Révolution Texane

L'État qui devint un pays qui devint un État
Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
Translations
Version Audio Imprimer PDF
The Alamo at Night (by A. Michael Uhlmann, CC BY-SA)
Fort Alamo de nuit A. Michael Uhlmann (CC BY-SA)

La révolution texane (guerre d'indépendance du Texas, 1835 à 1836) fut un conflit entre les résidents anglo-saxons et tejano de l'État mexicain de Coahuila y Tejas (Texas) et le gouvernement mexicain au sujet des droits des États et des individus. La rébellion à Coahuila y Tejas n'était qu'une parmi tant d'autres dans ce qui fut connu sous le nom de guerres fédéralistes mexicaines (1835 à 1848), une série de révoltes au Mexique contre la République centraliste qui, jusqu'en 1836, était dirigée par Antonio López de Santa Anna (1794 à 1876), qui avait renversé la République fédéraliste, mais elle est devenue la plus importante en ce qui concerne les relations entre les États-Unis et le Mexique, car elle conduisit à la création de la République du Texas en 1836, à son annexion par les États-Unis en 1845 en tant que 28e État de l'Union, et à la guerre du Mexique (guerre américano-mexicaine) de 1846 à 1848 qui en résulta.

Contexte

La région du Mexique fut colonisée par l'Espagne au XVIe siècle et resta sous sa domination jusqu'à la guerre d'indépendance du Mexique (1810-1821). Cependant, après avoir obtenu son indépendance, le Mexique se retrouva avec une économie en ruine et eut du mal à former un gouvernement efficace. Le territoire nord de Coahuila y Tejas était constamment menacé par les raids des Apaches et des Comanches et était donc peu peuplé. Afin de relancer l'économie et de gagner le soutien populaire pour le gouvernement, les Anglo-Américains furent invités à s'installer dans la région.

Supprimer la pub
Publicité
En 1829, Coahuila y Tejas était rempli d'Anglo-Américains qui avaient refusé d'apprendre l'espagnol ou de se convertir au catholicisme.

On pensait que ces nouveaux arrivants serviraient de tampon entre les citoyens mexicains au sud et les Autochtones au nord. Ils produiraient également des récoltes qui contribueraient à l'économie grâce aux ventes et aux taxes. Le Mexique étant un pays hispanophone et catholique, les Anglo-Américains devaient simplement se convertir au catholicisme et apprendre l'espagnol pour devenir citoyens mexicains, mais ces conditions furent ignorées par les colons, qui étaient principalement des protestants anglophones. Comme beaucoup venaient des États du sud des États-Unis, ils étaient également propriétaires d'esclaves, qu'ils considéraient comme des biens, au même titre que leurs tables et leurs chaises.

Les Anglo-Américains dépassèrent rapidement en nombre les Tejanos de la région, les Mexicains nés sur le territoire, et, à mesure que de plus en plus d'immigrants arrivaient, leurs esclaves les suivaient. Cet afflux était encouragé par la politique du gouvernement mexicain, qui conférait à certaines personnes le titre d'Empresario, dont la seule responsabilité était d'amener davantage de colons des États-Unis à Coahuila y Tejas. Le plus efficace d'entre eux fut Stephen F. Austin (1793-1836), dont le père, Moses Austin, avait exercé la même fonction.

Supprimer la pub
Publicité
Stephen F. Austin, the Father of Texas
Stephen F. Austin, le père du Texas Unknown Artist (Public Domain)

En 1829, le gouvernement mexicain se rendit compte que Coahuila y Tejas était rempli d'Anglo-Américains qui refusaient d'apprendre l'espagnol ou de se convertir au catholicisme et qui, de plus, importaient davantage d'esclaves et prenaient les emplois des Tejanos de la région. En 1829, le Mexique abolit l'esclavage, et les Anglo-Américains de Coahuila y Tejas menacèrent de se révolter. Des concessions furent faites, mais en 1830, le président Anastasio Bustamante (1780-1853) promulgua les lois du 6 avril 1830, annulant les concessions, interdisant toute nouvelle immigration en provenance des États-Unis et augmentant les impôts dans la région. Cependant, Coahuila y Tejas était loin de la capitale mexicaine et les lois ne purent être appliquées. Les Anglo-Américains continuèrent comme avant, invitèrent leurs amis et leur famille à venir les rejoindre et importèrent davantage d'esclaves. En 1834, environ 30 000 Anglo-Américains vivaient dans la région.

En 1832, le général Antonio López de Santa Anna renversa Bustamante et le remplaça par Valentín Gómez Farías (1781-1858). Farías s'attaqua aux problèmes du nord en autorisant les Anglo-Américains à conserver leurs esclaves, en réduisant les impôts et en donnant à la région une plus grande voix au chapitre dans la République fédérale du Mexique.

Supprimer la pub
Publicité

En 1834, Santa Anna renversa Farías, devint président et établit la République centraliste du Mexique. Le chercheur John S. D. Eisenhower écrit:

L'année suivante, Santa Anna alla encore plus loin en remplaçant la Constitution de 1824 par les Sept Lois, qui (a) abolissaient les États existants du Mexique au profit de "départements" administratifs; (b) fixaient la durée du mandat présidentiel à huit ans; et (c) limitaient le droit de vote à une poignée de privilégiés. Pour le Mexicain moyen, ces mesures n'avaient guère d'importance, mais elles en avaient pour les habitants des régions autrefois autonomes, loin de Mexico. Parmi ces citoyens, les plus concernés étaient les vingt mille Américains qui s'étaient installés au Texas au cours des années précédentes. Ces personnes étaient vraiment préoccupées.

(12)

En 1832, les troubles d'Anahuac, escarmouches entre Anglo-Américains et autorités mexicaines, annonçaient un conflit plus grave à venir. En avril 1835, les troubles à Coahuila y Tejas étaient encore plus évidents. Les responsables militaires mexicains de la région envoyèrent des messages à Mexico pour les avertir d'un soulèvement potentiel et demander des renforts. En septembre 1835, Santa Anna envoya son beau-frère, le général Martín Perfecto de Cos (1800-1854), à Coahuila y Tejas pour régler le problème.

Gonzales: début de la guerre

Gonzales fut l'une des premières colonies de Coahuila y Tejas, fondée par Green DeWitt en 1825 et nommée en l'honneur de Rafael Gonzáles, alors gouverneur de la région. En 1831, les autorités mexicaines donnèrent un canon au village pour l'aider à se défendre contre les raids des Autochtones. En 1835, alors que les tensions montaient, le colonel Domingo de Ugartechea, commandant de l'armée mexicaine dans la région, envoya le lieutenant Francisco de Castañeda à Gonzales pour récupérer le canon.

Supprimer la pub
Publicité

Le 2 octobre 1835, la petite troupe de 100 hommes de Castañeda fut attaquée par 140 Anglo-Américains, connus à cette époque sous le nom de Texians. Castañeda avait pour ordre de maintenir la paix et d'éviter tout conflit armé. Il battit donc en retraite et demanda à négocier avec le chef texian John Henry Moore. Pendant que Moore et Castañeda se rencontraient, les autres Texians fabriquèrent une bannière sur laquelle ils peignirent l'image du canon et inscrivirent les mots "Venez le prendre". Après le retour de Moore, James C. Neill (vers 1788-1848) tira avec le canon de six livres sur le camp mexicain. Castañeda comprit qu'il ne pourrait récupérer le canon sans effusion de sang supplémentaire et retourna faire son rapport à Ugartechea.

Deux soldats mexicains furent tués lors de la bataille de Gonzales, et un Texian fut blessé (après être tombé de son cheval), mais les détails de l'événement furent amplifiés par les écrivains qui en informèrent les États-Unis, où le conflit fit la une des journaux nationaux. De plus en plus d'Anglo-Américains commencèrent alors à affluer vers la région qu'ils appelaient déjà le Texas et, neuf jours après la bataille de Gonzales, Stephen Austin fut élu commandant de l'Armée du peuple. La révolution texane avait commencé.

Goliad, Concepción et Bexar

Un gouvernement provisoire, la Consultation, fut formé afin de décider de la marche à suivre et de déterminer s'ils souhaitaient simplement revenir au gouvernement fédéraliste établi par la Constitution de 1824 ou s'ils aspiraient à l'indépendance. Les délégués à la Consultation ne se réunirent qu'en novembre 1835, date à laquelle, entre autres mesures, ils choisirent le général Sam Houston (1793-1863) comme commandant de l'armée régulière, composée de vétérans aguerris des campagnes contre les Autochtones et de la guerre de 1812. En octobre, cependant, Austin était le chef d'une armée de volontaires aux expériences militaires variées.

Supprimer la pub
Publicité

Austin conduisit ses hommes vers Bexar (aujourd'hui San Antonio), tandis que, le 10 octobre, les Texians et les Tejanos prirent d'assaut le Presidio La Bahía à Goliad, dans l'espoir de s'emparer de l'or qui y était censé être conservé, ce qui aurait permis de financer la révolution. Ils ne trouvèrent pas d'or, mais le Presidio (que les vainqueurs baptisèrent Fort Defiance) fut facilement pris lors de ce qui fut connu sous le nom de bataille de Goliad, ce qui remonta le moral des troupes. Les Texians, sous le commandement du capitaine Philip Dimmitt, prirent ensuite le fort Lipantitlán à San Patricio les 4 et 5 novembre.

Presidio La Bahía (Fort Defiance), Goliad, Texas
Presidio La Bahia (Fort Defiance), Goliad, Texas Ernest Mettendorf (Public Domain)

Pendant ce temps, le général Cos avait atteint Bexar, la destination d'Austin et de ses troupes, et avait fortifié la ville. Austin lui envoya des conditions, qui furent refusées, et les Texians assiégèrent donc la ville. Un contingent de Texians, dirigé par James Bowie (1796-1836) et James Fannin (1804-1836), établit son camp à Mission Concepción pendant qu'Austin organisait le siège de Bexar. Les Mexicains, voyant une opportunité dans la division des forces d'Austin, attaquèrent Bowie et Fannin dans ce qui fut connu sous le nom de bataille de Concepción, mais ils furent repoussés, ce qui aboutit à une nouvelle victoire texiane.

Austin démissionna de son poste de chef de l'armée et Edward Burleson prit le commandement. Burleson envisageait de lever le siège, mais accepta de laisser le colonel Ben Milam (1788-1835) tenter de mener les troupes dans la ville, en prenant chaque maison, repoussant ainsi l'armée mexicaine. Milam dirigeait une colonne tandis que le colonel Frank W. Johnson en commandait une autre. Le 7 décembre, Milam fut tué par un tireur d'élite mexicain, mais il fut l'un des seuls Texians à périr lors du siège de Bexar, alors que les Mexicains perdirent entre 150 et 400 hommes.

Vous aimez l'Histoire?

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite!

Le général Cos se retira le 9 décembre dans un ancien complexe missionnaire espagnol à Bexar, connu sous le nom de l'Álamo (Fort Alamo). La mission était indéfendable en raison de sa taille et de son état de délabrement, et Cos se rendit le 11 décembre 1835. Il accepta les conditions de quitter le Texas et de ne plus jamais prendre les armes contre les Texians, puis Cos fit sortir ses forces restantes du territoire.

The Alamo, 1854
Fort Alamo, 1854 Unknown Artist (Public Domain)

Massacres de l'Álamo et de Goliad

En novembre, la Consultation choisit Stephen F. Austin comme l'un des délégués aux États-Unis afin de demander des fonds pour la révolution et de ramener davantage de recrues. Houston commandait l'armée régulière, et le colonel James C. Neill prit le commandement des volontaires au fort Alamo. Santa Anna avait reçu des nouvelles de la bataille de Gonzales dès le 23 octobre, mais il avait besoin de temps pour mobiliser ses forces et ne commença donc sa marche vers le Texas qu'en décembre.

Houston craignait que l'Álamo, alors fortifié par les volontaires du colonel Neill, ne soit pris par Santa Anna et utilisé comme base pour lancer des campagnes à travers le Texas. Il envoya Jim Bowie avec 30 volontaires pour retirer toutes les armes, l'artillerie et tout autre équipement utile, puis faire sauter la mission. Après avoir inspecté Alamo, Bowie refusa l'ordre, affirmant qu'Alamo pouvait servir la cause texiane en tant que première ligne de défense contre l'armée mexicaine qui avançait.

Supprimer la pub
Publicité
James 'Jim' Bowie, c. 1820
James Bowie, vers 1820 William Edward West (Public Domain)

La Consultation avait élu Henry Smith comme gouverneur, et Bowie contourna Houston pour s'adresser directement à Smith afin d'obtenir l'autorisation de fortifier Fort Alamo. Sa demande fut approuvée, et les volontaires commencèrent à réparer la mission et à la préparer pour le combat. Des hommes commencèrent à affluer à Bexar pour garnir Fort Alamo, notamment le colonel William Barret Travis (1809-1836) de l'armée régulière et le célèbre pionnier et ancien membre du Congrès Davy Crockett (1786-1836) du Tennessee.

Le 11 février, le colonel Neill confia le commandement à Travis, puis partit régler une affaire familiale. Travis était venu avec 30 hommes, et Bowie avait les siens, les deux hommes convinrent donc de commander conjointement la garnison – Bowie étant chargé des volontaires et Travis des soldats réguliers – jusqu'à ce que Bowie ne tombe malade et que Travis n'assume seul le commandement. Juan Seguín (1806-1890), capitaine tejano de l'armée régulière sous les ordres de Houston, était présent lorsque les hostilités commencèrent, mais il fut envoyé comme messager pour aller chercher des renforts et ne put revenir qu'une fois celles-ci terminées.

Le 23 février 1836, l'armée de Santa Anna arriva à Bexar et mit à exécution le siège de Fort Alamo. Il considérait les Texians comme des pirates terrestres et ne proposa donc aucune condition, hissant le drapeau rouge qui signifiait qu'aucun quartier ne serait donné et qu'aucun prisonnier ne serait fait. Le siège dura jusqu'au matin du 6 mars, lorsque le fort fut pris d'assaut et ses défenseurs tués. Crockett faisait partie de ceux qui survécurent à l'assaut, mais il fut exécuté avec les autres immédiatement après. Ce fut une victoire coûteuse pour Santa Anna, qui perdit environ 600 hommes, tandis que les défenseurs de Fort Alamo étaient entre 185 et 250.

General Antonio López de Santa Anna, President of Mexico
Général Antonio López de Santa Anna, président du Mexique Unknown Artist (Public Domain)

Pendant que Santa Anna marchait vers Bexar, le général José de Urrea (1797-1849) s'approchait de Goliad et vainquit les forces texianes lors de la bataille de San Patricio (27 février) et de la bataille d'Agua Dulce le 2 mars. Le 14 mars, il remporta une autre victoire lors de la bataille de Refugio et, les 19 et 20 mars, il battit les Texians du colonel James Fannin lors de la bataille de Coleto, près de Goliad. Urrea n'était pas d'accord avec les ordres de Santa Anna de tuer les prisonniers, mais il ne pouvait pas refuser d'obéir; il laissa ses officiers subalternes s'en charger. Le 27 mars, dimanche des Rameaux 1836, entre 350 et 400 Texians, dont James Fannin, furent exécutés par un peloton d'exécution dans ce qui fut connu sous le nom de massacre de Goliad.

Supprimer la pub
Publicité

San Jacinto et l'indépendance

La chute de Fort Alamo choqua de nombreux Texians qui s'enfuirent vers le nord dans ce qui est connu sous le nom de Runaway Scrape (fuite précipitée). Les Texians avaient en fait commencé à quitter la région dès le début des hostilités en octobre 1835, beaucoup dès septembre, avant même qu'un coup de feu ne soit tiré, mais en mars 1836, les gens prirent tout ce qu'ils pouvaient emporter et quittèrent leurs maisons et leurs fermes aussi vite que possible. La nouvelle du massacre de Goliad ne fit qu'encourager davantage de personnes à quitter le Texas pour se réfugier aux États-Unis.

Le 2 mars 1836, à Washington-on-the-Brazos, la Consultation déclara l'indépendance du Texas, mais Santa Anna et Urrea continuaient à faire marcher leurs troupes dans la région, et pour que la déclaration de la Consultation ait un sens, il fallait les arrêter et les chasser du Texas. Les défenseurs de Fort Alamo ayant été tués et le commandement de Fannin exécuté, le seul espoir résidait désormais dans l'armée régulière de Sam Houston, mais Houston était introuvable. Le président par intérim David G. Burnet, élu en mars 1836, envoya des messagers à la recherche de Houston avec des lettres lui demandant de résister et de se battre.

Sam Houston, First President of the Republic of Texas
Sam Houston, premier président de la République du Texas Unknown Artist (Public Domain)

Ayant appris la chute de Fort Alamo et le massacre de Goliad, Houston se retira vers le nord, renforçant ses forces avec des volontaires qui affluaient pour venger ceux qui avaient été tués à San Antonio et à Goliad. Houston pensait pouvoir vaincre l'armée de Santa Anna, mais pas les forces combinées de Santa Anna et d'Urrea. Il n'avait rien à craindre, car Santa Anna ne voulait pas qu'Urrea revendique la victoire sur Houston et le poursuivait donc sans avoir fait appel à Urrea. Houston resta en tête de Santa Anna jusqu'à ce qu'il n'atteigne la forêt près de la rivière San Jacinto, où il décida de faire front.

Santa Anna, convaincu qu'il pouvait facilement vaincre Houston, campa dans une plaine ouverte près de la rivière, entourée de marais. Ses officiers supérieurs protestèrent vivement contre cette position vulnérable, mais Santa Anna les ignora. Tout au long de la journée du 20 avril, les deux armées s'engagèrent dans de petites escarmouches, mais Houston ordonna ensuite à ses hommes de battre en retraite. Le 21 avril, Santa Anna reçut le renfort du général Cos, portant les forces mexicaines à 1 200 hommes, contre les 900 de l'armée de Houston, ce qui renforça encore la confiance de Santa Anna dans la victoire.

Houston maintint ses hommes en alerte tout au long de la journée du 21 et, comme aucune attaque ne semblait se profiler, Santa Anna autorisa ses hommes à se reposer, à manger et à se laver. Au fil de la journée, l'armée mexicaine se détendit davantage, mais vers 16 heures, les Texians (et les Tejanos sous les ordres de Juan Seguín), qui s'étaient déplacés silencieusement dans les hautes herbes, étaient en position, et à 16 h 30, Houston ordonna de tirer au canon, marquant ainsi le début de la bataille de San Jacinto. L'armée mexicaine fut prise complètement par surprise. En lançant le cri désormais célèbre "Souvenez-vous d'Alamo! Souvenez-vous de Goliad!", Houston mena ses troupes à la victoire en 18 minutes.

Surrender of Santa Anna after San Jacinto in 1836
Reddition de Santa Anna après San Jacinto en 1836 William Henry Huddle (Public Domain)

Santa Anna fut capturé et, en échange de sa vie, signa les traités de Velasco qui, entre autres dispositions, prévoyaient le retrait de toutes les troupes mexicaines du Texas. La déclaration du 2 mars 1836, proclamant le Texas république indépendante, était désormais plus que de simples mots, et la révolution texane était terminée.

Supprimer la pub
Publicité

Conclusion

Les traités de Velasco n'avaient aucune valeur pour le gouvernement mexicain. Pendant qu'il menait campagne au Texas, Santa Anna avait été destitué, et le gouvernement n'était pas disposé à reconnaître la validité de documents signés par un prisonnier de guerre sans pouvoir politique. Le gouvernement mexicain refusa donc de reconnaître la République du Texas et chargea le général Urrea (qui aurait très certainement remporté la bataille de San Jacinto) de lancer une nouvelle campagne pour reprendre le territoire. Cependant, le général Urrea dut réprimer des rébellions dans d'autres États mexicains, et les hostilités ne reprirent donc pas.

Sam Houston fut élu premier président de la nouvelle république et une constitution fut ratifiée lors de la Convention de 1836. Les délégués à la convention approuvèrent également une résolution visant à annexer le Texas aux États-Unis. Les États-Unis n'étaient toutefois pas disposés à le faire, car cela aurait rompu l'équilibre entre les États libres et les États esclavagistes, le Texas entrant très certainement dans la fédération en tant qu'État esclavagiste. Les dispositions générales, section 9, de la Constitution de 1836 stipulent en partie:

Toutes les personnes de couleur qui étaient esclaves à vie avant leur émigration au Texas et qui sont actuellement maintenues en esclavage resteront dans le même état de servitude... Le Congrès n'adoptera aucune loi interdisant aux émigrants des États-Unis d'Amérique d'amener leurs esclaves avec eux dans la République et de les maintenir dans le même statut que celui dont ils jouissaient aux États-Unis; le Congrès n'aura pas non plus le pouvoir d'affranchir les esclaves...Aucune personne libre d'origine africaine, en tout ou en partie, ne sera autorisée à résider de manière permanente dans la République sans le consentement du Congrès...

La République du Texas resta donc un pays indépendant du 2 mars 1836 jusqu'à son annexion par les États-Unis en décembre 1845, devenant officiellement le 28e État de l'Union le 19 février 1846. L'annexion du Texas déclencha la guerre américano-mexicaine de 1846-1848, remportée par les États-Unis, qui revendiquèrent alors 529 000 miles carrés (1 370 000 km²) de territoire mexicain (y compris ce qui allait devenir la Californie en 1850), réalisant ainsi leur vision de "destinée manifeste" et d'une union d'États s'étendant d'un océan à l'autre à travers toute l'Amérique du Nord.

Supprimer la pub
Publicité

Questions & Réponses

Qu'est-ce que la révolution texane?

La révolution texane fut un conflit qui opposa les Anglo-Américains et les Tejanos de l'État du Texas (qui faisait alors partie du Mexique) au gouvernement mexicain entre 1835 et 1836 au sujet des droits des États et des individus. La guerre fut remportée par les Anglo-Américains et les Tejanos en avril 1836 lors de la bataille de San Jacinto, et l'État devint la République du Texas.

Quelles furent les quatre causes de la révolution texane?

Les quatre causes de la révolution texane furent les suivantes: 1. L'abolition du gouvernement fédéraliste au Mexique et la mise en place d'un gouvernement centraliste qui limitait les droits du peuple. 2. L'afflux d'Anglo-Américains dans l'État du Texas et leur refus d'obéir aux lois du pays. 3. L'abolition par Santa Anna de la Constitution de 1824 et des droits qu'elle garantissait. 4. L'abolition de l'esclavage par le gouvernement mexicain en 1829, qui provoqua la colère des Anglo-Américains du Texas qui possédaient de nombreux esclaves.

Quelle est la bataille la plus célèbre de la révolution texane?

La bataille la plus célèbre de la révolution texane est la bataille de Fort Alamo, un siège de 13 jours, du 23 février au 6 mars 1836, qui se solda par une victoire coûteuse pour les Mexicains et la mort des défenseurs texians.

Quelle fut la dernière bataille de la révolution texane?

La dernière bataille de la révolution texane fut la bataille de San Jacinto, le 21 avril 1836, au cours de laquelle le général Sam Houston vainquit l'armée mexicaine commandée par le général Santa Anna en 18 minutes.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction pour WHE, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Joshua J. Mark
Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l'histoire, la philosophie, la littérature et l'écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2025, septembre 18). Révolution Texane: L'État qui devint un pays qui devint un État. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24707/revolution-texane/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Révolution Texane: L'État qui devint un pays qui devint un État." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, septembre 18, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24707/revolution-texane/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Révolution Texane: L'État qui devint un pays qui devint un État." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 18 sept. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24707/revolution-texane/.

Soutenez-nous Supprimer la pub