Il est de notoriété publique que dans l'Antiquité, les femmes étaient considérées comme ayant une valeur à peine supérieure à celle du bétail ou de la charrue d'un homme, et parfois même pas autant. On trouve des exemples d'attitudes misogynes envers les femmes dans certaines œuvres mésopotamiennes ou égyptiennes, mais dans ces cultures, les femmes étaient généralement respectées et jouissaient même d'une certaine égalité des droits. Dans l'œuvre du poète grec Hipponax d'Éphèse, cependant, la misogynie atteint des sommets inégalés.
Hipponax (c. 540 av. J.-C.) est connu pour être un satiriste à l'"esprit malveillant", mais si son œuvre sur les femmes est censée être drôle, elle rate complètement son objectif. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait été exilé de sa ville natale d'Éphèse et qu'il soit finalement mort dans la pauvreté.
Dans leur ouvrage The Ancient World: Readings in Social and Cultural History, D. Brendan Nagle et Stanley M. Burnstein incluent dans leur section intitulée "Husbands,Wives and Slaves: The Domestic Foundations of the Polis" (Maris, femmes et esclaves : les fondements domestiques de la polis) le texte d'Hipponax "Si seulement nous pouvions nous reproduire sans les femmes... !", qui démontre clairement l'attitude misogyne de l'époque et donne l'impression que les femmes sont méprisées et sans valeur. À aucun moment dans cet œuvre les femmes ne sont présentées sous un jour positif. Comme indiqué, les femmes n'étaient généralement considérées comme précieuses que pour leur capacité à se reproduire et à entretenir un foyer, mais un lecteur moderne ne peut pas pleinement réaliser à quel point les femmes étaient mal considérées avant d'avoir lu cet article.
Le poète Hipponax écrit: "Les deux jours les plus doux pour la femme sont le jour de son mariage et celui de ses funérailles". Cette affirmation est extrêmement dégradante, d'autant plus que ces idées et ces croyances ont perduré pendant très longtemps, même si elles n'étaient pas partagées dans la même mesure que celle décrite par Hipponax. Même aujourd'hui, certains hommes ne croient toujours pas à l'égalité entre les hommes et les femmes.
Certains lecteurs modernes peuvent penser que cette idée de l'insignifiance des femmes dans la Grèce antique n'est pas si dégradante, car dans la société actuelle, la plupart des gens ne pensent pas ainsi. Ces lecteurs peuvent également croire que la façon dont les femmes sont décrites dans le texte est une bonne représentation des caractéristiques des femmes. Les stéréotypes sur les femmes peuvent être corrects dans une certaine mesure, mais ils sont extrêmement cruels et, de plus, n'importe qui pourrait penser à de nombreux attributs masculins et les associer grossièrement aux caractéristiques des animaux pour représenter les hommes.
Une analyse des caractéristiques féminines représentées dans le texte est assez intéressante. Tout d'abord, il utilise la truie pour représenter les femmes. Hipponax décrit une femme comme une souillon qui n'a aucun respect pour elle-même et son apparence. Vient ensuite la renarde, décrite comme rusée et imprévisible, puis, le plus offensant, la chiennne. La chienne est censée se reproduire sans cesse et est agaçante parce qu'elle se mêle des affaires de tout le monde et veut toujours se faire entendre. Personne ne peut faire taire la femme, qu'elle soit traitée avec gentillesse ou battue.
La description que fait Hipponax de la femme en tant que mer est la représentation la plus juste des femmes, car l'humeur et le tempérament d'une femme ont tendance à changer assez fréquemment. C'est la seule représentation avec laquelle un lecteur moderne pourrait être d'accord. Cependant, cette pause raisonnable est brève et la liste continue en décrivant la femme en tant qu'ânesse, belette, jument et guenon, jusqu'à conclure que "Zeus a fait de cela la plus grande souffrance de toutes: la femme". Le "type" de femme le plus agréable que ce poète puisse imaginer est l'abeille, mais il ne peut s'empêcher de dire "bonne chance pour trouver une telle femme" alors qu'il poursuit en décrivant une femme qui n'est qu'une "épouse aimante aux côtés de son mari aimant" qui donnera naissance à "des enfants illustres et beaux". Pour la plupart des gens, cependant, l'abeille est synonyme de piqûre.
Cependant, grâce aux sombres manœuvres de Zeus, les femmes sont destinées à rester aux côtés des hommes pour toujours, quoi qu'il arrive, et Hipponax et ceux qui partagent son opinion devront tout simplement s'en accommoder.