Causes de la Deuxième Guerre Mondiale

Article

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 26 mars 2024
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Disponible dans ces autres langues: anglais, chinois, portugais

Les origines de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) peuvent être retracées dans le dur accord de paix de la Première Guerre mondiale (1914-1918) et la crise économique des années 1930, tandis que des causes plus immédiates furent les invasions agressives de leurs voisins par l'Allemagne, l'Italie et le Japon. Une Europe faible et divisée, des États-Unis isolationnistes et une URSS opportuniste souhaitaient tous la paix, mais la politique d'apaisement ne fit qu'aboutir à ce que tout le monde craignait le plus: une nouvelle guerre mondiale longue et terrible.

Europe on the Eve of WWII, 1939
L'Europe à la veille de la Seconde Guerre mondiale, 1939
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

Les principales causes de la Seconde Guerre mondiale sont les suivantes:

  • le très sévère traité de Versailles
  • la crise économique des années 1930
  • la montée du fascisme
  • le réarmement de l'Allemagne
  • le culte d'Adolf Hitler
  • la politique d'apaisement des puissances occidentales
  • les traités d'intérêt mutuel entre les puissances de l'Axe
  • l'absence de traités entre les Alliés
  • l'expansion territoriale de l'Allemagne, de l'Italie et du Japon
  • le pacte nazi-soviétique
  • l'invasion de la Pologne en septembre 1939
  • l'attaque japonaise contre la base navale américaine de Pearl Harbour

Le traité de Versailles

L'Allemagne avait été vaincue lors de la Première Guerre mondiale et les vainqueurs établirent des conditions strictes pour s'assurer que certains coûts de la guerre soient récupérés et pour empêcher l'Allemagne de devenir une menace à l'avenir. Les économies et les populations européennes ayant été fortement endommagées par la guerre, les vainqueurs n'étaient pas d'humeur à faire preuve d'indulgence puisque l'Allemagne avait presque gagné et que son industrie était encore intacte. L'Allemagne restait un État dangereux. Toutefois, la Grande-Bretagne et la France ne voulaient pas d'un règlement totalement punitif qui risquerait d'engendrer un ressentiment durable et d'empêcher l'Allemagne de devenir un marché d'exportation important.

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L'Allemagne dut accepter l'entière responsabilité, c'est-à-dire la culpabilité, du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Les conditions de la paix furent définies dans le traité de Versailles, signé par toutes les parties, à l'exception de l'URSS, le 28 juin 1919. La Rhénanie devait être démilitarisée pour servir de zone tampon entre l'Allemagne et la France. Toutes les colonies et la Sarre, une région de l'ouest de l'Allemagne riche en charbon, furent soustraites à l'autorité allemande. La Pologne reçut la région industrielle de Haute-Silésie et un corridor vers la mer, qui comprenait Dantzig (Gdánsk) et coupait la Prusse-Orientale du reste de l'Allemagne. La France récupéra l'Alsace et la Lorraine. L'Allemagne dut payer des réparations de guerre à la France et à la Belgique. L'Allemagne fut limitée dans ses forces armées et ne pouvait pas construire de chars, d'avions, de sous-marins ou de cuirassés. Enfin, l'Allemagne dut accepter l'entière responsabilité, c'est-à-dire la culpabilité, du déclenchement de la guerre. De nombreux Allemands considéraient les conditions de la paix comme extrêmement déshonorantes.

Le règlement établit neuf nouveaux pays en Europe de l'Est, une recette pour l'instabilité puisque tous ces pays contestaient leurs frontières et que beaucoup contenaient d'importants groupes minoritaires qui prétendaient faire partie d'un autre pays. L'Allemagne, l'Italie et la Russie, redevenues puissantes après les lourdes pertes de la Première Guerre mondiale, contemplaient ces nouveaux États avec un regard empreint de convoitise impérialiste.

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Newspaper Front Page Declaring the Signing of the Treaty of Versailles
Première page d'un journal annonçant la signature du traité de Versailles
Kallen2021 (CC BY-SA)

Dans les années 1920, l'Allemagne signa deux traités importants. Le traité de Locarno de 1925 garantissait les frontières occidentales de l'Allemagne, mais laissa une certaine marge de manœuvre à l'est. Le pacte Kellogg-Briand de 1928 fut signé par 56 pays. Toutes les grandes puissances s'engagèrent à ne pas mener leur politique étrangère par des moyens militaires. En 1929, les réparations imposées à l'Allemagne par le traité de Versailles furent ramenées de 6,6 millions de livres sterling à 2 millions de livres sterling. En 1932, les réparations furent complètement annulées. Tout cela était très prometteur, mais au cours des années 1930, l'écheveau complexe de la diplomatie européenne commença à s'effilocher rapidement dans un climat de déclin économique.

Crise économique

La Grande Dépression, déclenchée par le krach boursier de Wall Street en 1929, entraîna une crise dans de nombreuses économies tout au long des années 1930. Le commerce mondial, les prix et l'emploi s'effondrèrent. En Allemagne, en 1923, l'hyperinflation rendit l'épargne sans valeur, un coup dur que beaucoup de membres de la classe moyenne allemande n'oubliraient jamais. Les prêts réguliers des États-Unis (le plan Dawes), dont dépendait l'économie allemande, cessèrent. De nombreux États adoptèrent une attitude hostile face à l'effondrement du commerce international. Les États-Unis, premier bailleur de fonds au monde, poursuivirent une stratégie isolationniste. La Grande-Bretagne et la France ne s'intéressaient qu'à leurs empires. Le protectionnisme et les tarifs douaniers devinrent la norme.

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L'Allemagne était déterminée à atteindre l'autosuffisance et à ne pas dépendre de ses partenaires commerciaux mondiaux, une politique qui nécessitait l'acquisition de ressources naturelles par l'occupation militaire. Pour l'Allemagne, la sortie du gâchis financier passait par un réarmement massif qui créerait des emplois dans les usines et les forces armées. Cette politique impliquait non seulement de stocker des armes, mais aussi de créer une économie axée sur la guerre totale, où l'industrie de l'armement était prioritaire en termes de ressources, d'énergie, d'usines et de main-d'œuvre qualifiée.

Adulation of Hitler, Bad Godesberg
L'adulation d'Hitler, Bad Godesberg
Bundesarchiv, Bild 183-H12704 (CC BY-SA)

Hitler et le parti nazi

Les partis nationalistes fascistes avaient le vent en poupe dans toute l'Europe. À partir de 1922, l'Italie fut dirigée par Benito Mussolini (1883-1945), chef du parti fasciste.. En 1939, l'Espagne était dirigée par le général Franco (1892-1975). En Allemagne, Adolf Hitler (1889-1945) était le chef du parti fasciste national-socialiste (parti nazi), le plus grand parti après les élections de juillet et de novembre 1932. Il y avait même des partis fascistes dans des démocraties comme la Grande-Bretagne. Des leaders charismatiques transformaient les sentiments nationalistes populaires en un mode de pensée beaucoup plus sinistre: le fascisme. Les partis fascistes, bien qu'ils n'aient pas été exactement les mêmes dans les différents pays, avaient certains objectifs clés en commun. Les dirigeants fascistes voulaient le pouvoir absolu et, pour parvenir à ce nouvel ordre, ils mettaient l'accent sur "le conformisme, l'hostilité à l'égard des étrangers, la violence systématique, le mépris des faibles et la haine extrême des opinions dissidentes" (Dear, 274). Les partis fascistes gagnèrent d'abord en popularité en tant qu'opposants au communisme, perçu comme une menace par beaucoup depuis la révolution russe de 1917. En effet, dans les pays occidentaux, la profonde méfiance à l'égard du communisme empêcha la formation d'une puissante alliance politique et militaire avec l'URSS, qui aurait pu, en fin de compte, éviter la guerre.

Permettre à l'Allemagne de se réarmer faisait partie de la politique d'apaisement.

Hitler promit que l'humiliation de Versailles serait réparée et que l'Allemagne retrouverait sa grandeur. De nombreux Allemands estimaient avoir été trahis par le haut commandement de l'armée pendant la Première Guerre mondiale et étaient fatigués de l'interminable série de gouvernements de coalition inefficaces qui se succédaient depuis la guerre. Hitler, qui n'avait aucun lien avec l'élite établie, offrait un nouveau départ et, surtout, il promettait des emplois et du pain à une époque où le chômage et la pauvreté atteignaient des niveaux extrêmement élevés. Le parti nazi promettait une économie dynamique qui alimenterait l'expansion allemande, perçue comme une entreprise glorieuse, et défendait les vertus de la guerre. Le nazisme réclamait le Lebensraum (espace vital) pour le peuple allemand, c'est-à-dire de nouvelles terres où il pourrait prospérer. Le nazisme identifiait ses principaux ennemis internes comme étant les Juifs, les Slaves, les communistes et les syndicalistes, tous ceux qui empêchaient l'Allemagne de réaliser son plein potentiel, selon les nazis. Le nazisme appelait à une lutte internationale où les Allemands pourraient accomplir leur destin et prouver qu'ils étaient la race supérieure. Ces idées, dont aucune n'était radicalement nouvelle, signifiaient que la guerre était inévitable. L'argument selon lequel les régimes totalitaires ont besoin de guerres et les démocraties libérales ont besoin de paix pour prospérer est peut-être simpliste, mais il a une certaine validité. Hitler promit que le nouveau Troisième Reich durerait 1 000 ans et, grâce à la propagande, au spectacle et à la répression brutale des idées alternatives, nombreux furent ceux qui le crurent, car il exploita habilement des opinions bien ancrées en Allemagne et en Autriche. Comme le dit F. McDonough, "Hitler était le batteur d'un vieil air accompagné d'instruments modernes" (93).

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En janvier 1933, le président allemand Paul von Hindenburg (1847-1934), n'ayant plus d'autre choix, invita Hitler à devenir chancelier. Après avoir systématiquement écrasé toute opposition, Hitler commença à mettre en œuvre sa politique intérieure et à instaurer un régime totalitaire, comme il l'avait écrit dans son livre Mein Kampf (Mon combat) en 1924. À la mort de Hindenburg en août 1934, Hitler fusionna les postes de président et de chancelier et s'autoproclama chef de l'Allemagne ou Führer. Hitler était devenu l'État et il ne lui manquait plus qu'une Allemagne réarmée pour réaliser son rêve impossible.

Bismarck at Sea
Le Bismarck en mer
Bundesarchiv, Bild 193-04-1-26 (CC BY-SA)

Réarmement de l'Allemagne

Hitler était déterminé à reconstruire les forces armées du pays. Le réarmement s'accéléra malgré les restrictions imposées par Versailles, qu'Hitler répudia formellement en mars 1935. L'armée était déjà quatre fois plus importante que ce qui était autorisé. Finalement, les puissances occidentales furent obligées d'adopter une approche visant à limiter les dégâts. En juin 1935, l'accord naval anglo-allemand fut signé; il limita la puissance de la marine allemande à 35 % de celle de la Royal Navy et permit à Hitler de construire de nouveaux navires gigantesques, comme le cuirassé Bismarck.

Autre exemple du culte d'Adolf Hitler, tous les membres des forces armées devaient prêter serment d'allégeance à Hitler en personne. Grâce au réarmement, l'Allemagne atteignit le quasi plein emploi en 1938. Hitler avait tenu les promesses qu'il avait faites au peuple allemand. La nouvelle machine de guerre allemande avait un coût. Le réarmement nécessitait d'énormes importations de matières premières, qui ne pourraient plus être achetées très longtemps, car la balance des paiements de l'Allemagne se dégrada à partir de 1939. L'occupation de territoires où ces ressources pouvaient être trouvées semblait être une solution simple au problème. Surtout, l'Allemagne disposait d'un avantage en matière d'armement par rapport à ses ennemis, mais cette situation ne durerait pas longtemps. Pour Hitler, le moment de frapper était venu.

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L'apaisement

Permettre à l'Allemagne de se réarmer faisait partie de la politique d'apaisement: accorder des concessions raisonnables pour éviter le désastre total de la guerre. L'apaisement, pratiqué par la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis, ne signifiait pas la paix à tout prix, mais le problème de cette politique était qu'elle donna, petit à petit, aux puissances agressives l'impression que la poursuite de leur agression ne conduirait pas nécessairement à une guerre plus étendue. Pour passer en revue ces étapes, nous devons nous pencher sur la politique mondiale au début des années 1930.

League of Nations Cartoon
Caricature de la Société des Nations
Leonard Raven-Hill (Public Domain)

La Société des Nations (ancêtre des Nations unies actuelles) avait été créée après la Première Guerre mondiale pour garantir le règlement des différends internationaux et le maintien de la paix dans le monde. Bien que le président américain Woodrow Wilson (en fonction de 1913 à 1921) ait joué un rôle déterminant dans la création de la Société, les États-Unis n'y adhérèrent jamais, ce qui affaiblit sérieusement l'organisation. L'Allemagne y adhéra en 1926 mais la quitta en 1933; le Japon la quitta la même année. La Ligue se révéla totalement incapable d'atteindre ses objectifs, comme le prouva son incapacité à empêcher l'invasion de la Mandchourie par le Japon en septembre 1931 et l'invasion de l'Abyssinie (Éthiopie) par l'Italie en octobre 1935. Hitler observa sans doute ces événements et l'absence totale de réponse militaire de la Ligue avec un intérêt particulier, car, avec ses propres forces armées rajeunies, il se préparait à repousser les frontières de l'Allemagne.

De 1933 à 1935, Hitler mena une politique étrangère ambiguë, promettant parfois qu'il avait des intentions pacifiques. Il sema la confusion avec des tours de passe-passe diplomatiques tels qu'un traité de paix avec la Pologne en janvier 1934 et une déclaration, plus tard dans la même année, selon laquelle il n'avait pas l'intention de fusionner l'Autriche avec le Reich. Puis, à partir de 1935, ses plans devinrent de plus en plus clairs, même si certains historiens affirment que le Führer n'avait en fait aucun plan et qu'il se contentait de saisir les occasions que ses ennemis lui servaient sue un plateau d'argent. Certains historiens affirment qu'Hitler n'était pas entièrement libre d'agir à sa guise en raison des contraintes imposées par le parti nazi, plutôt chaotique et divisé en plusieurs factions.

En mars 1935, la Sarre fut réunifiée à l'Allemagne à la suite d'un plébiscite. La même année, la conscription fut annoncée. En mars 1936, l'Allemagne occupa la Rhénanie. En octobre, l'Allemagne et l'Italie devinrent officiellement alliées au sein de l'axe Rome-Berlin. En novembre 1936, l'Italie et l'Allemagne (et plus tard le Japon) signèrent le pacte anti-comintern, un traité de coopération mutuelle pour la construction d'un empire et un front uni contre le communisme. En mars 1938, Hitler réalisa l'Anschluss, l'unification formelle de l'Allemagne et de l'Autriche. Encouragé par l'absence de réaction forte de la Société des Nations, Hitler occupa ensuite les Sudètes, la région industrielle de Tchécoslovaquie qui partageait une frontière avec l'Allemagne, sous prétexte qu'une minorité allemande y était réprimée. Là encore, les puissances occidentales ne réagirent pas militairement, bien que la France et l'URSS aient signé un traité d'assistance avec les Tchèques. Les accords de Munich de septembre 1938 furent signés entre l'Allemagne, la France, l'Italie et la Grande-Bretagne, qui acceptèrent les nouvelles frontières élargies de l'Allemagne. L'URSS ne fut pas invitée, une dernière occasion perdue de présenter un front uni contre le fascisme - peut-être était-ce là le véritable prix de la poursuite d'une politique d'apaisement à l'exclusion de toute autre stratégie possible. Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain (en poste de 1937 à 1940), brandissant devant les journalistes un morceau de papier signé par Hitler, déclara avec assurance qu'il avait obtenu "la paix avec honneur" (Dear, 597) et que nous avions désormais "la paix à notre époque" (McDonough, 121). Chamberlain fut nommé cette année-là pour le prix Nobel de la paix.

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Chamberlain, Daladier, Hitler, & Mussolini, Munich 1938
Chambellan, Daladier, Hitler et Mussolini, Munich 1938
Bundesarchiv, Bild 183-R69173 (CC BY-SA)

L'apaisement était une politique attrayante pour les dirigeants occidentaux, car les horreurs de la dernière guerre étaient encore fraîches dans tous les esprits. La France, en particulier, était politiquement faible à cette époque et connut 16 gouvernements de coalition dans les années 1930. La Grande-Bretagne craignait de perdre son empire s'il était affaibli par une autre grande guerre. L'opinion publique britannique, française et américaine était majoritairement opposée à la guerre et au réarmement. En outre, il n'était pas du tout certain qu'Hitler continuerait à étendre les frontières de l'Allemagne; en tout cas, il avait promis qu'il n'avait pas d'autres ambitions que de rétablir l'Allemagne dans les territoires qu'elle occupait avant la Première Guerre mondiale. Enfin, l'apaisement, même s'il n'était pas considéré comme une politique ayant une quelconque chance de succès, permit aux puissances occidentales de gagner un temps crucial pour suivre l'exemple de l'Allemagne et se réarmer. En Grande-Bretagne et en France, il existait également de puissants groupes de pression qui considéraient le réarmement comme un gaspillage de ressources en période de turbulences économiques et soulignaient que l'Allemagne était le cinquième client de la Grande-Bretagne pour ses exportations. Avec le recul, on s'aperçoit que l'apaisement était une folie, car Hitler avait l'intention d'occuper la plus grande partie possible de l'Europe, et son habitude de rompre les traités avait prouvé qu'il était inutile de négocier. Garder l'industrie lourde tchèque hors des mains des Allemands aurait probablement été une meilleure raison d'entrer en guerre que l'invasion ultérieure de la Pologne, mais la Grande-Bretagne, la France et l'URSS n'étaient tout simplement pas équipées pour la guerre à l'époque. Ce n'est qu'en 1939 que ces pays commencèrent sérieusement à mettre en place des économies adaptées à la guerre.

Invasion de la Pologne

En 1939, l'Allemagne et l'Italie poursuivirent leurs efforts pour occuper une partie de plus en plus importante de l'Europe. En mars 1939, l'Allemagne absorba le reste de la Tchécoslovaquie et Memel (qui faisait alors partie de la Lituanie) dans le Troisième Reich. De plus en plus consternées par les attaques des nazis contre les Juifs allemands, les puissances occidentales commencèrent à se demander s'il était justifié de négocier avec un tel régime pour des raisons morales. L'apaisement était enfin mort.

Le 31 mars, la Grande-Bretagne et la France promirent de garantir les frontières de la Pologne et, en avril, cette promesse fut étendue à la Roumanie. La Turquie et la Grèce entamèrent également des pourparlers de protection mutuelle avec la Grande-Bretagne et la France. Les dirigeants britanniques et français avaient enfin compris que les fascistes étaient déterminés à étendre leur territoire à tout prix. Il y avait déjà une guerre localisée, la guerre civile espagnole de 1936-1939, qui impliquait directement le matériel militaire allemand et italien d'un côté et l'aide soviétique de l'autre. En avril, l'Italie occupa l'Albanie. À la fin du même mois, Hitler résilia l'accord naval anglo-allemand. En mai 1939, l'Italie et l'Allemagne signèrent une alliance militaire, le "pacte d'acier".

En août 1939, l'Allemagne conclut un pacte de non-agression avec l'Union soviétique, le pacte Molotov-Ribbentrop (pacte nazi-soviétique), nommé d'après les ministres des affaires étrangères de chaque État. Le dirigeant soviétique Joseph Staline (1878-1953) était de plus en plus conscient que la Grande-Bretagne et la France semblaient parfaitement disposées à apaiser Hitler tant qu'il évoluait dans sa direction à l'est. La possibilité d'une "sécurité collective" (la Grande-Bretagne, la France et l'URSS travaillant ensemble) n'avait pas été réalisée en raison d'un manque de confiance entre les parties. Le pacte nazi-soviétique, en revanche, permit à Staline de s'emparer de l'est de la Pologne et de maintenir l'URSS à l'écart d'une guerre pendant un certain temps, ce qui lui permit de gagner un temps précieux pour le réarmement. Peut-être aussi que la possibilité pour l'Allemagne de faire la guerre uniquement à l'Ouest contre la Grande-Bretagne et la France - le "chèque en blanc" de Staline pour Hitler - affaiblirait suffisamment ces trois pays pour qu'ils ne puissent plus menacer l'URSS.

Explosion of USS Shaw, Pearl Harbour
Explosion de l'USS Shaw à Pearl Harbour
Unknown Photographer (Public Domain)

L'Europe était une poudrière qui attendait l'étincelle qui la ferait basculer dans la guerre. L'étincelle ne tarda pas à venir avec l'invasion de la Pologne par l'Allemagne le 1er septembre 1939. Le lendemain, Chamberlain avertit Hitler que la guerre s'ensuivrait si l'Allemagne ne se retirait pas. Hitler ignora l'ultimatum. Le 3 septembre, la Grande-Bretagne et la France, déclarèrent la guerre à l'Allemagne, afin de protéger les nations libres et indépendantes. L'Italie, qui attendait de voir ce qui pourrait se passer à son avantage, resta neutre pour le moment. Le monde entier attendait avec impatience la suite des événements. La réponse à laquelle personne ne s'attendait fut la suivante: rien du tout.

Guerre mondiale

La "drôle de guerre", au cours de laquelle les Alliés et les puissances de l'Axe ne s'affrontèrent pas directement, dura jusqu'en avril 1940, date à laquelle l'Allemagne envahit la Norvège. En mai, l'Allemagne envahit les Pays-Bas et la France. L'Allemagne se montra invincible et, à la fin du mois de juin, la France était tombée. En octobre, l'Italie envahit la Grèce. En 1941, l'Allemagne occupa la Yougoslavie. La Grande-Bretagne resta seule à lutter pour sa survie jusqu'à ce qu'Hitler n'envahisse l'URSS en juin 1941 (opération Barbarossa).

La guerre devint un conflit mondial lorsque le Japon attaqua la flotte américaine à Pearl Harbour (Hawaï) le 7 décembre 1941. Le Japon avait déjà envahi la Chine orientale, inquiet de la montée du nationalisme chinois, puis avait occupé la majeure partie de l'Asie du Sud-Est à la recherche de gloire impériale et de ressources naturelles, en particulier le pétrole, dont l'importation était limitée par un embargo américain. Le Japon espérait peut-être que les événements en Europe empêcheraient toute réaction directe contre lui, mais les États-Unis finirent par se joindre au conflit. La paix ne serait pas obtenue avant que le monde n'ait subi quatre autres longues et amères années de guerre.

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Questions & Réponses

Quelles sont les trois principales causes de la deuxième guerre mondiale?

Les trois causes principales de la deuxième guerre mondiale sont 1. l'expansion territoriale agressive de l'Allemagne, du Japon et de l'Italie. 2. la politique d'apaisement des Alliés. 3. La décision de Staline de s'allier à l'Allemagne.

Quel événement a déclenché la Seconde Guerre mondiale?

L'événement qui a officiellement déclenché la Seconde Guerre mondiale est l'invasion de la Pologne par l'Allemagne le 1er septembre 1939.

Pourquoi les Alliés n'ont-ils pas arrêté Hitler plus tôt?

Les Alliés (Grande-Bretagne, France et États-Unis) n'ont rien fait pour arrêter Hitler avant qu'il n'envahisse la Pologne parce qu'ils estimaient que certains de ses griefs étaient justifiés, qu'ils voulaient éviter une autre guerre mondiale et qu'ils n'étaient pas prêts à la guerre en termes de forces armées et de production d'armes.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2024, mars 26). Causes de la Deuxième Guerre Mondiale [The Causes of WWII]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2409/causes-de-la-deuxieme-guerre-mondiale/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Causes de la Deuxième Guerre Mondiale." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mars 26, 2024. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2409/causes-de-la-deuxieme-guerre-mondiale/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Causes de la Deuxième Guerre Mondiale." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 26 mars 2024. Web. 21 avril 2024.

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