Cette carte illustre l'étendue et l'interconnectivité croissante des réseaux commerciaux mondiaux au début du XIIIe siècle. Après des siècles de fragmentation et d'isolement suite à la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, de nouveaux modèles d'échanges à longue distance ont émergé, reliant l'Europe, le monde islamique, Byzance et l'Asie de manière plus active qu'à aucun autre moment depuis l'Antiquité.
Au XIIIe siècle, le commerce entre les royaumes chrétiens et musulmans, bien que marqué par des conflits persistants tels que les croisades, était florissant. La Méditerranée servait à nouveau de voie de communication pour les marchandises et les idées. Les républiques maritimes italiennes comme Venise et Gênes ont étendu leur influence, tandis que les puissances islamiques telles que le sultanat ayyoubide, fondé par Saladin (r. de 1171 à 1193), contrôlaient les principales villes commerciales. L'Empire byzantin, bien qu'affaibli, restait une plaque tournante essentielle reliant l'Orient et l'Occident. Les routes terrestres, qui allaient bientôt connaître un regain d'activité sous le contrôle mongol en Asie centrale, alimentaient ces échanges. L'Europe, qui se remettait des bouleversements antérieurs, exportait des tissus de laine et des articles métalliques et achetait en échange de la soie, des épices, de la verrerie et des produits de luxe provenant du Moyen-Orient, de l'Inde et de la Chine, marquant ainsi le réveil du commerce eurasien.
Je tiens à remercier @Martin_Maansson pour ses recherches approfondies, son inspiration et son incroyable carte des routes commerciales médiévales.
