La bataille d'Ashdown, qui eut lieu le 8 janvier 871 dans le sud de l'Angleterre, vit le royaume du Wessex vaincre la Grande Armée païenne (viking). Ce fut la première grande défaite de l'armée viking, qui était arrivée en Angleterre en 865 et avait conquis plusieurs royaumes anglo-saxons. Même si le conflit entre le Wessex et les Vikings se poursuivit pendant plusieurs mois en 871 et au-delà, Ashdown démontra que l'armée viking pouvait être vaincue, donnant ainsi aux Anglais de l'espoir pour les batailles à venir.
À l'époque, le Wessex était gouverné par le roi Æthelred (r. de 865 à 871), mais son plus jeune frère, et son futur successeur, Alfred le Grand (r. de 871 à 899) joua un rôle décisif dans la victoire d'Ashdown, prouvant qu'il était un commandant militaire compétent et s'assurant le soutien des nobles saxons occidentaux pour sa succession plus tard en 871. Alfred passa la majeure partie de son règne à lutter contre les Vikings, mais il assura la sécurité de son royaume grâce à ses victoires lors des batailles d'Edington en 878 et de Buttington en 893.
Les connaissances que nous avons d'Ashdown reposent en grande partie sur "La vie du roi Alfred", une biographie contemporaine du roi écrite par son conseiller et tuteur, l'évêque Asser. Elle présente une version pro-alfredienne d'Ashdown, mais fournit néanmoins le récit contemporain le plus détaillé d'une bataille au IXe siècle en Grande-Bretagne, offrant ainsi des informations inestimables sur la guerre anglo-saxonne.
Les raids vikings
Au VIIIe siècle, l'Angleterre était divisée en plusieurs royaumes: l'Est-Anglie, la Mercie (Midlands), la Northumbrie (nord de l'Angleterre) et le Wessex (sud-ouest de l'Angleterre). Les souverains de ces royaumes se disputaient richesses, terres et prestige, se livrant souvent à des guerres et s'alliant parfois< entre eux. C'est dans ce monde anglo-saxon digne de Game of Thrones que les Vikings firent leur apparition vers la fin du siècle. Au départ, ils se présentèrent sous la forme de petits groupes de pirates scandinaves qui naviguaient vers le sud dans l'espoir de trouver richesse et butin. Ils attaquèrent d'abord le Wessex en 789, puis la Northumbrie en 793, où ils pillèrent le prestigieux monastère de Lindisfarne. Avec leurs grandes richesses et leurs défenses limitées, les monastères côtiers et les ports commerciaux devinrent rapidement les cibles privilégiées des raids vikings en Grande-Bretagne.
À peu près à la même époque, le royaume du Wessex gagnait en puissance et, après avoir conquis le Kent, alors sous domination mercienne, en 829, il devint le plus puissant des royaumes anglo-saxons. Bien que ses rois du début du IXe siècle, Egbert (r. de 802 à 839) et Æthelwulf (r. de 839 à 858), étaient des chefs militaires efficaces et remportèrent plusieurs victoires contre les Vikings, ces raids devenaient de plus en plus difficiles à arrêter. Même leurs villes les plus riches devinrent bientôt des cibles de choix et vers le milieu du IXe siècle, Canterbury, Londres, Southampton et Winchester furent pillées par les Vikings.
Utilisant des tactiques d'attaque éclair, les Vikings pouvaient naviguer et piller une cible côtière, puis retourner à leurs navires avant que les Anglais, qui ne disposaient pas d'armées en place, ne puissent rassembler suffisamment de troupes pour combattre les pillards. Cependant, ils ne se contentèrent pas longtemps du simple pillage; ils eurent également très vite des idées de conquête afin de s'installer pour de bon en Angleterre.
La Grande Armée
En 865, une alliance de rois des mers et de pillards, connue par leurs contemporains sous le nom de "Grande Armée", se rassembla en mer du Nord. Selon les sagas nordiques, ses chefs, Ivar, Halfdan et Ubbe, étaient des frères qui cherchaient à venger leur père, tué par un roi anglais. Les Anglais se souvenaient d'eux simplement comme "des hommes vaillants mais cruels". L'Est-Anglie, le plus petit des royaumes anglais, fut leur première cible. Cependant, le roi Edmond d'Est-Anglie (alias Edmond le martyr, r. de 855 à 869) offrit un tribut aux Vikings en échange d'un traité de paix. Les envahisseurs reçurent des chevaux, de l'argent, des vivres et furent autorisés à passer l'hiver en Est-Anglie.
L'année suivante, leurs nouveaux compagnons équestres furent mis à contribution lorsqu'ils entrèrent en Northumbrie et conquirent York, sa riche capitale. Deux rois de Northumbrie menèrent des attaques pour reprendre la ville, mais avec plusieurs seigneurs du nord, ils furent vaincus et moururent à York. Un seigneur rusé de Northumbrie, Egbert, s'était toutefois tenu à l'écart de la bataille et s'était rallié aux envahisseurs. En échange, il fut nommé pour régner sur les régions nordiques de la Northumbrie (historiquement connues sous le nom de Bernicie) en leur nom. Pendant ce temps, les Vikings prirent le contrôle de York et des terres environnantes.
En 868, ils se tournèrent vers le sud, s'emparèrent de Nottingham, dans le nord-ouest de la Mercie, et y renforcèrent leurs positions. Le souverain de Mercie, le roi Burgred (r. de 852 à 874), était depuis longtemps un allié des Saxons de l'Ouest et demanda donc l'aide du roi Æthelred du Wessex. Ensemble, ils assiégèrent Nottingham, mais pour le commandant anglo-saxon, la guerre de forteresse était une expérience inhabituelle. Ils ne pouvaient pas attaquer directement les murs de Nottingham, ni maintenir leurs armées assez longtemps pour affamer Ivar et le contraindre à se rendre. Les Vikings acceptèrent donc le paiement d'un tribut par Burgred, en or et en argent, en échange de la paix. Chaque paiement vidait sans aucun doute les coffres de ses bénéficiaires et attirait de nouvelles recrues venues de Scandinavie, attirées par les récits de prospérité dont jouissaient leurs compatriotes et amis en Angleterre.
L'année suivante, les Vikings retournèrent en Est-Anglie et s'emparèrent de Thetford, mais cette fois-ci, aucun tribut ne put sauver Edmond. Son armée fut vaincue, puis il fut traqué et amené devant Ivar. Edmond se vit proposer de devenir vassal des Vikings, comme Egbert de Northumbrie, mais il refusa. Il fut alors attaché à un arbre, transpercé de lances et décapité. Burgred de Mercie comprit alors peut-être le caractère illusoire et temporaire d'un traité de paix avec les Vikings.
871: Une Année de Batailles
Ivar semblait satisfait de son travail jusqu'à présent. Après avoir établi sa domination sur la côte est de l'Angleterre et le grand centre commercial de York, il emmena ses partisans vers le nord pour combattre les Bretons de Strathclyde. Halfdan devint alors le chef suprême de l'armée en Est-Anglie. Surnommé "le tyran" par les Saxons de l'Ouest, Halfdan était un souverain danois qui avait quitté son royaume pour en fonder un nouveau dans les îles britanniques (Æthelweard, 41). La Northumbrie écrasée, la Mercie taxée et le roi Edmond martyrisé, Halfdan décida que le Wessex serait le prochain sur la liste.
En décembre 870, il marcha vers le sud-ouest depuis l'Est-Anglie et s'empara de Reading, à la frontière nord du Wessex. La ville était idéalement située pour servir de quartier général à l'invasion. Située sur la Tamise, elle permettait l'afflux de nouveaux soldats et de ravitaillement et offrait une voie de retraite facile en cas de problème. La ville étant entourée sur deux côtés par la Tamise et la rivière Kennet, Halfdan construisit des remparts autour du reste de Reading, la transformant en une forteresse imprenable.
À son arrivée, un groupe de pillards fut envoyé dans la campagne du Berkshire à la recherche de butin, d'esclaves et de ravitaillement. Pendant ce temps, un noble local et vétéran des guerres vikings, le seigneur Æthelwulf du Berkshire, ralliait ses troupes. Son armée tomba sur les pillards à Englefield (à 8 km à l'ouest de Reading), les fit tomber de leurs chevaux et tua leur chef. Ce ne fut peut-être qu'une bataille mineure, mais la première victoire revint au Wessex.
Au sud, d'autres renforts attendaient, car le roi Æthelred levait une grande armée pour aider seigneur Æthelwulf. Lorsque Æthelred et Æthelwulf arrivèrent à la forteresse, ils massacrèrent plusieurs soldats vikings pris au dépourvu à l'extérieur des murs. Cependant, prendre la forteresse était une tout autre affaire. Les deux chefs, Æthelred et Halfdan, s'étaient déjà affrontés auparavant, lors du siège de Nottingham en 868, où les Vikings s'étaient contentés d'attendre avant d'être payés pour partir. Halfdan, cependant, ne répéta pas cette stratégie. Il surprit son adversaire et défia immédiatement les Saxons de l'Ouest. Comme l'explique Asser:
Tels des loups, ils se précipitèrent hors des portes et se lancèrent dans la bataille de toutes leurs forces. Les deux camps se battirent longtemps et farouchement, mais hélas, les chrétiens finirent par battre en retraite, et les Vikings remportèrent la victoire et devinrent les maîtres du champ de bataille. (Keynes and Lapidge, 78)
Parmi les morts à l'extérieur de Reading se trouvait le chef de guerre le plus célèbre du Wessex, seigneur Æthelwulf, ce qui porta un coup dur à la campagne du roi. L'armée d'Æthelred se retira vers l'ouest, peut-être pour rejoindre les soldats fraîchement arrivés du Wiltshire et du Somerset. Halfdan estima alors qu'il avait là l'occasion rêvée d'en finir pour de bon avec le Wessex. Son expérience en Est-Anglie et en Northumbrie lui avait appris que la prise d'une ville clé, suivie d'une victoire militaire et de la mort du roi, conduisait à la capitulation du royaume. Il suivit donc Æthelred vers l'ouest, dans l'espoir de lui infliger une deuxième défaite fatale.
Bataille d'Ashdown
Le 8 janvier 871, par un froid matin d'hiver, les armées d'Æthelred et de Halfdan s'aperçurent mutuellement dans les collines du nord du Berkshire. Cependant, leur emplacement exact reste incertain. Le terme "Ashdown" est souvent utilisé pour désigner l'ensemble des collines du nord du Berkshire, plutôt qu'un lieu spécifique. Pourtant, la plupart des historiens suggèrent que la bataille se serait probablement déroulée dans les collines à l'ouest du village de Moulsford, à la frontière entre l'Oxfordshire et le Berkshire.
Nous ne savons rien non plus de la taille des deux armées. Si les Saxons de l'Ouest avaient perdu beaucoup d'hommes aux portes de Reading, les nouvelles recrues venues de l'ouest après la bataille leur auraient probablement permis de retrouver une taille similaire à celle de l'armée viking qui avait laissé une garnison pour garder Reading.
L'armée du Wessex était composée d'un noyau de guerriers professionnels au service du roi et des seigneurs, ainsi que de soldats de rang inférieur qui devaient servir dans l'armée et étaient dirigés par des seigneurs locaux (les thegns). Les soldats des deux camps étaient principalement armés de boucliers et de lances, les haches étant plus répandues chez les Vikings, tandis que les guerriers d'élite du Wessex portaient des épées, une arme coûteuse et rare souvent transmise de génération en génération.
Les Vikings étaient arrivés les premiers sur le champ de bataille et avaient pris les hauteurs d'Ashdown. Alors que les deux camps se faisaient face, Halfdan donna son premier ordre. Son armée devait être divisée en deux, la moitié étant dirigée par lui-même et son allié, le roi Bagsec, et l'autre moitié par plusieurs comtes. Alors qu'ils se déployaient sur les hauteurs des collines du Berkshire, Halfdan donna un deuxième ordre, et son armée forma un "mur de boucliers", une longue ligne de soldats qui mêlaient leurs boucliers pour se protéger contre une attaque imminente. Voyant cela, Æthelred fit de même, divisant son armée en deux murs de boucliers, commandant lui-même l'un pour s'opposer à Halfdan et Bagsec, et son jeune frère, le prince Alfred, commandant l'autre pour faire face aux comtes vikings.
Cependant, avant que les combats ne commencent, Æthelred retourna dans sa tente pour une messe d'avant-bataille, priant pour obtenir l'aide divine. Il n'était pas inhabituel de réciter des prières ou de célébrer une messe avant une bataille. Après tout, les Anglais étaient convaincus que les Vikings avaient été envoyés pour les punir de leurs péchés. Se considérant responsable des âmes de ses sujets, Æthelred menait une guerre à la fois physique et spirituelle.
Halfdan, cependant, n'avait aucun intérêt à respecter les rituels chrétiens d'avant-bataille. Il saisit ce moment de vulnérabilité pour frapper le premier. Abandonnant les hauteurs, lui et les comtes vikings marchèrent sur Alfred, espérant écraser son armée grâce à leur supériorité numérique. Lorsque Æthelred en fut informé, il déclara qu'il "ne quitterait pas cet endroit [la tente] vivant avant que le prêtre ait terminé la messe et qu'il n'abandonnerait pas le service divin pour celui des hommes" (Keynes et Lapidge 79). Alfred allait désormais devoir affronter seul Halfdan et les comtes vikings. "Sous les cris de tous" et "agissant avec courage, tel un sanglier", comme le raconte Asser, Alfred s'avança à la rencontre des Vikings (Keynes et Lapidge, 79).
Le choc entre les deux armées résonna d'un puissant "boum" lorsque les murs de boucliers en bois s'entrechoquèrent. Un affrontement entre deux murs de boucliers se transformait souvent en une lente bataille de poussées. Avec peu de stratégie innovante ou de créativité, dans cette bataille de force, de puissance et de détermination, chaque camp cherchait à repousser l'autre et à briser son mur. Pendant ce temps, les guerriers en première ligne donnaient des coups, piquaient, perçaient et utilisaient leurs lances pour créer des brèches dans le mur, dans l'espoir d'infliger des coups mortels à leurs adversaires. Une telle lutte au ralenti convenait à Alfred; largement surpassé en nombre, il ne pouvait qu'espérer repousser les Vikings assez longtemps pour qu'Æthelred vienne à son secours.
Finalement, Æthelred arriva, menant ses troupes dans une embuscade contre les Vikings. Certains savants ont même suggéré que son arrivée tardive était un choix tactique plutôt que religieux. En frappant peut-être le flanc ou l'arrière des Vikings, il soulagea la pression sur son frère et prit le dessus sur les envahisseurs.
Le combat se poursuivit pendant plusieurs heures, mais alors que l'armée viking en déclin était attaquée sur deux fronts, leur mur de boucliers s'effondra. Les Saxons de l'Ouest se ruèrent à travers les brèches, abattant leurs ennemis en grand nombre. Un chroniqueur du Xe siècle, seigneur Æthelweard, remarqua: "Jamais auparavant ni depuis lors on n'a entendu parler d'un tel massacre." Asser rapporta:
Bagseg fut tué, ainsi que le comte Sidroc l'Ancien, le comte Sidroc le Jeune, le comte Osbem, le comte Fræna et le comte Harold . ... toute l'armée viking fut mise en déroute, jusqu'à la tombée de la nuit et le lendemain, jusqu'à ce qu'elle n'atteigne la forteresse [Reading] d'où elle était venue. Les chrétiens les poursuivirent jusqu'à la tombée de la nuit, les massacrant de tous côtés.
(Keynes and Lapidge, 80)
Conséquences
Les plans de Halfdan pour une victoire rapide avaient été anéantis. À peine plus d'une semaine après le début de la guerre, une grande partie de son armée et plusieurs de ses principaux alliés avaient péri. Le Wessex n'était finalement pas aussi faible que la Northumbrie ou l'Est-Anglie. Cependant, compte tenu de son expérience à Reading quelques jours auparavant, Æthelred ne tenterait plus d'attaquer la ville. Le conflit semblait devoir aboutir à une impasse. Les Vikings étaient incapables de conquérir le Wessex, et les Saxons occidentaux étaient incapables d'expulser les Vikings.
Cependant, avec la mort de plusieurs chefs vikings alliés – et rivaux potentiels pour le commandement –, Halfdan exerçait désormais une plus grande autorité sur l'armée. Peut-être pour asseoir son autorité sur cette force certes plus réduite et pour reconstituer ses réserves, il mena, deux semaines seulement après Ashdown, un autre raid dans le Wessex. Sa cible était Basing, à 24 km au sud de Reading. À l'extérieur de la ville, il fut une nouvelle fois confronté à l'armée du roi Æthelred, mais cette fois-ci, il vainquit les Saxons de l'Ouest et prit le contrôle de Basing. Le conflit aboutit alors à un cessez-le-feu informel, suivi de deux mois de paix. La campagne reprit en mars, lorsque les Vikings lancèrent un raid profondément dans le Hampshire, où ils vainquirent Æthelred lors de la bataille de Merton. Après la bataille, une deuxième flotte viking (connue sous le nom de "grande armée d'été") quitta le continent pour rejoindre Reading afin d'aider Halfdan.
Pire encore, lors de la bataille de Merton, Æthelred avait été mortellement blessé. Il ne survécut que quelques semaines avant de mourir en avril 871. Conformément aux dispositions prises plus tôt dans l'année, Alfred succéda au trône, devant les fils mineurs de son frère, Æthelwold et Æthelhelm, qui n'étaient pas encore en âge de régner. Bien que souffrant fréquemment d'une maladie mystérieuse et grave, Alfred avait 22 ans et avait déjà prouvé sa bravoure lors des batailles de Reading, Ashdown, Basing et Merton
Cependant, son règne commença par une série de désastres militaires. Alors qu'il supervisait les funérailles et l'enterrement de son frère à Wimborne Minster, l'armée du Berkshire fut vaincue par la grande armée d'été à Reading. Plus près de chez lui, en mai 871, Alfred lui-même fut vaincu au combat par Halfdan près de Wilton, dans le Wiltshire. Cela anéantit tout espoir qu'Alfred pouvait avoir d'une solution militaire. La seule façon de faire partir les Vikings était désormais de les payer. Le paiement (ou "danegeld") allait sans aucun doute vider ses coffres et le rendre impopulaire auprès de ses nouveaux sujets, désormais lourdement taxés.
Bien que Halfdan ait remporté une série de victoires, aucune d'entre elles n'était suffisamment décisive pour discréditer le soutien dont bénéficiait Alfred. Il n'avait pas non plus l'intention de mener une campagne aussi longue; ainsi, alors que son armée diminuait à chaque bataille et que ses provisions s'amenuisaient, il accepta d'être payé pour quitter le Wessex et se retira à Londres à l'automne 871. Tandis que l’année se terminait, Alfred pouvait se consoler en se disant qu'il avait conservé sa couronne et son royaume, un sort meilleur que celui d'Edmond d'Est-Anglie ou des rois de Northumbrie.
Héritage
L'année 871 fut une année très importante pour l'invasion viking. Les deux camps subirent des pertes importantes, y compris plusieurs de leurs chefs. Le Wessex avait toutefois démontré qu'il était capable de vaincre la Grande Armée païenne au combat, ce qu'aucun autre royaume n'avait réussi à faire jusqu'alors.
La guerre entre les Anglais et les Vikings allait se poursuivre. Halfdan attaqua la Mercie en 874, contraignant le roi Burgred à s'exiler sur le continent. Il allait ensuite concentrer ses efforts sur la Northumbrie et l'Irlande, laissant le chef de la grande armée d'été, Guthrum, mener le combat contre Alfred dans le sud. Lorsque Guthrum envahit le Wessex en 878, il poursuivit Alfred dans les marais du Somerset, conquérant presque tout le royaume. Ce n'est que plusieurs mois plus tard, après avoir rassemblé les Saxons de l'Ouest, qu'Alfred parvint à lever une armée suffisamment importante pour vaincre Guthrum lors de la bataille d'Edington.
Guthrum et Alfred conclurent rapidement un traité de paix plus durable, le chef viking se convertit au christianisme et le sud de l'Angleterre fut divisé entre eux, le royaume de Mercie en déclin étant scindé entre l'ouest anglais et l'est nordique. En tant que frères chrétiens, ils s'efforcèrent de maintenir une paix imparfaite entre les deux camps jusqu'à la mort de Guthrum en 890. Cependant, la génération suivante poursuivit la lutte pour la suprématie, les héritiers d'Alfred, Édouard l'Ancien (son fils) et Æthelstan (son petit-fils), étendraient le contrôle des Saxons de l'Ouest sur le reste de l'Angleterre.

