Le siège de Petersburg (juin 1864 à avril 1865), ou campagne de Richmond-Petersburg, fut l'une des dernières opérations militaires de la guerre de Sécession (1861-1865). Il ne s'agissait pas d'un siège au sens traditionnel du terme, mais plutôt d'une période de guerre de tranchées statique. Les armées de l'Union et des Confédérés passèrent des mois dans leurs tranchées opposées autour du nœud ferroviaire vital de Petersburg, en Virginie, s'épuisant mutuellement par des batailles, des raids et des combats d'usure. En avril 1865, l'armée confédérée céda sous la pression et battit en retraite, abandonnant Petersburg et la capitale, Richmond, à l'Union. Peu après, le général confédéré Robert E. Lee se rendit au palais de justice d’Appomattox, mettant ainsi fin à la guerre.
Contexte
Au début du mois de juin 1864, le théâtre oriental de la guerre de Sécession était dans l'impasse. Au cours des 40 derniers jours, l'armée de l'Union du Potomac et l'armée confédérée de Virginie du Nord s'étaient livrées à une lutte à mort qui s'était déroulée au cours de trois batailles décisives: la bataille de la Wilderness (5-6 mai), la bataille de Spotsylvania (8-21 mai) et la bataille de Cold Harbor (31 mai-12 juin). Avec plus de 80 000 hommes tués, blessés ou capturés, les armées épuisées se reposaient dans leurs retranchements au carrefour de Cold Harbor, en Virginie centrale, chacune attendant anxieusement que l'autre bouge.
Le lieutenant-général Ulysses S. Grant, commandant en chef de toutes les armées de l'Union, avait l'intention de sortir de l'impasse et de contourner l'armée rebelle. Il avait précédemment déclaré qu'il se battrait le long de cette ligne même si cela devait "prendre tout l'été" (cité dans McPherson, 731). Fidèle à sa parole, Grant avait l'intention de traverser la rivière James et de frapper à Petersburg, un nœud ferroviaire vital situé à 39 km au sud de Richmond, la capitale confédérée.
En s'emparant de Petersburg, il isolerait efficacement Richmond, et ne laisserait à son adversaire, le général Robert E. Lee, que deux choix: abandonner la défense de Richmond ou se battre sur un terrain découvert choisi par Grant. Ainsi, le 12 juin, Grant ordonna au major général George Gordon Meade, commandant officiel de l'armée du Potomac, malgré l'autorité supérieure de Grant, de se tenir prêt à marcher cette nuit-là, dans l'espoir de traverser la James sans attirer l'attention de Lee.
Premières attaques
Dans la nuit du 12 juin, l'armée du Potomac quitta discrètement Cold Harbor. Le lendemain matin, un corps d’armée de l'Union se dirigeait déjà vers la rivière James par voie fluviale, tandis que les quatre autres voyageaient par voie terrestre, effectuant des feintes répétées vers Richmond afin de semer la confusion chez l'ennemi quant à leurs réelles intentions. La ruse fonctionna: pour une fois, Lee fut incapable de deviner les intentions de Grant. Le général confédéré décida de maintenir son armée sur place, de peur de la faire marcher dans la mauvaise direction.
Le 14 juin, les soldats de l'Union commencèrent à traverser la rivière James, marchant sur un pont flottant de 640 mètres de long, le plus long de l'histoire militaire, qui avait été minutieusement construit par les ingénieurs de Grant. Le lendemain, le XVIIIe corps d'armée, sous le commandement du major général William "Baldy" Smith, fut le premier élément de l'armée à s'approcher de Petersburg. Smith fut toutefois consterné de constater que la ville n'était pas sans défense. Au contraire, une garnison symbolique de 2 500 Confédérés l'attendait, retranchée derrière un arc de 16 km de tranchées de 6 m d'épaisseur et 55 batteries d'artillerie connues sous le nom de ligne Dimmock.
Ces défenseurs rebelles, sous le commandement du général P. G. T. Beauregard, n'étaient pas l’élite des Confédérés. En effet, la plupart d'entre eux étaient des vieillards ou des jeunes garçons que Beauregard avait rassemblés à la hâte, leur mettant des fusils entre les mains pour défendre Petersburg. La ligne Dimmock, en revanche, était une tout autre affaire. Nommée ainsi en l'honneur du capitaine Charles Dimmock, ingénieur confédéré, cette ligne était en construction depuis le début de l'année 1862, et avait été renforcée et allongée par des centaines d'esclaves. Désormais, elle était une formidable ligne de fortifications que Smith savait ne pas pouvoir attaquer sans risquer de lourdes pertes.
Il devait néanmoins tenter de forcer une percée avant l'arrivée inévitable de l'armée de Lee. Ainsi, dans la soirée du 15 juin, il lança son assaut, ses troupes en uniformes bleus se ruant vers la ligne Dimmock. L'attaque de l'Union fut partiellement couronnée de succès; avant le coucher du soleil, les Yankees avaient récupéré plus d'un kilomètre de ligne et seize canons. Alors que le pâle clair de lune brillait dans un ciel noir d'encre, Beauregard ramena ses survivants vers une nouvelle ligne, son désespoir transparaissant dans le message qu'il envoya à Lee: "À moins que des renforts ne soient envoyés avant quarante-huit heures, seul Dieu Tout-Puissant pourra sauver Petersburg et Richmond" (cité dans Foote, 439).
À l'aube du 16 juin, Smith fut rejoint par le IIe corps de l'Union sous le commandement du major général Winfield Scott Hancock. Ce jour-là, Smith et Hancock lancèrent un autre assaut qui leur permit de capturer une partie supplémentaire des lignes rebelles, mais sans parvenir à percer. Le lendemain, Lee réalisa que l’offensive contre Beauregard à Petersburg n’était pas une simple démonstration de force, mais que Grant mobilisait toute son armée pour s'emparer de la ville. Avec sa rapidité habituelle, Lee fit affluer toute l'armée de Virginie du Nord pour renforcer les défenses de Petersburg (à l'exception du deuxième corps d’armée, commandé par Jubal Early, qui faisait alors des ravages dans la vallée de Shenandoah, en direction de Washington).
Le matin du 18 juin, le général Meade arriva, frustré de constater que l'armée du Potomac n'avait pas encore pris d'assaut les fortifications de Petersburg. "Je ne peux imaginer de quels ordres supplémentaires vous avez besoin pour attaquer", grommela-t-il à l'un des commandants de corps, tout en ordonnant à un autre "d'attaquer à tout prix" (cité dans McPherson, 741). Les soldats yankees lancèrent une nouvelle offensive, mais cette fois-ci, ils ne firent pas seulement face aux recrues inexpérimentées de Beauregard, mais aussi aux vétérans aguerris de Lee. Ils furent accueillis par des tirs nourris et subirent de lourdes pertes. Dans un régiment du Maine, 632 hommes sur 850 furent tués ou blessés au cours de cette seule action.
Le soir-même, Meade annula toute nouvelle offensive. Grant lui-même était arrivé sur les lieux à ce moment-là, reconnaissant que les soldats ne se battaient pas avec la même férocité qu'un mois auparavant à la Wilderness. Cela s'expliquait à la fois par la fatigue des vétérans après un mois de combats incessants et par le fait qu'une partie importante des soldats qui avaient commencé la campagne pourrissaient désormais dans leurs tombes de fortune. Réalisant qu'il devait modifier sa tactique, Grant décida de s'installer pour un siège. "Nous allons laisser les hommes se reposer, dit-il, et utiliser la bêche pour les protéger jusqu'à ce qu’une nouvelle solution soit trouvée." (ibid.).
Le cratère
Ainsi, chaque armée passa la dernière semaine de juin à creuser. L'armée de l'Union creusa sa propre ligne de tranchées, tandis que les Confédérés renforçèrent leurs lignes existantes. Une section de la ligne de l'Union n'était qu'à 150 mètres (137 m) d'un saillant rebelle, où les Confédérés avaient construit un fort de fortune sur les hauteurs. Un jour, à la fin du mois de juin, le colonel Henry Pleasants du 48e régiment de Pennsylvanie, composé en grande partie de mineurs de charbon, observait le bastion rebelle lorsqu'il entendit l'un de ses hommes dire: "Nous pourrions faire sauter ce maudit fort si nous pouvions creuser une galerie en dessous" (cité dans Foote, 531).
Pleasants, ancien ingénieur civil, fut séduit par cette idée. Il la soumit à son commandant de division, qui à son tour la transmit au commandant général du IXe corps de l'Union, Ambrose E. Burnside. Même si certains opposants estimaient qu'une telle galerie était impossible, aucun tunnel ne pouvait dépasser 122 mètres, disaient-ils, car il serait impossible de le ventiler avec de l'air frais, Burnside donna son accord, ne serait-ce que pour occuper ses hommes. Pleasants et ses mineurs passèrent le mois suivant à creuser sous terre, travaillant par roulement afin que les travaux puissent se poursuivre sans discontinuer. Pour la ventilation, ils utilisèrent des puits de mine avec un feu à la base, qui créaient un courant d'air et aspiraient de l'air frais à travers un tuyau.
À l'extrémité du tunnel, les hommes de Pleasants placèrent quatre tonnes de poudre à canon.
Le plan, approuvé par Meade et Grant, consistait à faire sauter le fort, puis à envoyer le corps d'infanterie de Burnside dans la brèche ainsi créée. Burnside désigna une division composée uniquement de soldats noirs pour mener l'assaut; ces soldats passèrent les jours suivants à suivre un entraînement spécialisé, impatients de "montrer aux troupes blanches ce dont la division de couleur était capable" (cité dans McPherson, 759).
Mais à la dernière minute, Meade modifia le plan. Pour des raisons politiques, Grant et lui ne voulaient pas envoyer une division entièrement noire en premier, si l’assaut tournait mal, ils craignaient d'être accusés d'avoir "envoyé ces gens se faire tuer parce qu'ils s'en fichaient" (ibid.). Ils ordonnèrent donc à une division entièrement blanche de mener l'assaut, même si ces soldats n'avaient pas été entraînés pour l’attaque. Le 28 juillet, Grant ordonna au IIe corps de Hancock de créer une diversion de l'autre côté de la James, afin de détourner une partie des troupes de Lee du centre. Ceci fut fait et, à 4 h 44 du matin, le 30 juillet, la mèche fut allumée et la poudre explosa.
Un témoin oculaire décrivit ainsi l'éruption qui en résulta:
Une légère secousse de la terre pendant une seconde, puis un balancement comme lors d'un tremblement de terre et, avec une explosion formidable qui déchira les collines endormies au loin, une immense colonne de terre et de fumée s'éleva à une grande hauteur, ses côtés sombres projetant des étincelles de feu, restant suspendue dans les airs pendant un instant, puis retombant avec un bruit assourdissant, une pluie de pierres, de morceaux de bois et de membres humains noircis, s'estompa, le voile sombre de la fumée s'assombrissant, virant au rouge sang furieux alors qu'il s'envolait pour rencontrer le soleil du matin.
(cité dans Foote, 535)
L'explosion tua immédiatement 250 à 350 soldats confédérés et creusa un cratère de 52 mètres de long, 18 mètres de large et 9 mètres de profondeur, qui est encore visible aujourd'hui. Une division de l'Union entièrement composée de Blancs, sous le commandement du brigadier général James Ledlie, chargea vers la brèche. Non seulement ces soldats n'avaient reçu aucun entraînement, mais ils avaient été choisis par tirage au sort, tandis que leur commandant, Ledlie, serait resté dans les tranchées à se saouler avec du rhum volé au chirurgien. Ainsi, ces soldats mal préparés et sans chef se précipitèrent directement dans le cratère au lieu de se déployer à gauche et à droite pour attaquer les flancs rebelles.
Il ne fallut pas longtemps aux soldats de l'Union pour se retrouver piégés dans le cratère, leur discipline se transformant rapidement en panique tandis qu'ils étaient tellement serrés qu'ils ne pouvaient plus bouger. Les Confédérés se rassemblèrent au bord du cratère, tirant avec des fusils et de l'artillerie sur la masse grouillante de soldats de l'Union en contrebas. Dans la confusion, d'autres soldats de l'Union furent envoyés dans le cratère où ils devinrent de la chair fraîche pour les canons rebelles.
Parmi eux se trouvaient les troupes noires, dont la vue rendit les Confédérés furieux; lorsque certains de ces soldats noirs tentèrent de se rendre, ils furent abattus par les Sudistes. Au final, l'Union subit 4 000 pertes pour un gain minime, contre moins de 1 000 pertes pour les Confédérés. Ledlie et Burnside furent démis de leurs fonctions pour cet assaut raté, que Grant qualifia d'"affaire la plus triste dont j'ai été témoin pendant la guerre" (cité dans McPherson, 760).
Raids et tranchées
Malgré les résultats désastreux de la bataille du Cratère, Grant ne cessa de chercher des moyens de couper l'herbe sous le pied de l'armée de Lee. En août, il chercha à menacer les lignes de ravitaillement rebelles le long du chemin de fer de Weldon. Le 18 août, le Ve corps de l'Union, sous le commandement du major général Gouverneur K. Warren, atteignit le chemin de fer à Globe Tavern, où il se heurta au IIIe corps confédéré, sous le commandement du lieutenant général A. P. Hill. Warren fut contraint de se retirer après avoir subi 4 500 pertes, contre seulement 1 600 pour les rebelles.
Le 23 août, le IIe corps de Hancock attaqua la voie ferrée à Reams Station. Le IIe corps, autrefois considéré comme le meilleur de l'armée, n'était plus ce qu'il était: la plupart des vétérans aguerris étaient morts ou rentrés chez eux après l'expiration de leur engagement, et les recrues qui les avaient remplacés n'étaient pas à la hauteur de la tâche. Le IIe corps fut repoussé après avoir perdu 2 700 hommes et une douzaine de drapeaux de combat. N'ayant jamais essuyé une défaite aussi cuisante, Hancock quitta bientôt l'armée, écœuré, invoquant comme excuse sa vieille blessure de Gettysburg.
Cependant, de telles sorties devenaient de plus en plus rares, la campagne prenant les caractéristiques d'une guerre de tranchées statique. Chaque armée fit appel à des mortiers, qui servaient à lancer d'énormes obus sur la tête des soldats sans défense dans les tranchées adverses. Les tireurs d'élite constituaient également une menace quotidienne, tirant sur les hommes qui levaient un peu trop la tête hors de leurs tranchées. Une fois, un capitaine et un soldat du 17e régiment de Géorgie furent tous deux tués par la même balle, après avoir accidentellement exposé leur tête en se croisant dans la tranchée.
Les maladies devinrent également endémiques, surtout à l'approche de l'hiver. La variole, le scorbut et la rougeole touchèrent les hommes des deux camps, mais les soldats confédérés, souffrant de malnutrition, furent les plus durement touchés. Les rebelles manquaient de rations suffisantes, et la viande dont ils disposaient était souvent avariée; en effet, un soldat confédéré se souvint plus tard que leurs rations de bacon avaient "une couleur particulièrement verdâtre... une odeur rance et étaient totalement dépourvues de graisse... elles ne pouvaient être consommées crues et dégageaient une odeur nauséabonde lorsqu'elles étaient bouillies" (cité dans Foote, 629). Cette situation fut temporairement améliorée à la mi-septembre, lorsque Wade Hampton mena 4 000 cavaliers rebelles dans un raid qui permit de capturer 2 000 têtes de bétail. Les Confédérés se régalèrent de bœuf pendant le mois suivant, jusqu'à épuisement des réserves.
La percée de l'Union
À l'approche de la nouvelle année, les armées restèrent dans leurs tranchées, chaque camp étirant ou resserrant constamment sa ligne pour contrer les mouvements de l'autre. À ce stade, Lee avait dangereusement étiré son armée. Ses 55 000 soldats étaient chargés de défendre une ligne de retranchements qui s'étendait sur plus de 48 km, de Petersburg à la périphérie est de Richmond. Lee savait qu'il ne pourrait pas tenir indéfiniment: les désertions, l'usure et les morts au combat réduisaient rapidement son armée, et les renforts n'arrivaient pas assez vite pour compenser ces pertes.
En février 1865, Lee fut nommé général en chef de toutes les armées confédérées. Cette nomination intervint à un moment où la Confédération était encerclée de toutes parts: l'armée confédérée du Tennessee avait été anéantie lors de la bataille de Nashville, tandis que le major général de l'Union William Tecumseh Sherman progressait rapidement vers le nord à travers les Carolines. Lee savait que le moment était venu pour lui de sortir de Petersburg, de peur de se retrouver encerclé par Grant d'un côté et Sherman de l'autre. Quitter Petersburg signifiait abandonner la ville, et par extension Richmond, à l'ennemi, mais Lee estimait qu'il était plus important de préserver son armée pour pouvoir continuer à se battre.
Dans la nuit du 24 mars, il passa à l'action et lança un assaut sur l'extrémité est de la ligne de l'Union à Fort Stedman. Au début, l'attaque fut couronnée de succès; les troupes rebelles envahirent Fort Stedman et s'emparèrent d'un demi-kilomètre de tranchées de l'Union. Cependant, leur assaut perdit rapidement son élan et l'Union récupéra le territoire perdu lors d'une contre-attaque fougueuse. Lee paya cher cette manœuvre, perdant 5 000 hommes sans parvenir à se sortir de l'étau de Grant qui se resserrait.
Le 29 mars, Grant riposta en ordonnant aux troupes du major général Philip H. Sheridan de frapper le flanc droit de la ligne confédérée. Lee dépêcha deux divisions sous le commandement du major général George E. Pickett pour renforcer le flanc, ce qui conduisit à la bataille de Five Forks le 1er avril. Après une journée de combats désespérés sous une pluie battante, les divisions de Pickett s'effondrèrent, la moitié des hommes se rendant et l'autre moitié s'enfuyant dans la panique. Lorsque Grant apprit la victoire à Five Forks, il y vit le signe que la ligne rebelle était sur le point de céder et ordonna un assaut sur toute la ligne le lendemain matin.
Le 2 avril, les soldats de l'Union chargèrent, perçant la ligne rebelle à plusieurs endroits. Bien que les Confédérés se soient battus vaillamment, ils avaient été considérablement affaiblis par les neuf derniers mois de siège et furent repoussés. Ils subirent de lourdes pertes, notamment celle d'A. P. Hill qui fut tué, et furent contraints de se replier sur leur ligne de défense intérieure. Lee comprit que la fin était proche. Cette nuit-là, il rassembla ses survivants et quitta Petersburg, battant précipitamment en retraite vers la campagne.
Conséquences
Le matin du 3 avril 1865, l'armée de l'Union du Potomac occupa Petersburg, sa récompense après un siège long et épuisant. Plus rien ne séparait désormais Grant de Richmond, qui tomba le jour même; le président confédéré Jefferson Davis et son gouvernement avaient évacué la ville seulement quelques heures auparavant. Après avoir dévoré le cœur de la Confédération, Grant se lança à la poursuite de Lee, qu'il rattrapa à l'extérieur du palais de justice d'Appomattox. Après une brève bataille, Lee se rendit à Grant le 9 avril 1865, mettant ainsi fin à la guerre civile.
Le siège de Petersburg fut donc une opération militaire importante qui conduisit directement à l'affaiblissement de l'armée de Lee, à la prise de Richmond et à la fin de la guerre. Il fut coûteux: au cours de ce siège de près de dix mois, l'Union subit environ 42 000 pertes, tandis que les Confédérés perdirent environ 28 000 hommes. Le siège eut une autre importance, qui ne fut reconnue qu'un demi-siècle plus tard. La guerre de tranchées statique de Petersburg allait se répéter à une échelle beaucoup plus grande sur les champs de bataille de l'Europe occidentale pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918).

