Ninna-Ji

Mark Cartwright
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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Bell Tower, Ninna-ji (by Joseph Kneckt, CC BY)
Clocher, Ninna-ji Joseph Kneckt (CC BY)

Le Ninna-ji est un complexe bouddhiste de l'école Shingon situé à Kyoto, au Japon. Connu sous le nom de "Temple de la Bienveillance céleste", il fut fondé en 888 par l'empereur Uda (r. de 887 à 897). Le Ninna-ji est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO et son hall principal est reconnu comme trésor national officiel du Japon. Le site est aujourd'hui sans doute surtout célèbre pour ses œuvres d'art bouddhistes et son vaste bosquet de cerisiers qui offrent un spectacle magnifique lors de leur floraison annuelle.

Fondation

L'empereur Uda régna dans le dernier quart du IXe siècle et supervisa l'achèvement de la construction d'un site de temple bouddhiste dans les contreforts occidentaux à l'extérieur de la capitale Kyoto (Heiankyo) en 888. Le nom Ninna-ji dérive de ninna (Vertu et Harmonie), le nom posthume de l'ère du règne du père et prédécesseur d'Uda, l'empereur Koko (r. de 884 à 887). Lorsque l'empereur Uda se retira de ses fonctions en 897, il prit immédiatement la tête du temple en tant que premier abbé. Le lien avec la royauté se maintint jusqu'en 1869, chaque abbé provenant toujours de la famille impériale.

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La porte Sanmon, reconstruite dans les années 1630, est l'un des plus grands exemples encore existants au Japon.

Le palais d'Omuro

Une résidence digne d’un poste aussi prestigieux que celui d’abbé du Ninna-ji fut créée: le palais impérial d'Omuro. Typique d’une villa aristocratique japonaise, les différents bâtiments du palais, reliés entre eux par des couloirs et des passerelles couvertes, s’étendent au sein d’un vaste jardin clos de murs. Le jardin abrite également un étang avec un petit pont de pierre et des rochers caractéristiques des jardins paysagers japonais; une maison de thé traditionnelle utilisée pour la cérémonie du thé japonaise, la maison de thé Hiro-tei; et une pagode. Le palais d'Omuro a malheureusement été détruit par un incendie en 1887, un sort souvent réservé aux anciens bâtiments en bois du Japon. Reconstruit en 1915, il sert aujourd'hui de galerie d'œuvres d'artistes japonais contemporains. L'entrée principale du palais, bien qu'elle ne soit aujourd'hui utilisée que lors de cérémonies importantes, est la porte des messagers impériaux, ou Chokushimon, qui se distingue par son toit de chaume. L'accès à l'enceinte du palais pour les visiteurs modernes se fait par l'imposante porte Sanmon à deux étages, protégée par une paire de grandes statues de gardiens Niō. Cette porte, reconstruite dans les années 1630, est l'un des plus grands exemples encore existants au Japon.

Autres caractéristiques

L'entrée principale du complexe du Ninna-ji se fait par la porte Niomon. Bien que cette porte ait été détruite pendant la guerre d'Onin (1467-1477), elle fut reconstruite par la suite. La pagode d'origine du temple connut un triste sort similaire, mais elle fut reconstruite en 1637. Connue sous le nom de pagode Gojunoto en raison de ses cinq étages, elle se distingue par le fait que tous ses toits sont de taille égale, une caractéristique typique de l'architecture des temples du XVIIe siècle. Avec sa haute flèche métallique unique, la pagode domine les autres bâtiments du complexe, beaucoup plus bas. La pagode est classée au titre de bien culturel important du Japon.

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Sanmon Gate, Ninna-ji
Porte Sanmon, Ninna-ji 663highland (CC BY-SA)

Le hall principal du temple, ou Kondō, faisait autrefois partie du palais royal de Kyoto où il servait de salle de cérémonie, mais il fut déplacé sur le site en 1676 et abrite aujourd'hui une impressionnante sculpture en or représentant la triade d'Amida. Le Kondō est classé Trésor national officiel du Japon et est typique de l'architecture de la période Azuchi-Momoyama (1568-1600) avec des caractéristiques telles que de grandes fenêtres s'ouvrant vers l'extérieur, articulées en haut. Le toit est aujourd'hui recouvert de tuiles, mais l'original aurait été recouvert de bardeaux d'écorce de cyprès.

Parmi les œuvres les plus célèbres conservées sur le site figure un célèbre tableau représentant le prince Shotoku.

Le Hall du Fondateur, ou Miedō, est dédié au fondateur du bouddhisme Shingon, Kukaï (alias Kobo Daishi, 774-835) et fut également autrefois un édifice royal. À côté du Hall du Fondateur se trouve un clocher de deux étages. On y trouve également un petit sanctuaire gardien, le Kūshō Myōjin Jinja, délimité par une porte (torii) en bois.

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Le complexe comprend le musée Reihôkan, qui abrite de nombreuses œuvres d'art et objets bouddhistes de grande valeur (mais qui n'est ouvert qu'au printemps et à l'automne). Parmi les œuvres les plus célèbres conservées sur le site figure un célèbre tableau représentant le prince Shōtoku (574-622), l'un des grands promoteurs du bouddhisme au Japon. Le prince y est représenté à l'âge de 16 ans, vêtu de la splendide robe écarlate et dorée d'un prêtre, en train d'offrir de l'encens à Bouddha afin que son père, l'empereur, puisse se remettre d'une maladie. Le tableau est peint sur soie et date probablement de la période Kamakura (1185-1333) d'après son style, même s'il a traditionnellement été attribué au peintre Kanaoka du IXe siècle.

Main Hall, Ninna-ji
Hall principal, Ninna-ji 663highland (CC BY-SA)

La deuxième grande œuvre d'art du temple est la triade d'Amida, qui date probablement de la fin du IXe ou du Xe siècle. Ces sculptures représentant le Bouddha Amida assis, flanqué de part et d'autre d'un bodhisattva (Kannon et Seishi), sont réalisées à partir d'un noyau en bois qui a été laqué puis doré. Les impressionnantes mandorlas ou auréoles dorées derrière chaque figure sont un ajout ultérieur. Amida mesure 90 cm de haut et les bodhisattvas sont plus grands, mesurant environ 120 cm.

Le site comprend un bosquet d’environ 200 cerisiers, dont les fleurs attirent des milliers de visiteurs chaque printemps. La floraison est unique en raison de sa tardivité dans la saison – c’est le dernier spectacle de ce type parmi les nombreux sites de temples de Kyoto – et parce que les arbres sont relativement courts, ce qui fait que les fleurs pendent jusqu’au niveau des pieds. La colline derrière le complexe abrite une version miniature du célèbre chemin de pèlerinage de Kukai/Shikoku, avec ses 88 étapes. Cette version raccourcie, connue sous le nom de pèlerinage d'Omuro, prend tout de même deux heures à parcourir. Enfin, le Ninna-ji accueille aujourd’hui la célèbre école d’ikebana d'Omuro, l'art floral traditionnel japonais. En 1994, Ninna-ji a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO au sein du groupe des 17 monuments de Kyoto.

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Bibliographie

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Cartwright, M. (2026, mai 03). Ninna-Ji. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18440/ninna-ji/

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Cartwright, Mark. "Ninna-Ji." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, mai 03, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18440/ninna-ji/.

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Cartwright, Mark. "Ninna-Ji." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 03 mai 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-18440/ninna-ji/.

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