’s Own Story. Son manuscrit fut préparé pour la publication par son épouse, Ellen (décédée en 1915), et son ami William Cowper Prime. Soucieux de présenter son ami de la manière la plus flatteuse et sous son jour le plus "authentique", Prime inclut de nombreuses lettres que McClellan avait adressées à Ellen pendant la guerre de Sécession, mais cela ne lui rendit guère service. Ces lettres donnent clairement l’image d’un homme qui avait une trop haute opinion de lui-même et pas assez des autres, qui n’acceptait aucune critique, rejetait tous les conseils, craignait l’échec et adorait être adulé.
Conclusion
McClellan était un homme tellement habitué à réussir dans la vie que l'échec n'était pas seulement "hors de question"; il l'évitait à tout prix. Comme nous l'avons vu, ce n'est que lorsqu'il y était vraiment obligé qu'il se consacrait sérieusement à ses études à West Point, ce qui ne semble pas avoir été très souvent. Il n’avait que 28 ans lorsqu’il fut choisi pour l’honneur de faire partie de la délégation envoyée en Europe pendant la guerre de Crimée, et il n’avait que 34 ans lorsque Lincoln le nomma général en chef.
Tout venait facilement à McClellan, et ainsi, lorsqu’il était confronté à un défi présentant un risque réel, quel qu’il soit, il le refusait. Il y eut certainement des généraux de l'Union bien pires que McClellan pendant la guerre de Sécession, notamment Benjamin Butler et Ambrose Burnside, mais McClellan apparaît comme une figure particulièrement tragique, car il disposait des moyens et de l'occasion de remporter la guerre à deux reprises en 1862, et ne tira parti d'aucun des deux, car cela impliquait des risques qu'il n'était tout bonnement pas disposé à prendre.