Mandu - Cité de la joie

Mark Cartwright
par Aadil Khan, traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié sur
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La ville de Mandu est située à environ 35 km de Dhar, dans la région du Madhya Pradesh, au centre-nord de l'Inde. La plupart des monuments de la ville datent des XVe et XVIe siècles. La ville est située sur une colline qui s'élève à 633 m au-dessus du niveau de la mer et bénéficie d'un paysage naturel très attrayant que l'on peut tout particulièrement admirer pendant la saison des pluies. Elle est recouverte de verdure et est traversée par de nombreux ruisseaux et torrents qui se jettent dans la gorge sinueuse en contrebas. Une douzaine de lacs et d'étangs disséminés au sommet rehaussent davantage encore la beauté du site. C'est probablement la raison pour laquelle la ville, entourée de remparts, était appelée à son apogée Shadibad, "la cité de la joie", par les souverains musulmans.

Baz Bahadur's Palace, Mandu
Palais de Baz Bahadur, Mandu Bernard Gagnon (CC BY-SA)

Nom

La première référence à Mandu se trouve dans une inscription en sanskrit, où elle était appelée Mandapa-Durga. Cette inscription, sur le piédestal d'une image jaïna d'Adinatha, date de Vikram Samvat 612 (555 après J.-C.) et a été trouvée à Talapur. Elle indique que l'image avait été installée dans un temple de Parshvanatha, dans une localité appelée Tarapur à l'intérieur de Mandapa-Durga, par un marchand nommé Chandrasimha Sha. Firishta, le célèbre historien musulman, cite une légende selon laquelle, à l'époque de Khusrau Parviz (590-628), le fort aurait été construit par "Anand Deo Rajput de la tribu des Bies", un nom qui n'est pas retrouvé parmi les personnalités historiques de l'époque. Cependant, l'ancienne inscription confirme qu'il devait y avoir un fort à cette époque et qu'il avait dû être construit avant 555 après J.-C. Le prakrit ou équivalent vernaculaire de Mandapa-Durga est Mandava, un nom qui est toujours utilisé. Le mot Mandava a ensuite été déformé en Mandu.

Monuments

La majorité des monuments encore debout à Mandu furent érigés en l'espace de seulement 125 ans, entre 1401 et 1526. À cette époque, Mandu était sous domination musulmane et, tout comme ailleurs, les envahisseurs profanèrent et détruisirent les temples hindous pour construire leurs propres édifices. Les visiteurs qui ont déjà vu des structures similaires ailleurs en Inde remarqueront certaines caractéristiques des bâtiments de Mandu, telles que la décoration et l'ornementation très minimalistes à l'extérieur et à l'intérieur. Le luxe est banni de ces bâtiments, mais ils ne manquent pas de dignité et de grandeur, qu'ils tirent de leur simplicité, de leur austérité et de leur immensité.

Nous pouvons regrouper les monuments de Mandu en sept catégories:

  1. Monuments anciens
  2. Le groupe des monuments de l'enclave royale
  3. Le groupe de monuments du village de Mandu
  4. Le groupe de monuments de Sagar Talao
  5. Groupe de monuments de Rewa-Kund
  6. Ensemble de monuments de Darya Khan
  7. Monuments divers disséminés dans les environs.
Hindola Mahal, Mandu
Hindola Mahal, Mandu Varun Shiv Kapur (CC BY)

Hathi Pol

Il s'agit de l'entrée principale de l'enceinte royale. Elle est appelée Hathi Pol en raison des deux statues d'éléphants situées de chaque côté. Ces éléphants furent détruits par Aurangzeb à une époque ultérieure.

Grottes et ruines des temples de Lohani

Ces grottes sont situées sur le chemin qui mène du village de Mandu à l'enceinte royale. Il s'agit de simples excavations qui présentent peu de sculptures et d'inscriptions. Leur plan représente quelques cellules creusées dans la roche, destinées principalement à servir de logement, peut-être pour les Shaiva Jogis. Devant les grottes se trouve une citerne creusée dans la roche. Après avoir nettoyé les débris des grottes, quelque 80 images ont été trouvées. Elles sont conservées dans le musée local, dans le dharmashala de la tombe de Hoshang Shah. Lors de l'exploration, tout le pourtour des grottes s'est révélé jonché de fragments sculptés provenant des ruines de temples hindous aujourd'hui disparus.

LE Jahaz Mahal se trouve entre les eaux du Munj Talao et du réservoir Kapur, de sorte qu'il ressemble à un navire ancré entre les deux.

Au sud des grottes se trouve un pilier monolithique d'environ 5 m de haut qui ornait probablement la façade d'un temple. Il y a également des raisons de croire que les murs massifs du Hindola Mahal renferment aujourd'hui d'énormes quantités de matériaux provenant de temples hindous, dont certains sont encore visibles à travers les fissures de la maçonnerie effondrée.

L'enclave royale

Il s'agit d'un monument payant, avec un billet unique pour tous les monuments à l'intérieur du complexe.

Le Jahaz Mahal

Le Jahaz Mahal reflète l'esprit de la beauté romantique de Mandu. Il est construit de manière artistique, avec une façade d'un peu moins de 121,9 m et une largeur d'environ 15,2 m, et la hauteur de sa façade est d'environ 9,7 m. Il est situé sur l'étroite bande de terre entre les eaux du Munj Talao et du réservoir Kapur, de sorte qu'il présente l'image d'un navire ancré entre les deux. La meilleure vue de ce bâtiment s'offre depuis la terrasse supérieure du Taveli Mahal, qui abrite aujourd'hui un musée. Pendant la mousson, les deux réservoirs sont remplis d'eau et la nature environnante est verdoyante.

Jahaz Mahal, Mandu
Jahaz Mahal, Mandu Saurabh Chatterjee (CC BY-NC-SA)

Conçu pour servir de salle de réunion, le rez-de-chaussée se compose de trois grandes salles, séparées par des couloirs et flanquées de pièces étroites aux extrémités, ainsi que d'une belle citerne au-delà de la pièce nord, entourée d'une colonnade sur trois côtés. Les pavillons aux extrémités sont plus grands et divisés en trois compartiments, celui du centre étant surmonté d'un toit en dôme légèrement plus haut que les toits pyramidaux des compartiments latéraux. Il y a deux pavillons en saillie sur les côtés. La pièce à l'extrémité nord du Jahaz Mahal possède une belle citerne entourée d'une colonnade sur trois côtés.

Le Hindola Mahal

Hindola Mahal signifie littéralement "palais suspendu", un nom qui lui a été donné en raison de ses murs latéraux inclinés particuliers. Le plan du bâtiment est en forme de T, avec une salle principale et une projection transversale au nord. Cette projection semble avoir été ajoutée plus tard. Des deux côtés de la salle, six ouvertures en arc sont surmontées de fenêtres ornées de magnifiques entrelacs qui laissent entrer la lumière et l'air à l'intérieur.

L'extérieur du bâtiment est extrêmement simple, à l'exception d'une ou deux bandes de moulures sculptées. L'ornementation a été réduite au minimum, même les tuiles colorées couramment utilisées dans d'autres bâtiments de Mandu ont été abandonnées ici. L'avant-corps en forme de T fut probablement ajouté plus tard afin d'offrir une approche bien gardée au roi. À l'arrière du bâtiment, un escalier en pente permettait aux dames de la cour de monter dans un palanquin, sur un poney ou à dos d'éléphant, d'où son nom populaire de Hathi-Chadhao.

La mosquée de Dilawar Khan

Il s'agit du plus ancien bâtiment indo-islamique de Mandu, comme l'indique une inscription datant de 1405 faisant référence au règne du premier roi musulman de Malwa. Elle était destinée aux membres de la famille royale. Son plan consiste en une cour centrale entourée d'une colonnade. Les piliers et le plafond à l'intérieur sont de style hindou. Il semble qu'ils aient été récupérés après le démantèlement d'une structure hindoue.

Le Nahar Jharokha

Ce balcon se trouve dans un bâtiment près de Hindola Bhavan et semble avoir été utilisé pour accueillir la cour des souverains musulmans. Son nom vient d'une effigie de tigre qui le soutenait autrefois. Ce balcon était destiné au roi pour qu'il puisse se présenter à ses sujets. Le style de l'arrière du bâtiment suggère qu'il fut très probablement construit à l'époque de Jahangir, lorsqu'il séjournait à Mandu.

Champa Baodi

Ce baodi (puits) servait à alimenter en eau les bâtiments royaux, principalement le hammam. En raison de la saveur sucrée de son eau, qui sent les fleurs de champaca, ce puits est appelé Champa Baodi. Il y a des compartiments intérieurs dans la partie inférieure du puits. Un passage souterrain descend dans le puits et se connecte à un labyrinthe de salles voûtées, appelées "Tahkhana", qui se trouvent presque au niveau de l'eau du Munj Talao. Le tahkhana est ainsi si ingénieusement construit et relié au puits et au pavillon sur la rive du Talao que même pendant les pires périodes de l'été, les pièces restaient constamment fraîches et confortables grâce à une douce brise qui soufflait du pavillon vers les pièces à travers la galerie et sortait finalement par le haut du puits.

Le Hammam

Le hammam est situé à une courte distance du Champa Baodi. Ce hammam ou bain public est construit sur le modèle des bains turcs. Il comporte deux canaux d'eau séparés, l'un pour l'eau chaude et l'autre pour l'eau froide, qui se rejoignent après un certain distance et se connectent au bain. Son plafond est particulièrement impressionnant, avec de magnifiques étoiles découpées pour laisser passer la lumière.

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La Maison de Gada Shah

Il s'agit d'un bâtiment de deux étages, dont le rez-de-chaussée comporte des ouvertures voûtées et des appartements latéraux, et l'étage supérieur se compose d'un hall et de deux pièces latérales. Au centre de la salle se trouve une fontaine dont l'excédent d'eau est évacué par un réseau de canaux et de becs sculptés respectivement dans des têtes d'éléphant et de tigre. Ces têtes d'animaux sont une caractéristique particulière de l'art hindou, ce qui pourrait associer ce bâtiment à Medini Ray, un chef Rajputa sous le sultan de Mandu.

La boutique de Gada Shah

Gada Shah signifie littéralement "maître des mendiants", un surnom qui, d'après l'histoire du Malwa à cette époque, devrait plutôt s'appliquer au chef Rajput Medini Ray qui, bien qu'ayant été pendant un certain temps au service du sultan Mahmud II, était devenu le maître du royaume. Ce que l'on appelle "boutique" semble probablement être une salle d'audience pour le grand public. La construction actuelle a été conçue en grand, l'orientation de ses arches gigantesques étant contrebalancée par des contreforts massifs construits le long des murs, malgré lesquels le bâtiment est aujourd'hui dans un état de ruine déplorable. Les murs de cet édifice étaient recouverts de plâtre et ornés de carreaux colorés, dont on peut encore voir des traces.

L'Ujali Baodi

Il s'agit d'un puits ouvert. En face se trouve un autre puits recouvert d'un dôme, appelé Andheri Baodi. Deux volées d'escaliers de chaque côté du puits mènent au niveau de l'eau. À l'intérieur, plusieurs arcades et paliers facilitent le travail des porteurs d'eau. Au nord, en haut, se trouve un système de levage de l'eau et, en face, un pavillon où les gardes royaux surveillaient l'eau.

Le Taveli Bhavan

Ce bâtiment abrite aujourd'hui un musée au rez-de-chaussée. Autrefois utilisé comme écurie, d'où son nom de Taveli Bhavan, la terrasse de ce bâtiment offre une vue imprenable sur les monuments de l'enclave royale. Cependant, le deuxième étage est désormais fermé au public.

Le Jama Masjid

La construction de cette mosquée fut commencée par le sultan Hoshang Shah Ghuri et achevée par Mahmud Shah Khilji en 1454. C'est de loin le bâtiment le plus majestueux de Mandu. On dit que les constructeurs se seraient inspirés de la Grande Mosquée de Damas. On est immédiatement frappé par l'immensité de ses proportions et la simplicité austère de sa construction, presque dépourvue de décorations, à l'exception des bordures habituelles d'arcs ornementaux incrustés de carreaux colorés. Le plan, l'élévation et la conception du bâtiment ont été conçus à très grande échelle, car le plan est de 97,4 m² avec un immense porche en forme de dôme, auquel on accède par un majestueux escalier de près de 30 marches. L'ensemble de la construction repose sur un socle massif d'environ 4,6 m de haut au-dessus du niveau du sol.

L'intérieur du porche d'entrée mesure environ 13,7 m de côté et est orné de magnifiques panneaux ajourés sur les côtés, au-dessus desquels on peut voir de fines bandes de carreaux d'émail bleu disposés en forme d'étoiles ou de losanges. Trois imposants dômes surmontent le devant, la façade ouest ainsi que la façade principale de la mosquée. L'espace entre ceux-ci est comblé par d'innombrables dômes miniatures. La cour est entourée de tous côtés par une immense colonnade dont la disposition des arches, des piliers, du nombre de travées et des rangées de dômes au-dessus est riche et agréable. La simplicité austère de l'intérieur offre un contraste saisissant avec les 17 niches qui bordent le mur ouest, ornées de créneaux magnifiquement sculptés et dont les jambages sont travaillés dans une pierre noire polie et décorés de sculptures hindoues. La niche centrale est la plus belle de toutes et est embellie davantage encore sur ses côtés par une spirale de lettres arabes entrelacées contenant des citations du Coran.

Tomb of Hoshang Shah, Mandu
Tombeau de Hoshang Shah, Mandu Saurabh Chatterjee (CC BY-NC-SA)

Tombeau de Hoshang Shah

Les travaux de ce mausolée en marbre furent commencés par Hoshang Shah et achevés par Mahmud Khalji vers 1440. On y pénètre par un porche surmonté d'un dôme, situé au centre d'un quadrilatère et surmonté d'un grand dôme avec des coupoles plus petites aux angles. Le porche d'entrée, de plan carré, présente des ouvertures en arc bien proportionnées et artistiques sur trois côtés, qui soutiennent le dôme en marbre au-dessus.

L'extérieur du dôme est simple, avec un parapet imité sculpté en relief le long de son tambour et une bande d'étoiles taillées dans la maçonnerie en dessous. Au-delà du porche, à l'intérieur, se trouve un pavement en pierre qui longe les côtés nord et sud. Quelques sarcophages sont disposés à l'air libre dans la cour. Les piliers de la colonnade montrent clairement une influence hindoue, il est possible qu'ils aient été empruntés à des temples existants à l'époque. La plate-forme qui soutient le tombeau est de construction assez simple, à l'exception de la bordure ornementale sculptée avec des lobes en saillie, une caractéristique qui indique l'influence des sculpteurs hindous employés pour la construction.

Les murs mesurent 9,6 m de haut à partir de la plate-forme et sont surmontés d'une rangée de cornes d'éléphant soutenant le chajja, une bande ornementale d'arches miniatures sculptées en relief. La décoration de la porte se compose d'une bande de fleurs de lotus à demi écloses sur les côtés et en haut, de rosettes sculptées en relief dans les encoignures et d'étoiles en émail bleu incrustées dans la maçonnerie. Deux magnifiques paravents de chaque côté de la porte sont conçus pour laisser entrer une lumière tamisée à l'intérieur, en accord avec la solennité du tombeau. Le dôme est plat et lourd, orné de petites tourelles en forme de dôme, plutôt coniques, aux quatre coins. Le sommet du dôme est couronné d'un croissant, un élément qui semble avoir été importé à Mandu directement de Mésopotamie ou de Perse.

L'Asharfi Mahal

Les bâtiments ici appartiennent à deux phases, la première représentant un collège (madrasa) construit par Hoshang Shah (1404-1422) pour faire face à la Jami Masjid en tant qu'annexe. Plus tard, cet ensemble fut utilisé pour abriter la tombe de Mahmud Shah, aujourd'hui en ruines. D'après le plan de la madrasa, il semble que celle-ci ait été conçue comme un grand quadrilatère avec une cour ouverte spacieuse entourée de tous côtés par un certain nombre de petites cellules destinées aux étudiants. Le long de l'extérieur, deux rangées d'arcades, celles de l'intérieur donnant accès aux cellules. Le quadrilatère comportait une avancée à l'ouest, face au porche de la grande mosquée, de dimensions presque identiques, soit 10,7 m de côté, avec les cellules et les doubles arcades se prolongeant le long de ses côtés comme dans la structure principale. Cette avancée fut prolongée d'environ 9,1 m afin de présenter la façade principale du bâtiment, mais la superstructure n'existe plus.

L'intérieur est un carré de 14,9 m qui, plus haut, se transforme en octogone par des arcs, puis en 16 côtés grâce au dispositif habituel des pendentifs, afin de supporter uniformément la charge de l'énorme dôme au-dessus. Il y a de nombreuses tombes à l'intérieur, mais une seule en marbre, celle de Hoshang Shah. Le sarcophage principal de Hoshang Shah est sculpté en forme de coffret avec des bandes en retrait et un mihrab moulé au sommet avec des poteaux de style hindou. Sur le montant droit de la porte, une inscription indique que les quatre architectes de Shah Jahan visitèrent le site en 1659 pour rendre hommage aux constructeurs de ce tombeau. Parmi eux, il convient de noter qu'Ustad Hamid était étroitement associé à la construction du célèbre Taj Mahal.

Le tombeau de Mahmud Khalji

Peu après la construction de la madrasa, Mahmud Khalji apporta des modifications à sa construction. Il fit combler la cour centrale du quadrilatère afin d'en faire le soubassement de son propre tombeau. Il ne reste aujourd'hui que très peu de vestiges du mausolée, mais ceux-ci montrent clairement qu'il devait être le plus magnifique de tous les bâtiments de Mandu. Le dôme devait être beaucoup plus grand que ceux de la Grande Mosquée et du tombeau de Hoshang Shah, puisque l'intérieur du bâtiment sur lequel il reposait mesure 19,9 m de côté, contre 13,7 m pour la Grande Mosquée et 14,9 m pour le tombeau de Hoshang Shah. Pour supporter le poids d'un dôme aussi énorme, l'épaisseur des murs (3,4 m) et les fondations semblaient tout à fait insuffisantes, et ce grand édifice s'est donc effondré en l'espace de quelques générations. Le tombeau comporte trois ouvertures de chaque côté, celle du milieu étant plus haute que les autres.

Le sarcophage était placé sur un magnifique socle en marbre jaune sculpté qui a été conservé. Le revêtement de ce grand édifice était entièrement en marbre de différentes nuances, ce qui lui conférait un charme supplémentaire. Il est intéressant de noter que les deux grands dômes de la mosquée Jami Masjid, l'un au-dessus du porche et l'autre au centre de la salle de prière, ainsi que le dôme en marbre de la tombe de Hoshang Shah, devaient être alignés avec l'énorme dôme de cette tombe, qui s'élevait à environ 7,6 m au-dessus des autres, ce qui devait offrir un spectacle grandiose lorsque tous les bâtiments étaient achevés.

La tour de la Victoire

Mahmud Khalji modifia la tour nord-est de la madrasa en la surélevant de sept étages pour commémorer sa victoire sur le Rana de Mewar. Seul son soubassement, d'une hauteur de 9,8 m, subsiste aujourd'hui, témoignant de l'énorme hauteur qu'elle devait avoir lorsqu'elle était intacte.

Le Dai Ka Mahal

Il s'agit du tombeau d'une dame, érigé sur un soubassement élevé et comportant des pièces avec des ouvertures en arc pour les gardiens du tombeau. Aux angles nord-est et sud-est, on peut voir les vestiges de tours circulaires. Une terrasse spacieuse au premier étage abrite les vestiges d'une belle mosquée.

La mosquée se compose d'une double salle avec des plafonds voûtés et des traces de décorations en tuiles. Au milieu de cette terrasse se trouve la tombe. Celle-ci est de plan carré avec des ouvertures en arc au milieu des murs, dont la partie supérieure est décorée d'une rangée d'arcs miniatures. La caractéristique la plus remarquable du bâtiment est le col octogonal allongé du dôme, entouré d'un parapet orné de petits kiosques aux angles de l'octogone. Cela est rare à Mandu, bien qu'il s'agisse d'un élément décoratif courant dans les dômes du Deccan.

Le Jali Mahal

Il est situé à environ 200 m du point où la route tourne vers l'est. Il s'agit en réalité d'une tombe noble, de plan carré, avec trois ouvertures en arc de chaque côté qui, à l'exception de l'entrée sud, sont remplies d'écrans sculptés de motifs géométriques de style musulman. Bien qu'il n'y ait pas d'écran perforé ni de travail jali ici, le bâtiment est populairement appelé Jali Mahal, apparemment en raison du travail sculpté sur les écrans.

Dai Ki Chhoti Bahan Ka Mahal

Ce bâtiment est associé à une certaine nourrice d'un des princes de Mandu. Il s'agit en réalité d'une tombe, bien que le nom "Mahal" signifie "palais". Il est toutefois possible qu'il s'agisse de la maison où elle fut plus tard enterrée. De telles pratiques ne sont pas rares chez les musulmans. De plan octogonal, il est surmonté d'un dôme harmonieux qui était à l'origine orné de tuiles. La tombe est construite en maçonnerie rouge ciselée et comporte quatre ouvertures en arc orientées vers les quatre points cardinaux, tandis que les côtés restants furent décorés de contours d'arcs.

La mosquée de Malik Mugith

Il s'agit du bâtiment le plus important du groupe monumental de Kapur Talao. Comme l'indique l'inscription sur sa porte, cette mosquée fut construite par Malik Mughith, père de Mahmud Khalji, en 1432. Elle appartient à la première phase de l'architecture musulmane à Malwa, lorsque des matériaux provenant d'anciens bâtiments hindous furent utilisés pour la construction. Le porche en saillie, les couloirs voûtés et les petites tourelles aux angles confèrent une façade impressionnante à l'édifice. Devant les pièces se trouve un couloir voûté bien conçu qui, avec le porche en saillie au milieu et les petites tourelles aux angles, présente une façade assez impressionnante.

Le porche était autrefois surmonté d'un dôme qui a aujourd'hui disparu, mais qui était soutenu par les piliers de style hindou appartenant à un ancien temple hindou. Tout comme la mosquée de Dilawar Khan, le plan de ce bâtiment consiste en une cour centrale entourée de colonnades, d'une seule nef, sur tous les côtés sauf à l'ouest où elle en compte quatre. Le plafond de la colonnade ouest est constitué de trois petits dômes, avec des compartiments plats ou en forme d'étoile entre eux. Juste en dessous des dômes, les salles sont de plan carré.

Tombeau de Darya Khan

La tombe se trouve dans un complexe rectangulaire, qui comporte un réservoir d'eau sur l'un de ses côtés. La tombe se dresse sur une plate-forme surélevée. Son extérieur est recouvert de maçonnerie rouge et était autrefois décoré d'émaux colorés formant divers motifs complexes. Près des piliers des arches, on peut voir des poteaux octogonaux de style traditionnel. La caractéristique la plus intéressante du bâtiment réside dans les petits dômes situés aux quatre coins qui entourent le dôme principal au centre.

Le Hathi Mahal

Le nom Hathi Mahal semble avoir été donné à ce bâtiment en raison de ses immenses piliers disproportionnés qui ressemblent aux pattes d'un éléphant soutenant le haut dôme au-dessus. Il semble que le bâtiment ait été construit à l'origine comme lieu de villégiature, puis converti en tombeau, car on peut désormais voir un sépulcre à l'intérieur et une mosquée se dresse à proximité, un peu trop près, ce qui gâche l'effet architectural extérieur. Il est conçu comme un baradari avec trois ouvertures en arc de chaque côté. À l'extérieur, le dôme présente une haute base octogonale divisée en bandes de moulures en maçonnerie qui lui confèrent une hauteur inhabituelle.

Le Rewa Kund

L'ancien nom hindou de ce réservoir a survécu jusqu'à nos jours, en partie grâce au caractère sacré de ses eaux et en partie à cause de son association avec les noms de Baz Bahadur et Rupmati, qui sembleraient l'avoir agrandi et reconstruit. Au-dessus de son angle nord-ouest se trouvent plusieurs salles avec des ouvertures en arc qui faisaient apparemment partie du lieu de villégiature qui se trouvait autrefois ici, face aux eaux cristallines du réservoir.

Le Palais de Baz Bahadur

Le palais se dresse sur le versant est du Rewa-Kund. Sur l'arche d'entrée, une inscription persane indique qu'il fut construit par Nasirud-din en 1508. Baz Bahadur se prit d'affection pour ce palais en raison de sa proximité avec le Rewa-Kund, fréquenté par la reine Rupmati. Situé sur le versant d'une colline au milieu d'un paysage naturel pittoresque, l'entrée principale du palais est accessible par 40 larges marches avec des paliers à intervalles réguliers. Selon une inscription persane sur la porte d'entrée de ce palais,

Ce passage mène à la cour extérieure du palais, dont la porte principale se trouve en face. La partie principale du palais se compose d'une grande cour ouverte avec des salles et des pièces sur les quatre côtés et une belle citerne au milieu. Au-delà de la colonnade du côté nord, au centre, se trouve un pavillon octogonal avec des ouvertures en arc donnant sur la profondeur en contrebas, où se trouvait autrefois un magnifique jardin, dont on peut encore voir les traces. La terrasse de ce palais est ornée de deux magnifiques chataris.

Rani Rupmati Pavilion, Mandu
Pavillon Rani Rupmati, Mandu Saurabh Chatterjee (CC BY-NC-SA)

Le Rupmati Mandap

Ce bâtiment, construit au bord d'un précipice (365 m de haut) qui surplombe la vallée de Nimar, semble avoir été à l'origine une tour de guet. Un examen plus approfondi de la structure du bâtiment montre qu'il subit deux ou trois phases de construction. Le bâtiment, sans pavillons, appartient à la première phase et semble avoir été construit à l'origine pour assurer une surveillance militaire de tout mouvement ennemi de ce côté du fort. La partie restante du bâtiment fut construite le long du côté ouest du socle du bloc d'origine, sur le versant de la colline. Cependant, ce sont les pavillons sur la terrasse du bloc d'origine qui donnent un aspect plus distinctif au bâtiment.

Les pavillons sont de plan carré à la base et sont couronnés de dômes hémisphériques cannelés à l'extérieur et à l'intérieur. Les pavillons doivent leur nom à Rupmati, qui, semble-t-il, venait ici tous les jours depuis le palais voisin pour contempler le fleuve sacré Narmada. Cependant, d'après le style de leurs arcs et de leurs piliers, les pavillons furent probablement construits un siècle avant l'époque de Rupmati, car ils ressemblent davantage aux bâtiments plus anciens de Mandu. Il y a deux inscriptions endommagées sur la face intérieure du mur de la chambre qui ne peuvent être déchiffrées clairement. Mais le style d'écriture et les titres lisibles semblent les attribuer à la période des sultans de Malwa.

Le palais de Chishti Khan

Ce palais, construit au XVIe siècle comme lieu de retraite pendant la saison des pluies, est vraiment délabré. L'aile principale, au sud, se compose d'une salle rectangulaire avec une pièce à chaque extrémité. Une inscription persane fait référence de manière poignante à la désolation des environs. Son plan ne peut être déterminé avec certitude, mais il semble avoir été à l'origine constitué d'une cour centrale entourée d'un certain nombre de salles et de pièces dont on peut encore voir des traces au sud et au nord.

Le Nil-Kanth

Le Nil-kanth est un endroit charmant qui tire son nom d'un ancien sanctuaire dédié à Shiva qui se trouvait autrefois à cet endroit. La structure actuelle, construite en pierre rouge, est une maison de plaisance construite par un gouverneur de l'empereur moghol Akbar au XVIe siècle, comme l'indique une inscription sur le site. Ce style architectural est typique de la période d'Akbar. On y accède par un long escalier de 61 marches qui descend vers la partie ouest de la cour. La partie principale de la cour est entourée de pièces à l'ouest, au sud et à l'est, la partie nord étant ouverte pour profiter de la vue sur la vallée. Au centre de la cour se trouve une belle citerne alimentée par un canal ou une cascade construit le long du soubassement de l'appartement du côté sud.

L'appartement principal se trouve sur le côté sud, où se trouve aujourd'hui un Shiva-linga. Une inscription sur ce bâtiment indique que celui-ci, appelé Imarat-i-Dilkhusha (la demeure qui réjouit le cœur), a été construit sur ordre du grand souverain Jalalud-din-Akbar en 1574. Une autre inscription en persan indique qu'après la conquête du Deccan et du Khandesh, l'empereur Akbar partit pour l'Hind (Inde du Nord) en 1601. Ce texte fut rédigé par Masum Nami. Une autre inscription en persan indique que Sa Majesté Akbar le Grand visita cet endroit en 1599, lors de son règne, alors qu'il était en route pour conquérir le Deccan. Elle contient également un quatrain en persan composé et inscrit par Masum Nami. Les inscriptions d'Akbar sont d'une grande importance. Un vers intéressant fait référence, sur un ton pathétique, à la futilité de la pompe et de la gloire terrestres:

À l'aube, j'ai remarqué un hibou perché

Sur le balcon de Shirwan Shah:

Qui poussait ce cri plaintif:

Où sont passées toute cette pompe et toute cette gloire?

Informations pratiques

Mandu est un site touristique très commercial, bien qu'il s'agisse d'un petit village. Vous y trouverez toutes sortes d'hébergements et de restaurants, adaptés à tous les budgets. MP Tourism gère deux hôtels ici, le Malwa Resort et le Malwa Retreat. Ce sont les meilleures options pour y séjourner. Il y a également un dharmashala (auberge) jaïn et hindou dans le village, qui constituent une option moins coûteuse. Il existe d'autres hôtels de petite et moyenne taille à Mandu, tels que l'Hotel Maharaja et l'Hotel Rupmati. Le restaurant Shivani est un bon choix pour se restaurer, mais il ne sert que des plats végétariens. Mandu est bien reliée par la route à Dhar, Ujjain et Indore. La gare ferroviaire et l'aéroport les plus proches se trouvent à Indore.

Cet article a été soumis dans le cadre du programme de bourses d'études de l'UNESCO Summer School de l'Ancient History Encyclopedia.

À propos du traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Citer cet ouvrage

Style APA

Khan, A. (2025, août 16). Mandu - Cité de la joie. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1524/mandu---cite-de-la-joie/

Style Chicago

Khan, Aadil. "Mandu - Cité de la joie." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, août 16, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1524/mandu---cite-de-la-joie/.

Style MLA

Khan, Aadil. "Mandu - Cité de la joie." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 16 août 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1524/mandu---cite-de-la-joie/.

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